Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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lundi 18 mai 2020

Geraldine Hunt - Can't Fake The Feeling (Single, 1980)


  Aujourd'hui, je vous propose de réécouter un superbe single de disco-funk, qui a été numéro 1 des classements dance en 1980, mais trop peu reconnu et ressorti ces derniers temps, "Can't Fake The Feeling" de Geraldine Hunt. Si vous êtes amateurs de Chic ou des Crusaders, ça va vous plaire croyez moi. 

  Cette guitare à la Nile Rodgers (avec un très court solo final), cette basse bondissante soutenue par un beat pas trop écrasant (petite mention aux délicats handclaps), ces petits claviers jazzy et puis cet orchestre qui soutient le tout et lui donne une ampleur : tout ça forme un tapis magnifique pour la voix impériale de la diva et a joliment traversé les années.

Alex


vendredi 10 août 2018

Les Chansons de l'été : Your Song Is Good - On (2017)


  Cet été, on vous fait replonger dans un déluge de chansons estivales sur LPAE. C'est vraiment chouette, c'est une rubrique qu'on fait tous les ans depuis un an, et ça s'appelle tout simplement "Les chansons de l'été", et ça vous permettra de savoir quoi mettre lorsque ce sera à votre tour de lancer un stream pendant le barbecue sur la plage

  Le groupe de ska japonais Your Song Is Good (ou YSIG) est actif depuis 1998 et continue de nous régaler avec des pépites comme ce "On" issu d'Extended (2017), entre disco-funk, jazz, reggae au parfums ska et dub, et pop-rock. Un vrai délice du genre, absolument génial que je vous recommande vivement ! 

Alex

samedi 21 octobre 2017

Maya - Lait de coco (1987)


     Un petit air des îles, un petit air d'ici. Un petit air glamour et petit air de sax'. Maya nous berce au son tropical du funk neo-soul 80's romantique, allant chercher le sublime dans le kitch, quelque part entre Michel Berger, Laurent Voulzy, Gilberto Gil et Gilbert Montagné. Les plus perspicaces y auront peut être reconnu la co-production de Christophe Laurent qui avait déjà sévi en 1985 sur le là encore très sud américain Nuits Brésiliennes.
     Sorti en 1987 et déjà dépassé par une production typée début 80's que l'on peut retrouver sur des morceaux de french funk comme Visa Pour Aimer de Plaisir sorti en 1984, le 2ème degré est un plaisir coupable dont la pochette en est le manifeste artifice. On y entend aussi des sonorités rappelant le disco funk japonais 80's de Piper et leur génial album Summer Breeze, son aîné de 4 ans.

     Pressé en 45 tours, il comporte deux faces comportant deux versions du même morceau sensiblement. Ce sera malheureusement le seul projet de Christophe Laurent estampillé Maya.

Je vous laisse en apprécier les paroles.









Elle était allongée sur la plage 
Nue sur le sable chaud 
Et le vent, le vent tournait les pages 
De son San Antonio

J'arrivais dans ma décapotable 
Beau minet, belle bagnole 
Gomina, Ray-Bans, look impeccable 
De quoi la rendre folle

R/ L'ombre des oiseaux caressait sa peau, elle bronzait au lait de coco (bis) 

Vas-y Aldo, fais-lui ton numéro 
Pas chaloupé, tango 
Parle-lui de ton yacht, de ta villa 
À Copacabana

R/ L'ombre des oiseaux caressait sa peau, elle bronzait au lait de coco (bis) 

Mais toutes les plus belles histoires s'arrêtent 
Et je me réveillais 
J'avais fait un rêve, dans ma tête 
Ce refrain résonnait

R/ L'ombre des oiseaux caressait sa peau, elle bronzait au lait de coco (bis) 

Bonne écoute à tous !


ETIENNE

lundi 6 mars 2017

Alexia Gredy - L'Habitude EP (2017)


  Celui-là, j'aurais pas dû l'aimer. Le disque d'une jeune actrice écrit avec des musiciens renommés, ça peut vite virer disque encensé par les Inrocks sur le coup et oublié deux jours plus tard. D'ailleurs, à la première écoute, je n'étais pas impressionné. Mais un petit truc a fait que j'y suis revenu, très peu de temps après. Puis j'ai fini par me le passer en boucle, jusqu'à complètement rentrer dedans. Finalement, c'est un de mes EPs favoris de cette année qui en compte (déjà!) un bon paquet, et des réussis. Merci Alexia Gredy.

