Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

dimanche 5 juillet 2020

Benjamin Biolay - Grand Prix (2020)


  Le premier single, "Comment Est Ta Peine" donne le ton de ce Grand Prix. Biolay prend de l'ampleur depuis La Superbe, et la presse comme le grand public ont fini, à force de disques pop et personnels et de tournées bien remplies, par comprendre l'artiste et l'accepter comme la grande figure de notre paysage musical national qu'il est. Cette chanson, d'abord, est très accessible, accrocheuse voire tubesque. Populaire. Radiophonique. Ensuite, elle applique le credo "orchestre à la papa sur beat électro" qu'a théorisé ce fan de XTC, avec un mariage électro-rock pas si étrange pour un fan de la pop music anglaise en général et de sa scène pop-rock Madchester influencée par la house en particulier. Le tout sonne également "variété chic" à la Julien Doré ou Juliette Armanet, sorte de pop néo-80's de magazine, aux accents funky (on pense aussi à la French Touch et au Random Access Memories des Daft Punk).  

Benjamin Biolay - Comment Est Ta Peine (Clip, 2020)

  Et cette orientation est bien présente sur le reste du disque. Comme "Visage Pâle" et sa guitare insistante -un peu trop répétitive- assez typique de l'époque... Mais je chipote, le reste (texte, mélodie vocale, arrangements...) est brillant. Mention spéciale aux gimmicks (et au solo final) de synthés. Il y a quelques facilités inhérentes au style qui affadissent un peu les morceaux tels que "Comme une Voiture Volée", au refrain certes mémorable mais qui sonne un peu comme du BB Brunes période synthés (en étant un peu taquin). C'est quasi inintéressant sur "Grand Prix", très plate, et "Papillon Noir" peu inspiré, qui fait tourner en boucle une idée semi-intéressante façon Clara Luciani (j'ai rien contre elle c'est presque sympa, mais ses morceaux sont vraiment redondants, et trop scolaires : c'est vraiment ce que je reproche aussi à ce morceau de Biolay, il traine et boucle jusqu'à l’écœurement). Bon, et pour mentionner "Vendredi 12", il l'a déjà faite en mieux cette chanson façon Bashung aux cordes pincées, un peu jazzy, c'est pas nul mais pas mémorable du tout. 

Benjamin Biolay - Visage Pâle (2020)

  Le côté rock français (Saez, Noir Désir) d'"Idéogrammes" m'a fait un peu bondir à la première écoute, j'y entends un mélange de trucs discutables (le riff principal, bien gras) et de trucs géniaux (ce refrain qu'on voudrait reprendre en choeur dans une salle de concert ou un pub, ces cloches originales, ces cordes majestueuses, ce final rock orchestral ample et prenant). Au final, plutôt un bon morceau même s'il réveille chez moi quelques traumatismes musicaux (non désolé mais à mon humble avis, "un homme pressé" et "jeune et con" c'est naze, vous ne me ferez pas changer d'avis). C'est marrant, "Ma Route" me fait penser à du Renaud dans la diction en début de morceau, et au final le morceau se révèle très sympathique.

  Bon, là vous devez vous dire que je déteste l'album à ce stade de la chronique. Certes, j'ai évoqué 3-4 morceaux pas passionnants, mais l'ensemble de ce que j'ai cité jusqu'à présent s'écoute tout de même très bien et il y a quelques morceaux vraiment très bons ("Comment est ta peine ?", "Visage Pâle", "Ma Route") et d'autres qui ont fini par être très attachants ("Comme une Voiture Volée", "Idéogrammes"), les autres étant loin d'être affreux et contenant de belles idées. Mais vous auriez surtout tort de penser ça, car toute la fin de l'album est absolument parfaite.

Benjamin Biolay - Où est passée la tendresse ? (Live France Inter, 2020)

  Ca commence par un "Virtual Safety Car" quasi instrumental, aux influences French Touch et Julian Casablancas, ça enchaîne sur la funky "Où est Passée La Tendresse", la très chanson française "La roue tourne", sorte de suite lointaine à "Ton héritage", toutes très réussies : touchantes, dansantes, élégantes, mélodiques, ce sont de grandes chansons. Et puis il y a les deux dernières, deux de mes petits coups de cœur, "Souviens-toi l'été dernier", disco-funk sensuel à l'autotune séduisante (ça lui va très bien à Biolay), et "Interlagos (Saudade)" qui me prend à la gorge avec son riff bossa doux-amer, le chant féminin du refrain qui troue le coeur, et sa rythmique moderne hyper efficace. C'est mélancolique, sexy, ensoleillé, comme un "L'Anamour" moderne, comme un crooner produit par Polo & Pan ou Lewis Ofman. C'est magnifique. 

