Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

mardi 21 mai 2019

Tyler, The Creator - IGOR (2019)


  Ca y est, deux ans après Flower Boy (2017), mon album de l'année, et sérieux prétendant au trône des meilleurs disques de la décennie, le génial Tyler, The Creator revient avec un nouveau disque, IGOR. Le sale gosse provocateur balançant des gros bangers de rap atonal aura bien changé, lui qui compose désormais des symphonies soul/pop délicates aux arrangements baroques et chante autant qu'il ne rappe. Il aura enfin pu passer outre la mauvaise compréhension de son art, puisque suite à des premiers albums aux paroles violentes écrites dans un cadre narratif, du point de vue d'un personnage fictif, il aura subi la folie des institutions (il a été banni du Royaume-Uni à une période) et l'ineptie d'une frange de la critique musicale qui ne prend pas le temps de l'écoute et de la compréhension (on l'a accusé d'être misogyne et homophobe sur la base de textes écrits du point de vue d'un personnage fictif qui l'était, alors que dans la vraie vie c'est un des rares musiciens homme ne ratant pas une occasion de se répandre en éloge sur le travail des collaboratrices féminines avec lesquelles il a eu la chance de travailler, et qu'il est bisexuel ou gay... D'ailleurs pas mal de membres de son ancien collectif Odd Future étaient femmes, homosexuel.le.s, bisexuel.le.s... La poutre dans l’œil ces critiques, je vous le dis). 

Tyler, The Creator - IGOR'S THEME (2019)

  Avec Flower Boy puis IGOR, il a su conquérir les amateurs de belles mélodies, d'arrangements soignés, d'inventivité sonore tout en gardant les puristes rap qui ont bien compris que sur ce terrain là aussi il est impeccable. C'est d'autant plus impressionnant que sur ce dernier disque, il produit et arrange tout. Etant lui même doué avec les machines et bon claviériste, il s'est pourtant entouré de pas mal de monde pour ajouter de la densité à ce disque impressionnant : une voix, un choeur par ci, une guitare par là, etc... En cela, il est à la fois le digne descendant de l'homme-studio capable de recréer un style musical entier avec trois bouts de sample façon Neptunes, et du rôle de chef-d'orchestre visionnaire d'un Kanye West depuis My Beautiful Dark Twisted Fantasy.

Pochette alternative d'IGOR

  Maintenant que tout cela est posé, passons à la musique. "IGOR'S THEME" sonne comme un mix entre les Neptunes, Kanye West et l'électro-pop décomplexée de la fin des années 2000 (Klaxons, MIA...), et tabasse sur un rythme groovy encadré de synthés bien crado et embelli d'arrangements magnifiques (pianos, synthés, samples vocaux, et "vraies" voix). Le morceau enchaîne sur le délicat "EARFQUAKE", plus proche de Flower Boy musicalement, mais portant également des traces lointaines de G-Funk, et proche des plus récents travaux de Frank Ocean et Blood Orange dans son approche psychédélique, intellectuelle et sensible du rnb. Là encore, la chanteuse Jessy Wilson, le collaborateur ultime Charlie Wilson, ainsi que le rappeur Playboi Carti viennent donner de la voix, tous les deux avec un impact émotionnel plus que percutant, qui comblent l'espace d'un disque pour le moment très instrumental. 

Tyler, The Creator - EARFQUAKE (Clip, 2019)

  C'est sur "I THINK" que la voix non modifiée de Tyler réapparaît réellement, chantée autant que rappée, sur un beat très disco agrémenté de synthés saturés comme sur Yeezus. La track utilise d'ailleurs des idées issues de "SexyBack" de Justin Timberlake / Timbaland, ainsi que du "Stronger" de Kanye (sur Yeezus comme "Stronger", on entend des échos house, et une collaboration de Daft Punk). Il y a donc un gros côté années 2000, lorsque les revival disco se percutaient avec l'électro-pop et le rap devenant lui aussi davantage pop et électronique (pensez à Graduation du même Kanye, aux prods de Timbaland pour Nelly Furtado, ou au tube "American Boy" de Kanye et Estelle par exemple, avec qui Tyler a collaboré sur Flower Boy).  Cette track décidément sous influences est aussi enrichie d'une collaboration avec Solange (il a beaucoup contribué au dernier album de celle-ci) et d'un sampling du break introductif du génial "Get Down" (1982), bombe électro-funk du camerounais Nkono Teles. Ces interpolations d'oeuvres précédentes servent un but précis : donner à ce morceau un côté immédiatement familier à l'auditeur, qui aura l'impression de connaître ce morceau sans savoir d'où, et pourra ressentir une certaine forme de nostalgie en entendant des échos de la musique d'il y a déjà 10 ans. C'est malin.

Tyler, The Creator - I THINK (2019)

  Côté texte, ce qu'on avait subodoré à l'écoute de la précédente ne laisse plus de doutes : ce disque est un album-concept autour d'une relation amoureuse, qu'on devine tragique car si Tyler n'a pas de doute sur le fait qu'il tombe amoureux, il semble que l'objet de son désir n'ait pas forcément des sentiments réciproques. D'ailleurs, sur la très tendue "Running Out Of Time", chanson durant laquelle la relation est décrite, on comprend vite que les ferments de la rupture sont déjà là. Cette tension, cette urgence, sont présents dans la musique, notamment au travers du sample de "Hit & Run" de RUN-DMC. Tyler modifie sa voix sur ce morceau comme sur le suivant, "New Magic Wand", pour accentuer le côté solitaire, aliéné de l'amant délaissé. Ce dernier est d'ailleurs un morceau plus sombre musicalement, avec le retour de claviers sursaturés sur une rythmique très Neptunes insistante et ponctuée de breaks menaçants, sur laquelle Santigold vient donner de la voix. Comme sur ses premiers disques, Tyler se met dans la tête de ce personnage, devenant fou, incohérent et violent, oscillant entre supplications ("please don't leave me now", répété comme un mantra) et menaces (allant jusqu'à la menace de mort), pour accentuer le drame d'une rupture douloureuse qu'on devine réelle.

