Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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mercredi 9 mai 2018

Iceage - Beyondless (2018)


  Le groupe post-hardcore danois Iceage nous avait laissé en 2014 son magnum opus, le magnifique Plowing Into The Field Of Love, sur lequel leur son s'était volontiers fait davantage post-punk, entre touches de glam et noirceur gothique. C'est dans cette veine plus accessible mais tout autant vénéneuse, si ce n'est plus encore, que se situe ce Beyondless

  Entre poésie noire et punk référencé, "Hurrah" fait penser à Johnny Thunders & The Heartbreakers mais surtout aux Saints aventureux d'Eternally Yours, et sa suite "Pain Killer" utilise les cuivres sur du punk comme les australiens le faisaient en 1978 sur "Know Your Product". Mais "Pain Killer" n'est pas que ça, ce croisement entre fureur, classic rock, chaleur Motown et chant pop grâce à la présence vocale de Sky Ferreira, permettant d'assouvir le double penchant avoué du chanteur Elias Bender Ronnenfelt pour l'underground sombre et lettré et pour la flamboyance des plus grosses rockstars. Un peu à la manière de Nick Cave, qui réalise la synthèse des deux mondes. 

Iceage & Sky Ferreira - Pain Killer (2018)

  Ces cuivres sont réutilisés avec brio sur la très Stooges période Fun House "The Day The Music Dies", d'abord comme contrepoint soul-rock au garage limite psyché, avant de virer free jazz (une des influences déterminantes de l'album, amenant cette instrumentation nouvelle). 

Iceage - The Day The Music Dies (Clip, 2018)

  Sur "Plead The Filth", le blues et la folk dénaturés par le groupe voient également les instruments inhabituels (piano, guitare folk, xylophone) se succéder dans le maëlstrom formé par la guitare, la basse et la batterie, servant de tapis (d'échardes) au chant de Ronnenfelt décidément très Iggy Pop par moments. La quasi country/folk bluesy et déviante de "Thieves Like Us" opère de la même façon, dans un registre plus proche des Doors, ambiance que l'on retrouve sur la pop de saloon absurde de "Showtime", étrangement cousine, d'une façon indirecte, du travail de Foxygen

  Plus loin, c'est entre un folk oblique à la XTC, un chant à la Robert Smith de The Cure (influence déterminante tout au long de l'album), une no wave bruitiste et agressive à la Sonic Youth et un free jazz en roue libre qu'il faut chercher les inspirations de la déstabilisante et géniale "Under The Sun", véritable petit monument qui claquerait le bec à n'importe quel passéiste du genre et petit miracle d'équilibre créatif. Cette veine de psychédélisme sombre et de romantisme gothique s'épanouit à merveille sur "Catch It", mélancolique, prenante et belle. 

Iceage - Catch It (Clip, 2018)

  C'est au shoegaze planant et dense de My Bloody Valentine qu'on pensera sur la plombée "Beyondless" et sur "Take It All" (et à la musique irlandaise un peu également sur cette dernière), preuve de l'immense source d'influences digérées par le groupe et de la variété incroyable de leur son. Cette vitalité et ce bouillonnement sont particulièrement bien illustrés sur la pochette, entre coupe histologique, magma d'une composition inconnue, et art contemporain.

Iceage - Take It All (2018)

  C'est un album volcanique, empli de fureur, de mélancolie, d'urgence et de beauté qu'on doit à Iceage, confirmant la belle lancée du groupe après la réussite du précédent en 2014, et asseyant et sa place parmi les groupes de rock les plus intéressants et les plus essentiels de la décennie. A écouter absolument.

Ecouter sur Spotify ou Deezer

Alex


dimanche 2 avril 2017

Caro Emerald - Perfect Day - Lou Reed Cover (2013)







     Je vous propose aujourd'hui une magnifique reprise du cultissime Perfect Day de Lou Reed. Véritable monument de la pop états-unienne sorti en 1972, le titre, produit par un grand admirateur de l'époque, David Bowie accompagné de son acolyte de sa période glam rock, Mick Ronson, permet à Lou Reed de connaître un succès phénoménal sur son deuxième album solo Transformer, après un Lou Reed passé inaperçu. Il marque ainsi le véritable départ d'une carrière solo faisant suite à son départ du Velvet Underground un an plus tôt.
     Sur ce titre, il est d'abord question de Bettye Kronstadt, sa première femme. "Oh, it's such a perfect day I'm glad I spent it with you" chante Lou Reed étonnement mélancolique. Mais en miroir se dessine une autre lecture, celle de son addiction à l'héroïne que l'on devine clairement "You just keep me hanging on", donnant toute sa noirceur à cette chanson.

Lou Reed et David Bowie au Dorchester Hotel  de Londres en 1972.

Lou Reed et sa première femme, Bettye Kronstadt.


     L'interprétation que je vous propose, est celle de Caro Emerald, chanteuse néerlandaise de jazz et de pop, ayant notamment fait succès en Allemagne avec son premier album Deleted Scenes from the Cutting Room Floor. Elle revisite ici la chanson  pour la radio néerlandaise 3FM, de sa voix féminine et soul, rappelant celle d'Amy Winehouse. Elle gomme ainsi la tristesse du titre original dans la chaleur de cuivres latins et laisse parler la sublime mélodie, évoquant de tant à autre les premiers album de Coldplay.


Bonne écoute et merci pour votre lecture !



ETIENNE



mercredi 8 mars 2017

Dirty Projectors - Dirty Projectors (2017)



  Je ne connaissais ce groupe que de nom avant cet album, je tiens à le préciser. Cependant, j'ai écouté leur discographie en transversale une fois que je connaissais bien celui-là. Tout ça pour dire que, contrairement à ce qu'on a pu lire, c'est loin d'être la première fois qu'on entend une musique inspirée du hip-hop, du rnb et de la soul chez ce groupe pop rock expérimental pourtant assez radical et lo-fi en général, situé quelque part entre les débuts d'Animal Collective et le premier EP d'Arcade Fire, le côté labyrinthique de Grizzly Bear en plus. 

  En effet, ces sons et ces rythmes je les ai entendus assez rapidement dans leurs précédentes livraisons. Ceci dit, je le reconnais, ces musiques occupent désormais une place prépondérante dans ce LP, à un degré jamais exploré auparavant, et avec une totale déshinibition sur l'autotune, l'électronique et les effets en tous genres (cf Bon Iver ou Sufjan Stevens). Ce qui est sans doute aussi dû en partie à un autre point que je ne vais pas aborder plus en détails : le départ de la compagne (et ex-moitié du duo Dirty Projectors, maintenant un projet solo) du désormais seul à bord Dave Longstreth

  Le rnb-pop qui ouvre l'album, "Keep Your Name", et sa voix ralentie, en sont l'exemple parfait. En puisant dans une production électronique oscillant entre luxuriance et minimalisme, quelque part entre Kanye West et James Blake, et en y additionnant quelques effets soul (la guitare chaude un peu avant la 2e minute), cette pop song de rupture prend une dimension épique et une saveur inédite. Tout n'est pas toujours dosé à la perfection, ça part dans les sens, mais ça c'est un peu la marque de fabrique du groupe, comme sur le rnb blanc de "Death Spiral" où s'entrechoquent Timberlake & Timbaland, Marvin Gaye, Thom Yorke, un piano free jazz, une guitare hispanisante, de l'autotune et des percussions hachées. La déconstruction est poussée à son paroxysme sur "Work Together", où une électronique saccadée et hyperactive part dans tous les sens pour un résultat étonnamment bon.