Benjamin Biolay - Souviens-toi l'été dernier (2020)

  Bref, à la manière de Volver, c'est un disque populaire, un peu inégal mais globalement moderne, accessible et pop, qui tire un peu dans plusieurs directions en même temps, qui offre quelques explorations bienvenues, quelques mélodies instantanément classiques, quelques textes bien sentis, et l'interprétation de Biolay, qui gagne en épaisseur et en charisme à chaque sortie. Un bel album, donc, dont les couleurs estivales font du bien en ce moment.

Benjamin Biolay - Interlagos (Saudade) (2020)

Mes morceaux préférés : Souviens-toi l'été dernier, Interlagos (Saudade), Où Est Passée La Tendresse, Visage Pâle, Comment Est Ta Peine, La roue tourne

Ecouter sur Spotify ou Deezer

Alex



lundi 29 juin 2020

Teyana Taylor - The Album (2020)


  Après son album VII (2014), très réussi, Teyana Taylor n'a pourtant pas atteint la reconnaissance qui lui était due, et il aura fallu qu'elle se fasse repérer par l'équipe G.O.O.D. Music de Kanye West, et que ce dernier lui fasse sur mesure un album foudroyant (K.T.S.E., en 2018) pour qu'une hype bien méritée entoure désormais chacun de ses pas. C'est donc conquérante que l'artistes aux milles talents (chant, auteure/compositrice, chorégraphie/danse, mannequin, actrice/réalisatrice) revient avec le colossal The Album, fort de 23 titre pour plus de 80 minutes de musique.

  C'est sur la ligne entre le grandiose et l'intime que cet album excelle, comme lorsque l'"Intro", qui contient l'enregistrement de l'appel du médecin qui a guidé Taylor lors de l'accouchement à domicile de sa fille, se fond dans "Come Back To Me" où cette dernière, qui a depuis grandi de quelques années, chante entre sa maman, un couplet de Rick Ross impérial et une instru luxueuse et luxuriante. Ce morceau est impeccable, un vrai délice.

Teyana Taylor, Junie, Rick Ross - Come Back To Me (2020)

  Le début de l'album est d'ailleurs irréprochable, à commencer par la délicate "Wake Up Love" (avec  un couplet d'IMAN très proche du flow d'André 3000), puis la nu-soul funky, sensuelle et cosmique de "Lowkey" avec la déesse Erykah Badu. Il y a un petit quelque chose, une étincelle de génie, sur chaque titre. Sur "Let's Build", elle arrive à faire chanter Quavo de façon aussi surprenante qu'intéressante. L'instru "1800-One-Night", entre ses flashes de synthé percussifs et sa basse massive, fait sécréter une bonne dose de dopamine, "Morning" avec Kehlani est un gros banger rnb/pop, "69" un slow sexy addictif, et "Boomin" avec Future, Timbaland et Missy Elliott est un des meilleurs morceaux de l'ensemble. La suite est composée de très bons morceaux qui viennent diversifier le propos et montrer la versatilité de l'artiste, comme "Killa" en mode Afrobeats avec DaVido"Bad" en mode dub, "Wrong Bitch" en rnb old school. A chaque fois, les instrus sont divines et transcendées par le chant de Teyana Taylor, qui montre là autant son talent pour les lignes mélodiques mémorables que l'élégance de ses performances vocales, toutes en retenue et en nuances au fil de ces titres qui évoquent amour, couple, famille et sexe avec brio. Un sans faute.

Teyana Taylor, Erykah Badu - Lowkey (2020)

   Cependant, la deuxième l'album contient aussi quelques morceaux plutôt bons en eux-mêmes mais un peu en dessous du niveau général, tous enchaînés les uns aux autres, qui du coup ralentissent un peu le flow de ce long album. Je pense à l'enchaînement conséquent de ces morceaux : "Shoot It Up", "Bare It Up", "Lose Each Other", "Concrete", "Still", "Ever Ever", "Try Again", "Friends", "How You Want It". A l'inverse, les deux derniers morceaux avec Mike Dean et Kanye West à la prod ("Made It" et "We Got Love", ce dernier était sensé être sur la tracklist de Yandhi),et Lauryn Hill en feat, sont clairement à la hauteur. Et c'est quand même dommage quand dans ces 23 titres se cache un disque parfait de 14 morceaux et une solide mixtape de ses sessions de 9 titres, qui auraient par ailleurs gagnés à être écoutés à part. 

Teyana Taylor - 1800-One-Night (2020)

  Mis à part ce petit problème de longueur(s), ce disque est une petite bombe et j'ai vraiment été scotché par la personnalité des morceaux les plus réussis. Une vraie réussite, au final, et un impressionnant témoignage du talent de Taylor, qui a en plus su ici s'entourer des meilleurs pour achever sa vision d'un album grandiose. 

