Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

mercredi 15 mars 2017

Juniore - Ouh là là (2017)


  Découverts (pour ma part) en première partie de Brigitte puis de La Femme (et agréablement surpris par la découverte, le groupe est génial en live), les Juniore se situent pile entre ce groupe et les Limiñanas musicalement, avec un petit côté Françoise Hardy en plus. Elles partagent le trip rétro méticuleux des seconds (le morceau titre "Ouh là là" a un gros côté "James Bond Theme"), le psychédélisme yéyé arrangé avec personnalité des premiers ("Panique" rappelle Mystère), et le charme de la troisième (toujours sur "Panique" par exemple, un vrai grand morceau, et le très bon slow "Un twist").

  Dans les outrances et l’exagération, le groupe pose sa marque de fabrique : le riff et le beat énorme de "Difficile" marquent les esprits, et contrastent avec le chant détaché, entre Gainsbourg et Daho. Les filles ont également la bonne idée de tenter l'exercice de style doo-wop sur "Le Cannibale", bien servi par un chant que j'adore, à la Camélia Jordana. Elles sont aussi crédibles sur un registre garage-surf qui doit davantage à la scène rock californienne, au son impeccable, qu'elles croisent avec une chanson française yéyé avec talent comme sur l'urgent "L'accident" et le superbe "Extralucide".

  Bon, certes, parfois la formule lasse un peu, "Ca balance" est peut-être un peu trop mou pour moi, "En retard" est un exercice de style un peu poussif à la Dutronc qui supporte difficilement la réécoute. Et puis rendus à "Tu vas, tu viens", "Antoine" ou "Le Jour d'Après", même si les morceaux sont loin d'être mauvais, on tombe un peu dans la redite. Même si là encore c'est davantage une question de goût (je suis un peu moin fan des grandes embardées lyriques à la Feu! Chatterton de l'instru sur ces morceaux) qu'un vrai défaut objectif, tout reste très maîtrisé. Et "Tout (Sinon) Rien" tourne en rond sans jamais se résoudre. Une bonne conclusion psyché, "En Cavale", sauve cette fin de disque en évoquant avec brio les grands espaces américains.

  Mais dans l'ensemble, le disque est quand même plutôt très bon, et carrément recommandé par votre serviteur !

Alex



mardi 14 mars 2017

Danny Brown & Paul White - Accelerator EP (2017)


  L'EP d'aujourd'hui est court mais intense : 2 titres (plus leurs versions instrumentales) seulement. Mais quels titres ! Sur la lancée de son excellentissime album de l'an dernier, Danny Brown rappe comme un déchaîné sur ces deux chef-d’œuvres produits par Paul White, quelque part entre rock psychédélique garage, électronique flippante et cold wave ("Accelerator"). D'ailleurs les versions instrumentales sont cruciales, Danny Brown est génial dessus mais ces morceaux sont tellement bons qu'une écoute de plus, avec le focus sur la musique, est toujours bienvenue.

  Le deuxième excellentissime morceau, "Lion's Den" reste un peu psychédélique, mais dans une veine plus pop, grâce à un sample assez merveilleux ultra bien utilisé (et chanté en français !). Bref, l'EP est vraiment indispensable, d'une qualité et d'une urgence folles.


Alex


dimanche 12 mars 2017

King Gizzard & The Lizard Wizard - Flying Microtonal Banana (2017)



  Avec les KG&TLW, je suis un coup sur deux environ totalement fan et un coup sur deux pas tellement impressionné. Là, on tombe sur le bon côté de la pièce, je le dis tout de suite l'album est très bon.

  Ce disque est hypnotisant, comme une longue transe pop-rock. Le groupe propose un garage mélodique aux vocaux fous rythmé de façon obsédante (on va pas ressortir le mot krautrock encore une fois mais y'a un peu de ça...) comme sur "Rattlesnake" d'une intelligence folle. Le fait que le chant suive la ligne mélodique principale note à note tout au long du disque accentue l'effet transe. 
  Le groupe flirte avec la musique microtonale du titre avec un goût sur et une musicalité hors du commun. "Open Water" est aussi un grand trip rock, boosté par une pédale wah wah, aussi bonne que le fou "Doom City"

  Mais les ballades psyché pop ne sont pas en reste, comme sur "Melting", portée par des claviers vaporeux, un rythme sautillant et des digressions orientales parfaites. Et puis le quasi-instrumental "Flying Microtonal Banana", merveilleux exercice de style complètement réussi, à l'image de l'album.

