Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

mercredi 27 février 2019

La Dizaine des Blogueurs 1/6 : La Chanson de l'Enfance


La Dizaine Des Blogueurs est un jeu co-organisée par Last Stop? This Blog et La Pop D'Alexandre Et Etienne. Le principe est simple : il s'agit de nommer une chanson/track sur six thématiques différentes, chaque mercredi, vendredi et dimanche du 27 Février au 10 Mars.


THEME DU JOUR : 
La chanson de l'enfance

LE CHOIX D'ALEX



"I've Been Tricked " 
Leigh Harline & Paul J. Smith
Walt Disney's Snow White Soundrack (1938)

  Pour ce thème pas évident, j'ai failli vous parler de Pierre et le Loup de Sergeï Prokoviev, qui a tourné en boucle sur mon lecteur cassette quand j'étais gosse, dans une version racontée par dessus la musique évidemment. En effet, c'est une pièce qui a débloqué pas mal de choses chez moi, tout émerveillé par la magie de la musique, qui arrivait à provoquer un impact narratif presque visuel à travers des thèmes ultra identifiables et bien pensés pour chaque personnage. Mais au final c'est sur une bande originale marquante d'un dessin animé tout aussi marquant que j'ai trouvé "ma" chanson. 

  On a chacun ses dessins animés, et en particulier ses Disney, fétiches, et ça dépend souvent plutôt de quelles VHS étaient disponibles chez nos parents/familles/amis à l'époque. Et Blanche Neige a beaucoup tourné car on avait la cassette chez notre grand-mère et que c'était quasiment la seule cassette qui nous intéressait, et c'était donc le choix par défaut quand on allait là-bas et que le dimanche pluvieux s'éternisait. 

  Le film a donc pas mal tourné, et j'ai toujours été fasciné par le dessin animé qui a de nombreux atouts, et en particulier par sa bande originale, et plus précisément dans les moments de tension et de drame (plutôt que par les chansons plus joyeuses des nains par exemple). En effet, la BO, enregistrée en 1937, a un grain très particulier, très vieilli, qui donne un côté surréaliste et effrayant au son, amplifiant l'impact dramatique de quelques morceaux déjà composés avec la peur en tête. 

  Mais au-delà de ce son tremblotant et intriguant (qui sonne d'ailleurs comme un sample et qui serait super à échantillonner sur des prods comme celles de RZA), ce sont tous les petits éclats d'inventivité présents sur ce morceau qui en font la grandeur et lui donnent un côté unique : l'insistance des cordes frottées, son alternance entre moments de tensions minimalistes et explosions dramatiques instaurant une tension croissante. Et surtout, un jeu sur la dissonance presque psychédélique : écoutez à partir de 2'35" et dites moi si ces cordes en boucle, assorties d'un son de chaudron bouillant, ne vous font pas penser aux recherches du psyché 60's (Fifty Foot Hose, Silver Apples...) ou à un sample électronique ou hip-hop (on pourrait tout autant entendre ce type de sons sur un Justice que chez un rappeur). Un amateur éclairé lisant ce texte pourrait sûrement me diriger vers une influence commune, j'aurais bien parlé de Stravinsky mais je connais trop mal le contexte de la musique "classique" contemporaine de l'époque pour pouvoir affirmer son influence ou non sur cette BO.

  Toujours est-il que si vous voulez un petit shot de terreur enfantine, cliquez sur play et laissez vous emporter par le tourbillon d'"Ive Been Tricked".

Si vous en voulez plus :  "Love's First Kiss (Finale)" sur cette même BO, Sergeï Prokoviev - "Thème du Loup" (Pierre Et Le Loup)



LE CHOIX D'ETIENNE


        "J'entends une chanson" 
          Johann Steurlein adaptation française de Nicole Clément


  
Effectivement, le choix est cornelien. Nombreuses sont les madelaines de Proust qui réveillent notre enfance. C'est peut être la musique accoustique qui me reviens en premier, celle qui vibre et fait vibrer, celle dont on admire une maitrise qui enfant nous parrait inaccessible. Je me revois écouter ma mère jouer la Lettre à Elise de Beethoven sur le piano droit qui trône dans le salon et qui me touchait par sa mélancolie. C'est ensuite la musique des dessins animés, porteuses de nos naïves émotions d'enfant. Celle qui m'a le plus marqué reste la scène finale du Tombeau des Lucioles m'évoquant une tristesse et une dureté qui m'ont profondément marqué. Mais mon enfance, je l'ai avant tout vécu dans le cocon de ma famille. Mes parents, passionnés de chant choral, nous avaient appri à mes trois frères et moi, un chant à quatre voix que nous entonnions fierment à chaque occasion. Il s'agit d'un air polyphonique du XVI siècle écrit par Johann Steuerlein avec une adaptation française de Nicole Clément.