  Ce qui m'a fait basculer, c'est le premier titre, "Paradis", coécrit avec Aline. Je vous le dit tout de suite, Aline en général ça me fait bailler, même si ils ont quand même une ou deux bonnes chansons. Mais alors là, entre sa voix un tiers Adjani un tiers Paradis (la chanteuse, Vanessa, même si elle partage également une certaine parenté esthétique néo-eighties avec le groupe du même nom) et un tiers Mylène (avec la reverb... mais c'est pas un défaut sur ce morceau!) et cette électro-pop eighties funky à là Les Avions, je succombe totalement. C'est probablement le meilleur truc qu'Aline ait jamais pondu, pour ce qui me concerne en tous cas. Une vraie bonne chanson, un potentiel tube (enfin... pour moi en tous cas).

  Suit "Diabolo Menthe", reprise d'Yves Simon produite par Dodi El Sherbini, qui évoque un mélange entre l'intro de "Sign Of The Times", Hot Chip, "I Fell It Coming" de The Weeknd dans les harmonies, Daho et Christine & The Queens dans l'esthétique globale, Souchon pour l'écriture, et enfin Birkin au chant. Tout ça pour dire que cette chanson qui paraît simple en apparence ne l'est pas tant que ça, et que c'est même un petit bijou de pop francophone qui se révèle un peu plus à chaque écoute, malgré (grâce à ?) un texte à la fois naïf et adolescent et paradoxalement assez profond et aux niveaux de lecture multiples. 

  Enfin, on passe à "Mon Rêveur", et "L'Habitude", deux chansons coécrites avec Baxter Dury (décidément, elle sait s'entourer!). 
  Et même si sur la première, on est dans la pop française accessible, Gredy a un talent et un goût certain qui éloignent ça de la variétoche à la Rose, Bruni, etc... et hissent ses pop songs douces-amères vers les hauteurs. Ca tient à peu de choses, une interprétation sobre et convaincante, une vraie mélodie, une précision dans les arrangements. 
  Sur la deuxième, l'ambiance se plombe et se fait plus sombre, plus cold-wave (cette basse sonne ultra Joy Division.... Et ces synthés), quasi Bashung. Pour un texte autrement plus grave. Et les cordes et la préciosité fragile du chant apporteraient presque un côté Christophe sur la deuxième partie de la chanson. Et on finit (si il fallait une preuve de la noirceur de cette chanson la voilà) par un remix de Geoff Barrow (oui le mec de Portishead !!! je vous l'avais dit qu'elle était bien entourée) de "L'Habitude".

  Je ne vous le cache pas, et vous l'avez deviné, je suis complètement sous le charme de ce disque d'une qualité rare en pop francophone. J'adhère, j'adore et je vous enjoins à l'écouter au plus vite (genre ici par exemple).


Alex

mercredi 22 février 2017

Selena - Amor Prohibido (1994)



  Selena Quintanilla-Perez était une chanteuse américaine d'origine mexicaine, dont la musique a marqué les Etats-Unis des années 90. Sa fulgurante carrière a été stoppée net par une mort tragique en 1995 (assassinée par sa plus proche collaboratrice devenue obsessionnelle vis-à-vis de sa star d'amie) à un âge jeune (23 ans) et en pleine gloire, un peu comme Aaliyah. Apparemment son succès puis son décès ont marqué l'époque, mais je ne suis pas sûr que le retentissement ait été aussi important que ça en dehors des USA, voire même en dehors de la communauté latino, malgré des ventes énormes et une popularité incroyable. Ou alors ça s'est vite tassé. Pour preuve, on entend peu parler d'elle, notamment en France. Et c'est dommage car c'est une artiste qui vaut vraiment le détour. Je vais donc tenter d'aider à réparer cette injustice en vous parlant aujourd'hui de son quatrième et avant dernier album, sorti en 1994, et qui s'intitule Amor Prohibido.

  Vous allez comprendre pourquoi elle était si populaire dès le morceau-titre, "Amor Prohibido" qui ouvre ce disque. Alors certes, le son synthétique a un peu vieilli (quoiqu'il a son charme sur cette chanson en particulier), mais c'est un putain de tube porté par un chant expressif et puissant. Il ne faut pas avoir peur du sucre dans l'instrumentation (ça passe à merveille pour moi, mais je comprends que ça bloque certains), mais ce chant est absolument divin. Mélodique, doux et affirmé à la fois, et puis cet espagnol est merveilleux à l'oreille, ça change. 