  Et entre les deux on a des tubes pop-rock parfaits comme le délicat "Sleep Drifter", une très, très grande chanson. Et puis les sympathiques "Billabong Valley" et "Anoxia", qui sonne un peu Ariel Pink et met encore une fois la wahwah et la mélodie bien en avant. Le groupe tournait autour du funk sur plusieurs morceaux de cet album, mais si il y en a bien un qui met les pieds dans le plat groovy, c'est "Nuclear Fusion".

  Encore une fois, les King Gizzard ont réussi à pondre un chef-d'oeuvre à partir d'un concept alambiqué et ambitieux (maîtriser une musique et des gammes aussi peu courantes pour des musiciens rock occidentaux c'est pas évident). Le mix est étonnant : kraut, électro-pop vaporeuse, garage psyché, hard sombre à la Black Sabbath, funk et musiques orientales, et pourtant ça fonctionne. Chapeau les gars, vous avez encore sorti un des grands albums rock de l'année.

Alex


jeudi 9 mars 2017

Temples - Volcano (2017)


  Après avoir adoré leur premier opus, j'attendais avec hâte ce disque en rêvant d'un opus plus sombre et moderne, à l'image du très bon album de remixes des chansons du LP inaugural qui est sorti entre temps. Mais dès le premier single, "Certainty", on est prévenus : Temples n'a pas changé. Quoique, si, légèrement. On a bien plus d'électro-pop et de synthés, et la production est encore plus grosse, pour un résultat proche dans l'esprit de l'excellentissime dernier Tame Impala. Et il faut reconnaître que sans atteindre le niveau de perfection de Kevin Parker, ce single est une petite merveille, de sa mélodie ultra-catchy digne d'un Orient de cartoon, sa prod énorme et maîtrisée, et son chant haut perché.

  "All Join In" commence en mode full electronic, avec un rythme à la "The Beautiful People" de Marylin Manson, avant que ne débarquent les grandioses arrangements orientalisants (là encore façon musique de film plutôt que vraie musique arabe). La grosse batterie classique de Temples et le chant ramènent tout le monde à la maison pour des couplets qui pourraient sortir du premier opus. En revanche, le refrain est merveilleux, quelque part entre le MGMT de Congratulations et les Beatles. Et dans l'ensemble, ce curieux puzzle pop entre la partie instrumentale orientale, les couplets et le refrain, assaisonnés de rock bien psyché et d'électro déviante, marche du tonnerre. L'Orient version Hollywood (voire Astérix & Obélix chez Cléopâtre) revient sur "Celebration", accompagné d'un rythme à conquérir un stade et de synthés pachydermiques. Un gros côté Queen là-dedans, un peu comme sur "Mystery Of Pop" (qui sonne ausi assez Sparks).

  La mélodie sautillante et printanière de "(I Want To Be) Your Mirror" inaugure un morceau électro-pop assez inattendu, comme un Phoenix qui aurait voulu s'inspirer des arpèges de la musique de chambre. Le reste du morceau est plus classique, mais ces petits moments de grâce retrouvés en conclusion en font une pièce de choix tout à fait délicieuse. Et de même que sur la suivante "Oh The Saviour" qui commence plus folk-pop et part elle aussi en feu d'artifice psychédélique synthétique, on se dit que cet album est proche des derniers Phoenix sur un autre point : c'est une oeuvre pop totale, dans le sens où chaque instant est ultra catchy, que tous les morceaux sonnent comme des tubes à la production énorme. Et pourtant, c'est pas encore trop, le côté tarte à la crème donne même du charme à l'ensemble. 

  D'ailleurs, ces excès de synthé, ces morceaux à tiroir, ces batteries énormes, ça peut rappeler le prog pop 80s d'Asia ou Genesis sur des morceaux comme "Roman God-Like Man", qui a aussi (paradoxalement) une parenté avec Ariel Pink et Ty Segall.