Tyler, The Creator - New Magic Wand (2019)

  Avec "A Boy Is A Gun", on retrouve un hip-hop plus classique, tant dans le rap que dans l'instru samplant la soul du "Bound" de Ponderosa Twins Plus One (déjà utilisé sur "Bound 2" de Kanye). Néanmoins, les arrangements restent denses, psychédéliques, mélancoliques et beaux, et on est régulièrement émerveillé devant ces irruptions de samples, pianos, choeurs, claviers, ou cette guitare électrique donnant au tout un aspect un peu prog. Un très beau morceau, triste, puissant et poignant. Sa suite, "Puppet", est dans le même registre. Samplant la pop-rock indé délicate, entre lo-fi et baroque, de Part Time ("It's Alright With Me"), le morceau utilise aussi des idées issues du "Hello" de Erykah Badu, et des intervention vocales de Kanye West en personne, accentuant le côté transmission, héritage, passage de bâton entre ce dernier et Tyler. Et là encore, le texte est déchirant ("i'm your puppet").

Tyler, The Creator - A Boy Is A Gun (2019)

  Retour à du plus sale, à du plus dark, sur "WHAT'S GOOD", avec un beat insistant, martelé, des synthés menaçants (entre trap et Yeezus) et des voix saturées, entrecoupés de moments de beauté prog et soul. On notera la collaboration du rappeur british slowthai sur ce gros banger plus que satisfaisant. Le morceau a un gros côté rock avec ces sons saturés, organisés en riffs, et ça rappelle la puissance de titres du Kanye prog de 2010, lorsqu'il samplait avec intelligence Black Sabbath et King Crimson. Un morceau intense et génial.

Tyler, The Creator - WHAT'S GOOD (2019)

  Sur "GONE, GONE / THANK YOU", Tyler s'adjoint l'aide de génies du rock indé, Mild High Club (auteur de l'album préféré de 2017 de Tyler, déjà présent sur Flower Boyet King Krule (qui a déjà produit pas mal de hip-hop sous différents noms), ainsi que des voix de Cee-Lo Green. La track sample également "Fragile" de Tatsuro Yamashita, et semble plus apaisée, entre soul, et rock psychédélique, et Tyler retrouve sa voix naturelle en même temps que son apaisement, puisqu'il a enfin pu se débarrasser de ses sentiments amoureux à sens unique (jolie idée que ces modifications vocales suivant l'évolution du personnage). D'ailleurs, il abandonne complètement son obsession amoureuse et regarde le futur avec optimisme sur "I DON'T LOVE YOU ANYMORE", morceaux doux-amer et apaisé, sur lequel on retrouve Solange et Ryan Beatty (ce dernier, ainsi que Santigold apparue un peu plus haut, on déjà bossé avec lui sur son dernier EP). 

Tyler, The Creator - GONE, GONE / THANK YOU (2019)

  Le disque se termine par l'apothéose soul-rock, pas si loin d'un Funkadelic période "Maggot Brain", de "ARE WE STILL FRIENDS", sur laquelle on entend également les voix du légendaire Al Green et de l'icone devenue ami Pharrell Williams

  Pour reprendre tout ça brièvement, ce disque à la croisée des influences (électro-pop des années 2000, hip-hop, pop post-Neptunes, soul psychédélique, rap saturé à la Yeezus...) est une réussite totale. Avec un nombre d'invités assez conséquent, à la voix comme à la prod, Tyler garde néanmoins la main sur un projet ultra-personnel et se montre en véritable chef-d'orchestre, capable d'utiliser les interventions de ces collaborateurs souvent proches et récurrents pour transcender les morceaux d'un disque qu'il a entièrement composé, arrangé et produit par ailleurs. La cohésion musicale est assortie d'une cohésion thématique totale, des textes à l'interprétation et au traitement des voix qui servent le propos narratif de cet album concept sur une relation amoureuse vouée à l'échec. C'est une oeuvre brillante, dense mais consise, qui ne perd pas une seconde mais laisse tout de même l'auditeur respirer à travers de magnifiques plages instrumentales souvent délicates, pour mieux le cueillir au banger suivant. Un très, très grand album.

A écouter sur Spotify ou Deezer ou Youtube

Alex


dimanche 19 mai 2019

Kevin Morby - Oh My God (2019)


  Sur une lancée incroyable depuis 2013 (5 albums – tous parfaits dans leur style), Kevin Morby est désormais attendu comme le messie à chacune de ses sorties par les connaisseurs. Et ça tombe bien parce que cet étrange disque parle de religion, mais l’interroge d’un point de vue extérieur, ce qui est un point de vue assez rare dans la pop et le rock. On retrouve quelques traces de cela musicalement : des chœurs aériens ou gospels, des suites d’accords grandiloquentes évoquant la musique religieuse sous toutes ses formes, des inflexions vocales de Dylan période born-again, etc…

  Mais le plus intéressant, c’est que ça accouche de grands morceaux, musicalement imparables. Par exemple, « Oh My God » est magnifique, mais sa conclusion instrumentale d’une beauté et d’une richesse inouïes (ces chœurs ! ce piano ! ce saxo ! …) la transcende complètement et en fait une œuvre d’art totale. Dans le même stylé, « No Halo » est d’une puissance et d’une profondeur rares, et la production absolument parfaite fait ressortir chaque son de manière totalement jouissive et achève de consacrer ce morceau comme un classique instantané.

