Cet été, on vous fait replonger dans un déluge de chansons estivales sur LPAE. C'est vraiment chouette, c'est une rubrique qu'on fait tous les ans depuis un an, et ça s'appelle tout simplement "Les chansons de l'été", et ça vous permettra de savoir quoi mettre lorsque ce sera à votre tour de lancer un stream pendant le barbecue sur la plage
J'aurais pu mettre beaucoup de morceaux de Rick Ross tant son timbre chaud et ses choix de prods majestueuse et luxueuses au possible, faisant de lui un genre d'Isaac Hayes rap, le rendent indispensable aux playlists estivales. Mais j'ai finalement opté pour ce titre emblématique de sa première tape de 2006, Port Of Miami, tant elle possède le bounce et le swag inhérents aux excès de la saison. De manière générale, Ross est un de ces seconds couteaux du rap game mondial qui ne génèrent pas une dévotion populaire ou un respect critique à la hauteur des Kanye, Kendrick & co, mais qui mine de rien commencent à construire une oeuvre conséquente de leur côté. Oeuvre à redécouvrir sans préjugés et à apprécier.
D'une douce ballade folk fleurtant avec nos sentiments,
Embrassant notre passé dans un mélancolique baiser,
Touchant nos lèvres de sa mélodie enchantée
Le temps nous enlace dans son suspend.
Jakub Schikaneder - Utonula - 1895
Demeurant sur l'album It's Never Been like That ( 2006 ), North est un morceau atypique dans la discographie de ce groupe, dont notre vie en mérite humblement 5 minutes 04.
Voilà de quoi annoncer en douceur le top 2015 qui se prépare en coulisse.
Comme beaucoup de collègues sont actuellement dans un cycle de reprises, j'ai voulu apporter ma pierre à l'édifice en vous parlant de celle-ci.
Tout d'abord, parlons de l'originale, c'est une chanson de Christophe, extraite de l'album La Dolce Vita de 1977. Si au départ je pensais que malgré ses grandes qualités, elle n'était pas la plus réussie de ce grand artiste, je la réévalue un peu à chaque écoute. Elle reste une très bonne chanson, voire excellente, qui a un vrai charme. Pour ceux qui ont besoin de se rafraîchir la mémoire, une petite vidéo :
(malheureusement en playback, mais c'est la meilleure vidéo trouvée, je ne crois pas qu'il existe de clip pour cette chanson)
Je vais maintenant vous parler de la reprise. Elle est signée Sébastien Tellier, artiste français majeur des années 2000-2010, qui manie l'art du transformisme musical avec brio, depuis ses débuts plutôt instrumentaux sous influence Robert Wyatt et Gérard Manset, en passant par une pop bariolée mariant Gainsbourg et Jean de Roubaix, puis des albums plus électro-pop, entrecoupés de parenthèses plus intimistes.
La chanson est extraite de l'album Sessions, paru en 2006, et qui fait justement partie de ces albums très acoustiques et intimistes. Il consiste en une série de reprises de ses propres chansons, ainsi que de "La Dolce Vita" de Christophe donc, avec une orchestration dépouillée, souvent seul avec son piano, et parfois un accompagnement mais qui reste sobre.
La reprise reste donc dans cette optique intimiste. Je vais le dire tout de suite, cette reprise est pour moi un exemple de réussite dans le genre. Tellier s'est approprié cette chanson d'une façon extrêmement classieuse. Son interprétation est parfaite, sa voix émouvante, son jeu de piano est plein de sensibilité. De plus, il a réussi à rendre la chanson plus fluide en retravaillant les paroles. Pour tout dire, je préfère cette version à l'originale, et de loin, même si je suis un très grand admirateur de Christophe. En bref, j'adore cette reprise plus que de raison !
En écoute ici :
Depuis le jour où je l'ai entendue pour la première fois, je rêve d'un grand album de chanson française rivalisant avec les Gainsbourg, Christophe et Manset entre autres, de la part de cet artiste génial, mais il semble préférer l'optique anglophone ou instrumentale ces derniers temps. Je ne désespère pas, je suis sûr qu'un jour il nous pondra ce chef-d'œuvre francophone.
Avec Etienne, nous avons eu droit à une très jolie, bien qu'approximative (oubli de paroles) version de cette chanson, en rappel d'un concert. Un moment d'à peu près assez magique, car tout en complicité avec le public qui chantait les parties qu'il avait oubliées. Grâce aux nombreux esthètes nantais (dont nous donc), qui lui ont (avons du coup) réclamé cette chanson, ce qui est plutôt rare en général (d'où l'oubli de paroles, la reprise date tout de même de 2006).
N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de cette magnifique reprise.
En bonus :
L'élève Tellier et le Maître Christophe en live, ensemble, à Taratata :
Et une version live de Christophe, à l'Olympia en 2002 :