  Mais bon sang, je vais me répéter mais que c'est accrocheur ! Prenez l'intro de "Born Into The Sunset", si ça c'est pas une intro mémorable qu'on reconnaîtrait même dans un festival bondé ? On saisit toute l'ampleur que le groupe a pris, et tout le succès (mérité) de ces gars. C'est marrant d'entendre aussi comme Tame Impala a marqué Temples, sur "How Would You Like To Go?" et l'autre tube du disque "Strange Or Be Forgotten", c'est hyper criant. Là encore, qu'on tique sur le côté stade ou les grosses influences, c'est tellement bien foutu qu'on leur passe tout pour le moment. Même si il est dur de respirer dans ce disque saturé de musique, où les morceaux commencent tranquillement, ce qui fait espérer une petite accalmie bienvenue, avant de balancer la sauce au milieu du premier couplet (cf "Open Air", ou "In My Pocket", même si celle-ci se retient plus longtemps). 

  Dans l'ensemble, les Temples signent quand même un très bon deuxième disque, gavé de tubes en puissance, et arrivent à compenser la perte de l'effet de surprise et de fraîcheur en ne livrant que des morceaux énormes à la prod titanesque. Attention pour la suite, la fuite en avant n'est pas possible, le ciel a ses limites (cf Phoenix justement), si ils ne veulent pas larguer tout le monde et rester pertinents, il faudra sans doute repenser le groupe plus en profondeur et apporter davantage de nuances. Mais en attendant, à défaut de livrer un chef-d'oeuvre, les jeunes Temples relèvent la redoutable épreuve du "sophomore album" haut la main et restent un groupe à suivre absolument car prometteurs, capables du meilleur et ne connaissant pas la médiocrité.

Alex


mercredi 8 mars 2017

Dirty Projectors - Dirty Projectors (2017)



  Je ne connaissais ce groupe que de nom avant cet album, je tiens à le préciser. Cependant, j'ai écouté leur discographie en transversale une fois que je connaissais bien celui-là. Tout ça pour dire que, contrairement à ce qu'on a pu lire, c'est loin d'être la première fois qu'on entend une musique inspirée du hip-hop, du rnb et de la soul chez ce groupe pop rock expérimental pourtant assez radical et lo-fi en général, situé quelque part entre les débuts d'Animal Collective et le premier EP d'Arcade Fire, le côté labyrinthique de Grizzly Bear en plus. 

  En effet, ces sons et ces rythmes je les ai entendus assez rapidement dans leurs précédentes livraisons. Ceci dit, je le reconnais, ces musiques occupent désormais une place prépondérante dans ce LP, à un degré jamais exploré auparavant, et avec une totale déshinibition sur l'autotune, l'électronique et les effets en tous genres (cf Bon Iver ou Sufjan Stevens). Ce qui est sans doute aussi dû en partie à un autre point que je ne vais pas aborder plus en détails : le départ de la compagne (et ex-moitié du duo Dirty Projectors, maintenant un projet solo) du désormais seul à bord Dave Longstreth

  Le rnb-pop qui ouvre l'album, "Keep Your Name", et sa voix ralentie, en sont l'exemple parfait. En puisant dans une production électronique oscillant entre luxuriance et minimalisme, quelque part entre Kanye West et James Blake, et en y additionnant quelques effets soul (la guitare chaude un peu avant la 2e minute), cette pop song de rupture prend une dimension épique et une saveur inédite. Tout n'est pas toujours dosé à la perfection, ça part dans les sens, mais ça c'est un peu la marque de fabrique du groupe, comme sur le rnb blanc de "Death Spiral" où s'entrechoquent Timberlake & Timbaland, Marvin Gaye, Thom Yorke, un piano free jazz, une guitare hispanisante, de l'autotune et des percussions hachées. La déconstruction est poussée à son paroxysme sur "Work Together", où une électronique saccadée et hyperactive part dans tous les sens pour un résultat étonnamment bon.

  Mais il y a des chansons plus classiques dans leurs sonorités et leur construction, qui sont toutes aussi réussies. C'est le cas de ma chouchoute, "Up In Hudson" dont la parenté avec les derniers Bon Iver et Vampire Weekend achève de rendre cette chanson déjà mémorable carrément magnifique à mes oreilles, c'est une grosse réussite de pop moderne. Dans un autre genre, "Little Bubble", entre berceuse et rnb à la Maxwell, séduit malgré le sucre, car elle est profondément touchante et sincère.