Kevin Morby - No Halo (Clip, 2019)

  Mais même les morceaux les plus dépouillés, comme « Savannah », « Piss River », « Seven Devils », « Sing a Glad Song », « Ballad of Faye », et surtout le très Leonard Cohen « Nothing Sacred / All Things Wild » débordent de vie et sont d’une densité folle, avec une ambiance immersive à couper au couteau, due à cette production insensée tant elle est bonne. Et même les quelques morceaux les moins ambitieux, comme la pop euphorique et un peu jazzy de « Hail Mary », le rockabilly/garage marrant presque cartoon, entre Roy Wood, Ramones et Troggs, d’« OMG Rock n Roll » sont attachants et souvent assez imprévisibles (cf la fin toute en chœurs de cette dernière). Ces morceaux sont néanmoins un peu moins marquants que les 3 premiers et ont le malheur de passer après, souffrant un peu de la comparaison avec « No Halo », « Oh My God » et « Nothing Sacred / All Things Wild », et lorsqu’on arrive à « Oh Behold », on peut être un peu lassé par le côté très homogène des rythmes, sons et de la diction de Morby.

Kevin Morby - Nothing Sacred / All Things Wild (Clip, 2019)

  En revanche, pour moi en tous cas, le doo-wop de « Congratulations » est clairement à niveau, de même que la paisiblement psychédélique « I Want to be Clean ».

  Si on voulait résumer un peu vite, ça n’est probablement pas le meilleur Morby, en tous cas ce n’est pas mon préféré aux premières écoutes. Un peu répétitif, il contient en revanche quelques-uns de ces meilleurs morceaux, qui sont donc également quelques-uns des meilleurs sortis cette année, étant donné la qualité de son travail. C’est donc un disque un peu imparfait mais régulièrement très impressionnant, qui se place honorablement dans la discographie impeccable de son auteur.

Mes morceaux préférés : « Nothing Sacred / All Things Wild », « No Halo », « Oh My God », « Congratulations »

A écouter sur Deezer ou Spotify

Alex

vendredi 17 mai 2019

Mac Demarco - Here Comes The Cowboy (2019)


  This Old Dog, dernier album de Mac Demarco en date, m'avait déjà surpris par son côté minimaliste, quasi folk, et ses détours synthpop, nocturnes et mélancoliques. Here Comes The Cowboy, c'est exactement ça, en plus poussé et moins ambitieux, c'est à dire une épure totale musicalement, un tout très apaisé, calme, laid-back, avec des guitares folk/blues/country et des synthés chill à la Homeshake. D'ailleurs, l'intro "Here Comes The Cowboy" n'est rien d'autre qu'un riff bluesy répété à l'envie, avec une seule ligne de chant (le titre), déclamé calmement mais avec humour. Ce titre met d'emblée l'auditeur dans l'état d'esprit posé, contemplatif, nécessaire à l'appréciation de l'album. 

Mac Demarco - Nobody (Clip, 2019)

  Mais aimer cet album, ça n'est pas très difficile, tant le songwriting délicat est beau et intemporel, et l'interprétation touchante. Quelques-unes des plus belles chansons de Mac s'y trouvent : "Nobody" est déchirante, "Finally Alone" magnifique, notamment avec son refrain chanté d'une voix de tête, sur des synthés doux. Qui, comme sur la jolie "Heart To Heart", rappelle le groupe de Peter Sagar et les détours synthétiques du précédent LP. "Preoccupied" est aussi tranquille et langoureuse qu'une bossa. 

  Le côté crooner sous nicotine de certains de ces titres me parle bien, ça évoque Dylan ou Sinatra, ça remonte loin, c'est couillu d'aller sur ce terrain, pas vendeur d'un côté et pas facile de convaincre les puristes de l'autre, respect. Je pense notamment à la magnifique "K", et à la très touchante "All Of Our Yesterdays"De manière générale, la plupart de ces pop songs douces auraient pu sortir n'importe quand entre les années 50 et maintenant, et c'est ce songwriting sans âge (y'a un petit truc jazzy parfois, comme sur "Skyless Moon"), classe sans trop en faire, qui fait la beauté du truc. Par exemple, "On The Square" et ses accords classe auraient pu venir de Billy Joel, Carole King, Harry Nilsson ou des Beatles. Mais c'est sur ce bel album que vous la trouverez.

Mac Demarco - On The Square (Clip, 2019)

  Les autres morceaux, souvent plus espiègles, ne sont pas en reste. J'adore notamment le chant aigu et la guitare bluesy de "Little Dogs March", le funk de "Choo Choo" passe également très bien, et renvoie à une irrévérence très anglaise dans l'esprit (on peut penser à McCartney dans ses débuts en solo ou à un Damon Albarn d'humeur joueuse), mais également assez proche de la démarche touchante, timide et planquée derrière un rideau d'humour et une imagerie enfantine de Jonathan Richman. Je trouve des inflexions très Blur également dans "Hey Cowgirl", quelque chose dans le chant. 

  L'album se termine d'ailleurs par un "Baby Bye Bye" qui sent autant la comptine que le bayou, suivi par une piste cachée, genre de jam autour du funk de "Choo Choo" assaisonnée de rires façon Joker, de cris bluesy comme quand Paul McCartney voulait déconner sur le White Album, et de "yee-haa" dans le thème du disque. 