  Mais il y a des chansons plus classiques dans leurs sonorités et leur construction, qui sont toutes aussi réussies. C'est le cas de ma chouchoute, "Up In Hudson" dont la parenté avec les derniers Bon Iver et Vampire Weekend achève de rendre cette chanson déjà mémorable carrément magnifique à mes oreilles, c'est une grosse réussite de pop moderne. Dans un autre genre, "Little Bubble", entre berceuse et rnb à la Maxwell, séduit malgré le sucre, car elle est profondément touchante et sincère.

  On va continuer à parler rnb avec "Winner Take Nothing", belle chanson au hook très Marvin Gaye encore une fois, la ballade autotunée "Ascent Through Clouds", et la collaboration avec Dawn Richard, "Cool Your Heart" vaguement dancehall. Trois bonnes chansons, même si les deux dernières sont un peu en dessous. Tout comme la conclusion "I See You", qui malgré de bons moments (et un orgue utilisé de façon originale) marque moins l'esprit. 

  Au final, on a un bon album, un peu inégal mais dont les imperfections sont autant de signes d'une personnalité forte assumée tout au long d'un disque sans concessions ni auto-censure, tout droit sorti du cerveau de son créateur, sans filtre. 
J'en recommande donc l'écoute (ici par exemple) !

Alex

mardi 13 décembre 2016

Perfect Week (Jeu Interblogs) - Mardi Introspection


  Cette semaine, nous participons au jeu interblogs PERFECT WEEK, lancé par El Norton sur Last Stop ? This Blog !. Les règles du jeu ? Pendant une semaine, un thème par jour est attribué, à charge aux blogueurs de proposer un morceau correspondant à ce thème (règlement complet ici).


Mardi 13/12 - Introspection : La chanson parfaite que l’on écoute le mardi midi, lorsque l’on s’isole pendant la pause méridienne pour se retrouver avec soi-même.


A : Joni Mitchell - A Case Of You (1971)
Quand j'ai besoin de faire un petit point, Joni Mitchell est tout en haut de ma liste. Ce morceau particulièrement, non content d'être un sommet émotionnel inatteignable, bénéficie d'une interprétation qui explose toutes les frontières musicales. C'est folk, c'est pop, mais le chant est presque soul, et les variations mélodiques et rythmiques infinies et subtiles du chant et de la guitare en font presque du jazz. Pas étonnant que Prince l'ait reprise, et qu'il adore la grande Dame. On entend ici un aperçu de ce que sera le meilleur du songwriting du génie de Minneapolis, quelques années avant son éclosion (ajoutez une nappe de synthé, une boîte à rythme, et électrifiez la guitare, et on y est, preuve de l'influence énorme de Mitchell sur ses successeurs). On entend surtout le génie d'une grande de la musique, qui touche les coeurs et les âmes comme personne.

E : Vulfpeck - 1612 (2014)
J'ai trouvé le code d'accès à votre coeur, c'est le "1612". Avec sa soul-funk inspirée de jazz, Vulfpek vous fera découvrir votre moi qui déhanche. 
Un groupe hors du commun que je vous recommande chaudement.

Alex & Etienne

vendredi 25 novembre 2016

Aristocratie Indie Pop 2016 : Lionlimb (Shoo), Wild Nothing (Life Of Pause), & The Shacks (EP)


Lionlimb - Shoo (2016)

  Cet album est une bombe. Dès l'intro "God Knows" entre soul et pop de haute volée, on pense aux meilleurs : Lennon, Nilsson, Elliott Smith, Christopher Owens, Tobias Jesso Jr, Whitney. Avec ce son particulier, si chaud et volontairement ultra-vintage mais qui paradoxalement sonne ultra moderne... Un peu comme des Foxygen, avec le côté bordélique en moins. C'est criant sur les excellentes "Domino", "Tinman", et "Just Because" (à la pop-rock encore gorgée de soul, comme sur un Radio City moderne), la plus psychédélique "Ride", ou des morceaux avec une petite touche glam bienvenue comme "Lemonade" ou "Turnstile". Et toujours ce piano puissant aux accords bouleversants, comme sur le slow "Hang" ou le boogie "Blame Time". Qui peut même faire chialer comme sur le plus jazzy "Wide Bed". Et l'album se conclut comme il a commencé, par un sommet indie pop : "Crossroad". 
Ecoutez ce superbe disque ici, et dites m'en des nouvelles !





Wild Nothing - Life Of Pause (2016)

  Encore un superbe disque pop. Qui commence fort par un "Reichpop" fort mélodique aux sonorités et à la rythmique que n'auraient pas reniés les Talking Heads, ni Dev Hynes de Blood Orange plus près de nous. Et qui se poursuit par une série de tubes aux accroches synthétiques irrésistibles comme les géniales "Lady Blue", "TV Queen" et ma chouchoute "Life Of Pause", dans laquelle on entend du Foxygen (et du Todd Rundgren en filigrane). Les Foxygen sont aussi évoqués sur la très bonne "A Woman's Wisdom". Le post-punk de "Japanese Alice", "Alien", "Love Underneath My Thumb" et "To Know You" rappelle avec plaisir à la fois Low et Scary Monsters de Bowie, mais aussi Interpol et The Horrors. Tandis que les choeurs enchanteurs de "Adore" et sa délicate mélodie nous transportent avec un psychédélisme aussi ensoleillé que champêtre. Qui transparaît aussi sur la encore très rundgrenienne "Whenever I"
  Ce disque est de très grande classe, les mélodies sont intemporelles, le son est parfait, le chant est émouvant, c'est un grand album, point.




The Shacks - The Shacks EP (2016)

  De la bonne pop 60s à guitare avec une voix féminine mystérieuse et des arrangements à la Hazlewood, que demander de plus ? Tous les titres sont parfaits dans leur genre et explorent des contrées sonores variées, tout en conservant une vraie identité et un fil rouge sonique intact au long de l'écoute. 
  Bref, vous allez l'écouter (ici) et l'adorer ce généreux petit EP (9 morceaux pour 30 minutes, d'autres auraient nommé ça un album).



Alexandre


mardi 8 novembre 2016

James Blake - The Colour In Anything (2016)


  Une série d'EPs géniaux, un premier album séminal, un second moins enthousiasmant mais très solide, puis ce The Colour In Anything sorti cette année... Dans lequel il reprend le son électronique et gospel minimaliste de James Blake avec l'enrobage pop et les structures plus directes et l'étoffe ambitieuse d'Overgrown. C'est un peu son album bilan si l'on peut dire. Et ça fonctionne à merveille sur les superbes singles "Radio Silence" et "Modern Soul" où pop plaintive et électro sombre se complètent avec merveille par exemple. La même formule est parfois moins maîtrisée et donne des résultats un peu bancaux et amorphes comme sur "Choose Me", "Always", "Two Men Down", ou "I Hope My Life" qui commence pourtant bien avec un gimmick de synthé new wave détourné sympa mais tourne vite en rond.

