Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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vendredi 13 juillet 2018

Les Chansons de l'été : Evelyn Champagne King (1982)


  Cet été, on vous fait replonger dans un déluge de chansons estivales sur LPAE. C'est vraiment chouette, c'est une rubrique qu'on fait tous les ans depuis un an, et ça s'appelle tout simplement "Les chansons de l'été", et ça vous permettra de savoir quoi mettre lorsque ce sera à votre tour de lancer un stream pendant le barbecue sur la plage

  L'été, c'est aussi le funk, et accessoirement les gros synthés, en tous cas pour moi. Le côté hédoniste, sucré de ce morceau électrofunk d'Evelyn Champagne King (ça ne s'invente pas) convient parfaitement à cette envie de simplicité pop et de groove funk. A la suite de Michael Jackson dont on sent l'influence partout, la dame du Bronx mêle pop, rnb, soul, funk et post-disco à merveille, entre feeling naturel des musiciens accentué par sa voix divine, virtuosité technique ce ces mêmes requins de studio, et efficacité implacable des machines. 

Parfait pour une douce soirée estivale.

Alex


vendredi 20 mai 2016

John Cale - M:Fans (2016)



  Ce M:FANS n'est pas un album comme les autres. Bon, déjà c'est un album de John Cale (rien que ça, ça veut dire beaucoup). Et ensuite c'est une version réarrangée de son album Music For A New Society de 1982. Mais tellement réarrangée, remixée et triturée qu'il a une vie propre et un vrai intérêt.

  Après un "Prelude" sans intérêt et un peu agaçant à mon goût (surtout au fil des réécoutes de l'album, je finis même par le zapper), on rentre dans le dur. Avec un émouvant "If You Were Still Around", dévastatrice ballade industrielle, durant laquelle le chant de Cale nous tire toutes les larmes du corps, dès le début. "Taking Your Life In Your Hands" continue sur la même superbe lancée, un beat industriel, des choeurs pop (et une voix filtrée dont on jurerait appartenir à Damon Albarn dans le fond du mix), et cette voix trafiquée qui convoque tant d'émotions... Quand le beat se fait plus lourd, que les choeurs glam à la Queen / Sparks démarrent, puis que l'orgue la rejoint sur un rythme martial, ce chant lead dévaste tout. Le temps d'un "Mama, Mama / I Left School Today", et les frissons dans la colonne repartent de plus belle. La production, claire et dense, électronique et vivante, est impeccable.




  Puis vient le tube "Thoughtless Kind", dont l'intro addictive semble sortir tout droit du Plastic Beach de Gorillaz, et le chant autotuné happe tout de suite l'auditeur. Grosse réussite. "Sanctus (Sanities Mix)" est ensuite un intermède avec de bons moments mais inégal sur l'ensemble selon moi. "Broken Bird" creuse le filon de la ballade sur le fil à merveille, c'est une merveilleuse chanson, et "Chinese Envoy", plus funky (comme les Talking Heads et Eno ont pu l'être), emporte et convainc également. 

  "Changes Made", sorte de rock garage industriel est moins bonne, magré un refrain qui reste en tête. "Library of Force" est un autre intermède qu'on trouvera passionnant ou irritant selon les écoutes. "Close Watch" est une chanson électronique et pop à la production majestueuse, aux magnifiques voix trafiquées et qui plus est, mélodiquement impeccable. Grosse réussite donc. "If You Were Still Around (Choir Reprise)" combine le côté électro/funk et la ballade, dans un mode plus gospel (et avec échos dub), d'une très belle façon. Enfin, "Back To The End" conclue ce disque sur un dernier soupçon d'émotion.




  Bref, John Cale est loin d'avoir perdu la main. En se replongeant dans son oeuvre passée et en se jetant à corps perdu dans les sons les plus modernes, il évite l'écueil de la redite et propose avec un album revisité plus de nouveauté que certains autres monstres sacrés du rock avec des albums composés uniquement de nouvelles compositions... L'écoute s'avère passionnante et poignante, je ne peux donc que vous recommander d'aller vérifier par vous même ici ou là.

Merci pour votre lecture et vos commentaires !

Alexandre


dimanche 24 mai 2015

Sonic Youth - Computer Age (reprise de Neil Young)

 
 
 
 
  Cette reprise du Loner par Sonic Youth est sortie en 1989 sur l'album The Bridge - A Tribute To Neil Young, un hommage du rock indé de l'époque au patron (avec notamment les Flaming Lips, Dinosaur Jr, Pixies, Nick Cave, et Sonic Youth, donc)
  On peut la retrouver sur des compilations ou bootlegs du groupes et en bonus sur certaines éditions de Daydream Nation.
 