  Le morceau suivant, "No Me Queda Mas", est plein de grâce. Derrière le son encore très eighties et les trompettes mariachi qui s'effacent assez vite, on a une pop orchestrale sur laquelle Selena croone en espagnol de manière mélodramatique et pleine de classe et de rage contenue, comme Sinatra. C'est absolument magnifique vocalement, en tous cas moi je fond totalement. Cette voix est magnifique, cette femme avait du caractère et un talent fou, à la Stevie Nicks (ou plus récemment Niki & The Dove).

  Vous aurez peut-être déjà remarqué cela, mais la musique tejano de la diva est assez variée stylistiquement, derrière le vernis latino. On a en effet la très bonne "Cobarde" une ballade disco-funk extrêmement cheesy (qui permet de comprendre les comparaisons avec la Madonna des débuts), sublimé là encore par un sens de la mélodie impeccable et une voix magnifique qui apporte une vraie intensité à ce morceau. Puis "Fotos Y Recuerdos" qui commence pop/folk et vire cumbia synthétique assez vite, et un morceau plus rythmé presque ska avec "El Chico Del Apartamento 512", toutes deux très agréables.

  Et puis cet autre tube énorme, "Bidi Bidi Bom Bom", magnifique mélange de reggae, de disco-funk et de cette pop latine chaloupée, et à la mélodie chewing-gum qui colle au fond de l'oreille pour longtemps. Imparable.

  Après, tout n'est pas mémorable, surtout dans la deuxième moitié du disque. "Techno Cumbia", ses "héééé hééé oooh oooh" et son côté Janet Jackson est plus dispensable même si pas nulle du tout. Et le chant plus agressif de Selena, façon Michael Jackson sur "They Don't Care About Us" est un bon point. Proche de ce morceau, on a une tentative de rnb / new jack swing avec un boys band sur "Donde Quiera Que Estes" qui passe bien mais sur lequel on ne reviendra pas forcément. Et puis deux titres que je déteste réellement : le hard FM de "Ya No" (l'éclectisme c'est bien, mais quand c'est maîtrisé seulement)  et une chanson un peu plus traditionnelle avec accordéon, rythme lancinant et chant moins intéressant : "Tus Desprecios". La pop mariachi de "Si Una Vez" est carrément au-dessus (musique & chant) mais même si elle sauve en partie cette face B, elle n'égale pas les grosses réussites du début d'album.

  Je comprends que certains (la plupart?) d'entre vous restent bloqués sur le son extrêmement daté, mais essayez si vous le pouvez d'aller un peu au-delà pour apprécier une artiste qui vaut franchement le détour selon moi, surtout sur cet excellent album de pop dont une grosse moitié mérite le terme de classique. 

Alex

  

lundi 22 août 2016

Radiation City - Synesthetica (2016)



  Encore un jeune groupe que je ne connaissais pas et n'avais pas vu venir qui a illuminé mon année 2016. Ça commence par une rythmique irrésistiblement groovy, une basse qui ne l'est pas moins et les guitares de cet ex groupe garage introduisent "Oil Show". Les arrangements sont denses, généreux, ludiques, variés et inspirés, comme chez le MGMT de Congratulations, et chez ABBA, auquel le groupe fait penser tant pas le chant majoritairement féminin (mais pas que) et les refrains immédiats. Rock, Pop, et un chant jazzy / soul rappelant les crooners de l'avant-guerre et les chanteuses de variété de l'époque se mêlent à des influences venant de tous les continents dans une pop song ultra efficace. Un modèle du genre qui sera décliné dans sa perfection sur tout l'album, du synthétique et lascif "Juicy" au groove poignant de "Butter" et sa mélodie douce-amère pour commencer. Avec toujours ce chant féminin merveilleux

  Mais le chant masculin a aussi son heure de gloire lors des questions-réponses avec la chanteuse sur "Come Ang Go" qui commence comme une pop song folky vaguement psychédélique et vire en manège pop sur le refrain irrésistible, à la manière des premiers Family Of The Year. Le ton se fera disco-Rock (qui a dit Blondie ?) sur "Milky White", pour un résultat tout aussi enthousiasmant.



