Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

dimanche 16 mars 2014

GRAND JEU / PART 4

   « There’s no future, no future, no future for you ! » 


Le disque que vous écoutez quand tout semble sans issue, 

histoire de se rouler dans le désespoir . 


Le choix d'Alexandre :




Richard Hawley - Truelove's Gutter (2009)



  Je vais encore vous parler d'un très, très grand album. C'est que j'ai la déprime élégante, quand j'ai besoin de me retrouver seul, souvent, la musique que je me passe est un magnifique album de crooner mélancolique. D'ailleurs, j'aurais très bien pu vous écrire ce billet avec un choix comme "In The Wee Small Hours" de Frank Sinatra.

  Mais aujourd'hui, nous parlons de l'immense Richard Hawley, le crooner de Sheffield, le plus américain des chanteurs anglais. Et de cet album parfait, qui fait partie des meilleurs de ces dernières années. Et qui est donc mon compagnon de solitude depuis pas mal de temps. 

  Sa musique s'approche du firmament, alternant entre passages plus intimistes avec sa guitare, dont il joue comme un dieu (c'est à dire, avec une sensibilité inouïe), et soutenu par un orchestre dans les moments les plus lyriques. Et que personne (je t'aurais prévenu Etienne), ne vienne me dire que c'est parfois trop arrangé. Tout est parfaitement dosé, les compositions sont hallucinantes de qualité et d'intensité, et sont sublimée par la voix magique de Hawley.

  J'ai lu un commentaire en anglais, je ne sais plus trop où, qui disait quelque chose comme "Un monde qui ne fait pas de cet homme une superstar est un monde qui marche sur la tête". J'approuve. Hawley est notre Presley, notre Sinatra, notre Scott Walker... Nous avons une chance incroyable de vivre en même temps que ce type., ne l'oublions pas 

  A ce sujet, merci à ceux qui comme j'essaie de le faire, font rayonner son œuvre, je pense notamment à la toujours délicieuse Es Chris aux goûts très sûrs, qui m'a convaincu d'acheter "Cole's Corner", que j'ai pris lundi dernier. Merci à toi !


  Si vous aimez ce qui est beau, c'est par ici : deezer, spotify.



Alexandre


  Le choix d'Etienne :

El Hadj N'Diaye - Géej ( 2008 )

     C'est un artiste que j'ai découvert il y a peu, tard la nuit d'un vendredi, l'ambiance était post festive, et là une amie eu la génial intuition de mettre ce superbe titre, Bonjour comment ça va et comment va la santé d'El Hadj N'Diaye, qui a bercé son enfance. Ce morceau rempli d'une douce simplicité mélodique et mélancolique eu alors l'effet d'une étoile filante dans un ciel vierge. Tout notre âme fut alors figé sur ce moment par cette voix intérieur, ce moment rare, précieux, fragile et céleste. Il me fallait alors me procurer au plus vite un album de cet artiste sénégalais, ce qui fut fait le lendemain dans ma médiathèque préférée, où quelqu'un de bon gout avait eu l'excellente idée de faire commander le troisième et dernier album de l’artiste, Géej, sorti en 2008.





     Après Thiaroye en 1998, Xel en 2001, voici un 12 titres nommé Géej ( "la mer" en wolof ) de 2008. "Chanteur à textes, conteur à chant", l'artiste sénégalais El Hadj N'Diaye ( à force de le répéter j'arriverai peut être à vous le faire retenir ! ) nous propose une balade engagée, sans peur de faire des vagues et d'aller à contre courant, pour parler de ces portés disparus de nos préoccupations, les naufragés d'un continent qui a le mal de mer, l'Afrique. Ce sont ces miliers de jeunes gens prêt à partir en pirogues pour un horizon meilleur en occidents, mais que le rêve happe d'une fatale vague ( représenté sur la pochette ). Ou bien les 2000 morts du Jolaa ( nom du 8ème titre ), navire reliant le sud du nord du pays et ayant sombré au large des côtes gambiennes en 2002. Mais c'est aussi du naufrage des politiques africains, la persévérance du néo colonialisme, et l’illusoire alternance voté en 2000 au Sénégal,  dont parle l'artiste sans détours, comme sur Dégueulasse, ou il critique et nomme la corruption généralisée des dirigeants.  
     Sur ce fond tragique et intimiste tinté de la mélancolie d'une sobre et profonde voix, se dégage un arrière goût de révolte contre cette fatalité du quotidien. Et c'est ça qui donne toute la force à cette composition grave et fragile, pleine d'arpèges. Il mélange alors les langues, le français, l'anglais, le wolof ( sa langue natale ) et même le japonais, pour rendre cette lutte universelle et mieux parler de cette vie de tous les jours.

     Malheureusement je n'ai trouvé aucun lien pour écouter l'album, je vous propose donc le seul titre de celui-ci disponible sur youtube : El Hadj N'Diaye - Boor Yi, en espérant qu'il vous donne envie de le trouver dans une médiathèque, ou de l'acheter écouter la suite.


Etienne

30 commentaires:

  1. Deux découvertes en perspective, j'avoue n'avoir jamais jeté une oreille à Richard Hawley malgré les conseils de pas mal d'amateurs ! Allez hop, remonté d'un cran sur mon interminable liste...

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  2. Génial Hawley.. lui et notamment celui là, je le mets pour me rouler dans la douceur d'une soirée tamisée avec un petit 12 ans d'age.