  Ce côté déconne, décalé, se retrouve également dans les visuels de l'album, des clips classiques, sobres et dépouillés où Demarco porte des masques de monstres hideux (et dans le clip WTF de l'intro aussi). Comme un écran, ces images cachent le malaise de ce grand enfant perdu et pudique (on pense au costume de gorille de Harry Nilsson sur "Coconut" dans le même genre), et c'est assez touchant. On sent tout au long de ce disque la sensibilité à fleur de peau de l'artiste, et pour l'avoir vu se défoncer la tête au cours d'un concert qui a mal fini alors qu'il commençait magnifiquement, j'espère pour lui, humainement, que le chemin vers plus d'apaisement va suivre son cours. Ce disque sobre et beau sonne comme ça en tous cas, on ne peut qu'espérer pour lui que ce soit le cas.

Mac Demarco - All Of Our Yesterdays (2019)

  En attendant, c'est une oeuvre d'une beauté classique assez indiscutable, et même si Demarco est souvent farceur, son talent de mélodiste et d'interprète transcendent ces facéties et rendent vital un album qui aurait pu être monotone. Un très beau disque, faites l'effort de l'écouter vraiment si vous en avez le temps et l'envie, et ne perdez pas de temps à lire des critiques souvent négatives de gens qui à leur lecture n'ont pas pris le temps de l'écouter correctement. 

Mes morceaux préférés : Nobody, Finally Alone, Heart To Heart, Preoccupied, K, All Of Our Yesterdays, Skyless Moon, On The Square

A écouter sur Deezer ou Spotify

Alex


mercredi 15 mai 2019

Vampire Weekend - Father Of The Bride (2019)


  Pas tout à fait conquis par les premiers singles de l'album, je m'attendais à être déçu par ce disque, alors que je considère leur précédent, Modern Vampires of The City (2013) comme un classique, et que leurs deux premiers ne sont pas loin derrière. Et puis, petit à petit, au fil des réécoutes, ces singles ont fini par me convaincre, et j'ai fini par apprécier la direction prog-folk que prenait l'album. Et je ne suis pas déçu. "Harmony Hall" accroche incontestablement l'oreille, entre le Grateful Dead, "Sympathy For The Devil", la soul blanche de George Michael, et le style post-doo-wop déjà présent sur l'album de 2013. Autre gros single, encore plus entraînant, "This Life" remplit bien son rôle, tandis que la très, très belle "Unbearably White" aurait pu figurer sur MVOTC, illustrant finalement assez bien la continuité entre ces deux albums.

Vampire Weekend - Harmony Hall (Clip, 2019)

  Le style pop/folk/rock à l'ancienne, propret, à la papa, mais un peu modernisé, va très bien à Ezra Koenig (qui a écrit "Diane Young" je vous rappelle), et ça rend des morceaux comme "Bambina" immédiatement aimables. De même sur un style plus pop, comme la très doo-wop "How Long" et la touchante "My Mistake". Lorsque les petites touches de modernité (un effet vocal, un peu d'électro, un beat hip-hop...) débarquent, c'est naturel, et lorsqu'elles se font plus audibles, on aboutit à quelques-uns des morceaux les plus aimables du disque : "Big Blue", "2021", "Rich Man", et la géniale "Flower Moon" dont je vais reparler un peu plus loin. 

Vampire Weekend - This Life (Clip, 2019)

  Les métissages entre les genres musicaux font encore une fois le sel de ce disque, comme sur "Stranger", entre jazz venu de Louisiane et musiques latines, l'excellente "Sympathy" qui mêle house, jazz et folk gypsy. Le côté jazz-funk (avec même du scat) de "Sunflower", avec Steve Lacy, s'intègre parfaitement au côté prog du disque, et introduit parfaitement mon morceau préféré : "Flower Moon", qui est un voyage à elle toute seule, entre vocoder, psychédélisme, funk, prog, jazz, folk, fanfare, c'est une explosion musicale absolument divine et miraculeuse. 

Vampire Weekend - Flower Moon (2019)

   Bon, par contre je ne suis pas hyper hyper fan des interventions vocales (fréquentes) de Danielle Haim (du groupe Haim, très présente ici car elle est la femme du producteur Ariel Reichstad, fidèle de Vampire Weekend, qui a coproduit ce disque en entier chez lui dans son studio perso). Sur l'intro, "Hold You Now", qui sample les fameux chants mélanésiens que vous avez sûrement déjà entendus dans un film (ou une pub...), ainsi que sur les nombreux morceaux où elle assure quelques chœurs ou harmonies, ça me va carrément, son apport est intéressant. Mais sur tout un duo, comme "Married in a Gold Rush" et "We Belong Together", ça fait un peu beaucoup, et ces morceaux sonnent un peu culcul à mes oreilles, pourtant j'aime beaucoup les duos country. Mais c'est pas nul non plus hein, juste un peu en dessous je trouve.

Vampire Weekend - Spring Now (2019)

  En revanche, la fin du disque est top, avec un "Spring Now" merveilleux, là encore un genre de doo-wop des années 2010 aussi beau que moderne, puis "Jerusalem, New York, Berlin", qui arrive à m'émouvoir au fur et à mesure de l'écoute, en empilant les bonnes idées (un piano absolument délicieux, une voix douce, un beat électro...).

  Bref, c'est une bonne surprise pour moi, vous l'aurez compris. Je vous encourage à y jeter une oreille et à prendre le temps de vous approprier cet album assez dense, assez expérimental, à la démarche pop très joueuse. Par exemple en y revenant plusieurs fois, par petites doses de 3-4 morceaux (c'est comme ça que j'ai fait personnellement). Alors bonne écoute !