  Un autre tube synthético-pop, "Sugar Broom", qui sonne comme la version toute personnelle de Radiation City du néo-psychédélisme porté par Tame Impala et Melody's Echo Chamber notamment, avec des échos dub par-ci par-là. Une des chansons les plus marquantes de cet album qui ne compte que des chansons marquantes.

  La diversité des tempos et des influences se manifeste avec le tango modernisé de "Separate", et son ambiance aussi vénéneuse et mystérieuse que sexuellement chargée, avec toujours cette alternance masculin-féminin au chant, cette rythmique ultra-groovy, ces arrangements riches et justement mis en place, et cette mélodie géniale. Et puis ce côté classe, encore une fois un peu crooner, comme un Richard Hawley qui aurait la vingtaine et se serait tapé les Happy Mondays et Primal Scream en boucle, pendant que sa copine aurait écouté aussi bien Bardot et Nancy Sinatra que Portishead ou Aretha Franklin.

  On atteint une certaine idée de l'électro-pop avec "Futures" qui rappelle les Buggles de Trevor Horn là encore croisés avec une certaine idée de la sunshine pop à la Mamas And The Papas, Sagittarius, Boettcher etc... revue et corrigée par la scène pop/rock indé, comme chez Family Of The Year, avec autant de fraîcheur et de simplicité que de qualité mélodique. "Fancy Cherries", sa mise en son dream-pop et psyché et ses mélodies vocales hispanisantes concluent sur une note à la fois mélancolique et conquérante cet album d'une qualité incroyable.



  Je ne peux que vous conseiller l'écoute de ce merveilleux disque pop, aussi bien écrit qu'interprété et produit, qui m'évoque surtout ABBA pour le côté "gavé de tubes irréprochables merveilleusement arrangés" pour qui aime les arrangements généreux (mais bien utilisés) comme moi. 
Un des meilleurs disques pop de cette année, mais ne me croyez pas sur parole, et allez l'écouter vous-mêmes ici.

Bonne écoute, merci pour votre lecture, vos commentaires et à bientôt !

Alex

lundi 25 juillet 2016

Surface - Falling In Love (Single, 1983)


  Bombe électrofunk suivante : ce "Falling In Love" de Surface, tout droit sorti de chez les grands Salsoul Records. Beat disco, synthés basse dans tous les sens, guitares rythmiques, piano et synthés house, chant soul/pop acidulé et flûtiaux, tout est réuni pour un morceau de choix. 

Bonne écoute !


Alex

vendredi 22 juillet 2016

Curtis Hairston - I Want You (All Tonight) (Single, 1983)


  Aller, puisque c'est l'été, après le Fonda Rae je vous propose une autre bombe électrofunk. Clavier basse liquide, guitare très Chic slappée, beat 4/4 discoïde immuable, piano de fin de soirée, synthés déments, et diva soul, tout est en place dès le couplet. Et le refrain est très proche de Michael Jackson période Off The Wall / Thriller, pas la pire des références du genre ! Bref, ce petit tube de Curtis Hairston est parfait pour appuyer ce fait : l'électrofunk est une musique éminemment riche, un des styles musicaux les plus importants depuis les années 70/80, et le digne successeur des grands funksters, faisant des petits (souvent très doués) dans tous les genres musicaux. Comment ne pas le dire à l'écoute de cette chanson géniale ?

Bonne écoute !

Alex

jeudi 21 juillet 2016

Fonda Rae & Wish - Tuch Me (All Night Long) (Single, 1986)


  Cette claque ! Ce single de 86 est une pure merveille. Ca commence avec des nappes de synthé presque deep, le chant soul/gospel de Fonda Rae, puis un clavier clair joue une petite mélodie, rejointe par la boîte à rythme, le synthé basse, et là tout s'enchaîne. Ce single est parfait, c'est le "Blue Monday" de la house gavée à la disco, à la soul, et à l'électrofunk (on entend autant Kraftwerk que Clinton et Prince là-dedans). C'est un vrai modèle indépassable pour toute la musique électronique dansante et de qualité qui viendra par la suite, comme un "I Feel Love" mais plus mélancolique et tout en breaks de boîte à rythme. 

  La tension monte, monte monte, et à chaque fois que la mélodie principale revient, l'intensité monte d'un cran, le corps se met petit à petit à bouger, de plus en plus, sans s'en rendre compte. Ce mélange de joie hédoniste et de mélancolie profonde est euphorisante. Et ce final avec le jeu sur les voix... Tous les petits mecs de la tropical house, les Diplo, les Bieber, les Skrillex et les DJ Snake peuvent aller élever des chèvres dans le Tennessee après avoir entendu ça. Rien que ce petit break, c'est à des milliers d'années lumière au dessus de tout ce qu'ils ont fait depuis leurs débuts. Adios, et bon débarras !