Alexandre & Etienne

vendredi 22 février 2019

Panda Bear - BUOYS (2018)


  BUOYS, nouvel album de Panda Bear, ne surprendra pas totalement les  amateurs de sa musique, mais réussit néanmoins le toujours délicat équilibre entre perfectionnement et réinvention. On retrouve le son aquatique d'Animal Collective, les guitares folk assez rythmiques de Young Prayer et des débuts d'AnCo, l'influence de la dub et du hip-hop (cf Panda Bear Meets The Grim Reaper, son précédent long format) et les mélodies vocales post-Beach Boys

  En revanche, il y a quand même pas mal de changements, dus à des influences inattendues. Bon déjà, les guitares très présentes ici, ça n'était pas arrivé depuis un moment, et ça vient du fait que Noah Lennox -de son vrai nom- avait besoin de ressortir ses vieilles guitares et de répéter avant d'entamer une tournée autour de l'album Sung Tongs (2004) d'AnCo. La plupart des morceaux de BUOYS viennent d'ailleurs d'ébauches conçues pendant cette période de ré-appropriation de l'instrument. 


  Les influences hip-hop sont également assez différentes, car avec l'aide de son collaborateur Rusty Santos, c'est plutôt vers les rythmiques et les basses trap et latines que ce producteur l'a amené ; lui qui est aussi à l'aise dans le footwork que dans le reggaeton ou la batida, électro portugaise mutante que son label Principe Discos fait rayonner. Lennox est également devenu fan de Swae Lee du groupe de trap-pop Rae Sremmurd, et cette influence l'a amené à épurer ses instrumentaux, utiliser l'autotune sur sa voix et chanter de façon plus directe sans forcément chercher à harmoniser avec lui-même, tranchant avec les chorales pop de ses précédentes sorties. Une des choses qui l'a poussé dans cette direction est l'embarras de ses enfants, notamment sa fille jeune ado, vis-à-vis de sa musique assez non-conformiste. Il a donc essayé de les impressionner avec un disque plus pop dans sa forme. C'est a priori raté pour eux, mais réussi pour nous. 

Panda Bear - Dolphin (2019)

  En effet, cet album est réconfortant pour le fin connaisseur d'Animal Collective, mais assez unique dans sa forme, et surtout parfait dans son genre tout à fait unique. Il faut quelques écoutes pour rentrer dans "Dolphin", avec son chant beau comme du Brian Wilson, autotuné presque tendrement, rythmé par des samples aquatiques. Il faut comprendre et accepter que la guitare soit jouée comme si c'était un sample, volontairement, et utilisée comme un outil rythmique et une base d'accords sur lesquels la voix se pose plutôt que comme un instrument lead. Pensez à Syd Barrett jouant le même accord en boucle. Mais ce titre, une fois qu'on est rentrés dedans, est magique, hypnotisant. Il pourrait durer des heures. C'est le premier titre composé pour l'album, qui a donné la "formule" guitare-beat-basse-voix à Santos et Lennox pour la suite du LP.  

  Et c'est tout aussi beau tout du long. "Cranked" et "Token" évoquent les moments les plus épurés du magnifique et sous-estimé Tomboy. La direction pop se ressent sur la très directe "Master", sorte de suite apaisée au tubesque et violent "Mr Noah" sur le disque précédent dans son esprit. Cette ambiance de plage nocturne, à la Beach Boys, est également présente sur la très belle et obsédante "I Know I Don't Know".

Panda Bear - Token (Clip, 2019)

  Sur la fin du disque, notamment "Buoys", "Crescendo" et "Inner Monologue", Panda Bear laisse presque tomber l'idée d'utiliser les guitares de façon mécanique, et le jeu plus fluide donne une tonalité folk apaisante aux morceaux là aussi très directs, tandis que quelques enluminures électroniques gardent un petit côté joueur proche des fêtes foraines pop de Painting With. Une cadence syncopée, presque boogie donne un petit côté roots à "Home Free", sorte de blues électronique et psychédélique, comme une version futuriste des albums solo de Barrett justement. 