  On va continuer à parler rnb avec "Winner Take Nothing", belle chanson au hook très Marvin Gaye encore une fois, la ballade autotunée "Ascent Through Clouds", et la collaboration avec Dawn Richard, "Cool Your Heart" vaguement dancehall. Trois bonnes chansons, même si les deux dernières sont un peu en dessous. Tout comme la conclusion "I See You", qui malgré de bons moments (et un orgue utilisé de façon originale) marque moins l'esprit. 

  Au final, on a un bon album, un peu inégal mais dont les imperfections sont autant de signes d'une personnalité forte assumée tout au long d'un disque sans concessions ni auto-censure, tout droit sorti du cerveau de son créateur, sans filtre. 
J'en recommande donc l'écoute (ici par exemple) !

Alex

lundi 6 mars 2017

Alexia Gredy - L'Habitude EP (2017)


  Celui-là, j'aurais pas dû l'aimer. Le disque d'une jeune actrice écrit avec des musiciens renommés, ça peut vite virer disque encensé par les Inrocks sur le coup et oublié deux jours plus tard. D'ailleurs, à la première écoute, je n'étais pas impressionné. Mais un petit truc a fait que j'y suis revenu, très peu de temps après. Puis j'ai fini par me le passer en boucle, jusqu'à complètement rentrer dedans. Finalement, c'est un de mes EPs favoris de cette année qui en compte (déjà!) un bon paquet, et des réussis. Merci Alexia Gredy.

  Ce qui m'a fait basculer, c'est le premier titre, "Paradis", coécrit avec Aline. Je vous le dit tout de suite, Aline en général ça me fait bailler, même si ils ont quand même une ou deux bonnes chansons. Mais alors là, entre sa voix un tiers Adjani un tiers Paradis (la chanteuse, Vanessa, même si elle partage également une certaine parenté esthétique néo-eighties avec le groupe du même nom) et un tiers Mylène (avec la reverb... mais c'est pas un défaut sur ce morceau!) et cette électro-pop eighties funky à là Les Avions, je succombe totalement. C'est probablement le meilleur truc qu'Aline ait jamais pondu, pour ce qui me concerne en tous cas. Une vraie bonne chanson, un potentiel tube (enfin... pour moi en tous cas).

  Suit "Diabolo Menthe", reprise d'Yves Simon produite par Dodi El Sherbini, qui évoque un mélange entre l'intro de "Sign Of The Times", Hot Chip, "I Fell It Coming" de The Weeknd dans les harmonies, Daho et Christine & The Queens dans l'esthétique globale, Souchon pour l'écriture, et enfin Birkin au chant. Tout ça pour dire que cette chanson qui paraît simple en apparence ne l'est pas tant que ça, et que c'est même un petit bijou de pop francophone qui se révèle un peu plus à chaque écoute, malgré (grâce à ?) un texte à la fois naïf et adolescent et paradoxalement assez profond et aux niveaux de lecture multiples. 

  Enfin, on passe à "Mon Rêveur", et "L'Habitude", deux chansons coécrites avec Baxter Dury (décidément, elle sait s'entourer!). 
  Et même si sur la première, on est dans la pop française accessible, Gredy a un talent et un goût certain qui éloignent ça de la variétoche à la Rose, Bruni, etc... et hissent ses pop songs douces-amères vers les hauteurs. Ca tient à peu de choses, une interprétation sobre et convaincante, une vraie mélodie, une précision dans les arrangements. 
  Sur la deuxième, l'ambiance se plombe et se fait plus sombre, plus cold-wave (cette basse sonne ultra Joy Division.... Et ces synthés), quasi Bashung. Pour un texte autrement plus grave. Et les cordes et la préciosité fragile du chant apporteraient presque un côté Christophe sur la deuxième partie de la chanson. Et on finit (si il fallait une preuve de la noirceur de cette chanson la voilà) par un remix de Geoff Barrow (oui le mec de Portishead !!! je vous l'avais dit qu'elle était bien entourée) de "L'Habitude".