 
 
  Parlons de la chanson maintenant. Autant l'originale de Young est un classique électropop (cf ma chronique récente de Trans, l'album dont elle est issue sorti en 1982), autant Sonic Youth ont choisi de la revisiter de façon rock. Sans doute en partie pour réhabiliter soit la chanson, soit l'album. Car cette reprise montre bien les qualités intrinsèques de l'écriture et de la composition de Trans, si décrié à tort. Je pense que même si l'on n'adhère pas forcément à la forme, c'est à dire au parti pris électronique de la mise en son de l'originale, on ne peut que s'incliner devant la qualité du fond, la structure et la composition du morceau.
 
  En cela les Sonic Youth ont réalisé un travail de reprise remarquable. Tous les ingrédients sont réunis : un original méconnu ou mésestimé, un changement de style musical pour la reprise, une interprétation parfaite, énergique à souhait et surtout conforme à l'identité sonique du groupe. Bref, une reprise parfaite. Sauf si vous n'aimez pas Sonic Youth, mais là je ne peux plus rien pour vous !
 
Merci aux lecteurs/lectrices et aux personnes laissant des commentaires
 
 
 
Alex
 
 

mercredi 20 mai 2015

Neil Young - Trans (1982)

 

  Je vais dans cet article poursuivre la veine entamée par ma chronique de l'album McCartney II, à savoir essayer de vous convaincre de (re)tendre une oreille à un des disques les plus mal-aimés de leurs auteurs respectifs. Pourquoi ?
 
  Car selon moi, loin d'être une bouse inaudible, comme vous le vendront la plupart des chroniqueurs (rock surtout), cet album est en réalité une petite pépite dans la discographie du Loner, et grâce à ses différences stylistiques avec le reste de son œuvre, peut même vous offrir une porte d'entrée sur la musique de Neil Young si vous y êtes allergiques.
 
 
Neil Young en live dans la tournée qui suivit Trans
 
  Mais tout d'abord, un peu de contexte. En 1982, Neil Young n'est pas au zénith artistiquement, ses derniers albums sont loin d'être ses plus inspirés, et cela se ressent au niveau commercial. De plus, il apprend que son fils qui vient juste de naître souffre d'une paralysie cérébrale, pathologie dont souffre déjà son fils aîné, et qui cause de gros problèmes de communication entre eux. Sur le plan personnel aussi, le Loner n'aura jamais aussi bien porté son surnom.
 
  Toute cette détresse paternelle accouchera d'un album, Trans, dont le thème principal est justement l'impossibilité de communiquer.
 
  Mais ce qui rend cet album si unique, outre le thème, c'est l'orientation électronique donnée à l'ensemble. En effet, Young s'appuie ici sur des synthétiseurs, des vocodeurs, de la talk box et des ambiances plus futuristes et plus froides que par le passé. On pense notamment à la batterie, très métronomique, qui malgré un son clinique et inquiétant est parfois presque dansante. Cela ne vous étonnera pas de penser à Moroder, Kraftwerk, Yellow Magic Orchestra ou même à du disco ou des groupes de synthpop de l'époque, en écoutant cet album.
 
 
Neil Young, Trans, en live
 
  Car le Loner a tout compris de la pop commerciale de l'époque et en connaît tous les ressorts. Il se permet de ressortir tous les gimmicks accrocheurs permis par ses nouvelles machines, mais avec son sens de la mélodie et une mélancolie qui empêche tout débordement hors de la zone du bon goût.
 
  On commence avec un procédé très prisé des musiciens qui changent de style de façon assez radicale : la première chanson qui correspond exactement à ce que l'artiste en question faisait précédemment, et que le public attend. Pour montrer que oui, l'artiste sait encore le faire, mais veut passer autre chose, et faire la transition avec le reste de l'album. Un autre exemple de ce que j'avance ? Ecoutez la première chanson du The Age of Adz de Sufjan Stevens. Même démarche.
 
  Cette première chanson, c'est "Little Thing Called Love", country-rock très popisée, qui ne présage en rien de la suite, hormis un détail : les chœurs du morceau rappellent le travail de Jeff Lynne sur The Move et surtout Electric Light Orchestra, et si je cite ce nom c'est parce que soniquement on entend beaucoup de similarités entre Trans et certains passages plus synthétiques des albums d'ELO. La chanson en elle-même ? Souvent décrite comme guimauve, en réalité une merveille de pop avec un gros côté glam et des allusions folk/country.
 
  Mais même si elle permet une certaine transition, elle ne prépare pas au choc de la deuxième piste...
 