  La démarche épurée de Lennox a payé et il arrive à se renouveler sans aucun accroc et en produisant au passage un de ses plus beaux disques. A écouter absolument !


Alex


mercredi 20 février 2019

Espen T Hangard - Elementaer (2019)


  Je suis fasciné par ce disque. Uniquement instrumental, il délivre une musique au carrefour entre électronique et pop. Pop car cette musique est rythmée voire sautillante, mélodique, fun et qu'elle sait jouer avec les sons pour accrocher l'auditeur. Espen T Hangard est un producteur norvégien basé à Oslo, et ce disque, sorti chez Entartete Musik, est la suite directe de Primaer, sorti l'an dernier, et issu de sessions remontant de 2009 à 2012, et mixées et passées au mastering en 2018. La genèse de ce disque remonte donc à presque 10 ans, et c'est peut-être en partie cela qui le rend si intemporel.

Espen T Hangard - Syretyveri (2019)

  Entre post-punk minimaliste, IDM joueuse comme un Aphex Twin particulièrement farceur, acid house et électro-pop sautillante (on pense aux Metronomy des débuts), "Combi. Rock" ouvre le disque de façon parfaite. L'explosive "Syretyveri" prolonge et accentue le plaisir, entre breakbeats, acid déglinguée comme du Mr Oizo et nappes de synthé entre Kraftwerk, Afrika Bambaata et un délicieux synthé trompette (j'ai une confession à faire : j'aime les synthés qui font pouet pouet). Egalement située entre acid, house planante et aspirations électro-pop, "Trampoline" est un petit bonbon.

  Pour le coup, "Fire Truck Acid""Atlas Reconfiguration" et "Ego Zenith" sont plus faciles à classer du côté IDM, elles auraient pu sortir chez Warp il y a 20 ans, ce qui ne leur enlève rien. Sur ce morceau, on se rend compte à quel point ces programmations et ces synthés sont expressifs et ont une vie qui leur est propre, est c'est encore plus vrai pour "Position Clock" : essayez de vous éloigner de vos enceintes et de loin vous jurerez entendre un chant. Dans le genre, la très belle et planante "Mirages" a une beauté délicate proche du krautrock dans son versant le plus électronique et contemplatif. 

Espen T Hangard - Mirages (Clip, 2019)

  Nous avons donc eu une chance inespérée qu'Espen T Hangard se décide à exhumer ces vieilles sessions pour en faire un disque, et je suis bien content d'être tombé dessus au hasard de Bandcamp, parce qu'un disque d'électronique aussi réussi de bout en bout et avec autant de personnalité, c'est toujours un petit trésor.  

Mes morceaux préférés : Combi. Rock, Syretyveri, Position Clock, Mirages


Alex



lundi 18 février 2019

21 Savage - A Lot (Chanson & Clip, 2018)


  21 Savage est un rappeur d'Atlanta, au flow unique : glacial, implacable, calculateur, il n'est pas le plus technique mais il a un style très personnel assez rapidement obsédant. Sur cette chanson, il s'éloigne de la trap froide qui l'a fait connaître avec une prod géniale de DJ Dahi (vu chez Kendrick Lamar entre autres) samplant la merveille soul de "I Love You" (1971) des East Of Underground comme un vieux Kanye. 


East Of Underground - i love you (1971)


  Et cette instru géniale permet à 21 Savage, outre de placer un refrain malin et entêtant avec ses nombreuses occurences bien placées du titre "A lot",  de mettre en valeur un texte doux-amer, à la fois beau et dur sur la vie dans les banlieues d'Atlanta. Extraits choisis : "My brother lost his life and it turned me to a beast" et un peu plus loin "but the other side was sunny I was paid to rap on beats". C'est un très beau titre, sur lequel intervient un J Cole impressionnant techniquement et intéressant dans son texte ; prouvant que quand il sort de sa zone de confort il peut tout à fait être un grand rappeur. Au passage, le clip est très beau, ce qui est toujours bon à prendre.