  Ailleurs, le dosage est plus électronique et c'est tout aussi bon comme sur le single "Timeless" dont on vous avait déjà parlé, ou le bizarre mais réussi "Put That Away And Talk To Me" et le quasi a capella "Meet You In The Maze" (bon au début mais beaucoup trop longuet), tous deux sous grosse influence Bon Iver, avec lequel il collabore d'ailleurs sur un "I Need A Forest Fire" d'anthologie, un morceau absolument éblouissant. Les influences croisées entre Frank Ocean, Bon Iver et James Blake sont très intéressantes à suivre d'ailleurs.  

  Le gospel post-dubstep du 1er album vient hanter "Points" et "Noise Above Our Heads" avec beauté. Et quand les ballades se font quasiment juste au piano-voix, c'est parfois tout aussi bien ("Love Me In Whatever Way"), mais souvent c'est moins marquant ("f.o.r.e.v.e.r.", "Waves Know Shores", "My Willing Heart", "The Colour In Anything").

  Vous l'aurez compris, mon avis est plutôt mitigé. Avec 8 superbes titres (sur 17 quand même !), je suis tiraillé entre mon admiration pour les singles géniaux et la déception d'un ensemble qui s’essouffle vite faute d’élagage suffisant. Je ne peux m'empêcher de penser qu'un petit 8 titres plus concis débarrassé des 9 autres aurait été génial... Pour vous faire votre propre avis sur les titres que j'ai moins aimé et le disque en globalité, et (re)découvrir les excellents morceaux dont j'ai parlé, écoutez l'album en suivant ce lien.

Alex


mardi 18 octobre 2016

Izzy Bizzu - A Moment Of Madness (2016)


  Dans les années 2000, on a eu d'énormes succès forts mérités, notamment pour Norah Jones dans un style jazz/pop et Amy Winehouse dans une soul référencée mais couillue et vivante. Les suiveuses sont arrivées, à grand renfort de comm', pour un résultat parfois très bon (Duffy), parfois désarmant d'insipidité comme l'agaçante Adèle. Et bien en 2016, on a Izzy Bizzu, une jeune chanteuse britannique dont la fraîcheur et le talent inouï enverraient dans un monde idéal la soupasse des chanteuses de supermarché aux oubliettes de l'histoire et les bouteraient hors des ondes radiophoniques et des chaînes de clip.

  Que ce soit dans un style de ballade soul tire-larme à la production impeccable comme "Diamond", ou dans un style funk sur "Skinny", on n'a rien à redire, c'est du très très bon. Et puis on a le tube "White Tiger", où un piano funky quasiment house (rappelant Breakbot) sert de tapis de velours rythmique (avec quelques claquements de main) aux vocalises virtuoses de la chanteuse, avant que le beat discoïde n'emporte tout sur son passage.

  Pour la suite du disque, après ce trio incroyable de départ, on a de bons morceaux, pas aussi géniaux que les premiers mais très très corrects, comme les funk de "Naïve Soul" et "I Know", et "Give Me Love" façon soul-rock

  Retour des tubes potentiels à la pelle, avec le très accrocheur "Adam & Eve" entre funk avec cordes philly et cuivres 70s, et surf-rock. Le chant d'Izzy est toujours délicat, et quand il est mis en valeur comme sur "Gorgeous" ou l'excellente soul moderne de "Lost Paradise" c'est un plaisir. Les ballades "Glorious", "Mad Behaviour" et "What Makes You Happy" sont des régals de délicatesse et de puissance soul. 

  Et quand elle chasse sur des terres plus pop, c'est moins inspiré, mais ça suffit pour déloger Lorde de son pré carré sur "Circles" et ringardiser Lily Allen sur "Fly With Your Eyes Closed". L'électro lui convient pas mal du tout sur "Someone That Loves You", de même que le piano voix sur "Trees And Fire"et le reggae sur "Hello Crazy" (qu'on entend régulièrement en filigrane dans tout l'album mais qui s'exprime pleinement ici), même si ces morceaux ne sont pas non plus ses meilleurs.

  Bref, ce A Moment Of Madness n'est peut-être pas le Back To Black de 2016, mais c'est certainement un très bon album de soul/funk conquérante qui n'a pas peur de la pop et qui veut en découdre, et c'est déjà superbe. Comme l'excellent Nao de cette année, ce disque est le fruit d'une très jeune artiste qui a voulu tout donner sur un long format. Avec davantage de concision dans le choix des morceaux et une production plus charismatique et moins générique, Izzy Bizzu saura à n'en pas douter donner à ce bon disque des successeurs qui le surpasseront et nous éblouiront. Affaire à suivre donc !

En attendant écoutez cet album ici, et revenez nous en dire des nouvelles !

Alex



samedi 15 octobre 2016

Frank Ocean - ENDLESS (2016)


  Sorti en préambule à Blond(e), qui est le "vrai" album (mmmh... ça me plaît pas ça mais j'y reviendrai), pour remplir le contrat liant Ocean à sa maison de disques, ENDLESS n'en est pas moins une réussite. Plus expérimental et fouillis (en apparence seulement) que son successeur, il recèle d'excellents morceaux, et dégage une unité sans faille malgré le grand nombre de genres musicaux abordés.

  L'intro synthétique "Device Control" ouvre sur la magnifique reprise "At Your Best (You Are Love)", des Isley Brothers via Aaliyah (nous avons d'ailleurs déjà parlé de l'histoire de ces reprises ici). Si il vous fallait une preuve que Frank Ocean est un des chanteurs les plus passionnants de sa génération vocalement parlant, elle est là. Il est un de ceux ayant une personnalité forte et un talent inédit pour le chant, tels qu'on n'en rencontre pas tant par décennie. Récemment, je pense à Amy Winehouse, Bon Iver, Sufjan Stevens... Et sans doute quelques autres que j'oublie, mais y'en a pas tant que ça. Bref, cette reprise en apesanteur est un chef d'oeuvre absolu.

  Mais les compositions du sieur tiennent la route, comme "Alabama", et son côté pop semblant tout droit sorti de Channel Orange, avec un peu moins d'instrumentation (des voix qui se répondent et un piano avec reverb, ça suffit). On reste en terrain connu, quoique plus atmosphérique que ce à quoi il nous a habitués, avec la très belle "Sideways".

  De la qualité, il y en a aussi plein la plus hip-hop et vaguement jazzy "U-N-I-T-Y", la folk soul minimaliste et lo-fi de "Slide On Me" et "Wither" qui se fond dans "Hublots" et son sample tiré de "Contact" des Daft Punk. Même les interludes comme "Mine", les "Ambiance...", "Florida", les excellentes "In Here Somewhere" et "Deathwish(ASR)" très rnb versant électronique, et le génial et addictif "Comme des Garçons" sont intéressants, et participent à la construction d'un album, un vrai, qui est bien plus que la somme de ses parties.

  La fin de l'album prouve d'ailleurs cela, elle est très construite. La folk et le rnb se mêlent sur "Rushes", où l'on sent l'influence de Bon Iver notamment, avant que la musique ne soit déformée et triturée par le sampling, aboutissant à un beat hiphop/électro. Repassant par du franchement folk / pop sur le très beau également "Rushes To" avec sa gratte électrique magnifique et ses nappes de synthé. Et puis on finit par "Higgs", le morceau de bravoure qui démarre par un beat presque dancehall dansant, avec un chant rnb très pop. Et puis un break, et là un morceau de techno post-New Order technophobe démarre. C'est génial et inattendu, et ça fonctionne parfaitement (c'était un peu annoncé par la fin de "Rushes" et ça rappelle parfaitement "Device Control", le premier morceau).