  Je ne vous le cache pas, et vous l'avez deviné, je suis complètement sous le charme de ce disque d'une qualité rare en pop francophone. J'adhère, j'adore et je vous enjoins à l'écouter au plus vite (genre ici par exemple).


Alex

vendredi 3 mars 2017

2016 en 16 singles

Après le magnifique top d'Alexandre, je vous propose une petite sélection non graduée de 16 titres remarquables qui ont fait mon années 2016. Vous le comprendrez très vite, pas mal de rap dans ce petit assortiment. "y a plus que ça qui m'excite" comme dirait Deproges. Il faut surtout dire que le style vit un âge d'or qu'il serait absurde de bouder. Bonne écoute !

     Dev' Hyness nous a gratifié cette année du plus beau des albums de 2016, Freetown Sound, avec sa pop sensible aux accents jazz et R'n'B, inspiré des plus grands tels Michael Jackson et Prince. Augustine fait partie des titres qui ont obsédé mon année, tout particulièrement mes soirées. Le travail esthétique et scénographique des clip, fruit de son travail, en est remarquable. 



Katerine - Moment parfait
     Le trublion de la chanson française signe cette année une oeuvre de maturité avec son régressif Le Film, au sommet du quel trône la poésie nostalgique de Moment parfait. Hymne à la simplicité et à l'authenticité des sens, des sentiments, de la composition.

"Tout nu
Dans l'eau sur le dos
Je vois un nuage
C'est un mirage
C'est un moment parfait
Ne l'oubliez jamais"


     On avait pu la découvrir la prodigieuse chanteuse sur de nombreuses collaborations avec Kendrick Lamar comme Real, on découvre cette année son talent sur son premier album solo The Feminine : Act 1. Le très engagé BitchSlut aura été un de mes morceaux muse de 2016 !

"I know what kind you are
If I say no, I'm a bitch
Say yes I'm a slut
"




     Ma grande surprise de l'année que de revoir Sam Dust, découvert sur le génialissime groupe Late of the Pier, qui travaillait depuis plusieurs années avec Connan Mockasin sur une projet glam rock 70's relevant du génie. Le rendu est époustouflant, en témoigne ce Lying Has To Step qui aura hanté mes fins de soirées.



The Lemon Twigs - As Long As We're Together
Sans conteste la découverte de l'année avec ces deux frères New-Yorkais fans de pop 60's, de rock glam 70's et de musique baroque et, excusez du peu, produits par Jonathan Rado, moitié de Foxygen, pour leur premier album Do Hollywood. J'oubliais ... ils ont à peine 18 ans !


     Hommage à Bowie qui nous a quitté il y a un an maintenant, nous laissant en héritage le magnifique Blackstar et sa pop jazzy mélancolique. Tous les titres en sont sublimes, Lazarus au premier plan, chef d'oeuvre par dessus tous.
     La Femme, groupe très apprécié sur ce blog, a sorti cette année le décevant Mystère qui, en demi teinte, offre une qualité hétérogène. Cherchant à gagner en qualité de production, sans faire pour autant mouche, ils ont perdu par la même occasion en personnalité et en énergie, tout en proposant une qualité d'écriture contestable. Mais c'est sans compter le génie du groupe qui au creux de la vague arrive à nous subjuguer dans des titres d'apparence anodine. Elle ne t'aime pas en est le plus bel exemple, que je ne me lasse pas de déguster. 

"Tu repenses à cette fille lorsqu'elle se demandait si t'étais pour elle
Un verre de vin à la main, elle se maquille devant la glace
Elle se prépare à sortir mais c'est pas pour toi qu'elle s'est faite belle"
     Les deux frères état-unien, fort de leur insolente jeunesse, nous avaient épaté en 2014 avec leur magnifique No Type. Ils sont cette année revenu très fort avec ce titre en collaboration avec Gucci Mane, atteignant pour la première fois le sommet du Billboard Hot 100 et innondant internet comme musique du fameux mannequin challenge. A peine prétentieux pour un sous, ils s'attribuent la comparaison avec les Beatles dont ils seraient une version black et customisée, comme on le ferait ferait d'une vieille voiture Regal "I'm a fuckin' black Beatle, cream seats in the Regal", chante Swae Lee. Ce n'est pas le single du siècle, mais ayant écouté cette année plus de mainstream qu'à l'habitude, je me devais de le faire figurer dans cette compilation. Ce d'autant qu'il me paraît très révélateur de cette nouvelle jeunesse toujours plus précoce et avide de peser dans le milieu. C'est d'ailleurs tout ce qu'on leur souhaite ! 