  L'album sur lequel ce titre est sorti, I Am > I Was (2018), est un succès mérité, et marque une belle progression pour 21, qui par ailleurs a été ciblé par l'immigration américaine récemment (il a la nationalité britannique et est arrivé à Atlanta au début de son adolescence). On espère qu'il pourra continuer à résider là où il le souhaite, avec femme et enfants. Son argent devrait aider, mais son cas aura eu le mérite de sensibiliser une partie de l'opinion américaine, et par extension mondiale, au sort des expulsés, sachant que les autres n'auront jamais les moyens financiers de financer une défense aussi efficace que lui.

  Certains pensent d'ailleurs que l'administration, au courant de son problème de papiers depuis un bail, lui essayant de régulariser la situation de son côté, l'a pris pour cible car il critique la politique migratoire, particulièrement zélée sous Obama puis Trump, de l'I.C.E. : "Went through some things, but I couldn't imagine my kids stuck at the border"

Alex



samedi 16 février 2019

Le Bilan du Mois : Janvier 2019


  On démarre l'année 2019 avec un premier bilan, celui du mois de Janvier, qui s'est révélé assez riche et passionnant dans la diversité de ses sorties, mais je vous laisse en juger par vous-mêmes.
Bonne écoute

L'ALBUM DU MOIS


Sneaks - Highway Hypnosis
USA
Post-Punk/Punk, Hip-Hop/Trap, Electro-Pop/Synthpop, Electrofunk
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  Highway Hypnosis arrive après deux albums (chroniqués ici et iciqu'on a adorés ici, plutôt dans un genre post-punk qui tendait à s'ouvrir vers une électro-pop tout en gardant un côté minimaliste et une brutalité punk. Autant dire qu'une certaine attente s'est installée de mon côté, une certaine hâte de découvrir ce que Sneaks pouvait offrir d'encore plus pop, sur une durée plus longue que d'habitude. Et c'est cette fois-ci du côté du hip-hop, et notamment de la trap, ainsi que dans l'électro apatride de MIA (entre autres) qu'elle est allée chercher des inspirations supplémentaires. Et avec la somme de tous ces styles venant d'époques et de lieux différents, parfaitement rendus à travers un prisme mi-pop, mi-punk, avec une énergie hip-hop, la musique de Sneaks a encore pris en amplitude avec cette sortie tout en continuant à ne pas gâcher une seule seconde, et ça c'est précieux. Un grand disque que je vous recommande très chaudement.
Mes Morceaux Préférés : The Way It Goes, Ecstasy, Money Don't Grow On Trees, Cinnamon, Beliefs, And We're Off, A Lil Close
A découvrir sur Spotify ou Deezer


L'EP DU MOIS 



Distant Stars - Robots Do It Better
Autralie, France
Post-Punk, Pop, Electro-Pop/Synthpop, Indus
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  Distant Stars est un duo franco-australien, nommé à partir de paroles d'Ultravox, et ils viennent de sortir un premier EP génial chez Detonic Recordings dans le cadre de leur série "Minimum Viable Products"Et ça commence très fort, entre synthés cosmiques, froideur post-punk, syncope presque hip-hop et chant mystérieux "Robots Do It Better" met la barre très, très haut, d'affirmant déjà comme une des chansons les plus marquantes de ce début d'année. L'EP continue sur une lancée de post-punk déconstruit et kiffant, qui se termine sur un morceau de bravoure ("Je dis rien") qu'on espère sans fin tant il hypnotise l'auditeur et se révèle très satisfaisant.
  C'est donc un très bon EP, dont je vous recommande absolument l'écoute si vous avez une certaine affinité pour les synthés, le post-punk ou la pop la plus aventureuse.
Mes morceaux préférés : Robots (Do It Better), Je Dis Rien
Ecouter sur Bandcampsur Spotify ou sur Deezer


LA CHANSON DU MOIS


Lizzo - Juice
USA
Electro-Funk, Disco, Nu-Disco, Soul/Funk, Hip-Hop/Rnb/Trap, Pop, New Wave
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  La meilleure chanson de ce début d'année, sans aucune contestation, et pourtant il y a eu du lourd ce mois-ci (cf le nombre de coups de coeurs ci-dessous). Entre Bowie produit par Nile Rodgers période Let's Dance, triplet flow à la Migos, nu-disco plus tubesque que du Madonna d'époque et voix soul puissante, c'est un festival, comme si 4 tubes avaient été fondus en un seul, un véritable tourbillon pop absolument parfait. 





