Extraite de Belem, le dernier album du musicien, "Timides" est une merveille. Ecrite alors qu'il n'avait que 17 ans, elle a ce petit truc, comme "Jelly Bean" sur Recollection (2008), qui la place bien au-dessus du reste du disque. Et qui la place directement dans mon panthéon personnel de l'artiste et plus largement de la chanson française, de la pop et de la musique tout court. Une guitare bossa calme, jouée comme ça, sans pression, un chant sensible, un texte naïf bien écrit. Il ne m'en faut pas plus. La chanson est dispo ici.
Elle ne parle jamais
Sauf quand elle murmure
Elle ne sourit jamais
Qu'en baissant les yeux
Si seulement elle était un peu moins timide
J'oserai lui parler devant elle
Je serai moins stupide
Dès que je la regarde
Ses joues deviennent roses
Quand je m'approche d'elle
Ses mains semblent effrayées
J'aimerai qu'elle se couche ce soir
Avec un peu de fièvre
Pour oser déposer un baiser
Sur le coin de ses lèvres
Elle ne parle jamais
Mais moi je ne dis plus rien quand elle est là
C'est ainsi que tout finira
Par des la la li, des la la la
J'aimerai lui chanter ma chanson à l'oreille
Et passer doucement ma main dans ses cheveux
Et ce soir l'emmener pour lui dire si j'en ai le courage
Tous les mots que j'ai gardé pour elle
Comme on ouvre une cage
Elle ne parle
Elle ne parle jamais
Mais moi je ne dis plus rien quand elle est là
C'est ainsi que ça finira
Dans une chanson qu'elle n'entendra pas
J'aimerai qu'elle se couche ce soir
Avec un peu de fièvre
Pour oser déposer un baiser
Sur le coin de ses lèvres
Quant à "Jelly Bean", elle a accompagné mes solitudes au lycée et au début de la fac, avec son texte auquel je pouvais m'identifier : ce petit gars fou de pop et de rock, un peu décalé, timide, plein de rêves, c'était moi ("Les filles aiment les mecs / Qui font les cakes en boîte / Moi, elle ne me trouvaient pas adéquat / Les voitures, le foot / J'en avais rien à foutre"). C'était un petit miracle pop, entre mélodie implacable, instrumentation pop 60's, ligne de chant fragile et belle, et texte (de Souchon) qui semblait écrit pour moi. Et c'est toujours un plaisir inouï de l'entendre cette chanson qui fait partie de ce qu'on peut faire de mieux en pop en France. Et ce n'est que justice pour moi de rendre ainsi hommage à un des plus grands musiciens de ce pays, injustement sous-estimé.
Laurent Voulzy - Jelly Bean (2008)
Ainsi va la vie
Mystérieuse, dérisoire
Ainsi va la vie, baby
Voici mon histoire
Oh yeah, yéyé
You know what I mean
Jelly Bean
Au début, rue Saint-Georges
Paris neuvième
J'avais cinq ans
Des ballons
Des choux à la crème
On était seuls avec ma mère
Tous les deux célibataires
You know what I mean
Jelly Bean
Et puis un jour
On est partis banlieue Est
Mystérieuse, dérisoire
Ainsi va la vie, baby
Voici mon histoire
Oh yeah, yéyé
You know what I mean
Jelly Bean
Au début, rue Saint-Georges
Paris neuvième
J'avais cinq ans
Des ballons
Des choux à la crème
On était seuls avec ma mère
Tous les deux célibataires
You know what I mean
Jelly Bean
Et puis un jour
On est partis banlieue Est
Maman rêvait toujours de films
De danse, de gestes
Merengué, biguine
Dans la cuisine
You know what I mean
Jelly Bean
Le dimanche à la messe
Je m'habillais beau garçon
Pantalon qui pique
Une veste en carton
Une voisine divine : Evelyne
You know what I mean
Jelly Bean
Dans les établissements scolaires
O ou wo
Blue-jean, banane
O ou wo
Bebop, bebop
Chic
Ça devenait pop
You know what I mean
Jelly Bean
Je rêvais d'avoir un style
You know what I mean
Jelly Bean
Les filles aiment les mecs
Qui font les cakes en boîte
Moi, elles ne me trouvaient pas adéquat
Les voitures, le foot
J'en avais rien à foutre
You know what I mean
Jelly Bean
Moi, c'était pas non plus l'argent
Qui cloue l' bec
Qui rend le coeur sec
J'entendais à l'intérieur
Un air qui m'emportait ailleurs
You know what I mean
Jelly Bean
J'étais bien
Dans la salle de bain
Quand j' faisais mon cirque
Avec ma guitare en plastique
J'aimais me voir
Dans le miroir
You know what I mean
Jelly Bean
Dans une chanson, un jour,
Je raconterai mon histoire
Ainsi va la vie
Mystérieuse, dérisoire
Je savais tôt ou tard
Qu'il fallait m'absenter
En tambours, en guitares
Que j'allais m'envoler
Je sentais comme des ailes
Pousser dans mon dos, la si do ré
Devenir immortel
Être dans les radios, adoré
Alex