Mes morceaux préférés : Come Back To Me, Lowkey, Let's Build, 1800-One Night, Boomin, Bad, Morning



Alex


vendredi 26 juin 2020

LA Priest - Gene (2020)


  Avec les Late Of The Pier, sous le nom Soft Hair en duo avec Connan Mockasin, ou en solo avec Inji, son album de 2015, Sam Dust alias LA Priest est un des rares artistes qui arrive à me toucher à chaque fois qu'il fait un truc depuis 10-15 ans, avec un petit truc en plus, un renouveau, tout en gardant sa patte électro-rock de weirdo magnifique. Ce dernier album, Gene, bricolé en grande partie sur des machines qu'il a lui même construites, continue sur cette lancée magnifique. 

LA Priest - Rubber Sky (Clip, 2020)

  Les guitares, noyées dans le chorus et quelques autres effets aquatiques, sont toujours en avant, appuyées par des basses bien rondes, des beats mécaniques, quelques synthés et bidouillages programmés bien sentis, et par cette voix qui est de plus en plus assurée et tente des choses avec ou sans effets pour l'habiller et la triturer. Le début de l'album est génial, avec "Beginning" comme mise en bouche pour installer l'ambiance et groover d'entrée de jeu, avant l'électro-rock funky et tubesque de "Rubber Sky", sorte de rêve humide de tout auditeur de Radio Nova (et de votre serviteur, par la même occasion), entre Prince, Metronomy, Sly Stone, dub et acid house revisitée façon dance-punk/nu-rave. Alors quand vient le single "What Moves", on est déjà cueillis, et sa pop-funk chaloupé et doucement psychédélique nous termine. 

LA Priest - What Moves (Clip, 2020)

  Il y a quelque chose de très intimiste, vivant, organique, isolé, presque champêtre ou bucolique dans cette musique. Les grésillements, la saturation, les choix de mixage, tout rend la prod pourtant en partie électronique plus vivante que la plupart de celles des groupes à guitare poussés par les grandes majors. C'est un disque de printemps/été, à la manière de quelques McCartney solo(RAM, McCartney III), ça s'entend très bien sur des titres comme le délicat interlude "Peace Lily", mais aussi sur la déchirante "Open My Eyes"

  Le style unique de LA Priest est une sorte de synthèse bluffante entre des centaines de styles musicaux différents. Comment classer un morceau comme "Sudden Thing", avec un peu de soul, de jazz, des notes de blues psychédélique, de l'électronique... C'est hors du temps, c'est grandiose. 

  Plus identifiables, "Kissing of the Weeds" fait usage des machines (et du chant) avec une gourmandise et un style qui rappelle Thom Yorke, tandis que "What Do You See" commence franchement reggae avant de partir en complainte rock futuriste et de retourner à la case départ avec un clavier cheap.

LA Priest - Live From The Shed (2020)

  Il n'y a pas d'album de LA Priest sans divagation électronique déconstruite, absurde, surréaliste et jouissive à la Mr Oizo sous acides, ici c'est "Monochrome" qui remplit à merveille ce rôle, suivie par le diptyque final "Black Smoke"/"Ain't No Love Affair".

  Bref, vous l'aurez compris j'en attendais beaucoup et je n'ai pas été déçu. En plus de ça, les versions live de ces morceaux sont vraiment folles, et mon admiration pour Sam Dust atteint des sommets en ce moment.

A écouter absolument, sur Spotify ou Deezer par exemple

Alex

vendredi 19 juin 2020

Ric Wilson & Terrace Martin - They Call Me Disco (2020)


  Ric Wilson est un rappeur de Chicago, qui a une affinité particulière pour les instrumentaux disco-funk. C'est donc assez logique qu'il se soit associé pour cet EP avec le génial Terrace Martin, multi-instrumentiste de talent qui a fait ses preuves en hip-hop, en jazz, en soul, en funk et même en musique classique. Vous l'avez probablement déjà entendu sans le savoir en collaboration avec Snoop Dogg, Kendrick Lamar, ou Herbie Hancock, entre autres.

  Et cet EP est bluffant. Entre débuts du hip-hop période Sugarhill Gang, Snoop Dogg période "Sensual Seduction" et productions actuelles de la galaxie The Internet / Thundercat / Mac Miller / Stones Throw, le disque fait mouche d'emblée ("Breakin Rules"). La voix acide de Ric Wilson, quelque part entre Boosie Badazz et Lil Wayne, son timbre nasal, les légères inflexions autotunées, donnent beaucoup de charme et de personnalité à l'ensemble. 

Ric Wilson & Terrace Martin - Move Like This (Clip, 2020)

  Les glorieux ancêtres funk, de Bootsy Collins à Chic, sont évidemment partout en filigrane, tout comme leurs réécritures récentes par des gens comme Pharrell Williams ou Dâm-Funk (les géniales "Don't Kill The Wave", "Move Like This").