BILAN ALBUMS

***On a adoré :


James Blake - Assume Form
COUP DE COEUR
Royaume-Uni
Pop, Soul, Electronique, Rnb, Hip-Hop
  Heureux à la ville, James Blake a éclairci sa musique sur ce disque introspectif, qui parle beaucoup d'amour et de couple. Les moments forts de cet album parfois trop apaisé viennent quand Blake associe la douce langueur de ses comptines nocturnes et la violence qui a fait la grandeur de son premier album solo : déconstructions imprévisibles, voix robotiques ou synthés acides. Malgré le fait que ce soit un album un peu en demi-teinte qui ne me convainque vraiment que sur une grosse moitié, on peut quand même parler d'un bon disque tant les hauts sont hauts et les bas davantage ternes que réellement mauvais. Et puis, une demi-douzaine de chansons de ce calibre, avec un tel niveau d'écriture et de travail sur la forme et notamment le son, c'est assez rare pour être célébré. Je sors donc un poil déçu et moins enthousiaste que la majorité de la presse musicale, mais content quand même de l'écoute de ce disque. 
Mes morceau préférés : Tell Them, Mile High, Are You In Love?, In The Red



Deerhunter - Why Hasn't Everything Already Disappeared ?
COUP DE COEUR
USA
Rock, Pop, Folk, Psyché
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  Ce nouvel album, sorti chez 4AD, est très apaisé musicalement, et ce malgré son titre ambigu, est une vraie bonne surprise. Ses horizons larges, entre baroque pop, rock psychédélique, folk, glam, britpop, rock indé, new wave...  De facture "classique" mais solide, c'est une pop prenante, dense et accrocheuse que le groupe a à offrir. S'ils sortent un truc de cette qualité à chaque fois, qu'ils prennent leur temps, ça vaut le coup !
A écouter sur Spotify ou Deezer



**On a beaucoup aimé :


William Tyler - Goest West
USA
Folk, Rock, Pop
  Entièrement instrumental, ce disque tout en guitare s'écoute particulièrement bien d'une traite et transporte immédiatement l'auditeur dans les grands espaces américains, pour un voyage apaisant et beau. C'est une petite prouesse que d'arriver à captiver avec une guitare sur une si longue durée en 2019, et ça mérite d'être souligné et écouté.
Ecouter sur Spotify ou Deezer

The Gentlemen Losers - Make We Here Our Camp Of Winter
Finlande
Post-Rock, Ambient, Electronique, Pop
  Sorti chez Sound of Silence, ce disque magnifique, émouvant et apaisé, est hors du temps et des modes. Entre claviers, guitares, basses, électronique et même quelques touches de steel guitar, le duo finlandais arrive à rendre un genre qui m'ennuie souvent -le post-rock- prenant comme une grande BO de film. Je recommande chaudement !


TOY - Happy In The Hollow
Royaume-Uni
Pop, Rock, Post-Punk, Psyché, Krautrock, Shoegaze, Electro-Pop
Lien vers la chronique
  Le groupe TOY, lancé au tout début par ses premières parties de The Horrors, évolue sur ce disque dans le même univers artistique que ses aînés. Tout au long de cet album à la beauté tranquille, on entend ce mélange de rythmiques motorik et d'électro planante façon krautrock, de post-punk, et de shoegaze qui fait le charme de ces deux groupes. Globalement, c'est un bon disque, assez solide malgré quelques ralentissements, très beau et bien produit, à découvrir que vous soyez connaisseurs du groupe ou non.
Mes morceaux préférés : Sequence One, Mistake A Stranger, Last Warmth Of The Day, The Willo
A écouter sur Spotify ou Deezer


*On a apprécié :






Toro Y Moi - Outer Peace
USA
Pop, Electro-Pop, Synthpop, Chillwave, Nu-Disco, Rnb
  Alors même que j'ai été très amateur de chillwave dès la 2e moitié des années 2000, je n'ai jamais accroché totalement à Toro Y Moi. J'ai toujours trouvé que sa musique très propre et lisse, même si je lui reconnais volontiers certaines qualités, manquait d'un petit je-ne-sais quoi. Et c'est encore le cas ici. On commence à se dire "tiens, ce morceau est sympa" et puis 20 secondes passent et on se fait chier, malgré -à cause de?- la construction impeccable de ces morceaux très bien produits. Il en sort quelques petites perles quand même, et si tout l'album avait été aussi vivant qu'"Ordinary Pleasure", véritable réussite incontestable, je l'aurais applaudi des 2 mains. Je vais me contenter de dire que ce disque est bien foutu, propre et agréable, mais un peu poseur et loin d'être mémorable dans son ensemble. 
Ecouter sur Spotify ou Deezer