  Bref, écoutez Blond(e), c'est un superbe album (et j'y reviendrai très bientôt), mais surtout n'oubliez pas d'écouter aussi ce ENDLESS. Ne faites pas comme la majorité de la presse musicale (et du public) qui a complètement oublié l'existence de cet album de grande qualité dès que l'autre est sorti. D'autant plus qu'il est exigeant et demande plusieurs écoutes avant de se dévoiler tout à fait (mais quand ça arrive, c'est magnifique). Vous ne le regretterez pas.
  Oh et il y a un film qui va avec dans lequel Ocean monte un escalier en noir et blanc, c'est une belle parabole sur le versant artisanat de l'art, et une façon à la fois profonde et humoristique d'aborder à la fois sa carrière et l'art en général, et de redonner aux valeurs temps et travail leur juste place.

Merci pour votre passage, votre lecture et vos commentaires et à bientôt !

Alex

lundi 29 août 2016

Les Reprises du Jour : At Your Best (You Are Love), The Isley Brothers (1976), par Aaliyah (1994) puis Frank Ocean (2016)


  Notre voyage commence en 1976, chez les golden boys de la soul, les Isley Brothers, avec ce magnifique titre original. Qui a une parenté certaine avec les meilleurs titres de Marvin Gaye, au hasard. Une magnifique ballade d'une pureté folle, de la part d'un groupe qu'on pourrait presque qualifier de Beatles soul tant leur influence est énorme. Presque aucun album de rnb, de hip-hop, d'électronique ou de soul/funk moderne ne sort sans un sample ou une reprise des Isley Brothers, ils doivent talonner James Brown dans le genre. Ils ont, par leur musicalité incroyable, leur sensibilité à fleur de peau et leur génie des arrangements, conquis des générations et des générations. Et c'est ce qu'on va pouvoir vérifier par la suite, puisque cette chanson fut reprise en 1994 par la divine chanteuse de rnb Aaliyah, sur son premier album, Age Ain't Nothing But A Number.



  La production de R Kelly est bien de son époque mais sobre et délicate, mais ayant pris du cachet plutôt que du plomb dans l'aile (comme les naufrages kitsch de Carey par exemple). Et la voix d'Aaliyah douce comme du velours. C'est d'ailleurs cette version qui inspira celle de Frank Ocean en 2015, qui la retravaillera en 2016 une première fois dans une version très dépouillée (écoutable ici), puis plus travaillée avec des cordes de Jonny Greenwood (de Radiohead) jouées par le London Symphonic Orchestra et une production plus léchée mais toujours aussi sobre, et qui figure sur l'album Endless (écoutable ici, la reprise se situant après 1 min de vidéo). Et qui vous coupera le souffle. Car vocalement, on atteint des sommets d'expressivité, on est là encore chez le meilleur de Marvin Gaye, version 2016, avec juste ce qu'il faut de musique pour souligner toute la beauté et la sensibilité de ce chant divin. Rien à ajouter de plus, c'est une merveille.

alex




jeudi 4 août 2016

Whitney - Light Upon The Lake (2016)




  On continue avec les jeunes groupes qui sortent des disques d'une qualité inouïe avec Whitney. Issu de la partition des Smith Westerns, et après le départ du chanteur Cullen Omori, le groupe se structure autour du guitariste Max Kakacek et du batteur Julien Ehrlich. Qui ont dans ce schisme qui aurait pu être une fin, vraiment trouvé une voix (celle, magnifique, d'Ehrlich), ainsi qu'une voie vers un second départ peut-être encore meilleur. Parce que le disque solo de Omori a beau avoir beaucoup de qualités, ce disque de Whitney plane des années-lumières au-dessus.



  Le morceau qui introduit l'album a aussi été le premier morceau partagé par le groupe. Ce "No Woman" qui s'ouvre sur un clavier enchanteur et des cuivres soul avant de laisser le duo guitare/voix folk/blues prendre le relai est un magnifique ambassadeur pour l'album et le groupe. On entend toute l'histoire de la musique américaine dans ce morceau, transcendée par la "petite" histoire que racontent la voix du musicien et les instruments. Les influences citées par le groupe, Bon Iver, The Band et Allen Toussaint sont là, auxquels on pourrait rajouter Woods pour le timbre de voix et les arrangements, mais plus comme des figures bienveillantes que des idoles oppressantes. La fraîcheur du groupe, sa modernité et son talent de songwriting l'élèvent bien au-dessus de la masse des groupes étiquetés "americana". Ce morceau est une vraie merveille, allez écouter ça par vous même.



  Et cela continue, du piano bondissant de la pop de "The Falls", à ma favorite, le tubesque "Golden Days" dont j'ai déjà parlé ici, au très folk façon The Band, "Dave's Song", tout cela enchante le mélomane. De même que les arpèges délicats "Light Upon The Lake" que n'auraient pas renié les grands mélodistes nineties tels Elliott Smith ou Jeff Buckley, ou "No Matter Where We Go" plus rock, entre Big Star et Creedence Clearwater Revival. Ces gars piochent partout : soul, pop, country, folk, cajun, blues, mariachi, boogie, ragtime, doowop, blues-rock, jazz, gospel.... Tout est bon à prendre pour le transformer en or pop, s'élever depuis ces glorieuses racines américaines très ancrées dans l'imaginaire collectif, les respecter puis les dépasser et s'élever vers les sommets pop.




  Ainsi "On My Own", l'instrumental jazzy et swinguant "Red Moon", le baroque (et soul) "Polly" et le country-folk nourri à la soul "Follow" ne revisitent pas le grand songbook américain, elles y écrivent de nouvelles pages. Je vous l'assure, ce disque est grand, ce disque est beau, et il vous faut l'écouter, que vous soyez ou pas un grand fana de musiques "traditionnelles" américaines ou pas, vous y trouverez votre compte. Entre ce disque, le Woods et le Kevin Morby, les USA ont cette année une bien belle façon de revisiter leur terroir musical avec une oreille fraîche et de belles ambitions, c'est superbe. 

Pour l'écouter c'est par là.

Merci pour votre lecture et vos commentaires 

Alex

lundi 25 juillet 2016

Surface - Falling In Love (Single, 1983)


  Bombe électrofunk suivante : ce "Falling In Love" de Surface, tout droit sorti de chez les grands Salsoul Records. Beat disco, synthés basse dans tous les sens, guitares rythmiques, piano et synthés house, chant soul/pop acidulé et flûtiaux, tout est réuni pour un morceau de choix. 

Bonne écoute !