Hare Squead - Herside Story
     Le trio basé à Dublin propose un hip-hop rafraichissante grâce à sa production entre pop et rnb, tout en mettant en avant la richesse de leur voix respective. Ils ont sorti en 2016 leur deux premiers EP, dont la qualité des titres est néanmoins variable. Un groupe à suivre par le futur.



Yussef Kamaal - Remembrance
     Le jazz n'est pas mort et ne cesse de nous surprendre ! Le duo londonien Yussef Kamaal, formé de Yussef Dayes et Kamaal Williams, nous le prouve avec talent grâce à leur jazz polymorphe aux inspirations innombrables allant de l'électro, au hip hop et au funk. Black Focus se pose en chef d'oeuvre dès le premier album du groupe. Sur ce magnifique Remembrance ce sont les référence au funk 70's de Herbei Hancock et à la musique orientale qui tranchent, prolongeant le plaisir pendant 9 trop courtes minutes! Un album majeur de 2016 à (re)découvrir de toute urgence.

     Avec production sombre et inquiétante mettant en valeur un duo au sommet avec Kanye, pour une somptueuse pépite hip-hop, le rappeur de Los Angeles sonne étonnement East Cost. Dans les paroles, il est comme souvent question de leur succès, "Rich or poor, nigga, choose your fate, Style on top of style, nigga, Five years I've been rich, nigga", de leur richesse "Pushed Porsches down Broadway, I've been doggin' different hoes, nigga, Got a chain that's worth the Rolls, niggamais aussi de leurs racines qu'ils ne veulent pas oublier et qui les définissent "Rich nigga, still eating catfish". Déjà un classique !



Vulfpeck - Dean Town
     Cette année, le groupe de funk que j'admire par dessus tous a encore sorti des perles avec notamment ce titre dont l'intro quasiment house music fait pont à un funk-jazz 70's ultra catchy avec une ligne de basse dantesque, non sans rappelé celles de Jaco Pastorius.


Paradis - Toi Et Moi
     Je n'en remetrai qu'une petite couche, mais nous avons énormément écouté et aimé le duo français Paradis, qui allie avec la plus grande des finesses la house anglaise 10's avec la synth pop française 80's, rendant un hommage magistral à Daho, Chamfort et les autres. Beau témoin de la richesse créatrice d'une scène française et francophone inspirée. 

"Laisse-moi voir c'qui reste à voir
Emmène-moi vers le grand soir
Te souffler si tu veux bien m'écouter
Un petit peu toi et moi
Je sais plus, je sais pas
Un petit peu toi et moi"




Borussia - Sour Stroke
     La label parisien Ed Banger sait encore nous dénicher des artistes talentueux, la preuve en est avec leur dernière signature, le français Borussia qui signe ainsi son premier EP chez Pedro Winter, suivi par un deuxième fin janvier. Sour Stroke, c'est avant tout un beat de house anglaise très musclé, boosté par un synthé disco aux inspirations japonisantes. On notera le magnifique clip qui accompagne le morceau. Taillé pour les clubs, c'est mon morceau d'électro de l'année.



Freddie Hendrix - Invitation
     Titre de jazz monstrueux qu'Invitation de Freddie Hendrix, trompétiste originaire du New-Jersey, alliant un groove funk à un jazz classieux, entre Art Blakey et Sonny Rollings. A vos oreilles ! 



Motion Graphics - Brass Mechanic
     Motion Graphics nous propose un voyage onirique sur ce titre, voguant entre entre Brian Eno et Pharoa Senders, grâce à cette clarinette découpée, tronquée et réassemblée pour donner cet étonnant son hybride, mi naturel, mi artificiel. Une superbe et inclassable découverte de 2016 ! Je vous conseils chaudement leur album éponyme sorti cette même année 2016 chez Dominos Records.

Merci pour votre présence fidèle et vos messages !



ETIENNE