  Le petit feat rnb avec BJ The Chicago Kid ("Chicago Bae") passe super bien, donnant un petit côté Don Toliver à la track, tandis que sur "Before you let go" avec Malaya et "Beyond Me" avec Kiela Adira évoquent les magnifiques collaborations de Tyler The Creator et Kali Uchis.

  Bref, l'EP passe trop vite et on en redemande tant ce funk-rap discoïde est d'une fraîcheur et d'une qualité indiscutables. 

Mes morceaux préférés : Breakin Rules, Don't Kill The Wave, Move Like This



Alex




lundi 15 juin 2020

Le Bilan du Mois : Mai 2020


  Petit bilan de ce mois bizarre, entre reprise du travail mais pas tout à fait à la normale, déconfinement mais ambiance toujours étrange, retour de la chaleur humaine mais désinformation, violence des mots et des actes des dominants en France comme dans le monde (quelques pensées pour les USA qui ont toutes les raison de se révolter, tout comme nous). Bref, un mois bizarre, entre printemps et été, solitude et retour des contacts, entre l'avant et l'après pandémie, plein d'incertitudes. Musicalement, quelques belles sorties, dont mon petit chouchou ARTHUR et le disque de quarantaine de Charli XCX. J'ai laissé pas mal de sorties de ce mois-ci de côté, le temps de les réécouter convenablement, et on en parlera au cours du mois de Juin. D'où le côté moins bavard et fourni de cette chronique. En attendant, n'hésitez pas à relire les derniers articles qui mettent (humblement) en perspective l'art de la reprise dans la musique populaire, avec quelques exemples et une petite réflexion sur leur portée à chaque fois.

Bonne(s) écoute(s)

   
L'ALBUM DU MOIS :

ARTHUR - Hair of the Dog
USA
Pop, Electro-Pop, Psyché, Rock Indé, Electronique
Lien vers la chronique
  ARTHUR, que vous avez peut-être déjà croisé ici (mon album de l'année 2018, et quelques uns de mes EPs préférés de ces dernières années, c'était déjà lui), propose aujourd'hui un nouvel album, Hair Of The Dog, dont je vais vous parler avec plaisir aujourd'hui. Au-délà du titre, c'est également une suite musicale directe à Woof Woof (2018), avec un côté encore plus concis, direct, pop et maîtrisé tout en allant plus loin sur certains aspects expérimentaux de production. Il a réussi avec cet album à composer une véritable petite symphonie électro-pop, construite avec un amour de la prod qui transpire par tous les pores et habillée d'arrangements aussi visionnaires que délicats. En fin de compte, même si Hair Of The Dog n'a pas pour lui l'effet de surprise à couper le souffle qui accompagnait la découverte des premières sorties d'ARTHUR, et qu'on est désormais en terrain connu, il continue à émerveiller tout autant avec ce deuxième long format hyper maîtrisé et totalement dingue à la fois, aussi profond que fun, aussi pop qu'expérimental, et c'est une vraie prouesse artistique.
Mes morceaux préférés : 8 Melodies, Feel Good, I Don't Want To Talk To You, Fix, William Penn
Spotify / Deezer


L'EP DU MOIS :


Yazmin Lacey - Morning Matters 
Royaume-Uni 
Nu-Soul, Jazz, Soul/Funk, Pop/Rnb
Lien vers la chronique
  Yazmin Lacey est une chanteuse soul basée à Nottingham (Angleterre), et ce Morning Matters est son troisième EP en 3 ans. Il a été co-réalisé à l'aide de Moses Boyd (production, batterie), entre autres. C'est un magnifique EP, pile entre nu-soul et jazz, avec quelques incursions funk, rnb, psychédéliques... Les ambiances sont installées tranquillement, les grooves laid-back, les arrangements doux, cotonneux. C'est un EP assez parfait dans son genre, et je vous en recommande franchement l'écoute. D'un point de vue technique, c'est irréprochable, Lacey est une chanteuse ultra talentueuse et ses musiciens sont des incroyables. Les compositions sont mémorables, et l'ensemble est produit et arrangé avec beaucoup de goût. Foncez écouter ça !
Bandcamp / Spotify / Deezer




BILAN ALBUMS :

***On a adoré


Charli XCX - How I'm Feeling Now
Royaume-Uni/USA
Pop, Electro-Pop
Lien vers la chronique
  Moins bien fini que Charli -et c'est normal- cet album/mixtape de confinement est tout de même une bonne petite sortie qui fait plaisir, dans la lignée de Vroom VroomNumber 1 Angel et Pop 2, et qui, sans être un chef-d'oeuvre incontestable, continue d'installer Charli au sommet de la pop mondialisée et apporte un peu de fraîcheur au paysage. 
Mes morceaux préférés : Pink Diamond, forever, claws