  Bref, un de ces moments de grâce absolue en musique, quand des interprètes, une composition et un son fusionnent de façon parfaite pour synthétiser toute une époque. Ces 10 minutes séminales (qui seront parmi les 10 minutes les plus courtes de votre vie), essaiment encore aujourd'hui dans la musique de groupes de synth pop de talent comme Niki & The Dove, Blood Orange, Dâm-Funk, Cellars ou autres. Indispensable, incontournable.

  Il faudra que je reparle des années 80-90, décennies oubliées de l'histoire du funk, et de la place mésestimée de l'électrofunk, musique peu avare en moments absolument éblouissants dans le genre, et qui a fait des petits de qualité ces dernières années.

Quoi, vous n'avez pas encore appuyé sur play ? 



Alex


samedi 16 avril 2016

Niki & The Dove - Play It On My Radio (Single, 2016)


  Comme le nom du groupe l'indique (cf "When Doves Cry"), ce groupe suédois est très fan de Prince. Et ça s'entend sur tout leur très bon dernier album, dont est extrait ce single très eighties  et synthétique, qui rappelle le dernier Blood Orange en termes de production. Très bon vous verrez !

  Et si vous avez aimé, un morceau encore plus Prince où il est même question de "Thieves In The Temple"...




Alexandre


jeudi 28 mai 2015

Snoop Dogg - Bush (2015)


  Nous allons parler d'un disque tout beau tout frais, sorti ce mois-ci (mai 2015), et dont les auteurs vous sont peut-être familiers. En effet, il s'agit d'un disque de Snoop Dogg, produit par Pharrell Williams (et en partie avec l'aide de Chad Hugo, soit la moitié de Pharrell au sein des Neptunes).
  On note aussi la participation de Stevie Wonder à l'harmonica et aux chœurs notamment, de Charlie Wilson (ex-leader du Gap Band et chanteur de rnb, collaborateur entre autres de Kanye West), ainsi que les rappers TI, Kendrick Lamar et Rick Ross.
  Si j'ai passé autant de temps à vous parler du casting, c'est que c'est ce qui fait à la fois la force de cet album fort réussi, mais aussi sa faiblesse. Je m'explique. Snoop et Pharrell ont déjà collaboré par le passé. Notamment sur des titres comme Beautiful, Let's Get Blown, et Drop It Like It's Hot. Ces collaborations étant foncièrement très bonnes, on attendait depuis longtemps une éventuelle collaboration des deux hommes sur un format plus long.

  Cependant, entre temps les deux hommes ont vieilli, et peut-être un peu perdu en audace musicalement. Pharrell a trouvé sa zone de confort et n'en sort plus trop, ce qui est un immense gâchis même si le résultat reste à la hauteur. Snoop a tenté peut-être un peu trop de son côté, quitte à se fourvoyer dans des featurings très oubliables et des projets ratés et bâclés (le projet Snoop Lion avait du potentiel aurait pu être bon et non pas insipide avec plus d'application).

  Ce qui en ressort, c'est que ces deux hommes très expérimentés font ce qu'ils savent faire de mieux, et rien de plus. C'est bête à dire, mais on est là en présence d'un album de Snoop produit par Pharrell, et qui sonne exactement comme vous vous y attendez. Ce qui n'est pas une mauvaise chose en fois, l'album est bon, solide, cohérent. Manque juste une touche de folie, un peu de piment qui aurait pu venir d'une de prise de risque plus grande.

  Une fois qu'on a accepté cela, on peut se lancer sereinement dans une analyse plus précise du contenu de l'album.