Mes morceaux préférés : Unbearably White, Spring Now, My Mistake, Flower Moon, Sympathy

Ecouter sur Deezer ou Spotify

Alex


  

lundi 13 mai 2019

Orville Peck - Pony (2019)


  Sur une suggestion Twitter, je file écouter ce disque, Pony, de Orville Peck (un inconnu pour moi) au pif, ne connaissant pas l'artiste. Et je tombe sur le premier morceau, "Dead of Night", qui démarre un peu Johnny Cash, un peu Chris Isaak, un peu Depeche Mode façon blues-rock, avec une production impeccable, très Phil Spector, et un côté fantasmagorique venu de chez Roy Orbison, cette ambiance à la Twin Peaks que n'aurait pas reniée Lana Del Rey. Et là le refrain déboule, avec cette voix 80's à la Talk Talk, et je suis conquis. Putain, quel morceau. Ah et, ayant vu le clip après coup, apparemment il cultive le look masqué et joue sur ce côté mystérieux, mais ça je ne l'ai vu qu'après écoute.

Orville Peck - Dead Of Night (Clip, 2019)

  On continue sur cette très bonne lancée avec "Winds Change", plus Cash/Orbison, avec toujours ce chant expressif, puissant. Quelques échos post-punk viennent nourrir la plus pop "Turn To Hate", également impeccable, tandis que c'est plutôt aux Cure des débuts, aux Jesus & Mary Chain et surtout à Sonic Youth qu'on pensera en écoutant la très bonne "Buffalo Run".

  Je suis un peu moins emballé par la suite, je trouve les morceaux "Queen of the Rodeo", "Roses Are Falling" (très Elvis période pop), et "Hope To Die" (aussi gothique que son titre) un peu moins percutants même si très aimables, et "Kansas (Remembers Me Now)" un peu vite expédiée alors qu'il y avait beaucoup de promesses dans ces chœurs intriguants. Une petit interlude expérimental à la Scott Walker"Old River" est planqué au milieu de ces titres. Un cran au-dessus, "Big Sky" a beaucoup de style, tandis que la très Johnny Cash "Take You Back (The Iron Hoof Cattle Call)" sonne comme un générique de western, et c'est plutôt cool. L'album finit sur une touche très élégante avec "Nothing Fades Like the Light", qui prouve toute la puissance et la subtilité de l'interprétation du chant d'Orville Peck puisqu'on croirait entendre un des morceaux les plus tendres de Presley.

Orville Peck - Turn To Hate (Clip, 2019)

  Finalement, le seul défaut de ce disque c'est d'avoir commencé tellement fort qu'il était difficile de tenir les promesses d'un tel enchaînement de morceaux géniaux. En dehors de ça, c'est une superbe surprise, et certains de ces morceaux risquent de passer en boucle chez moi, grand amateur de crooners country/rock à la Presley, Cash, Orbison & co. Je recommande donc chaudement, et merci internet pour la découverte.

Mes morceaux préférés : Dead Of Night, Winds Change, Turn To Hate

A écouter sur Spotify ou Deezer

Alex


samedi 11 mai 2019

Le Bilan du Mois : Avril 2019


  Une fois de plus, j'ai pas eu le temps de parler de toute ce qui est sorti ce mois-ci, surtout de la fin de mois, et j'ai quelques rattrapages de Mars, mais je pense que vous ne m'en voudrez pas. 

  De même, on va uniquement parler album, j'ai écouté peu d'EPs ce mois-ci, et aucun ne m'a marqué. De même, aucun morceau hors album ne s'est démarqué, on va donc rester sur nos bases et écouter des disques du début à la fin comme dans les seventies. C'est parti. 

L'ALBUM DU MOIS


Foxygen - Seeing Other People
USA
Pop, Rock, Glam, Disco/Funk, Synthpop, Prog
Lien vers la chronique
    Pour ce qui a été annoncé comme le dernier album (à prendre avec des pincettes) d'un des groupes chouchous de ce blog, les Foxygen (Sam France au chant, Jonathan Rado à la prod) se sont inspirés de la période 80's, adulte et un peu paumée de leurs héros 60's (Stones, Dylan, Iggy Pop, Neil Young, etc...). C'est un album groovy mais mélancolique, étonnamment structuré (en tous cas plus linéaire que leurs albums précédents, malgré de nombreuses idées farfelues et surprises délicieuses), assez intemporel et immédiatement accrocheur. Un magnifique disque, parfait épilogue (potentiel) à la discographie d'un groupe unique. J'avais adoré chacun de leurs albums, et je pense que celui-ci a le potentiel de devenir mon préféré, c'est dire s'il est bon.
Mes morceaux favoris : Work, Mona, Face The Facts, News, Livin' A Lie
Ecouter sur Deezer ou Spotify


BILAN ALBUMS

***On a adoré

The Comet Is Coming - Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery
Royaume-Uni
Jazz, Psychédélisme/Krautrock, Electro-Pop
    Shabaka Hutchings est un musicien passionnant. Saxophoniste british, il m'émerveille par son talent apparemment sans limite. Il multiplie les projets, et joue ici un croisement de jazz, de krautrock planant et psychédélique et d'électro-pop dansante (sous le nom The Comet is Coming). On a déjà nommé le morceau "Summon The Fire"morceau du mois en Mars, et autant le dire directement, tout l'album est au niveau, c'est à dire excellentissime. Entre psychédélisme noir, rock et jazz, façon Miles Davis époque Bitches Brew, il enchaîne des morceaux immédiatement mythique, puissants, profonds et accessibles à la fois. C'est difficile de résumer cet album, mais pour faire court : c'est brillant, éminemment accessible mais sans rien sacrifier à la qualité et à l'intégrité jazz de l'ensemble, c'est à la fois mystique, moderne, fun, parfois dansant, parfois planant. C'est un des grands disques de cette année, peut-être de cette décennie, et pas seulement en jazz, mais tout court. Alors foncez l'écouter !!!
Mes morceaux préférés : Summon The Fire, Timewave Zero, Birth Of Creation, Unity, Astral Flying
A écouter sur Spotify ou Deezer