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  3. Richard Hawley :
    Très beau disque, à la fois triste et lumineux. C'est possible ça ?????

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    1. Non, mais il l'a fait quand même.
      Merci pour tes commentaires Keith ! :)

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  4. El Hadj N'Diaye
    Le morceau proposé est à tomber par terre.
    Je ne connais pas ce gaillard, mais je me lance immédiatement à sa rencontre.

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    1. J'ai mis le lien pour "Bonjours comment ça va", qui est vraiment sublime, je sais aps si tu as vu.
      Il faut dire qu'il ne fait pas beaucoup parler de lui, il a arrêté la musique pendant un moment et acheté une ferme ( ce serait amusant de voir des stars occidentales faire de même ! ).

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  5. Je connaissais Hawley de nom, El Hadj pas du tout.
    @Alex : quand j'ai besoin d'un chanteur US en général je ne vais pas le chercher en UK mais j'ai essayé c'est pas mal bien que parfois un peu trop arrangé.
    @Bastien : not my cup of tea mais chuis d'accord pour annuler la dette.

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    1. Je l'ai annoncé, j'ai la déprime raffinée en général. Mais trop arrangé... Même si je conçois qu'on puisse penser ça, j'ai du mal à le percevoir. Souvent je me mets facilement "dans les oreilles" de quelqu'un, j'arrive à entendre son point de vue auditif. Mais, là, tout est tellement juste, en place, en termes d'émotion, se subtilité, et d'intensité, pour moi, que j'arrive mal à me détacher de mon jugement.

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    2. L'objectif principal de El Hadj est atteint alors, faire réfléchir à travers sa musique :p

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  6. Single contre-bonus :
    Jeepeedee m'a fait réécouter mes Chemical Brothers, et je suis tombé sur ma chouchoute "The Boxer", qui met la pêche à n'importe qui, moi le premier. De la pop moderne, intelligente, et joyeusement hédoniste par ici :
    https://www.youtube.com/watch?v=LLTBL0Dbp5A

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  7. Merci Alexandre!!! ;)
    Je me suis offert ce Richard Hawley il y a peu (j'ai profité des soldes) mais je le connaissais...et comme les autres, c'est un grand beau disque, je suis d'accord avec tout ce que tu as dit...pour je ne sais quelle raison, il reste toujours méconnu...
    Je note ton choix Etienne mais ça m'étonnerait que je trouve ce disque dans ma (très) petite médiathèque...:(

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    1. ...et si Mr Hawley a pu vendre un disque de plus grâce à moi, j'en suis ravie....:)

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    2. Depuis que j'ai acheté Truelove's Gutter il y a un an ou deux, j'ai prévu de tous les prendre, petit à petit.

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  8. Superbe Richard Hawley : d'une noirceur de velours et d'une éloquence dans la pure lignée des grand crooner états-uniens. Par contre je partage le sentiment d'Everett sur l’arrangement.

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  9. Hi !

    J'écoute Hawley en ce moment. L'ensemble est plutôt bien mais avec une voix pareille il pourrait balancer des mélodies à faire dresser les poils ce qui ne m'arrive pas là. Je ne partage pas ton enthousiasme pour ce type même si ça se laisse écouter. En fait musicalement c'est bon, la voix est bien mais ce sont vraiment ses mélodies qui me gênent.

    Plus d'émotions avec El Hadj Ndiaye. Une sorte de folk puissant sans en faire trop, c'est excellent. Joli choix.

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    1. Dingue, je les trouve plutôt à tomber moi.

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    2. Je pense que c'est cette retenue dans la voix, laissant juste entrevoir son potentiel, comme si il se faisait désirer, qui justement fait toute la force d'un crooner. Plutôt que de nous crier aux oreilles !

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    3. Je ne pensais pas aux cris, la retenue est plutôt de bon goût au contraire. Non, ce sont vraiment les mélodies qui manquent d'intensité à mes oreilles. Ce genre de voix peut facilement me filer des frissons, là c'est pas trop le cas. M'enfin tout ça est relatif hein, je trouve ça quand même plutôt bon.

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  10. De Hawley, je ne connais que Coles Corner, découvert il y a peu grâce à la critique de Chris, justement !
    El Hadj NDiaye, je ne connais pas du tout.

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    1. Mais je vais écouter le Hawley dont tu parles, assurément !
      Et poser une oreille, si je trouve le temps, sur le El Hadj !

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  11. Déprime très chic pour Alex! Ce ne sont pas les poins pires - voire les bios des grands dandies... J'adore ce disque.
    Je ne connais rien du choix d'Etienne, mais ça donne bien envie de dépérir un peu!

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  12. Hawley, très bon choix.
    El Hadj N'Diaye, je ne connaissais pas, et je suis sous le charme...

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    1. Merci pour ce commentaire, qui fait très plaisir !

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  13. Ce Grand Jeu prend des proportions Gargantuesques!
    Je vais essayer d'écouter, Alexandre, dès que je trouverai un peu plus de temps.
    Ton billet sonne bien à mes oreilles en tout cas.

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    1. Merci ! Je vais essayer d'écouter les tiennes, que je ne connais souvent absolument pas. J'en ai tentées quelques unes (Paris Violence ne m'a pas trop plu d'ailleurs, sorry), et je compte bien me rattraper sur le reste.
      Je ne sais souvent que dire, vu que je ne connais pas du tout, je n'ai pas dû commenter à chaque fois chez toi, je vais essayer de m'améliorer là-dessus aussi.

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