Girls Ritual - Crap Shit
Canada
Indus, Electro-Pop, Electro-rock, Electronique
  Ce disque solo de Devi McCallion (Black Dresses) se distingue par sa noirceur nihiliste, mélancolique et torturée, très intimiste voire intime dans l'impudeur de son auto-analyse, et assez éloignée de la "positivité violente" de son autre groupe. C'est un album puissant, une étoile noire, un lointain écho des tourments de l'esprits qu'un Trent Reznor a pu coucher sur disque dans les 90's. Unique et bouleversant, il dérange, il fait réfléchir, souffrir, penser, et en ce sens il est très, très réussi.
Mes morceaux préférés : Pixar, In 2 The Sewer, Kewl Pussy, Crap Shit



**On a beaucoup aimé :

Sébastien Tellier - Domesticated
France
Electro-Pop, Pop, French Touch, Electronique
Lien vers la chronique
 Sébastien Tellier est devenu papa, deux fois, et c'est un peu l'objet de ce disque. Il le dit lui-même, sa paternité l'a "domestiqué" (d'où le titre de l'album, apparemment soufflé par Sofia Coppola). Selon ses mots, il est passé d'un monde de nuit, de drogues et d'alcool aux tâches ménagères et à l'éducation de ses rejetons. Mais il y a trouvé son bonheur, dans ces petites tâches simples du quotidien, et il a choisi de les sublimer à travers ce disque, tant dans l'album que dans les visuels, tout en y ajoutant son décalage tendre et son humour millième degré. Au passage, la promo de ce disque lancée juste avant le confinement tombait à pic pour cette période qui fût fatalement très domestique pour beaucoup. Musicalement, c'est très propre, une électro-pop très froide, entre classe et kitsch, avec un côté revival des musiques électroniques des années 80-90-2000, notamment la French Touch. Le tout chanté d'une voix très lourdement modifiée. L'album a ses qualités, quelques très bons morceaux, mais est un tout petit peu creux, un peu moins marquant et touchant que d'habitude. Il reste tout de même très plaisant, a le mérite de la cohérence artistique totale, tant dans la direction artistique de la musique (des voix aux prods) que des visuels, et peut encore potentiellement se révéler aux réécoutes. A découvrir tout de même. 


Caleb Landry Jones - The Mother Stone
USA
Pop, Glam Rock, Psychédélisme, Prog, Music Hall, Baroque Pop, Garage
  L'acteur (le beau-frère creepy de Get Out) et musicien Caleb Landry Jones nous sort ici un abum de music hall glam rock décadent et psychédélique (chez Sacred Bones quand même). Un peu comme si les Lemon Twigs avaient pris quelques années de débauche dans la tronche, dans un croisement entre Scott Walker, des Electric Prunes avec des petites folies à la Connan Mockasin ou Foxygen. Rien de foncièrement inédit ici, mais beaucoup de passion, de vice et une production assez impeccable ; c'est déjà beaucoup et ça suffit à en faire un super disque de rock et une bonne BO pour accompagner les catastrophes à venir.
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Sven Wunder - Eastern Flowers
Rock, Psyché, Garage
  Entre un rock groovy qui fleure bon l'Anatolie 70's, les BO de films européens psyché et gothiques de la même décennie (lorgnant parfois sur le jazz), des incursions électroniques prog, et un son garage 60's lustré, le combo batterie inspirée / basse rebondissante / guitares saillantes et synthés épars fait mouche. Un superbe disque de rock instrumental. Cette réédition sous un titre américain (titre original Dogu Ciçekelri) est plus sombre et intriguant que son nom floral (cf les noms anglais des morceaux également) ne le laisse suggérer. 
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Tom Misch / Yussef Dayes - What Kinda Music
Jazz, Hip-Hop/Rnb, Soul/Funk, Afrobeat, Electro-Pop, Rock Psyché
  Ce disque est à cheval entre jazz, funk et afrobeat d'un côté, et des influences électroniques, rnb, hip-hop, pop et rock de l'autre. Et c'est un bel entre deux, sur lequel on pense alternativement à Moses Sumney, Thundercat, Thom Yorke et Tony Allen.

Roedelius - Selbsportrait Wahre Liebe
Ambient, Krautrock, Electro-Pop
  Un très bel autoportrait kraut/ambient, venu d'un pionnier qui n'a plus rien à prouver mais continuer à créer et à enrichir son oeuvre d'une magnifique pierre de plus.

Pure X - Pure X
Rock, Pop
  Un bon petit disque de pop-rock indé avec beaucoup de talent et de flair mélodique dedans. Il y a cette touche d'évidence pop qui transparaît régulièrement et nous accroche encore dans ces ambiances musicales qu'on a pourtant déjà arpentées des dizaines de fois pour ceux qui comme moi on écouté pas mal de rock des années 90-2000.
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Seiko Oomori - 大森靖子
Pop, Rock, Electro-Pop, J-Pop
  C'est complètement indigeste en tant qu'album (plus de 3h !!!!) mais pour des pépites comme le premier titre, entre Yellow Magic Orchestra et un générique d'anime hyperactif, ça vaut vraiment le coup de piocher là-dedans.
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Magnetic Fields - QUICKIES 
Pop
  Une adorable collection de vignettes pop malicieuses, volontairement courte et minimaliste, dans le style ultra reconnaissable du groupe. Un exercice de style réussi de plus pour la bande à Stephin Merritt.