Alex

vendredi 22 juillet 2016

Curtis Hairston - I Want You (All Tonight) (Single, 1983)


  Aller, puisque c'est l'été, après le Fonda Rae je vous propose une autre bombe électrofunk. Clavier basse liquide, guitare très Chic slappée, beat 4/4 discoïde immuable, piano de fin de soirée, synthés déments, et diva soul, tout est en place dès le couplet. Et le refrain est très proche de Michael Jackson période Off The Wall / Thriller, pas la pire des références du genre ! Bref, ce petit tube de Curtis Hairston est parfait pour appuyer ce fait : l'électrofunk est une musique éminemment riche, un des styles musicaux les plus importants depuis les années 70/80, et le digne successeur des grands funksters, faisant des petits (souvent très doués) dans tous les genres musicaux. Comment ne pas le dire à l'écoute de cette chanson géniale ?

Bonne écoute !

Alex

jeudi 21 juillet 2016

Fonda Rae & Wish - Tuch Me (All Night Long) (Single, 1986)


  Cette claque ! Ce single de 86 est une pure merveille. Ca commence avec des nappes de synthé presque deep, le chant soul/gospel de Fonda Rae, puis un clavier clair joue une petite mélodie, rejointe par la boîte à rythme, le synthé basse, et là tout s'enchaîne. Ce single est parfait, c'est le "Blue Monday" de la house gavée à la disco, à la soul, et à l'électrofunk (on entend autant Kraftwerk que Clinton et Prince là-dedans). C'est un vrai modèle indépassable pour toute la musique électronique dansante et de qualité qui viendra par la suite, comme un "I Feel Love" mais plus mélancolique et tout en breaks de boîte à rythme. 

  La tension monte, monte monte, et à chaque fois que la mélodie principale revient, l'intensité monte d'un cran, le corps se met petit à petit à bouger, de plus en plus, sans s'en rendre compte. Ce mélange de joie hédoniste et de mélancolie profonde est euphorisante. Et ce final avec le jeu sur les voix... Tous les petits mecs de la tropical house, les Diplo, les Bieber, les Skrillex et les DJ Snake peuvent aller élever des chèvres dans le Tennessee après avoir entendu ça. Rien que ce petit break, c'est à des milliers d'années lumière au dessus de tout ce qu'ils ont fait depuis leurs débuts. Adios, et bon débarras !

  Bref, un de ces moments de grâce absolue en musique, quand des interprètes, une composition et un son fusionnent de façon parfaite pour synthétiser toute une époque. Ces 10 minutes séminales (qui seront parmi les 10 minutes les plus courtes de votre vie), essaiment encore aujourd'hui dans la musique de groupes de synth pop de talent comme Niki & The Dove, Blood Orange, Dâm-Funk, Cellars ou autres. Indispensable, incontournable.

  Il faudra que je reparle des années 80-90, décennies oubliées de l'histoire du funk, et de la place mésestimée de l'électrofunk, musique peu avare en moments absolument éblouissants dans le genre, et qui a fait des petits de qualité ces dernières années.

Quoi, vous n'avez pas encore appuyé sur play ? 



Alex


mardi 7 juin 2016

Frank Ocean - Channel Orange (2012)



  Vous voulez du classique moderne ? Vous croyez que des Thriller, des Songs In The Key Of Life ou des Sign "O" The Times ne pourraient plus sortir de nos jours et qu'aucun disque de ce calibre ne sortira plus jamais ? Ce disque est fait pour vous. Connaissez-vous Frank Ocean ? C'est celui qui dans le collectif de hip-hop hardcore Odd Future composait des ballades à la Stevie Wonder plutôt que des bangers rap. C'est celui qui pour beaucoup a déringardisé le terme rnb (au sens moderne), et pris la relève de D'Angelo et sortant le Voodoo des années 10, ce Channel Orange donc.

  Le disque commence par un bruit, puis un sifflement très aigu que peu d'entre vous pourront entendre (passé un certain âge... désolé !), comme celui émis par les télés en fonctionnement, puis justement un jingle TV, qui conclut ce "Start" introductif et nous plonge dans le premier classique de l'album : "Thinking Bout You". Cette ballade est une héritière de Wonder via D'Angelo justement, le falsetto de Ocean dans les refrains contrebalance son chant plus grave dans les couplets, et le tout (instrumentation et chant) évolue entre hip-hop (boîte à rythme), (nu)soul (cordes), et pop (synthés, guitares). Dans une modernité absolue et en même temps en s'inscrivant dans une immense tradition. Et ce chant si subtil, si touchant.... Un classique vous disais-je ! Tout est merveilleux de simplicité, d'évidence et d'émotion dans ce morceau, la moindre mesure est à sa place.




  "Fertilizer", qui sonne comme un jingle publicitaire composé par Stevie Wonder, est une courte introduction menant vers un autre sommet : "Sierra Leone", qui dédouble le chant de Frank Ocean un peu comme le faisait Marvin Gaye en gérant les questions-réponses et les choeurs en plusieurs prises. Je ne vais pas le répéter tout l'album mais l'instrumentation là encore est impeccable, mélodique, touchante, sobre et riche, tout comme le chant. On a le vertige en entendant Curtis Mayfield, Prince, Janelle Monaé, Michael Jackson, Sly Stone et autres... évoqués par la voix d'Ocean et/ou la musique. Sans que cela n'enlève quoi que ce soit à la personnalité hyper forte du tout. 

  Même chose pour le suivant, "Sweet Life", merveille soul/rnb/pop. Oh et le plus beau c'est que les paroles sont bonnes, et il y a des liens entre les morceaux, c'est un peu un album-concept sans le côté chiant du truc, ce qui justifie les intermèdes et leurs bruitages de télé branchés sur cette fameuse "channel orange" (il y a dans ces paroles l'histoire d'un bar à strip-tease, le Paradise, et d'une des "danseuses" etc... je vous laisse découvrir ça tous seuls !).




  "Super Rich Kids", le titre suivant, introduit par un court skit ("Not Just Money") rappelle la blue-eyed soul au piano martelé comme une percussion du "Bennie & The Jets" d'Elton John, et le flow misanthrope d'Earl Sweatshirt complète parfaitement le chant rnb sensible d'Ocean. Parfait.

  Plus psychédélique et flirtant avec une électronique plus expérimentale ainsi qu'avec la pop, "Pilot Jones" est un autre classique instantané, qui évoque du coup un peu l'esprit des Temptations avec une rythmique proche du genre de rnb blanc post-dubstep de James Blake. "Crack Rock", entre beat hiphop old school et claviers soul, émeut et est encore un sommet. Tout comme l'enchaînement avec le carrément électronique (et funky aussi, ainsi que hip-hop / rnb à la The Weeknd sur la fin). 




  "Pyramids", morceau fleuve de presque 10 minutes, absolument incroyable, un vrai moment de bravoure bluffant. Je vous laisse vous faire souffler par le morceau. Le pire c'est qu'on penserait qu'il est impossible de suivre cela, mais il y arrive le bougre, et avec un des meilleurs morceaux de l'album, et peut-être le plus accessible : "Lost", et sa rythmique funky. Le très délicat intermède "White", avec John Mayer, termine cet enchaînement de morceau absolument délirants, un des meilleurs que j'aie jamais entendus. 



