Les aventures musicales de deux potes

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vendredi 17 avril 2020

Christophe...


  Pas grand chose à dire, si ce n'est exprimer notre infinie tristesse devant le décès d'un artiste qui comptait parmi les plus grands de la musique, en France et ailleurs, et qui nous aura bercé : Daniel Christophe Bevilacqua. Personnellement, je le découvre ado, en même temps que Suicide, Bowie, Roxy Music, Gainsbourg et Lou Reed, et il m'apparaît dès le début du même calibre que ces glorieux contemporains. Il aura survécu plus longtemps que pas mal d'entre eux, lui permettant quelques mues supplémentaires, car le caméléon a fait fort artistiquement, se renouvelant sans cesse, de la variété orchestrale aux BO psychédéliques, à la chanson française teintée de blues et de pop sixties, aux envolées prog et synthétiques, à l'électronique et au piano-voix... Il aura tout fait, et si bien. Sa voix, unique, aura permis à son oeuvre déjà singulière de figurer au panthéon des intouchables, des uniques, des Grands. Reste à la (re)découvrir inlassablement, et je vous propose ci-dessous quelques-unes de mes préférées en lien si le coeur vous en dit.

Emporte-Moi

Les Paradis Perdus

Le Temps de Vivre

Le Dernier des Bevilacqua

Les Mots Bleus

Drôle de vie

Sunny Road To Salina

Pour Que Demain Ta Vie Soit Moins Moche

Mama - Live à l'Olympia

Daisy

Succès Fou

Un Peu Menteur

Le Beau Bizarre

L'Interview

Ces Petits Luxes

Mal Comme

Parle-Lui De Moi

Tangerine

Stella Botox

Définitivement

Petit Gars (version avec Etienne Daho)

La Dolce Vita (reprise magnifique de Sébastien Tellier)


alex


mercredi 20 décembre 2017

Christophe - Daisy (1977)


  Si ça, ça n'est pas de la grande pop française ? L'ampleur et l'intensité dramatique de la chanson française, les textures synthétiques de la pop de l'époque et le rock raffiné post-Bowie, comment résister à tout ça ? Si en plus on ajoute le charisme et la voix inimitable de Christophe, et le texte touchant de Jean-Michel Jarre, ça donne un classique comme ce "Daisy", sorti en 1977 sur La Dolce Vita.

Juste un sosie, de toi chaque nuit, ne m'apporterait pas
l'oubli
Daisy, oh oui reviens Daisy, l'espoir d'une vie craque entre
mes doigts jaunis

Rejoue-moi ce vieux mélodrame, tu sais celui qui tire les
larmes
Tu allais toujours bien trop loin comme ces vieux acteurs
italiens
Rejoue-moi ce vieux mélodrame avec ton regard qui désarme
Ces montagnes pour des petits riens au fond moi je les
aimais bien.

Juste un grand cri pour verser sans bruit tous les pleurs de
mon dépit
Daisy oh oui reviens Daisy, mes poings frappent aux portes
de la nuit

Rejoue-moi ce vieux mélodrame, tes longs couplets à fendre
l'âme
Je n'en voyais jamais la fin comme dans ces vieux films
italiens
Rejoue-moi ce vieux mélodrame, tu sais la scène où tu
t'enflammes
Tous ces sanglots, tous ces chagrins, je crois que les
aimais bien.

Juste un grand cri, pour que résonne l'étendue de nos
envies
Daisy, reviens-moi Daisy car je te sens qui,
croque les grains de ma folie

Rejoue-moi ce vieux mélodrame, tu sais celui qui tire les
larmes
Tu allais toujours bien trop loin comme ces vieux acteurs
italiens
Rejoue-moi ce vieux mélodrame, tes longs couplets à fendre
l'âme
je n'en voyais jamais la fin comme dans ces vieux films
italiens.

Alex

samedi 24 décembre 2016

Chanson Française 2016 : Biolay, Christophe, Manset, Doré, Barbagallo




Benjamin Biolay - Palermo Hollywood (2016)


  Palermo Hollywood est un album inspiré par la quartier du même nom de Buenos Aires, et un très bon retour en forme de Biolay, qui n'égale pas La Superbe niveau qualité , faute à quelques morceaux en dessous, mais qui a son lot de grandes chansons.