Moses Sumney - grae
Pop, Rock Indé, Soul/Rnb, Psyché, Folk
  Ca y est, l'album est disponible en entier. Un peu trop long tout court, il est surtout trop long pour que j'aie eu le temps d'en faire le tour, mais il contient quelques excellents moments, entre rock indé doucement psychédélique et rnb expérimental.
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*On a apprécié


POP / ROCK / INDE 

Perfume Genius - Set My Heart On Fire Immediately 
Pop 
  Parfois un peu à la limite de la caricature de ce qui se fait dans la pop "à la Pitchfork" à mi-chemin entre mainstream et indé -surtout dans son premier tiers- ce dernier Perfume Genius se révèle à partir de la très belle "Jason", qui ouvre sur une poignée de morceaux qui surnagent clairement, avant une dernière partie un peu moins brillante, plus plate et plus calme, mais plutôt jolie tout de même. Moins percutant que son précédent, mais le coeur de l'album a vraiment de très bons moments.
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Sparks - A Steady Drip, Drip, Drip
Pop, Rock, Glam
  C'est toujours un petit évènement de pouvoir écouter un nouvel album des vétérans de la folie glam. Peut-être un peu moins marquant que leur très bon précédent disque Hippopotamus ou leur collaboration avec Franz Ferdinand sous le nom F.F.S, ce disque a tendance à fatiguer un peu et se révèle moins mémorable même si toujours plein d'énergie pop et de fun.
Mes morceaux préférés : Lawnmower, OnomatoPia, The Existential Threat, Nothing travels faster than the speed of light
Spotify

Katie Von Schleicher - Consummation (Pop, Rock - Spotify)
Nick Hakim - Will This Make Me Good (Pop, Psyché, Soul - Spotify)
Flat Worms - Antarctica (Garage Punk - Spotify)
Harkin - Harkin (Pop, Rock Indé - Spotify)
I Break Horses - Warnings (Electro-Pop - Spotify)
Other Lives - For Their Love (Rock Indé, Pop - Spotify)
Bad History Month - Old Blues (Rock - Spotify)
LAKE - Roundelay (Pop - Spotify)
Kehlani - It Was Good Until It Wasn't (Pop, Soul/Rnb - Spotify) 
Blake Mills - Mutable Set (Pop Indé - Spotify)
Sunwatchers - Oh Yeah (Rock - Spotify)
Deerhoof - Future Teenage Cave Artists (Rock Psyché - Spotify)
Joanna Warren - Chaotic Good (Pop, Folk, Rock Indé - Spotify)
2nd Grade - Hit To Hit (Pop, Rock, Punk - Spotify)
Westerman - Your Hero Is Not Dead (Electro-Pop - Spotify)
No Age - Goons Be Gone (Punk, Post-Punk, Pop, Rock - Spotify)
Cathedrale - The Bet (Rock, Post-Punk - Spotify)
Rolling Blackouts Coastal Fever - Sideways To New Italy (Pop-Rock - Spotify)
Sleaford Mods - All that glue (Electro-Rock, Punk - Compilation - Spotify


ELECTRONIQUE / ELECTRO-POP


Austra - How Did You Know (Electro-Pop - Spotify)
Josey Rebelle - Josey In Space (Electronique - Spotify)
The Soft Pink Truth - Shall We Go On Sinning So That Grace May Increase (Electronique, Pop, Classique Contemporain - Spotify)
Peaking Lights - E S C A P E (Electro-Pop - Spotify)
Popgoth - As If (Electro-Pop - Spotify)
Fire-Toolz - Rainbow Bridge  (Metal, Electro-Pop, Electronique - Spotify)
Aksak Maboul - Figures (Jazz, Electronique - Spotify)
More Eaze - Mari (Electronique, Electro-Pop - Bandcamp)
Ada Rook - 2020 knives (Electro-Pop, Indus - Spotify)
Whoarei - Love Spectrum (Electronique, Electrofunk, Rnb - Bandcamp)
Nathan Micay - The World I'm Going To Hell For (Electronique - Spotify)
Soulwax - EMS Synthi 100 : DEEWEE Sessions Vol.1 (Electronique - Spotify)
Moodymann - Taken Away (House, Soul - Bandcamp)
Cavern Of Anti-Matter - In Fabric OST (Bande Originale - Spotify)

Sonic Boom - All Things Being Equal (Psyché, Electro, Pop - Spotify)