Mike Krol - Power Chords
Rock, Garage Rock, Power Pop
  Un projet fun, sans autre ambition que de faire beaucoup de bruit en enchaînant les accords les plus mémorables possible. Ca me rappelle le fun des vieux albums de Ty Segall et Mikal Cronin ou des Soft Pack. Très recommandé aux amateurs du genre.

Que vola ? - Que Vola ?
Jazz, Latin Jazz, Free Jazz, Experimental
  Une rafraîchissante plongée latino-caribéenne dans un jazz aussi joyeux qu'expérimental. 

Angelo de Augustine - Tomb
Pop
  Sur cet album, on entend une pop délicate, presque chuchotée, très aérée dans son instrumentation, à rapprocher de la twee pop de la fin des années 2000. Comme une petite douceur. 

Future - The WIZRD
USA - Rap, Trap 
  Un disque un peu convenu pour Future. Tout y est bien fait, on a même quelques bons morceaux là-dedans, et le côté rétrospective des différents styles abordés au long de sa carrière est sympa, mais le côté décousu et réchauffé du projet enlève de sa saveur.

Wifisfuneral & RobbBank$ - Conn3ct3d

USA - Rap, Trap, Mumble Rap

  Efficace et sans prétention, cette succession de bangers pop-trap s'écoute comme on s'enchaîne comme des friandises. Mais mine de rien, il y a de la qualité dans ce projet, les instrus sont originales, variées et prenantes et les flows agiles et mélodiques.
Ecouter sur Spotify

Prince Waly - BO Y Z
France - Rap Français, Boom Bap, Jazz, Soul/funk
  L'album démarre un peu en dents de scie, mais à partir de la très réussie "Ma Chaussure", presque tout est de très bon calibre. C'est un bon petit disque de rap FR, entre tradition et modernité, imparfait mais il vaut vraiment le coup d'y picorer deux trois titres.
Mon morceau préféré : Ma Chaussure
Ecouter sur Spotify

Ultramarine - Signals Into Space
Electro-Pop, Electronique, IDM
  Intriguant projet d'électro-pop post-Air, ce disque se révèle très agréable et immersif, avec un gros travail de recherche dans le sound design le rapprochant presque de l'IDM de chez Warp ou des travaux de Radiohead.
Ecouter sur Spotify




BILAN EPs
**On a beaucoup aimé :


Buttechno - Minimal Cuts 
Russie
Electronique, Techno, House, Electrofunk
Lien vers la chronique
  L'EP du producteur russe porte bien son nom. A l'ancienne, entre funk électronique, house binaire, énergie techno, et avec un petit détour par l'acid très réussi, il va droit au but et fait dans la concision. Avec 2 morceaux excellents et un très bon sur 4, le ratio de cet EP s'avère excellent, et c'est donc une sortie que je recommande fortement aux amateurs d'électronique qui traînent sur ce blog !
Mes morceaux préférés : Orient Acd, Rz Bass
A écouter sur Spotify ou Deezer



*On a apprécié :


Alfred Banks - Mere-Exposure Effect EP
USA - Rap/Hip-Hop/Trap, Rnb, Electronique/Electro-Pop, Pop
  Un très cool petit EP de l'artiste de la Nouvelle-Orléans, assez pop et mélodique dans son approche.
Ecouter sur Spotify

Image Garden - Sky Maps
Electronique
  Une électronique abstraite mais très visuelle : les beats sont tracés comme des traits sur une toile vierge, et les éclats mélodiques des programmations sont comme des coups de pinceau ou des éclaboussures sonores, en particulier sur la très réussie "Birdworld" (les deux autres sont un poil trop déconstruites et abstraites pour moi).
Ecouter sur Spotify




BILAN CHANSONS



King Gizzard & The Lizard Wizzard - Cyboogie
Australie - Pop, Rock, Boogie, Electro-Pop, Psyché
  Si Lizzo n'avait pas sorti cette petite bombe, ce morceau aurait été chanson du mois haut la main. Sorte de boogie électro-pop, on dirait une pépite échappée d'une compile de l'époque bénie où des groupes comme Space mêlaient funk, électronique, pop, prog et rock sans trop de souci des conventions, avec une esthétique SF bricolée assez fun. J'adore. 

