Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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samedi 8 juin 2019

Emil Rottmayer - Descend (2016)


   Encore une merveille de synthpop post-vaporwave mise en valeur par la chaîne youtube de qualité Electronic Gems, et encore une fois c'est au surdoué Emil Rottmayer qu'on la doit. Rien à ajouter, prenez votre meilleur casque ou allumez vos enceintes de compèt et laissez vous porter.
Alex


mardi 25 juillet 2017

Who Is It ? #1 - Oliver Buckland



 Who Is It ? est une nouvelle rubrique de ce blog, consistant à présenter (en français et en anglais) un artiste méconnu ou mésestimé et à le faire découvrir à nos lecteurs. Pour cette première édition, nous vous présentons de façon chronologique la discographie du jeune compositeur britannique Oliver Buckland, dont les oeuvres oscillent entre une musique classique résolument moderne et une électronique décomplexée. 


Les débuts électroniques (2013-2014)

  Dans les premières oeuvres, l'électro la plus cérébrale des années 2000 côtoie les influences classiques, depuis l'IDM très Autechre de "Glitch Test" (2013), premier morceau posté sur soundcloud, à la musique classique glitchée façon Wendy Carlos reprenant Bach sur Warp de "Distorsion" en passant par "irregular-blips", croisement entre les ambiances les plus mélodiques et apaisées d'Aphex Twin et une électronique plus rythmée et cheesy aux ambitions populaires. Les samples de jazz vocal côtoient les bleeps, l'ambient industrielle et les beats hip-hop sur le très bon premier long format Bodies, très mélancolique.




  Après cette période très électronique, l'irruption du piano dans les beats concassés de "cloudburst" apporte une profondeur nostalgique et un côté organique au morceau, le rapprochant des oeuvres de Thom Yorke en solo. L'ambient pure de "Mall Ambience" fascine, envoûte et obsède. Celle, plus rythmée de "irregular_triplets" et des morceaux sortis à la même période intrigue elle aussi, malgré les sons un peu cheap et des structures plus prévisibles. Cette accessibilité est palpable sur "minutiae", qui pencherait presque vers l'électro-pop ; cette dernière partage en effet une ambiance commune avec l'instrumental "Country" des australiens d'Empire Of The Sun. L'art du hachage de beats est poussé à son paroxysme sur "Manual Stuttering". Au sein des nombreuses expérimentations de l'époque, des titres surnagent, comme "bleak", qui mêle ampleur orchestrale, piano, électro et samples de voix jazz plein de soul. 





En transition : l'ampleur de l'acoustique (2014 - 2015)

  L'irruption d'une orchestration acoustique sur "sanctum" donne une nouvelle ampleur à la musique de Buckland, rendant cependant le sound design et la programmation un peu fades en comparaison de la maîtrise de l'ampleur du morceau et de la qualité de la composition et des arrangements organiques. Cette distanciation vis-à-vis d'une orchestration purement électronique (relative, cf le très fun "completely serious piece") passe par des reprises, de morceaux classiques mais pas seulement, mais on y reviendra. tout d'abord, sa reprise du "Polichinelle" de Rachmaninov est une merveille de piano, son interprétation me touche énormément. La "Sarabande - Pour le Piano" de Debussy est également le moyen pour Buckland de démontrer toute la sensibilité et l'expressivité de son jeu. Enfin, de façon plus étonnante, sa reprise de la pop-song "Why Do You Let Me Stay Here" de She & Him, est ravissante.

  Quant à la très classique "Cascada", qui pousse le côté acoustique plus loin, elle m'émerveille particulièrement par sa mélodie immédiatement reconnaissable, rappelant les premiers films de Walt Disney, et ses arrangements inventifs (flûtes, xylo, dissonance...).




La maturité du style Buckland (2014-2017)

  Puis Oliver Buckland se lance dans les longs formats, avec l'inaugural Ten, premier album composé de dix titres aux sonorités électroniques amples (cf "before"), rythmées, jouant avec des samples vintages ("glide & survey"). Sa musique y est toujours aussi mélodiques, drôles et mélancoliques (la magnifique "rapid_data_transfer", la poignante et très 80s "incision"), lorgnant parfois sur une forme d'ambient pop à la composition très classique et au rendu cinématographique ("nightspread"). Le sound design et la production sont nettement plus fins que par le passé, comme en témoigne le son clair, riche et pur de la technoïde "cryptocristalline".