  Les grandes chansons gainsbourgiennes sont au rendez-vous : "Palermo Hollywood", et "La Débandade". L'éclectisme de Biolay accouche également de merveilles aux saveurs world comme "Miss Miss" et "Palermo Queens". Le bougre arrive même à faire des merveilles en prenant le foot comme sujet (certes aidé par un orchestre magnifique) sur "Borges Futbol Club".

  Tout n'est pas parfait, et à partir du premier tiers du disque ça se gâte. Il y a toujours du très bon comme sur "Pas Sommeil", et "Yokoonomatopea". Mais il y a aussi des morceaux plutôt bons mais moins géniaux comme "Tendresse Année Zéro", "La Noche Ya No Existe", "Palermo Soho". Et, pire, "Ressources Humaines", "Ballade Française" et "Palermo Spleen" sont très dispensables quand "Pas d'ici" est tout bonnement horrible. Dommage, le sieur Biolay a tendance à être trop généreux et à en mettre trop sur disque, c'est pas nouveau mais c'est assez criant ici.

  Concernant les bonus, "El Masterchef", "C628", "Summer 9" et "Corps Etranger" sont vraiment bonnes, et "J'attendrai" avec l'irrésistible Camélia Jordana, est addictive au possible. Seule "Horse Song" est un peu en dessous, elle sonne un peu comme une bonne démo avec un goût d'inachevé. Dommage, si Biolay avait patienté quelques mois de plus, le temps de finir ces morceaux là, et changé un peu son tracklisting, on aurait pu avoir un album beaucoup plus homogène en termes de qualité et pas ce soufflé qui retombe passé les 5 premiers morceaux. 

  Néanmoins, si on exclut les 7 ou 8 morceaux en-dessous (sur 20), on a quand même largement de quoi faire notre bonheur. 
Note : mon avis sur ces morceaux peut évoluer avec le temps.
Je vous laisse écouter ça par vous-mêmes ici.





Christophe - Les Vestiges du Chaos (2016)

  De même que pour le Biolay, le monument Christophe nous offre un album un peu inégal mais néanmoins très intéressant. Et pas du tout conservateur, comme on peut l'entendre sur les expérimentations électroniques (et autotunées) de "Définitivement", qui font mouche. Les chansons plus classiquement électro-pop comme "Océan d'Amour", "Les mots fous", "Ange Sale" et "Drone", ou symphonique comme "Dangereuse" sont très belles. Et puis que dire de ce sommet d'émotion qu'est "Lou". 

  On a aussi quelques morceaux efficaces mais moins inspirés, comme "Stella Botox", "Tu Te Moques" et "Tangerine" avec le regretté Alan Vega. "Les Vestiges Du Chaos" rentrerait presque dans cette catégorie par ses outrances sonores, mais cette espèce de dubstep-jazz est assez fascinant, et puis c'est assez bien écrit tout ça... Elle surnage donc. La même attraction-répulsion opère sur "Mes Nuits Blanches", autotunée avec excès pour un résultat laid mais charismatique et donc très appréciable. Paradoxalement. Pas comme "E Justo", qui est un peu comme les intermèdes de Aimer Ce Que Nous Sommes, très bien à la première écoute pour instaurer l'ambiance, assez pénibles à la réécoute.

  Bref, l'album est globalement de bonne facture malgré quelques baisses de régime, et se glisse la tête haute dans une discographie riche de sommets inatteignables de la pop française. Et c'est déjà beaucoup.
A écouter ici.






Gérard Manset - Opération Aphrodite (2016)

  Ce dernier Manset a été particulièrement critiqué, et s'il est vrai que son origine littéraire lui a conféré quelques boursouflures, mises en lumière par une production un peu trop cheap, ce sont précisément ces éléments qui en font le charme pour qui peut passer outre. 

  "Odysseus" est très belle musicalement, et le texte est aussi désuet que beau. Les ambiances tropicales de l'Atelier du Crabe sont évoquées sur des morceaux comme "L'Amour Brise", très bon malgré et grâce à une guitare impossiblement grasse et une rythmique rachitique qui lui donnent un charme improbable, et "Landicotal", improbable jazz-blues façon Nouvelle-Orléans, absolument irrésistible à mes oreilles. On est étonnés d'entendre un truc aussi pop que "L'amour en Océanie" (et cette production cheap mon dieu...). Mais y'a un truc, avec la voix de Manset, son flow. Qui captive l'oreille, et qui fait passer l'accompagnement ringard comme si c'était bien mieux produit que ça ne l'est. L'oreille s'habitue, insidieusement. Et puis les morceaux sont bien foutus. Et après plusieurs écoutes, on se met à apprécier ce son si particulier. Le cheval de Troie a fonctionné, sur moi en tous cas. Bon sang, sur "Galaxie" c'est presque bouleversant de beauté.