The Chemical Brothers - No Geography
Royaume-Uni
Electronique, Electro-Pop, Electro-Rock, Electro-Funk, House/Acid House
  Les Chemical Brothers ont une petite place à part dans mon coeur, m'ayant aidé à faire le lien entre le rock d'où je viens musicalement et les musiques électroniques, et ayant accouché de quelques-uns des disques les plus fun et réussis à la frontière entre ces deux genres. Et cet album, No Geography, est d'une vitalité et d'une homogénéité de qualité qui n'a rien à envier à leurs meilleures sorties, ce qui est une très, très belle surprise. Déjà, l'album commence par un des morceaux les plus incroyables et ambitieux de leur discographie, "Eve Of Destruction", sorte de panorama des genres maîtrisés et détournés par le duo depuis leurs débuts, un DJ Set mené de main de maître à lui tout seul. D'ailleurs, la façon dont cet album est séquencé est divine. On entend en effet toute la maturité artistique du duo dans cette construction savante entre gros bangers et morceaux plus aériens. C'est presque un miracle d'arriver à un tel niveau d'urgence et de qualité pour un duo vétéran des musiques électroniques comme les Chemical Brothers. 
Mes morceaux préférés : Eve Of Destruction, Bango, No Geography, Got To Keep On, Gravity Drops
A écouter sur Deezer ou Spotify


Bibio - Ribbons
Royaume-Uni
Folk, Pop, Trad, Rock Porgressif, Country, Funk, Electro-Pop, Psyché, Electronique
Lien vers la chronique
  Bibio m'avait subjugué en 2016 avec A Mineral Love, un album délicat mettant autant en lumière ses talents de songwriter et de producteur, entre folk champêtre, pop solaire, et électronique funky. Ce magnifique Ribbons est du même calibre, jonglant cette fois-ci entre folk, musiques traditionnelles, pop, et quelques accents électroniques, funk ou country. Les morceaux sont systématiquement bien écrits, ultra mélodiques, arrangés avec ingéniosité et délicatesse. Vous l'aurez compris, c'est un très beau disque, très posé et mature, empli d'instrumentaux folks printaniers et boisés, mais également traversé de rayons de soleil pop et de voix cristallines à la Simon & Garfunkel.
Mes morceaux préférés : Beret Girl, The Art Of Living, Before, Ribbons, Old Graffiti, Erdaydidder-Erdiddar, It's Your Bones, Pretty Ribons & Lovely Flowers
A écouter sur Spotify ou Deezer


Drugdealer - Raw Honey
USA
Pop, Rock
Lien vers la chronique
  Logique du calendrier, après Bibio, c'est à l'auteur d'un autre grand disque de 2016 de sortir son nouvel album. Et sur ce Raw Honey, les morceaux sont produits avec un soin, une patience, une délicatesse, un talent et un amour du son palpables, c'est un délice total pour les oreilles du début à la fin, c'est de la grande Pop de studio. Cet album est une masterclass de production pop-rock à l'ancienne, avec un son rond et chaud, empli de chansons extrêmement bien composées et interprétées. Le côté pastiche est absolument transcendé et balayé d'un revers de main devant tant de talent.  Loin d'être une simple redite du passé, ce disque en est en effet une relecture bien vivante et passionnée. On sent derrière chaque morceau l'envie de reprendre un flambeau, de prouver qu'on peut encore créer un classique dans un genre musical désuet et maintes fois surexploité. On entend la sueur couler le long des fronts, les prises de tête, les sourires lorsqu'un morceau se débloque, tout ça transpire de partout, remplit le disque d'une joie douce, simple et belle. Et c'est très enthousiasmant !
Mes morceaux préférés : Fools, Honey, Lonely, If You Don't Know Now You Never Will
A écouter sur Spotify ou Deezer ou Bandcamp 

PNL - Deux Frères

France
Rap/Hip-Hop, Pop/Electro-Pop, Trap, Rnb
  Des textes et flows plus acérés, des prods toutes plus incroyables et variées les unes que les autres, à l'américaine : ce nouvel album c'est du lourd. Le disque est certes un peu long, et aurait sans doute bénéficié de quelques coupes, mais il est tout à fait écoutable tel quel. La majorité de ces titres oscillent entre le très bien foutu et l'excellent dans leur genre, et certains, en sortant de la zone de confort du groupe, s'imposent comme de petits classiques instantanés. Et ça fait plutôt plaisir de voir éclore, cartonner puis se raffiner un style musical aussi unique, ici en France. Que vous aimiez ou pas, ça va être aussi difficile de passer à côté d'eux que de Mylène Farmer dans les 80's ou Daft Punk en 2001, alors autant y jeter une oreille non biaisée non ?
Mes morceaux préférés : Au DD, Déconnecté, Menace, Celsius, Deux Frères, Autre monde
Ecouter sur Spotify ou Deezer