   On commence par du très bon. "California Roll", une ode à la Californie qui porte à la fois la marque de Pharrell et de Stevie Wonder invité ici. Snoop est à la fois bien intégré et un peu exclu, ce qui est assez symptomatique de l'album en général. Il chante ici plus qu'il ne rappe, ce qui est aussi assez constant sur tout le LP. Le petit bémol c'est que sa voix est trafiquée (souvent de la même façon, ce qui diminue un peu l'efficacité et la variété du chant), et pas plus mise en avant que ça (il chante à peu près autant que Pharrell ici). On ne peut donc pas parler d'un morceau de Snoop Dogg ni même d'une collaboration, ça sonne vraiment comme un Pharrell avec Snoop invité dessus. Ceci dit, là encore ce n'est pas un problème en soi, c'est juste déstabilisant s'agissant quand même de l'album de Snoop.
  Ceci mis à part, cette chanson est excellente. Elle prend le temps de se développer, avec une ambiance laid-back très californienne, et correspond très bien aux qualités des différents protagonistes, qui transforment ce morceau de soul-funk downtempo en petit bijou. De façon assez maline, il sonne à la fois moderne (mise en son hiphop/rnb) et vintage (hommages aux maîtres du genre dans les sons utilisés, présence de Stevie Wonder). Un très très bon départ, et un des meilleurs morceaux du LP.
  Vient ensuite "This City", plus originale car très influencée par des sons house, et tirant le meilleur parti de sons "type TR-808", comme une bonne partie de l'album d'ailleurs. Un très bon morceau qui montre que malgré ce que j'ai annoncé plus tôt, il existe bien des moments plus créatifs sur cet album.
   En plus funk, mais un peu dans la même veine, se situe "R U A Freak", la chanson suivante. L'ambiance nocturne et cotonneuse est rendue à merveille, Snoop assure avec sa nonchalance habituelle si addictive et unique. Encore un très bon morceau.
 
  Vient ensuite "Awake", excellent petit single de funk autotuné. La basse de ce morceau est mortelle et porte le tout avec brio. Les chœurs et la production de Pharrell sont au top (guitares, rythmique, claviers...), et la voix de Snoop enveloppe le morceau et joue son rôle de lead à merveille.
  Puis viennent les deux énormes tubes du disque, "So Many Pros" et son clip entre pulp fiction et blaxploitation, très bien foutu, et "Peaches N Cream" et son clip... Très personnel. Dans une veine électro-funk rnb, et avec la complicité de Charlie Wilson, le duo parvient à égaler les sommets de l'indispensable projet 7 Days Of Funk (Snoopzilla & Dâm-Funk, 2013). Excellent cœur d'album.
 


  Puis vient le morceau "Edibles", avec T.I., qui s'avère très sympathique quoique moins consistante que les morceaux précédents. Petite baisse de régime. Confirmée par le rnb moins inspiré de "I Knew That" et "Run Away" là encore très agréables, avec d'excellents passages, et pleines de qualités, mais moins percutantes que le reste. 
  Et enfin, "I'm Ya Dogg", clou de l'album. On retourne à de l'électrofunk là encore plus proche du travail de Dâm-Funk pour 7 Days Of Funk. Le morceau est vraiment bon, il manque un petit grain de folie pour décoller totalement, mais les invités (Rick Ross et Kendrick Lamar), font le job avec talent et le morceau conclut très honorablement cet album très réussi.
 Pour conclure, l'album n'est pas un chef-d'oeuvre absolu, mais le fruit de la collaboration Calvin Broadus Jr - Pharrell Williams a accouché d'un disque très très réussi, habile synthèse de nostalgie seventies / eighties (clins d'œil à George Clinton & Co), et de modernité tubesque. Un des meilleurs de Snoop récemment, et une des meilleures choses qu'ait faites Pharrell ces derniers temps aussi. Bref, on très bon bilan et un disque qui mérite amplement de recevoir un succès à la fois public critique et commercial, et qui fera du bien sur vos platines, dans vos casques et sur les ondes cet été.
Tracklist & Featurings


Merci à tous pour votre lecture et vos commentaires, n'hésitez pas à donner votre ressenti sur l'album ou la chronique, et à bientôt !


Alex









mardi 24 juin 2014

John Morales - The M&M mixes ( 2009 )

     Etant particulièrement fan de compilations, qui m'ont beaucoup apporté en culture musicale, je ne résiste pas à vous partager cette merveille, sur la quelle je suis tombé par hasard, en essayant d'écouter le titre Lady Bug du groupe Bumblebee Unlimited. Cette compilation signée John Morales,  est une bombe atomique de Disco-Funk des années 80 ( je vois déjà certains fuir ) n'ayant en rien perdu de sa fraîcheur et regorgeant de pépites. J'espère que cela pourra aider certains sur le chemin de la réconciliation avec le Disco. 