HIP-HOP/ TRAP / DRILL


Future - High Off Life
USA
Trap, Hip-Hop/Rap, Pop, Rnb
  Un peu déçu par cet album, qui contient de très très bons morceaux mais sonne un peu comme une mixtape décousue qui souffre en outre d'un peu trop de remplissage, de beats peu inspirés et d'un manque d'envie palpable dans l'interprétation. Dommage, parce que des classiques instantanés comme "Trapped In The Sun" méritaient un meilleur écrin, plus concis et qualitatif.
Mes morceaux préférés : Trapped In The Sun, HiTek Tek, Touch The Sky Solitaires, Up The River, Outer Space Bih, Life is Good, Accepting My Flaws


Bishop Nehru - Nehruvia : My Disregarded Thoughts
USA
Hip-Hop

  Un peu pompeux et parfois trop froid, ce disque possède pourtant pas mal de bonnes idées, et s'il en fait un peu trop et se la joue trop scolaire, il reste très intéressant et assez impressionnant dans sa maîtrise.
Spotify

Drake - Dark Lane Demo Tapes
Canada
Pop, Hip-Hop, Rnb, Electronique
  A l'instar des dernières sorties de Drake, cette mixtape est loin d'être passionnante de bout en bout, et est minée par le remplissage et le manque d'ambition artistique (pourtant c'est une compilation de B-sides de seulement 14 titres y'avait pas trop d'attentes là-dessus, et c'est quand même décevant). Restent quelques bons titres au milieu de ce pilotage automatique qui ronronne un peu (certains de ces morceaux auraient pu sortir tels quels il y a 10 ans, pas très reluisant pour un artiste censé rester à la pointe). Heureusement qu'il a l'argent pour se payer des bonnes prods, mais pas de miracle à la If You're Reading This It's Too Late ici.
Mes morceaux préférés : Deep Pockets, Desires, Time Flies, Pain 1993, War
Bad Bunny - Las Que No Iban A Salir (Pop, Urbano - Spotify)
Nav - Good Intentions (Trap, Rnb, Pop - Spotify)
Sheff G - One And Only (Hip-Hop - Spotify)
Polo G - The GOAT (Hip-Hop - Spotify)
Gunna - Wunna (Trap, Pop - Spotify)
Medhane - Cold Water (Hip-Hop - Spotify)
Hook - I Love you 2, Hook (Trap - Spotify)
Lil Perc The Thot God - CHIMERA (For All The Beast) (Pop, Hip-Hop, Electronique, Trap, Rnb - Spotify)
Armand Hammer - Shrines (Hip-Hop - Spotify)
Karlito & Pone - Vision (Rap Français, Electronique - Spotify)



BILAN EPs


**On a beaucoup aimé :

Shiraz Castle Magic - Biota
Allemagne
Rock, Funk, Psyché, Jazz
  La musique tropicale et cinématographique du groupe, entre BO sixties/seventies, rock et funk, psychédélique et tortueuse, est une petite merveille à écouter les yeux fermés et l'esprit ouvert aux vagabondage.


*On a apprécié :

Distant Stars - Car Crashes & Heart Attacks
Electronique, Post-Punk, Indus, Pop / Bandcamp

Sunwatchers - Brave Rats EP
Jazz-Rock, Prog, Garage, Psyché / Spotify

Little Simz - Drop 6 EP
Royaume-Uni - Hip-Hop, Electronique / Spotify

Serpentwithfeet - Apparition EP 
Pop, Electronique, Rnb / Spotify

Lil Tjay - State Of Emergency 
USA - Drill, Hip-Hop, Rnb / Spotify

Fivio Foreign - 800 B.C 
USA - Drill, Hip-Hop / Spotify

Young M.A. - Red Flu 
USA - Hip-Hop, Trap / Spotify

Alex


samedi 13 juin 2020

Yazmin Lacey - Morning Matters EP (2020)


  Yazmin Lacey est une chanteuse soul basée à Nottingham (Angleterre), et ce Morning Matters est son troisième EP en 3 ans. Il a été co-réalisé à l'aide de Moses Boyd (production, batterie), mais aussi des membres de l'Ezra Collective, Femi Koleoso (batterie) & Ife Ogunjobi (trompette), ainsi que Sarah Tandy (piano) et Jordan Hadfield (claviers, basse, guitare) entre autres. 

  C'est un magnifique EP, pile entre nu-soul ("Own Your Own") et jazz ("Morning Matters", merveilleuse). Les ambiances sont installées tranquillement, les grooves laid-back, les arrangements doux, cotonneux. On a également sur "Lately - Interlude" une production assez psychédélique/progressive, agrémentée de breakbeats funky très en avant. Ambiance délicatement psyché qui se poursuit sur "Morning Sunrise", pile entre soul classique et rnb moderne, et "Not Today Mate", avec un Dilla Beat qui sonne encore plus moderne car proche des héritiers musicaux de J Dilla qui font notre bonheur ces dernières années (The Internet, Thundercat...).