The Drums - Brutalism
USA
Pop, Electro-Pop/Synthpop, Rock Indé, Post-Punk
Lien vers la chronique
  The Drums, maintenant c'est Jonny Pierce tout seul. Mais pas tout à fait, il s'est par exemple entouré de musiciens pour enregistrer ce tout nouvel album, contrairement à son précédent où il jouait de tout. Et il a voulu également retrouver un côté brut, se replongeant dans l'état d'esprit qu'il avait avant de signer en maison de disque afin de produire le disque pop dont il rêvait plus jeune. Ce qu'on remarque assez vite, c'est la beauté de ces chansons, aux mélodies soignées et immédiatement plaisantes, et aux choeurs délicats. Ce côté pop, volontiers rythmé et n'ayant pas peur de plaire, accouche de belles réussites comme le classique instantané "626 Bedford Avenue"C'est donc un album réussi de plus pour les Drums, sur lequel Pierce arrive de plus à ouvrir de nouvelles voies à sa musique en privilégiant une approche pop moins marquée par le post-punk british, upbeat mais sombre, qui a fait sa marque de fabrique. C'est l'oeuvre d'un authentique artiste autant que d'un artisan qui se cherche à travers son art, et c'est surtout très beau.
Mes morceaux préférés : Pretty Cloud, Body Chemistry, 626 Bedford Avenue, Brutalism
A écouter sur Spotify ou Deezer


Marvin Gaye - You're The Man
USA
Soul/Funk, Pop, Psychédélisme
  Présenté comme un album perdu datant de 1972, ce Marvin Gaye "nouveau", jugé trop politique à l'époque par Berry Gordy, permet de mettre en valeur le génie du chanteur et musicien : qui d'autre peut se permettre de laisser de telles merveilles au placard et d'en sortir d'aussi bonnes dans la foulée ? Les morceaux présentés sont en tous cas de très, très haute tenue, entre funk sensuel, soul psychédélique et mélancolique et crooner romantique. Ils sont néanmoins accompagnés de remixes par SalaAM ReMi (ex-collaborateur d'Amy Winehouse), de versions alternatives et d'autres inédits, rendant l'ensemble un peu bancal à écouter d'une traite, mais néanmoins j'aurais bien du mal à en jeter une note tant l'écoute de ces trésors perdus est jouissive pour un fan.
Ecouter sur Spotify

King Gizzard & The Lizard Wizard - Fishing For Fishes
Australie
Boogie, Glam Rock, Prog Rock, Pop/Electro-Pop, Jazz, Disco/Funk, Country/Folk/Blues
Lien vers la chronique
    Les fous furieux King Gizzard reviennent après une petite période de pause qui a paru une éternité aux amateurs du groupe, ultra prolifique. Et c'est avec un disque posé, assez pop, qu'ils font leur retour. En effet, ce Fishing For Fishes a pour ambition d'être un disque de boogie modernisé, et vous allez voir que le disque est construit comme un long crescendo vers plus de rock et plus de modernité. Vous l'aurez compris, à un morceau près, on n'est pas passés loin du perfect, mais ça n'empêche pas ce Fishing For Fishies d'être un très bon cru. L'idée de moderniser le rock "boogie" n'était pas facile à réaliser sans tomber dans des dizaines de travers différents, mais le groupe a réussi à en faire quelque chose de frais, fun et qui donne envie de sauter partout (en allant les voir en live si possible). Mission accomplie !
Mes morceaux préférés : Fishing For Fishes, Acarine, Cyboogie
Ecouter sur Spotify ou Deezer



**On a beaucoup aimé

Altin Gün - Gece
Pays-Bas, Turquie
Pop, Rock, Funk, Disco, Prog, Psyché
Lien vers la chronique
  Le groupe hollando-turc préféré des amateurs de pop-rock de qualité revient avec un album dans la droite lignée de son prédécesseur, l'excellent On, qui avait eu le mérite de sortir de rock d'Anatolie du cercle restreint des connaisseurs et des diggers. Sur ce GeceAltin Gün continue à émerveiller sur un funk-rock implacable parfois accompagné de synthés aussi cosmiques que discoïdes, et l'alternance entre chants masculin et féminin est toujours un pur bonheur. Malgré une seconde partie d'album que je trouve moins percutante, c'est un bon album, qui donne une furieuse envie de les voir en live.  
Mes morceaux préférés : Yolcu, Vay Dünya, Leyla
A écouter sur Deezer ou Spotify

Jok'Air - Jok'Travolta
France
Rnb, Rap/Trap, Pop/Electro-Pop
Lien vers la chronique
 Véritable OVNI musical, Jok'Air est un chanteur-rappeur, situé quelque part entre rnb, trap, et variété française 80's. Il a fait partie du groupe La MZ (et semble d'ailleurs en avoir été le membre le plus prometteur), et a déjà quelques LP à son actif, tous contenant quelques très bons morceaux. Un poil inégal (surtout trop long en fait), mais extrêmement impressionnant et prometteur, ce Jok'Travolta a plus que largement rempli son quota de tubes géniaux et annonce de très probables coups de génie à venir. 
Mes morceaux préférés : Pour mes supporters, Les yeux sont sur nous, Jok'Travolta, Club des 27, Bonbon à la menthe, Comme tu es, 4-5, Nos Souvenirs 
Ecouter sur Spotify ou Deezer


Anderson .Paak - Ventura
USA
Funk, Soul, Pop, Rnb, Hip-Hop
Lien vers la chronique
  Après un décevant Oxnard, blockbuster funk/hip-hop n'ayant pas les moyens de ses ambitions, le talentueux Anderson .Paak revient à plus de retenue avec ce magnifique Ventura. Les deux albums ont été enregistrés en même temps, et co-produits par Dr Dre, mais alors que le premier a été sans cesse retouché par les deux compères comme une véritable expérience scientifique de création d'un classique funk en studio, Ventura était la petite porte dérobée de .Paak, son espace de liberté et de spontanéité, sa soupape de décompression si on veut. Et ça lui réussit à merveille, puisqu'associée à l'exigence d'excellence sonore et musicale de ces sessions, il en ressort un excellent disque de soul-funk, frais, profond, groovy et tendre à la fois.
Mes morceaux préférés : Come Home, Winner's Circle, Make It Better, Jet Black, Good Heels
A écouter sur Spotify ou Deezer