 
Verso de pochette
 
 
  Car on attaque en effet le cœur électropop de l'album. Avec son chef-d'oeuvre "Computer Age". Rythmique froide, synthé à la Kraftwerk, guitares rock sales avec un rôle surtout rythmique, voix vocoderisées... Ce morceau est une merveille, du niveau du meilleur de Moroder. Et cette ambiance de dystopie à la Blade Runner évoquée par la sympathique pochette du disque s'installe à merveille. Et est confirmée par le paranoïaque "We R In Control", avec son vocoder inquiétant préfigurant le Daft Punk de Human After All, ses sons robotiques, son rythme haletant et ses guitares sales et vicieuses.
 
  Puis, une éclaircie, avec "Transformer Man" ,petite pépite d'électropop qui préfigure pas mal de chose en électropop. Et qui là encore rappelle beaucoup et pour notre plus grand plaisir le meilleur d'ELO. Mélodiquement c'est parfait, et l'émotion est rehaussée par la mise en son électronique d'une grande justesse. Pop song moderne et parfaite, qui n'a absolument pas vieillie, et 2e chef d'œuvre de l'album.
 
  On a ensuite "Computer Cowboy", plus dans la veine de "We R In Control", et un peu en-dessous en niveau qualité tout en restant très honorable. Suivie d'un "Hold On To Your Love" plus pop et très sympathique, avec de magnifiques chœurs glam, des claviers très inspirés, et une guitare discrète mais essentielle. Un superbe morceau.
 
 
Neil Young & Nils Lofgren, en live (1982)

 

   Puis vient le morceau de bravoure très Daft Punk avant l'heure, "Sample & Hold". Il associe avec brio rock (noise) et électro sur plus de 8 minutes. Young aurait gagné à incorporer quelques éléments en plus histoire de rendre le morceau plus varié, surtout vu la durée du morceau, mais il fonctionne très bien tel quel tout de même, et ce minimalisme volontaire fait aussi sa force. 3e tour de force.
 
  "Mr Soul" garde de son prédécesseur le minimaliste et la guitare limite noise. Avec une approche de la composition beaucoup plus rock et concise. Et amorce le morceau final "Like An Inca", ou le retour à une écriture complètement folk/rock. Et très inspirée, ce morceau est digne de figurer sur les meilleurs albums de Neil Young. Plus de 9 minutes de maestria, et notre 4e chef d'œuvre. Sur 9 titres, pas mal hein ? D'autant que je n'ai recensé aucun déchet ni remplissage.
 
 
 
  Bref, vous l'aurez compris, cet album est selon moi (et cela n'engage que moi) un incontournable de la discographie du Loner et un incontournable si vous vous intéressez au rock à la pop ou aux musiques électroniques. A réécouter sans préjugés si vous l'avez détesté à l'époque ou plus tard en faisant l'erreur de le comparer aux autres disques de Neil Young alors que stylistiquement ce n'est absolument pas comparable.
 
  On ne va pas se mentir, Neil Young n'a pas non plus inventé l'électro avec cet album, mais il a composé une petite perle et a su intégrer à son écriture une modernité hallucinante non seulement pour l'époque mais aussi dans l'absolu (cet album a peu vieilli d'un point de vue son, il a même pris du cachet, et certaines idées annoncent pas mal de groupes a venir). Peut-être même que quelques rockers puristes trouveront là une ouverture vers tout un pan de la pop électronique qu'ils ignorent à tort.

En un mot : chef-d'oeuvre sous-estimé !

Et si vous ne me croyez pas, une version acoustique vous convaincra :
Mr Soul

Pour finir et pour saisir le côté visionnaire de la tournée qui suivit, voici quelques extraits live de la tournée Trans (1982-83) :
Transformer Man
Sample And Hold
Computer Age
 
 

Tracklist 

 

Side one

  1. "Little Thing Called Love" – 3:13
  2. "Computer Age" – 5:24
  3. "We R in Control" – 3:31
  4. "Transformer Man" – 3:23
  5. "Computer Cowboy (aka Syscrusher)" – 4:13

Side two

  1. "Hold On to Your Love" – 3:28
  2. "Sample and Hold" – 5:09 (CD - 8:03)
  3. "Mr. Soul" – 3:19
  4. "Like an Inca" – 8:08 (CD - 9:46)
 
LINE-UP
 
 
Neil Young – guitar, bass, Synclavier, electric piano, vocal, Sennheiser Vocoder
Nils Lofgren – guitar, piano, organ, electric piano, Synclavier, vocal, Sennheiser Vocoder
Ben Keith – pedal steel guitar, slide guitar, vocal
Bruce Palmer – bass
Ralph Molina – drums, vocal
Joe Lala – percussion, vocal
Frank Sampedro – guitar, stringman
Billy Talbot – bass

 
N'hésitez pas à donner votre retour sur cet album ou cette chronique en dessous. Merci beaucoup à vous pour la lecture et les commentaires, en espérant que cet article vous ait été utile et/ou agréable.
 
 
Alex