     Dj, mixeur, producteur états-unien des années 80, John Morales est un génie de l'ombre, avec plus de 450 collaborations ( Aretha Franklin, The Rolling Stones, the Temptations, Marvin Gaye, ... ) et productions solo à son actif. Il s'est assemblé avec Sergio Munzibai pour former la M&M production ( Morales & Munzibai ), sous la quelle ils sortiront des mixes et productions durant la première moitié des 80's. C'est alors avec la sortie de trois compilations de ces mixes sous le label  britannique BBE  ( Barely Breaking Even ) en 2009, 2011 et 2013 qu'il revient sur le devant de la scène. Et apparemment, il ferait encore des Dj sets.

     Voici donc la compilation de ces M&M mixes, et productions sortie en 2009, premier volume du nom. Celle ci mélange beaucoup de styles : funk, afro, R&B, soul, sonorités électro, samba et même des aires de hip hop ( I Ain't Mad at You deTony Adderly ), tous rassemblés autours de la disco, ses chœurs et ses rythmes dansants. Vous le remarquerez rien qu'à la longueur des morceaux, cela n'a rien à voir avec de la disco commerciale. 

Je vous conseils plus particulièrement quelques morceaux extraordinaires à mes petites oreilles :
- All Over Your Face - Ronnie Dyson ( 1983 ) : mélange de rythmes de samba, d'un synthé "Moroderien" ultra hypnotique et d'un chant à la Curtis Mayfieldici

- Lady Bug ( I Just Wanna Be Your Lady Bug ) - Bumblebee Unlimited ( 1978 ) : Toute l'originalité et la folie de de ce morceau réside dans ces voix accélérées, "héliumées" et vraiment trop attachantes, consolidées par une bassline dansante, un piano sautillant et des rythmes sentant l'Afrique . C'est presque comique, mais pas du tout ridicule. ici

- Lay It On The Line - Logg ( 1981 ) : une putain de bassline, un rythme afro endiablé, une guitare funk toride et un chant qu'on aurait aimer entendre bien plus souvent dans le style disco, que demander de plus ? 

     Je donnerai juste un défaut à cette compilation, c'est peut être sa longueur de 3H. Personnellement je sature aux 2/3. Je vous conseils donc de l'écouter en deux fois minimum pour éviter l'over-dose et la mort assurée dans votre vomis, dans la pure lignée de nombreuses légendes de la musique. En seriez vous ?

La tracklist :


Par ici l'écoute :


Pour plus d'info :


Etienne

mercredi 19 mars 2014

GRAND JEU / PART 6

« It’s just a reflektor » 


Deux albums, deux pochettes qui se répondent. 

Le choix d'Etienne :

Thee Oh Sees - Floating Coffin (2013 )



Pink Floyd - The Piper At The Gates Of Dawn ( 1967 )


     Deux albums dont la filiation plastique m'a sauté aux yeux, je ne sais pas pour vous. Peut être parce que ce sont mes deux albums préférés dans les discographies respectives de ces deux groupes ( sur ce que j'en connais en tous cas ). Malgré 46 ans les séparant, ces deux albums de ne sont pas si éloignés, tant au premier coup d’œil par ces deux pochettes d'images répétées et fusionnées annonçant de façon enfumée et échogène le contenu, qu'à l'écoute par ce style rock psychédélique en commun. Ainsi l'un est le père du genre, tandis que l'autre un des derniers nés. Mais les fondements restent les mêmes avec leurs guitares lacérées et  agressives, leur chant échogène, leur "basse de précision", une tension omniprésente et cette gravité dans l'ambiance.

                               Pink Floyd - The Piper At The Gates Of Dawn ( Spotify )
 

Etienne
 
 
 
Le choix d'Alexandre : 
 
Diana Ross - Diana (1980) &....
...LCD Soundsystem - This Is Happening (2010)
 
 
 
  Pourquoi ces disques ? Excellente question, tout d'abord parce qu'ils sont tous deux excellents, dans un genre plus ou moins discoïde ("Diana" a été produit par Chic, maîtres du genre, versant funky, et "This Is Happening" rappelle entre autres les meilleures pages du disco synthétique des années 70-80).
 
  Tous deux possèdent d'énormes tubes, comme "Dance Yrself Clean" pour LCD Soundsystem, où James Murphy concrétise ENFIN sa formule à base de crescendos infernaux dont il a le secret, non pas par un mais deux climax. Brillant. On retrouvera pêle-mêle, dans l'album : le Velvet, de l'indus, l'ombre de Bowie période "Heroes", de la synthpop, et beaucoup de disco donc, en mode électronique. Un voyage à faire absolument. Et encore, ce n'est pas son meilleur disque, c'est vous dire le talent du gars.
 