Pépite - Virages
France 
Electro-Pop, Pop, Rock Indé, Chanson Française
Lien vers la chronique
    Pépite est un duo français de pop, et je les ai découverts en première partie (et un peu pendant aussi) un concert de L'Impératrice, ce qui peut vous donner une idée de leur style. Avec comme marqueurs une voix à la Christophe, et une guitare à la Mac Demarco, leur musique est nénamoins impossible à réduire à une case trop étroite, puisqu'ils abordent aussi bien la chanson française qu'une électro-pop synthétique décomplexée par la French Touch. Ils arrivent à composer des chansons qu'on a l'impression de toujours avoir connues, ce qui demande un certain talent. L'album est donc varié dans ses sonorités et ses approches de la pop, mais conserve une exigence forte quant à la qualité des compositions, et une identité tout aussi forte, un style unique. C'est un bel exemple de pop francophone moderne, fraîche et bien foutue. Qu'on recommande donc forcément.
Mes morceaux préférés : Feu Rouge, Tant de Peine, Les Bateaux, Zizanie
A écouter sur Deezer ou Spotify


Mark Guiliana - Beat Music ! Beat Music ! Beat Music !
USA
Electronique, Jazz, Dub, IDM, Electro-Pop, Prog
Lien vers la chronique
  Mark Guiliana est un batteur de jazz américain, ayant entre autres bossé avec Avishai Cohen, Brad Mehldau, Meshell Ndegeocello mais aussi David Bowie (sur Blackstar), ce qui montre une certaine ouverture. C'est également un passionné de musiques électroniques, fasciné par l'IDM de Squarepusher, Aphex Twin ou Autechre et par le hip-hop de J Dilla, et il s'est donc logiquement mis à programmer en parallèle. Le dernier résultat de ses expérimentations à la croisée des chemins vient de sortir sous la forme d'un très bel album nommé Beat Music ! Beat Music ! Beat Music !, grand disque d'électronique avec la particularité plutôt rare d'avoir une batterie jouée en plus des boîtes à rythmes. Entre les mélodies pop, les sons accrocheurs, le côté fun du sound design façon jeu vidéo, les rythmes enlevés, l'ensemble est en plus tout à fait accessible à tout le monde. L'expérimentation est donc plus que réussie, je vous recommande donc l'écoute de ce disque assez unique.
Mes morceaux préférés : GIRL, BUD, BONES
Ecouter sur Deezer ou Spotify ou Bandcamp


Helado Negro - This Is How You Smile
Pop, Folk, Pop Indé, Electronique, Soul
  Un très joli disque, apaisé, mature et posé, d'un artiste que j'admire et dont je n'attendais pas moins. Un très bel album, qui m'a néanmoins un peu moins touché que le précédent, peut être un peu plus généreux en singles plus immédiats, mais c'est très subjectif et ça n'enlève rien à la qualité de cet album.
A écouter sur Spotify


Christian Scott aTunde Adjuah - Ancestral Recall 
Jazz, Electronique, Afro-funk, Psychédélisme
  Un ambitieux disque jazz, entre mysticisme, tradition musicale venue d'Afrique, free, expérimentations électroniques, hip-hop, brassant des thèmes profonds et sensibles avec force et délicatesse.
Mes morceaux préférés : Ritual (Rise of Chied Ajuah), I Own The Night, The Shared Stories of Rivals, Forevergirl
A écouter sur Spotify


*On a apprécié

Lizzo - Cuz I Love You
USA
Pop, Rnb/Hip-Hop/Trap, Soul/Funk/Disco, Glam Rock
  J'attendais avec une hâte énorme ce disque, conquis par le très bon "Boys" (finalement pas sur l'album), et l'énorme "Juice", toujours bien placé parmi mes morceaux préférés de 2019. Hélas, si le disque contient quelques autres bons titres, il se révèle vite fatiguant à écouter, faute à un mix criard et quelques morceaux plus faibles. Tant pis, il reste quelques excellents morceaux à en extraire, et c'est déjà beaucoup !
Ecouter sur Spotify

13Block - B.L.O.
France
Rap Français, Trap
  Un bon gros album de rap fr, un peu long et un peu moins percutant sur la fin, mais contenant néanmoins beaucoup de talent et quelques bangers massifs.
Ecouter sur Deezer


Malik Djoudi - Tempéraments
  La synthpop douce de Djoudi se fait ici encore plus planante et aquatique, et c'est toujours très beau, même si un peu trop calme pour moi, comparé à son intense UN (2017).
Ecouter sur Deezer


Ratso - Stubborn Heart
  Belle sortie de rock décadent, mélancolique, vénéneux et littéraire à la fois. Entre la série Californication et Leonard Cohen/Bob Dylan, en quelque sorte.
Ecouter sur Deezer


Weyes Blood - Titanic Rising
  Un album ambitieux, classe, dense, bref une belle oeuvre de pop.

Lion Babe - Cosmic Wind
Pop, Rnb, Electro-Funk, Electro-Pop, Hip-Hop, Soul
  Une jolie collection de morceaux sensuels, pop et groovy. 
Mes morceaux préférés : Into Me, Honey Dew
Ecouter sur Deezer

Billie Eilish - When we all fall asleep, where do we go ?
USA
Pop, Electro-pop
  L'idole des jeunes en a sous la pédale, et sa pop de laptop sous influences (le Kanye de Yeezus, Lorde, Die Antwoord, Lana del Rey, Tyler, The Creator...) est souvent intéressante et toujours fun. 
Mon morceau préféré : bad guy
Ecouter sur Deezer


Alex