  "Monks" poursuit à merveille l'enchantement, avec un rythme plus soutenu qui apporte une dynamique bienvenue. Là encore rien à redire c'est parfait, absolument parfait. Bon, il fallait bien un petit hic, "Bad Religion" est une ballade voix-orgue-piano plutôt jolie mais un peu convenue, pas à la hauteur du reste même si elle reste bonne et très écoutable, avec de bons moments. "Pink Matter", avec André 3000, est meilleure, c'est-à-dire au niveau stratosphérique et intouchable du reste du disque. De même que la très pop "Forrest Gump", qui apporte une touche plus enjouée à cet album autrement très sombre et dépressif, avant une "End" en field (urban?) recording




  Bref, un classique. Pour ceux qui pensent que Back To Black de Winehouse est le dernier du genre, foncez sur Channel Orange. J'ai rien à ajouter, la musique parle d'elle-même, si vous voulez entendre comment sonne un génie capable de synthétiser et de moderniser la soul, le funk, la pop, l'électronique, le hiphop et le rnb dans les années 2010 tout est là. 

Pour écouter sur Spotify c'est ici


Merci pour votre lecture et vos commentaires !


Alexandre

 
     Un album hors-norme, un artiste hors-pair, une production exemplaire, une sensibilité glaçante, une poésie touchante. Les superlatifs manquent pour décrire cet album qui déchaîna les passions à sa sortie en 2012 et se posa dès lors comme un standard de l'histoire du R'n'B.

     Utilisant son background hip-hop comme support de production et y appliquant des compositions dignes des plus grands noms de la soul et du R'n'B tels Marvin Gaye ou bien Stevie Wonder ( oui rien que ça ! ), il casse littéralement les cloisons du genre, à l'image de D'Angelo. S'y exprime alors pleinement la sensibilité de Frank Ocean dans des textes narratifs et introspectifs que le genre hip-hop beaucoup plus démonstratif et extraverti ne permettrait pas. On est ainsi embarqués dans cette histoire sur fond de bandes FM que les très nombreuses et intelligentes transitions mettent parfaitement en vie, sans être nullement pompeux. Laissant respirer un album qui s'apprécie à la fois dans l'unicité de 17 titres homogènes en qualité et cohérents dans leur recherche artistique, tout aussi bien que dans la diversité des titres ayant leur personnalité propre comme autant de stations FM et autant de petits tubes à découvrir, à l'instar de ces Thinkin About YouSweet LifeSuper Rich Kids, Lost ou encore Pink Matter.

Bonne écoute !

ETIENNE



dimanche 17 janvier 2016

Bilan 2015 : Le Top d'Alexandre (Places 1 à 36)


  Et voilà la suite (et fin) de mon top 2015, après tout ce suspense si savamment entretenu. En espérant que ces disques vous plairont autant qu'à moi, et que vous ferez de belles découvertes.

  Cette année 2015 a été riche musicalement, et je la considère vraiment comme un grand cru, avec de grands disques qui font bouger les lignes dans tous les genres que j'affectionne. Et augure le meilleur pour 2016.
  C'est classé par genre pour que ce soit plus facile pour vous y retrouver dans ce foutoir, mais bien évidemment ces classifications sont imparfaites. Et comme d'habitude la présence et la non présence de disques ici et les commentaires que je fais sur eux sont subjectifs et personnels, sinon ça n'a pas grand intérêt.

  Alors surtout n'hésitez pas à donner vos avis à vous sur ces albums en commentaire, et à proposer votre propre top en commentaires (ou un lien vers celui-ci pour les collègues blogueurs).



1 - Kendrick Lamar - To Pimp A Butterfly (Hiphop, jazz, funk)
Kendrick a dynamité 2015 d'entrée de jeu en sortant l'album de l'année, à peine commençait-elle. J'ai attendu toute l'année en vain le chef-d'oeuvre pouvant le détrôner, mais c'était peine perdue, malgré les immenses qualités de ce top 2015 (qui restera pour ma part un excellent cru), il est resté au sommet. Ce grand melting pot de hiphop, de jazz, de funk, avec presque des aspects psychédéliques parfois, synthétise avec brio le meilleur de la black music des XXe et XXIe siècles, du scat au free jazz à la soul en passant par le Pfunk et le hiphop westcoast. Des textes fins, d'une qualité immense, doués d'une sensibilité, d'un humour incroyables, traitant de sujets sociaux majeurs et de doutes existentiels. Une musicalité assez inédite pour un disque de hiphop avec des isntrumentations riches, variées, cohérentes et sexy à la fois. Et un MC au sommet de son art, d'une sensibilité qui n'a d'égale que sa technique immense. On ressort soufflés par l'écoute de ce grand, grand disque, et on en redemande volontiers.
Meilleurs Morceaux : Tout le disque


2 - Tame Impala - Currents (Pop)
Après un Lonerism angélique, je partais un peu méfiant et défaitiste concernant cet album, mais les faits sont là, Kevin Parker a su sortir un chef d'œuvre plus réussi encore que le précédent. En allant piocher plus ouvertement sur les terres de Air l'influence de toujours, mais aussi sur celles d'icônes grand public comme Michael Jackson (cf sa magnifique reprise de Stranger In Moscow, sortie entre les deux albums), il a su se dégager un horizon infini et réaliser l'impossible synthèse entre disque à la fois très grand public et très exigeant. Un bijou interstellaire et une leçon de pop, vraiment.
Meilleurs Morceaux : Let It Happen, Yes I'm Changing, The Less I Know The Better, New Person Same Old Mistakes


3 - Sufjan Stevens - Carrie & Lowell (Pop, Folk)
Après le fabuleux, exhubérant et électro-symphonique The Age Of Adz, on se demandait bien où Sufjan allait aller la prochaine fois. Le décès de sa mère avec laquelle il avait une relation très particulière a tranché : ce sera un album folk/pop épuré et dépouillé. Mais ce que Stevens perd en ornementations, il le compense plus que largement par ses qualités de compositeur et d'interprète qui hissent cet album vers des sommets de beauté. Chaque morceau est un classique intemporel ici, on est en présence d'un authentique chef d'œuvre.
Meilleurs Morceaux : Death With Dignity, Should Have Known Better


4 - Panda Bear - Panda Bear Meets The Grim Reaper (Pop)
Que sa musique se fasse plus violente (Mr Noah), plus émouvante (Tropic Of Cancer) ou plus Beach Boys sous MDMA (Boys Latin), le Panda Bear 2015 ne déçoit jamais. Un grand disque de pop qui emprunte des éléments de sa chatoyante palette sonore aussi bien à la dub qu'au hiphop ou au psychédélisme, et nous offre une interprétation toute personnelle de ce qu'est un grand disque de pop du 3e millénaire.
Meilleurs Morceaux : Sequential Circuits, Mr Noah, Boys Latin, Tropic Of Cancer


5 - Owiny Sigoma Band - Nyanza (Pop, Afrorock)
Entre blues traditionnel africain, électropop, et j'en passe, cet album est une merveille de pop africaine moderne, une œuvre d'une créativité et d'une qualité folles. 
Meilleur Morceau : I Made You / You Made Me


Toujours fidèle à lui-même, Owens a sorti un très grand disque pop cette année. Comme d'habitude, excellente direction de départ (peu d'arrangements, les chansons sont souvent basées sur sa voix, sa guitare et ses pédales d'effets), des compositions aussi directes qu'immaculées, une interprétation aussi touchante qu'espiègle.... Un délice.
Meilleurs Morceaux : Music Of My Heart, Heroine (Got Nothing On You)