  Cet album est prolongé par Twenty, encore plus abouti, comportant de petits chef-d’œuvres électro-pop composées avec ce savoir-faire classique et une vraie science des arrangements et de la prod, comme la géniale "unknown", entre minimalisme, synthpop, vaporwave et dub. Cet album est très accessible, les mélodies, comme celles de "mono" ou de la new wave modernisée et classicisée de "the inside of tears" collent au fond de l'oreille pour ne plus s'en déloger. Il s'y autorise une utilisation de synthés WTF pour un morceau classique très Wendy Carlos sur "icosa", et une géniale divagation presque Mr Oizo dans l'esprit avec "Microchip", très fun. Et il a l'audace de la faire suivre par un morceau aussi beau et pur que "infirmary".

  Mais en dehors des albums, les EP donnent à écouter d'autres facettes de la musique de Buckland. Le court projet muzak est très intéressant, purement vaporwave dans la démarche, il est également très réussi sur la forme, avec des morceaux remarquables comme "stygia", "VHS Obituary" qui lorgne sur une version remixée de la new wave,  ou l'ambient-pop inquiétante et viscérale de "drifting" et "NIGHT MALL"
  De même, l'EP This New Sea mêle de façon mûrie et maîtrisée samples, musique classique (choeurs et instrumentation) avec les autres courants précédemment abordés.



  Certains morceaux isolés de cette période sont également remarquable, comme les deux morceaux au titre difficile à écrire présents et , ou l'intense "Monolith", basé sur un jeu de piano virtuose et émouvant, ainsi que l'orchestral "ICOSIKAITERA", lorgnant sur la musique de films, comme l'ample "scale". Ou la déchirante composition pour violons "Slant" et l'ambigüe et printanière "CYCLE", un de mes morceaux préférés du compositeur. Les reprises sont également de la partie, avec une version très personnelle, guillerette et grinçante à la fois, du "King For A Day" de Dave Brubeck. Et puis on a les parenthèses marrantes de "livestock auctioneers have surprising rythm", qu'on aurait pu inclure dans notre Dossier de la Pop humoristique sur l'électro-country, le délire choral "Saint Waitrose", ou le très cool "Pinkover", qui sonne comme un mix de French Touch façon Oizo et de piano honky tonk sur une rythmique quasi hip-hop, avec toujours ces arpèges classiques. Et puis on a bien sur le grandiose et indispensable "Pendent", dont Etienne vous a à merveille parlé ici.




  En espérant que ce survol de la discographie de Buckland vous ait convaincu d'aller faire un tour sur son soundcloud y découvrir quelques merveilles, je vous annonce d'ores et déjà que nous avons pu interviewer l'artiste, pour ce qui constituera la première interview sur notre blog, et que celle-ci sera bientôt disponible ici. 

A bientôt donc !

Lien vers le soundcloud d'Oliver Buckland


Alex


Who Is It ? #1 - Oliver Buckland (english version)


 Who Is It ? is a new feature of this blog, in which we'll introduce to you unknown or underrated artists. This 1st edition will focus on the young british classical & electronic composer Oliver Buckland. I will guide you through the chronological discovery of his complete discography as presented in his soundcloud, between modern classical music and smart and fun eletronic music. 



Electronic beginnings (2013-2014)

  The first tracks delivered by Oliver mixed classical influences with an IDM reminiscent of Autechre ("Glitch Test", first ever Buckland's soundcloud track). We can also hear classical pieces full of glitches like "Distorsion" - just imagine Wendy Carlos playing a Bach piece for Warp and you'll be pretty close to the result. Tracks like "irregular-blips", will remind you Aphex Twin's most melodic and peaceful works. The first collection of music, Bodies, mixes with success cheesy, catchy and rythmic electronic music to vocal jazz samples, bleeps, industrial ambient music, and hip-hop beats in a very melancolic mood.



  After this very electronic period, hearing a lot of piano between the broken beats of "cloudburst" brings a nostalgic depth and an organic feeling to the track, taking a similar path than some Thom Yorke solo works. The pure ambient music of "Mall Ambience" fascinates and obsesses you. The rythm of "irregular_triplets" suprises, even if the sounds are kind of cheap and the structures foreseeable. But we really can feel that Buckland tries to catch the casual pop/electronic listener, please him/her and drag him/her into his music, to make him/her discover new kinds of musical expressions. This is best exemplified by the almost electro-pop "minutiae", which almost shares a common mood with the instrumental "Country" off australian pop band Empire Of The Sun's first album. The art of chopping beats is also very interesting, like on "Manual Stuttering"

  From this first period, between the numerous experimentations, some tracks fly higher than the rest. One of my favorites being "bleak", in which Buckland manages to mix orchestral grandeur with a sensitive piano, some electronic music, and vocal jazz samples full of soul.