  C'est un EP assez parfait dans son genre, et je vous en recommande franchement l'écoute. D'un point de vue technique, c'est irréprochable, Lacey est une chanteuse ultra talentueuse et ses musiciens sont des incroyables. Les compositions sont mémorables, et l'ensemble est produit et arrangé avec beaucoup de goût. Foncez écouter ça !

Bandcamp / Spotify Deezer


Alex


mercredi 10 juin 2020

Sébastien Tellier - Domesticated (2020)


  Vous connaissez peut-être notre affection particulière pour Sébastien Tellier, et n'êtes sans doute pas étonné.e.s de voir son nom au dessus de cette chronique. Je considère son dernier "vrai" album solo L'Aventura (2014) comme un chef-d'oeuvre et un des meilleurs disques de la décennie passée, un de mes préférés en tous cas. Vous avez peut-être tiqué, car 2014, ça remonte, mais entre temps il a été plutôt productif, sur pas mal de bandes originales, dont la géniale BO de A Girl Is A Gun, mais aussi en collaboration avec l'album homonyme de Dita Von Teese (2018) ou l'EP de son groupe électro-pop expérimental Mind Gamers (2017). 

  Et il est surtout devenu papa, deux fois, et c'est un peu l'objet de ce disque. Il le dit lui-même, sa paternité l'a "domestiqué" (d'où le titre de l'album, apparemment soufflé par Sofia Coppola). Selon ses mots, il est passé d'un monde de nuit, de drogues et d'alcool aux tâches ménagères et à l'éducation de ses rejetons. Mais il y a trouvé son bonheur, dans ces petites tâches simples du quotidien, et il a choisi de les sublimer à travers ce disque, tant dans l'album que dans les visuels, tout en y ajoutant son décalage tendre et son humour millième degré. Au passage, la promo de ce disque lancée juste avant le confinement tombait à pic pour cette période qui fût fatalement très domestique pour beaucoup.

Sébastien Tellier - A Ballet (Clip, 2020)

  Musicalement, c'est très propre, sans mauvais jeu de mots (c'est voulu d'ailleurs). Une sorte d'électro-pop très froide, très clinique, presque hygiéniste, entre classe et kitsch, entre revival des musiques électroniques des années 80, 90 voire début 2000. L'album a été annoncé par le clip de "A Ballet" ("ballet", "balais", vous captez ?), dans lequel on voit Tellier déhambuler entre des gants, des jouets, un évier... et chanté d'une voix ultra-modifiée sur une prod entre easy listening de restau chicos (avec nappes de synthé new age et saxo lointain), 808 State et beat trap. Cette fameuse voix, il va falloir s'y faire, car c'est une constante du disque. Tellier explique qu'il a toujours voulu faire un album avec une voix chantée très aigüe, mais qu'entre son timbre naturel et ses excès passés, ce sont plutôt les graves qui se portent bien ces derniers temps lorsqu'il chante. On le devine également plutôt friand des vocalises vocodées de Kraftwerk et Daft Punk (avec lesquels il a beaucoup bossé), ainsi que de la talk box de Stevie Wonder ou Zapp & Roger, et même de l'autotune/melodyne dans le hip-hop (de la trap US à nos français de PNL en passant par Frank Ocean), et les effets utilisés ici, dans leur rendu, oscillent entre toutes ces choses et les combinent.

Sébastien Tellier - Stuck In A Summer Love (Clip, 2020)

  Sur une néo-French Touch langoureuse et mélancolique, "Stuck In The Summer Love", Tellier revient presque aux épopées synthétiques de Sexuality (2008). Avec un petit côté électro-funk kitschouille en plus, "Venezia", enregistrée à Venise avec Philippe Zdar avant le décès de celui-ci, continue dans cette lancée électro-pop revivaliste "à la française" et c'est très réussi et plaisant. En revanche, on commence un peu à sentir un côté un peu creux, tant dans la musique que les thèmes abordés, un peu trop dans l'ironie et les (auto)références à outrance. C'est confirmé par les titres suivants, qui sont souvent bons ("Domestic Tasks", "Oui") mais quand même en dessous des premiers titres de l'album ("Won", "Atomic Smile"), qui déjà souffraient de ce côté un peu trop léger. "Hazy Feelings" s'en sort un peu mieux, en assumant davantage plus son côté presque potache d'hommage exagéré à l'électrofunk 80's, elle procure davantage de fun.

Sébastien Tellier - Hazy Feelings (2020)

  Ce disque un tout petit peu creux, un peu moins marquant et touchant que d'habitude, reste tout de même très plaisant, a le mérite de la cohérence artistique totale, tant dans la direction artistique de la musique (des voix aux prods) que des visuels, et peut encore potentiellement se révéler aux réécoutes. A découvrir tout de même. 


Alex