7 - Jamie xx - In Colour (Electronique, Pop)
De façon assez inattendue, pour moi en tous les cas qui n'attendait rien de cet album, Jamie xx nous a pondu l'album électro de l'année. J'avais peur d'un truc chiant et creux, on se retrouve avec un album riche et passionnant. Mea culpa, cet album mêle pop, électronique, triphop, coldwave et même dancehall avec talent et un son très personnel, c'est un petit bijou de production qui ne lasse pas malgré les écoutes répétées... Du lourd.
Meilleurs Morceaux : Seesaw, Loud Places, I Know There's Gonna Be (Good Times)


8 - Young Thug - Barter 6 (Hiphop)
2015 aura été pour moi l'année de la réconciliation avec un certain hiphop autotuné et nourri au Migos flow, que je trouvais au mieux sympathique mais dont je dénigrais toujours la valeur artistique (et la surcote des critiques). Là encore, mea culpa, c'est excellentissime ce qu'on a là. Sur les bases posées par Lil Wayne, Young Thug explose et redéfinit les contours du hiphop avec une maestria, une gouaille et une insolence joussives. Les instrumentaux sont souvent très bon et son flow complètement atypique est grandiose.
Meilleurs Morceaux : Constantly Hating, Check, Just Might Be


9 - Shye Ben Tzur, Jonny Greenwood & The Rajasthan Express - Junun (Musiques Indiennes)
Finalement, et si 2015 était l'année des surprises ? Parce que là encore, malgré mon amour pour les musiques traditionnelles indiennes et Radiohead, je ne m'attendais pas à un cocktail aussi détonnant. Le groupe emmène différents styles de musiques du sous continent vers des horizons dub, psyché, pop... On danse, on reste béat devant tant de beauté, on pleure, on rit... Cet album est riche, généreux, inventif et addictif au possible. 
Meilleurs Morceaux : Junun, Chala Vahi Des, Allah Elohim


10 - Tobias Jesso Jr - Goon (Pop)
Un songwriter est né. Ses ballades au piano sont d'une beauté étincelante, entre Brill Building, Blue-Eyed Soul, pop indé à la Girls, Bob Dylan et songwriters des seventies. Magnifique.
Meilleurs Morceaux : Can't Stop Thinking About You, How Could You Babe, Without You, Hollywood


11 - NAO - February 15 (Rnb, Soul)
En attendant le prochain Janelle Monaé, la reine du rnb, c'est elle. Nao, en quelques morceaux bien sentis, a réussi à imposer sa voix sensuelle et mystique, ses compositions irrésistibles et à redéfinir ce qu'est le haut du panier de la soul moderne. Cet EP en est la preuve.
Meilleurs Morceaux : Inhale/Exhale, Zillionaire


12 - Kamasi Washington - The Epic (Jazz)
Rarement un album aura aussi bien porté son nom. Avec 3h et des poussières au compteur, et une ambition folle de retracer et de synthétiser presque un siècle de jazz, en effet on peut parler d'épique. Et le plus fort c'est que loin d'être écrasé par le poids d'une telle ambition, Kamasi & ses acolytes arrivent à les transcender pour sortir l'album de jazz de l'année, si ce n'est de la décennie. Un américain dirait mind-blowing.
Meilleurs Morceaux : Change Of The Guards, Henrietta Our Hero, Malcolm's Theme


13 - Richard Hawley - Hollow Meadows (Crooner, Folk)
As usual, quand Richard sort un album, c'est un chef-d'oeuvre. Pas grand chose ne change dans sa formule, Hawley ne se réinvente pas, il se raffine. Les chansons se font toutefois plus folk qu'à l'accoutumée, et son  timbre est rendu plus râpeux par la nicotine, ce qui fait ressortir l'influence naturelle de Johnny Cash de façon encore plus prégnante qu'à l'accoutumée. Ce qui donne aussi tout son charme et son cachet à cet album divin.
Meilleurs Morceaux : I Still Want You, Serenade Of Blue


14 - Earl Sweatshirt - I Don't Like Shit I Don't Go Outside (Hiphop)
Sur des instrumentaux d'une musicalité folle (soul, indus, psyché,... et j'en passe !), Earl nous délivre via un flow brillant des lyrics portant sur le thème de la misanthropie (cf le titre), et accouche d'un album de hiphop parfait.
Meilleurs Morceaux : Huey, Grief


15 - LA Priest - Inji (Electropop, Electrofunk)
La résurrection de l'année, c'est lui. Ex-leader des géniaux Late Of The Pier (groupe de chevet de mes années lycée), LA Priest donne maintenant non plus dans l'électrorock post-Human After All, mais dans la pop électronique très marquée par la démarche de Metronomy, le funk de Prince, la house de Daft Punk, et les hybrides électro-rnb à la Disclosure. Cet album alterne tubes et expérimentations passionnantes sans discontinuer, pour notre plus grand bonheur.
Meilleurs Morceaux : Lady's In Trouble With The Law, Oino


16- Unknown Mortal Orchestra - Multi-Love (Electropop, Electrofunk)
Un peu à la manière de Tame Impala, UMO s'est réinventé en passant d'influences psyché et soul 70's à un groupe de pop synthétique. Là, on parlera davantage de Prince que de MJ. Les compositions sont accrocheuses, la production généreuse et créative... Rien à redire, on a là un album de pop moderne parfait !
Meilleurs Morceaux : Mutli-Love, Like Acid Rain, The World Is Crowded, Can't Keep Checkin My Phone


17 - Vince Staples - Summertime '06 (Hiphop)
Avec son flow hautain et narquois et ses instrumentaux entre hiphop, rock psychédélique (voire stoner) et coldwave, Vince Staples se démarque de la masse hiphop et s'impose comme la révélation de l'année pour le genre. Ce premier album addictif est sans doute le 1er pas d'une carrière brillante, à suivre !
Meilleurs Morceaux : Lift Me Up, Birds & Bees, Norf Norf



18 - Ibrahim Maalouf - Kalthoum (Alf Leila Wa Leila) (Jazz)
De tout ce que Maalouf a sorti cette année (très bon disque avec Natacha Atlas, un autre de jazz un peu décevant car aux sonorités fusion/prog discutables, et d'autres projets que je ne connais pas), celui-là est le bon. C'est peut-être même son chef d'œuvre. Un excellent disque de jazz brassant le free avec une ambiance plus smooth, à partir d'un matériau de base : la musique arabe (au sens large). C'est peut-être bien son Sketches Of Spain à lui, un album qui dépasse ses influences musicales et géographique et les transcende pour offrir de plus pur des jazz. Superbe, superbe.
Meilleurs Morceaux : Introduction - Overture I



19 - King Gizzard & The Lizard Wizard - Paper Mâché Dream Balloon (& Quarters ) (Folk-pop, Garage Psyché)
De façon assez inattendue, le groupe prog/garage/psyché qu'on entend encore sur Quarters (et qui bien que sympathique a du mal a sortir de la masse) s'est muté en un groupe de pop/folk pastorale avec arrangements de flûtiaux tout à fait indispensable. Ce Paper Mâché... est une bénédiction, paroles jouissives, chant, compositions et arrangements d'une délicatesse et d'une perfection pop à toute épreuve.... Que du très très bon.
Meilleurs Morceaux : Paper Mâché Dream Balloon, Cold Cadaver