  Si on parle tubes chez Diana Ross, on peut citer tout l'album, mais les plus immédiats sont surtout "Upside Down", et surtout le génial "I'm Coming Out", une des plus grandes réussites de la Chic Organization. Que l'on soit dans un domaine purement disco, ou dans des ballades plus soul-pop façon Motown, Dirty Diana assure. Et pas qu'un peu. Un très grand disque. 
 
  Mais et les pochettes alors ? J'y viens. Car outre le genre musical, ces albums possèdent quelques similitudes, graphiques cette fois-ci. Tout d'abord, ce qui saute aux yeux, c'est l'utilisation futée de la pochette du vinyle pour y insérer une photo plus grande, format portrait. Ce qui nous permet de voir James Murphy s'éclater comme un fou en dansant, et d'admirer Diana.... être Diana, tout simplement. Les deux photos, noir et blanc, sont en outre plutôt classes.
 
  Même si ce type de pochette n'est pas exclusif à ces deux disques, il n'est pas interdit de penser que Murphy, fan de disco, ait été inspiré par le classique qu'est "Diana". Personnellement, dans ce genre de cas, je ne crois pas aux coïncidences. Et vous ?
 
 
Pour écouter ces albums :
 
Diana Ross (spotify, deezer) / LCD Soundsystem (spotify, deezer)  
 
 
Alexandre
 
 



mercredi 29 janvier 2014

Chromeo - Over Your Shoulder (Mr Oizo Remix, 2013)


 
  Si je ne m'abuse, c'est le premier remix qu'on aborde ici. Je vais faire court, parce qu'encore une fois, la musique parle d'elle même.
 
  D'abord, l'originale : "Over Your Shoulder", de Chromeo. Des artistes très intéressants, ça fait pas mal de temps que des tas de gens très recommandables travaillent avec eux ou remixent leurs morceaux. Du coup je tombe dessus, et j'aime à chaque fois. Il va falloir que je m'intéresse de très près à ce groupe. Pour situer le registre, on est dans de la disco-funk très pop, revue à la sauce French Touch. Vous voyez Breakbot ? C'est l'idée. En plus "black", funk, et moins Saturday Night Fever. Personnellement, j'adore. Une petite perle electrofunk tendance eighties, à la fois dansante et apaisante :
 
 

 
 
  Le remix, maintenant. Signé Mr Oizo, qui ne fait ni sa première ni sa dernière apparition sur ce blog. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, il excelle dans les remixes disco-funk. Et celui-ci en est une preuve de plus. Il apporte de la folie dans un morceau originalement assez calme, grâce à ces nombreuses touches à la fois absurdes et terriblement accrocheuses dont il a le secret. Et c'est pas loin d'être la meilleure chose qu'il ait produite l'an passé, devant le pourtant excellent "Unicat", sur Amicalement EP. A mes oreilles en tous cas.
 
Pour écouter ce très bon remix, c'est ici !
 
 
 
ALEXANDRE


dimanche 19 janvier 2014

Franz Ferdinand - Right Action (Clip)

 
  Un clip totalement génial, un de me préférés de 2013 pour tout dire, et même un de mes favoris tout court. Pour une chanson qui méritait bien ça, sans doute la meilleure de leur dernier excellent album. Bourré de gimmicks graphiques, de second degré, de touches subtiles d'humour, il est à la fois beau, inventif et incroyablement drôle. J'oserais presque dire : un petit bijou de pop art. Mais c'était prévisible, ces gras-là sont des esthètes d'une classe et d'un raffinement peu communs parmi les groupes du renouveau rock des 00's.
 
  Pas le choix, en visionnant ce clip, une seule envie : sautiller et danser comme eux. Que ces quelques pas sont à la fois absurdes, drôles, et contagieux !
 
PS : je me ferais presque du mal en pensant à un monde dans lequel les chansons passant en radio et en télé seraient aussi bonnes que celles-ci, et les clips en heavy rotation sur les chaînes musicales, aussi intelligents. Mais il ne tient qu'à nous de faire connaître un peu plus tout ce qui mérite de l'être. Keep Fighting !
 
 
ALEXANDRE