   Manset est apparemment, dans la vie, ce qui s'approche d'un conservateur un peu snob voire rétrograde, mais même lorsqu'il sort son dégueulis littéraire et idéologique, il ne peut s'empêcher de quelques fulgurances comme dans la belle "Comme un Arbre Ses Fruits". Si l'on arrive à comprendre sa pensée, sans être d'accord avec lui, on s'aperçoit que ce vieil homme effrayé par la modernité qui l'a dépassée, perdu dans un monde pas fait pour lui, a des trucs à dire au-delà de ses râleries misanthropes. Et puis sans débat, la vie c'est chiant.

  Le rock de "Que t'ont-ils fait" rappelle de bons souvenirs des précédents disques du Monsieur. On a du plus moyen comme "Le Lys Dans La Vallée", "Ma collection Particulière", oubliable, et "Divinités", prometteuse mais boursouflée.

  Vous l'aurez compris, pour moi, ce disque vaut bien plus que ce qu'il en a été dit ici et là, mais c'est mon avis personnel. Je n'ai pas peur des effets de foule et je ne retire aucune satisfaction à aller contre l'avis du plus grand nombre, c'est vraiment pas une démarche de ma part d'aller volontairement à contre courant. Et c'est vrai qu'il faut passer au dessus de l'aspect bricolage de la prod, apect qui peut ceci dit plaire à certains (comme à votre serviteur).

  Si vous ne connaissez pas Manset, ne commencez pas par ce disque. Il ne s'apprécie que lorsqu'on est déjà fan du personnage. En revanche, si vous connaissez tous ses classiques par coeur, je vous conseille de l'écouter, ou de le réécouter pour ceux qu'il a déçus. Vous allez peut-être, comme moi, jetez un regard bien plus positif sur ce bon disque.

Julien Doré - & (2016)

  Depuis ses débuts, Julien Doré a patiemment creusé son sillon, et il a fini, en raffinant sa formule, par trouver son style : une électro-pop froide mais funky, sensuelle, mélancolique et poétique. Et ça marche, on a du tube immaculé ici, comme "Porto-Vecchio" aux cordes, à la basse et au synthé mémorables, la pop-rock rythmée de "Caresse", l'électro-pop irrésistible de "Coco Câline", "Corail" et "Moonlight Serenade", habiles resucées de variété 80s (avec une intervention admirable de Juliette Armanet sur la deuxième). On a aussi un beau piano-voix avec "Sublime & Silence". 

  Mais là encore tout n'est pas parfait. On a du bon mais moins inoubliable avec "Eden", "Magnolia", et "Beyrouth Plage". "Le Lac" est une réécriture inutile de "Paris-Seychelles". D'un autre côté, le texte plus plat et la musique moins inspirée de "Mon écho", "De mes Sombres Archives", et "Romy" qui irrite après plusieurs écoutes.

  Bref, dans l'ensemble l'album est plutôt bon, et contient quelques chansons vraiment bien foutues qui restent agréablement en tête, et c'est plutôt une très bonne surprise (à écouter par là).





Barbagallo - Grand Chien (2016)

  Le batteur de Tame Impala arrive avec merveille à insérer la chanson traditionnelle française dans une pop psychédélique internationale, comme sur "Nouveau Sidobre", une grande chanson, la meilleure ici. Çà donne parfois des impressions de comptines comme sur "Pas Grand Monde" mais ça marche très bien. Sa voix, pas extraordinaire au premier abord, se révèle assez charismatique sur la longueur de l'album. Une très très belle surprise que cet album, à écouter ici.

Alexandre

mercredi 4 décembre 2013

Cascadeur (& Christophe) - Collector (Chanson)


 
 
  Aujourd'hui est sortie en preview cet extrait de la chanson "Collector", issue de la collaboration entre le grand Christophe et le jeune et talentueux Cascadeur. Cette chanson figurera sur le prochain album de ce dernier. Je ne suis pas un grand spécialiste de cet artiste, mais son premier disque m'avait laissé de très bons souvenirs, il faudra que je le réécoute.
 