20 - Pond - Man It Feels Like Space Again (Rock, Pop)

Pond a pris un virage pop indé eighties qui lui va à ravir sur cet excellent album d'une discographie qui commence à peser parmi les plus passionnantes de sa génération.
Meilleurs Morceaux : Waiting Around For Grace, Elvis Flaming Star, Zond


21 - Dr Dre - Compton, A Soundtrack (Hiphop)
Une fois passée la surprise du changement de cap (adieu le G-Funk), on ne peut que se délecter de cette basse ronde jouée live, de ces claviers divins, ces effets sur les voix, ces boîtes à rythme programmées avec une finesse qui évoque un batteur de jazz, de ces choix de production osés, de ce très bon choix de se reposer sur des petits jeunes plutôt que sur des pointures du genre.... Un très très bon album et un grand retour (l'adieu à la musique et le "c'est mon dernier album" je n'y crois pas une seconde), qui dévoile ses charmes après plusieurs écoutes.
Meilleurs Morceaux : Genocide, All in a Day's Work, It's All On Me, Animals


22 - FFS - FFS (Pop)
Accoupler Sparks et Franz Ferdinand, après coup c'est tellement génial et évident qu'on se demande pourquoi ça ne s'est pas fait plus tôt (en fait ça devait mais les plannings chargés sont passés par là). Les deux groupes (et les voix des deux chanteurs) se marient à merveille sans que personne n'écrase personne. Et on n'a pas juste la somme de deux groupes, mais bien une synergie de leurs talents qui aboutit à quelque chose d'hybride, de nouveau, de très théâtral et de grand. Excellentissime.
Meilleurs Morceaux : Johnny Delusional, Police Encounters, Collaborations Don't Work, Piss Off


23 - Snoop Dogg - Bush (Rnb, Funk, Hiphop)
En compagnie du compère Pharrell, Snoop effectue une nouvelle mue : cette fois-ci il sera chanteur de funk. Et ça fonctionne à pleine balle, les morceaux vous collent au cerveau tels des bubblegum, et on en redemande.
Meilleurs Morceaux : California Roll, This City, R U A Freak, Awake, So Many Pros, Peaches & Cream


24 - A$AP Rocky - At.Long.Last.A$AP (Hiphop)
A$AP Rocky a vraiment fait un pas de géant avec cet album excellent où les morceaux sont absolument géniaux, où sa voix magnifique est bien mise en valeur et où la frontière entre les genres est reculée à chaque chanson. Un album très très solide, garni de tubes et sans temps mort malgré sa durée.
Meilleurs Morceaux : Fine Wine, L$D, Jukebox Joints, Excuse Me


25 - Damaged Bug - Cold Hot Plumbs (Electro-rock)
La suite des aventures électro-psyché-rock de Dwyer est à la hauteur de l'album inaugural. Ces jams et ces comptines déviantes vous rentrent dans la tête sans que vous vous y rendiez compte, et vous rendent addict.
Meilleurs Morceaux : The Mirror, Jet in Jungle


26 - Prince - Hit&Run Phase One & Two (Electrofunk, Funk, Soul, Pop)
Après un 1er volet décevant (trop d'électro pouet pouet) mais contenant son lot de perles princières, le 2e remet la soul, le funk et laisse enfin plus d'espace d'expression au big band jazz, et accouche d'un album vraiment excellent. En faisant la somme du meilleur de ces deux albums on aurait un concurrent sérieux au génialissime Art Official Age de l'an dernier. Ce qui confirme la grande forme du Purple One ces derniers temps.
Meilleurs Morceaux : Like A Mack, 1000s X's & O's, Stare, Xtraloveable, Groovy Potential


27 - Thee Oh Sees - Mutilator Defeated At Last (Garage Psyché)
Les Oh Sees, quelque soit le line-up, n'ont de cesse de se réinventer, et on ne peut qu'être admiratifs devant la qualité des dernières sorties de Dwyer, d'autant plus que c'est loin d'être son seul projet actif et productif. Cet album ne déroge pas à la règle et est un magnifique album de rock psychédélique, passionnant de bout en bout.
Meilleurs Morceaux : Web, Withered Hand


28 - Joey Bada$$ - B4DA$$ (Hiphop)
Un album riche, à la fois fidèle aux inspirations du NY 90's du Joey, mais aussi à ses origines (Jamaïque & Caraïbes), ainsi qu'au meilleur du hiphop sale et dark aux instrumentaux déviants (on pense à Pusha-T). Avec quelques hits incontournables en plus. Très très bon. 
Meilleurs Morceaux : Paper Trail$, Big Dusty, Christ Conscious, Curry Chicken


29 - Mac Demarco - Another One (Pop)
Dans ce mini album, Demarco se réinvente de façon assez surprenante avec des sompositions plus éthérées et un clavier assez inattendu. C'est très très beau, ça s'écoute vraiment en boucle, et on a hâte d'entendre où cette nouvelle direction prise va le mener. 
Meilleur Morceau : Another One


30 - Battles - La Di Da Di (Electro-rock)
Cette grosse orgie de guitares math rock, de blips blips et de beats compliqués est totalement jouissive. Battles ont un son bien à eux et un sens de l'accroche mélodique qui transofrme une jam en transe irrésistible.
Meilleur Morceau : The Yabba


31 - Pow! - Fight Fire (Electro-rock, Garage, Psyché)
Les Pow! confirment tout le bien que l'on pense d'eux et poussent encore plus loin leur électrorock sous influence mais très moderne. Une grosse claque.  
Meilleurs Morceaux : The Heart & The Spade, Eyesight



32 - Miguel - Wildheart (Rnb, Pop, Rock)
Avec une tonalité étonnamment pop rock, le petit prince du rnb nous offre là un magnifique album, très riche. Une vraie beauté.
Meilleurs Morceaux : a beautiful exit, coffee, what's normal anyway, Simple Things


33 - Crocodiles - Boys (Rock, Pop)
Les Crocodiles sont toujours aussi bons pour écrire des tubes déviants pour rock kids, et je les en remercie, long live Crocodiles !
Meilleurs Morceaux : The Boy Is A Tramp, Peroxide Hearts


34 - The Arcs - Yours, Dreamily (Soul, Pop, Rock)
L'album de blue eyed soul de l'année, et un projet à suivre. Auerbach explose les contraintes imposées par les Black Keys (qui s'amenuisent déjà d'album en album), et ça lui réussit à merveille. Pas mal de classiques modernes dans cet album.
Meilleur Morceau : Put A Flower In Your Pocket

35 - Anderson.Paak - Venice (Rnb)
Révélé par l'album de Dr Dre de cette année auquel il est l'un des contributeurs majeurs, Paak prouve ici qu'il est un petit prodige rnb, pop et soul.
Meilleurs Morceaux : Milk'n'Honey, Might Be



36 - Pusha T - King Push - Darkest Before Dawn : The Prelude (Hiphop)
Prélude au très attendu King Push, cet album est déjà excellentissime en lui-même. Toujours fidèle à son rap sombre, mais avec quelques éclaircies, Pusha-T prouve que tout le bien qu'on pense de lui est  mille fois fondé. 
Meilleur Morceau : Untouchable
Alexandre