Transition to a more acoustic music (2014 - 2015)

  The next period (2014-15) is marked by a transition to a music that incorporates more and more acoustic elements. The acoustic orchestration of "sanctum" gives a new depth to Buckland's music, but on the other hand it makes the sound design and the programmation seem a little outdated when we compare it to the high level of skill showed in the composition and the arrangement. This step towards acoustic music is relative, cf the very fun electronic piece "completely serious piece".

  But it's real, and it also can be heard through covers. Classical ones, but not only, but i'll talk about that later. First, there is the wonder piano interpretation of Rachmaninov's"Polichinelle", which moves me a lot. His take on Debussy's "Sarabande - Pour le Piano" de Debussy is also a good mean to Buckland to show his sensitivity with success. In a more intriguing way, his cover of the pop song "Why Do You Let Me Stay Here" by She & Him, is lovely.

  And concerning the very classical piece, "Cascada", it pushes the acoustic side even further. This composition amazes me because of its unforgettable melody, not so far from the first Walt Disney's films soundtracks, and it's inventive arrangements.



Buckland's mature style (2014-2017)

  The next years are marked by more EP and LP which allow Buckland to refine his style. The first LP, Ten, is made of ten mostly electronic tracks that can sound huge ("before"), and that add a lot of rythm to vintage samples ("glide & survey"). His music is as always, melodic, nostalgic and fun (the very beautiful "rapid_data_transfer", the moving "incision", sounding very 80s). Sometimes, pieces that are very classical in their composition sound like a form of very cinematic ambient pop ("nightspread"). The sound design and the production are a step further sophistication and pure beauty, like we can hear in the clear, rich and pure sound of the techno-like take "cryptocristalline".

  This album is followed by Twenty, which is even more refined. In point of fact, it contains some electro-pop masterpieces composed with this classical savoir-faire and a real science of arrangement and production, like the awesome "unknown", which sounds unique, between minimalism, vaporwave, synthpop and dub. This album is very easy to listen to, very melodic like in "mono" or in the modernized new wave mixed with classical of "the inside of tears". These melodies really stick. What makes this an easy listen is also the fun of tracks like "icosa", playing a classical piece with goofy synths à la Wendy Carlos, and of the almost Mr Oizo track "Microchip". And he has the courage to follow this fun piece by something as amazingly beautiful as "infirmary". You understood : this LP is very good.



  But outside of these two albums, EPs reveal other aspects of Buckland's music. The short project muzak is very interesting. Conceptually, it's pure vaporwave, and musically it's a success, with remarkable cuts like "stygia", "VHS Obituary" (which sound like remixed new wave) or the disturbing and visceral ambient-pop of "drifting" & "NIGHT MALL"

  In the same fashion, the EP This New Sea mixes in a very mature and masterful way samples, classical music (choral music, instrumental music) to the other genres that I've previously mentioned.





  Some of the isolated tracks of this period are very noticeable, like https://soundcloud.com/oliver-buckland/mysterious-preview/s-4EOjA and this one (sorry, the titles are like impossible to write down and I'm in a lazy mood). Or the remarkable and intense "Monolith", based on a virtuoso and moving piano play, or the orchestral and cinematographic "ICOSIKAITERA", and "scale". Or the very saddening composition for violin "Slant" and the ambiguous and spring-evoking piece "CYCLE", which is one of my favorites. 

  The covers are also very good, as always, like the very personnal take on "King For A Day" from Dave Brubeck, which manages to be very gay and very dark at the same time

  And as always, fun is not very far. From "livestock auctioneers have surprising rythm" (which could have fit into our humoristic guide to electro-country) to the choral fun of "Saint Waitrose", through the Oizo-like "Pinkover", mixing French Touch and honky tonk piano and classical arpeggio on a hip-hop beat. 





  And of course, you have the magnificent and essential "Pendent", about which Etienne has talked about in lenght here.

  I hope that this guide convinced you to go to his soundcloud discover some awesome deep cuts ! I also announce you that we'll publish more articles in English from now, starting from the Who Is It ? feature, and that we had the awesome opportunity to talk to Oliver Buckland in person about his music. His interview (our first ever) will soon be available on this blog. So.... See you soon !

Link to his soundcloud


Alex