  Pour ceux qui ne voient pas du tout de qui je parle, c'est un artiste français célèbre pour son port du casque (eh oui encore un), et surtout pour avoir sorti un excellent premier album de pop rêveuse, il y a peu (ou déjà longtemps, au choix. Le temps passe si vite !). 
 
  Pour en revenir à la chanson, je dois dire qu'elle me plaît beaucoup (enfin, le peu que l'on en entend, soit 1'30" environ). Musicalement c'est très proche de certaines plages de l'immense The Virgin Suicides de Air. C'est très calme, posé, aérien, planant (peut être trop pour certains, mais c'est typiquement le genre de chanson qui gagne en intérêt à chaque écoute). L'instrumentation peut au choix faire penser soit à du Gainsbourg période Birkin, soit à certaines musiques de Morricone (les grosses influences de Air quoi).
 
  Une bonne basse qui guide le morceau, une batterie gainsbourgienne, de la guitare, des arrangements de cordes, des claviers, des chœurs féminins, et la voix de Christophe. Tout ce qui suffit à mon bonheur.
 
 
 
ALEXANDRE


lundi 11 novembre 2013

Sébastien Tellier - La Dolce Vita (Reprise)




  Comme beaucoup de collègues sont actuellement dans un cycle de reprises, j'ai voulu apporter ma pierre à l'édifice en vous parlant de celle-ci.
 
  Tout d'abord, parlons de l'originale, c'est une chanson de Christophe, extraite de l'album La Dolce Vita de 1977. Si au départ je pensais que malgré ses grandes qualités, elle n'était pas la plus réussie de ce grand artiste, je la réévalue un peu à chaque écoute. Elle reste une très bonne chanson, voire excellente, qui a un vrai charme. Pour ceux qui ont besoin de se rafraîchir la mémoire, une petite vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=OJSBXyREXwE
(malheureusement en playback, mais c'est la meilleure vidéo trouvée, je ne crois pas qu'il existe de clip pour cette chanson)

 
 
  Je vais maintenant vous parler de la reprise. Elle est signée Sébastien Tellier, artiste français majeur des années 2000-2010, qui manie l'art du transformisme musical avec brio, depuis ses débuts plutôt instrumentaux sous influence Robert Wyatt et Gérard Manset, en passant par une pop bariolée mariant Gainsbourg et Jean de Roubaix, puis des albums plus électro-pop, entrecoupés de parenthèses plus intimistes.
 
  La chanson est extraite de l'album Sessions, paru en 2006, et qui fait justement partie de ces albums très acoustiques et intimistes. Il consiste en une série de reprises de ses propres chansons, ainsi que de "La Dolce Vita" de Christophe donc, avec une orchestration dépouillée, souvent seul avec son piano, et parfois un accompagnement mais qui reste sobre.
 
  La reprise reste donc dans cette optique intimiste. Je vais le dire tout de suite, cette reprise est pour moi un exemple de réussite dans le genre. Tellier s'est approprié cette chanson d'une façon extrêmement classieuse. Son interprétation est parfaite, sa voix émouvante, son jeu de piano est plein de sensibilité. De plus, il a réussi à rendre la chanson plus fluide en retravaillant les paroles. Pour tout dire, je préfère cette version à l'originale, et de loin, même si je suis un très grand admirateur de Christophe. En bref, j'adore cette reprise plus que de raison !
 
En écoute ici :
 
 
  Depuis le jour où je l'ai entendue pour la première fois, je rêve d'un grand album de chanson française rivalisant avec les Gainsbourg, Christophe et Manset entre autres, de la part de cet artiste génial, mais il semble préférer l'optique anglophone ou instrumentale ces derniers temps. Je ne désespère pas, je suis sûr qu'un jour il nous pondra ce chef-d'œuvre francophone.
 
 
  Avec Etienne, nous avons eu droit à une très jolie, bien qu'approximative (oubli de paroles) version de cette chanson, en rappel d'un concert. Un moment d'à peu près assez magique, car tout en complicité avec le public qui chantait les parties qu'il avait oubliées. Grâce aux nombreux esthètes nantais (dont nous donc), qui lui ont (avons du coup) réclamé cette chanson, ce qui est plutôt rare en général (d'où l'oubli de paroles, la reprise date tout de même de 2006).

N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de cette magnifique reprise.
 
 
En bonus :
 
L'élève Tellier et le Maître Christophe en live, ensemble, à Taratata :
 
 
Et une version live de Christophe, à l'Olympia en 2002 :
 

 
 
 
Alexandre