Avey Tare - Saturdays (Again)
USA - Pop, Folk, Rock, Psyché
  Un très bon premier single pour le prochain solo d'Avey Tare qui risque de pas mal tourner chez moi si tout est aussi bon que la pop-folk rêveuse de cette chanson mélancolique impeccable.

Nic Clay - For Another One
Pop, Electro-Pop
  Beau comme le dernier Mac DeMarco, ce morceau d'électro-pop éthérée est une pure merveille, à écouter de préférence tard le soir au casque, avec une luminosité minimale. 

Frenetics - I Feel A Man
Pop, Synth-Pop, Electro-Pop, New-Wave

  J'ai pas tout compris à qui fait quoi, mais ce vrai-faux groupe des années 80 est structuré autour de youtuber Maxenss, chanteur-producteur, avec dans ce clip des caméos d'autres gens très célèbres que je ne connais cependant pas (on ne peut pas être bon partout). Toujours est-il que si toutes les parodies et les pastiches étaient aussi bien foutus que ce titre et bien je ne sais pas comment finir cette phrase mais vous m'avez compris. C'est un truc tubesque de fou, entre new wave façon Human League ou plutôt Dead Or Alive et italo-disco  ultra accrocheuse de l'époque. Improbable, mais génial !


Lacrim - Jon Snow
France - Hip-Hop, Rap Français
  Parfois, c'est la prod qui fait un morceau de rap. Parfois même, c'est un petit détail sonore original qui fait la grandeur d'un morceau. Ici, ce sont les petites percussions mélodiques qui me rendent dingue et donnent à cette track un pouvoir hypnotisant. Et au-delà de ça, la production est classe, le flow puissant et incarné, le texte prenant. Même le clip et son esthétique GoT est réussi. Que demander de plus ? Cette qualité sur tout un album ? (spoiler : Lacrim a sorti un double et à l'écoute rapide de la première moitié y'a rien qui arrive à la cheville de ce titre, dommage...)

Booba - PGP
France (Allemagne) - Rap Français, Trap, Hip-Hop
  Produit par le duo allemand Cubeatz, la prod de ce morceau est absolument magnifique, avec ses sons de vents planants. Rien que l'instrumental aurait mérité une place ici, mais elle est transcendée par Booba qui prouve après un "BB" assez faible qu'il n'a pas perdu sa plume "J'veux les funérailles de MLK / Pas Johnny Hallyday", et que son flow à l'ancienne, sans autotune, est toujours aussi acéré.  



Vampire Weekend - Harmony Hall / 2021
USA - Pop, Rock Indé, Electro-Pop
  Ces deux premiers extraits du prochain album sont plutôt cool, et ma préférence va à "2021", qui malgré sa courte durée a le mérite d'être plus créative que la très, très clean "Harmony Hall", un poil trop américaine et frustrante (recyclage de paroles et de mélodies vocales du dernier album). De toutes façons, ils ont annoncé un double album, tout ne sera probablement pas génialissime dans la masse, mais ça s'annonce plutôt pas mal quand même, soyons optimistes. 



Pond - Daisy
Australie - Pop, Rock, Glam, Psyché
  On espère le meilleur pour le prochain Pond avec ce premier single très théâtral façon Bowie période glam. Et la prod de Kevin Parker de Tame Impala, toute en basse, donne un côté hyper percutant et pop canalisant l'énergie du groupe avec brio.

Disq - Parallel
Pop, Rock, Power Pop, Electro-Pop, Psyché
  Me rappellant fortement Family Of The Year, avec un son plus sale et rock en début de morceau et plus synthpop en fin de morceau, ce titre de Disq intrigue, et j'ai hâte d'en entendre plus, d'autant plus que l'autre chanson sortie en même temps, "Communications", est pas mal du tout.



Mais aussi...

Delicate Steve - Selfie Of A Man







Alex



jeudi 14 février 2019

TOY - Happy In The Hollow (2019)


  Le groupe TOY, lancé au tout début par ses premières parties de The Horrors, évolue sur ce disque dans le même univers artistique que ses aînés. Dès l'introductive "Sequence One", on entend ce mélange de rythmiques motorik et d'électro planante façon krautrock, de post-punk, et de shoegaze qui fait le charme de ces deux groupes, avec en plus le chant entre glam et dream-pop du chanteur de TOY. 

  D'une manière générale, les stars sur ce disque, ce sont la basse vrombissante et les éclats de claviers infusant une ambiance de mystère ("Mistake a Stranger", "Move Through The Dark") ou donnant un brillant pop voire new wave à l'ensemble ("Mechanism"). Mais les morceaux plus rock, mettant davantage en avant les guitares, sont également de bonne facture ("Energy", "Jolt Awake"). 

TOY - Sequence One (Clip, 2019)


  Les petits escrocs se servent souvent de références évidentes, et ils piquent par exemple la guitare de "Girl, You'll Be A Woman Soon" (version Urge Overkill entendue sur la BO de Pulp Fiction) sur "Last Warmth Of The Day", mais comment leur en vouloir tant la chanson, cotonneuse ballade psychédélique, est belle comme ça ? Entre psychédélisme 80's et guitares western, "The Willo" continue sur cette belle lancée que "Strangulation Day" et son orgue métallique poursuit également quelques pistes plus loin.

  Certains morceaux sont cependant un peu trop tranquilles à mon humble avis ("You Make Me Forget Myself", "Charlie's House" et quelques autres), et l'album ronronne un peu au bout d'un moment.

  Globalement, c'est un bon disque, assez solide malgré quelques ralentissements, très beau et bien produit, à découvrir que vous soyez connaisseurs du groupe ou non !

Mes morceaux préférés : Sequence One, Mistake A Stranger, Last Warmth Of The Day, The Willo

A écouter sur Spotify ou Deezer

Alex

mardi 12 février 2019

Buttechno - Minimal Cuts (EP, 2019)


  L'EP du producteur russe Buttechno (ce nom...) commence sur un chemin un peu étonnant, entre électronique métallique à l'ancienne, proche des sons les plus tranchant de Kraftwerk, art d'introduire de l'aléatoire dans une musique mécanique comme chez Warp et house presque désuète ("Dubber Funk"). Ce dernier sentiment va d'ailleurs s'accentuer sur "Dub Hole Funkin", qui est à la limite du ringard avec sa vieille house binaire accompagnée de samples funk lounge façon Etienne de Crécy période Super Discount. Mais derrière le côté vieillot sans doute ironique, le morceau passe plutôt bien. 

Buttechno - Orient Acd (2019)

  C'est en revanche sur les deux derniers titres que l'EP prend son envol, en piochant cette fois-ci ses idées dans l'acid house, avec l'excellentissime "Orient Acd", bon comme du Mr Oizo avec un son bien sale comme un vieux synthé modulaire. D'ailleurs, le morceau rappelle par son côté implacable, minimaliste mais aussi paradoxalement assez accrocheur la férocité pop de la French Touch des débuts, inspirée par l'acid justement (Homework, "Flat Beat"...). Ce morceau est suivi par un autre monument de techno déviante et acide, "Rz Bass", funky et rêche à la fois.

Buttechno - Rz Bass (2019)

  Avec 2 morceaux excellents et un très bon sur 4, le ratio de cet EP qui porte bien son nom s'avère excellent, et c'est donc une sortie que je recommande fortement aux amateurs d'électronique qui traînent sur ce blog !

Mes morceaux préférés : Orient Acd, Rz Bass

A écouter sur Spotify ou Deezer

Alex

dimanche 10 février 2019

Gifted Gab & Blimes Brixton - Come Correct (chanson, 2017)




     Aujourd'hui, focus sur le duo West Coast Gifted Gab & Blimes Brixon qui a sorti un unique et dantesque single 'Come Correct' fin 2017. Au delà d'une fine production racée 90's avec ses samples jazzy et sa basse entrainante, non sans rappeller les prods de MF Doom, le morceau tranche par la qualité de son flow aux accents de fine fleur du West Coast. Entre A Tribe Called Quest et Shadez Of Brooklyn, le duo féminin fait sa force de sa singularité, dans un style largement masculin. Voilà 2'23" qui paraissent bien courtes et qui laissent à désirer une suite.

Bonne écoute.







Etienne