Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

vendredi 14 avril 2017

Thundercat - Drunk (2017)


  Stephen Bruner, alias Thundercat, est un incroyable bassiste de jazz doublé d'un très bon chanteur. Je l'ai découvert en solo avec le superbe single "Tenfold" sur l'album Apocalypse en 2013, et depuis, que ce soit en solo, avec Kendrick Lamar, Flying Lotus ou d'autres, il n'a cessé de m'impressionner et de m'émouvoir. Mais malgré toutes ses réussites, je crois qu'on tient là avec Drunk son magnum opus (pour le moment), un vrai chef d'oeuvre entre jazz, pop, soul/funk, hip-hop/rnb et électronique. 

  Même la pochette est un chef d'oeuvre ! Cette photo de Bruner, prise alors qu'il était en train d'asphyxier dans une eau gelée (ces yeux injectés de sang!), est tellement belle, originale et puissante qu'on la croirait tirée d'un vieux classique du cinéma. C'est tellement rare d'aussi bonnes pochettes que ça méritait d'être souligné.

  Mais pour revenir sur la musique, j'aurais bien du mal à décrire la féerie de ce disque. Dès "Rabbit Ho", la courte intro (reprise en conclusion avec un côté musique de Zelda sur "DUI") avec ses bruits d'étang, son clavier baroque soutenu par une basse charnue et ce chant angélique, qui se conclut sur un bruit d'orage, on entend un truc aussi pur que les Isley Brothers, les Beatles, les Zombies et les Temptations. C'est dire. "Captain Stupido" enchaîne en mode jazz, soul et pop, guidé par une basse agile au jeu très personnel et une boîte à rythme rappelant les goûts japonais de Thundercat (avec une folie pop digne de Yellow Magic Orchestra), et son second degré (ronflement et... oui un bruit de pet). On le retrouvera sur les miaulements de "A Fan's Mail (Tron Song Suite II)" très bonne avec ses claviers façon Daft Punk sur "Something About Us" / "Voyager" (elles aussi avec un côté manga et jazz, vous voyez la boucle se boucler ?). Cf deux morceaux japonisants : "Tokyo" et "Jameel's Space Ride".

  Ah oui au fait, tous les morceaux sont très courts, très addictifs. "Uh Uh" et son croisement entre cool jazz, Zappa, YMO et soul psychédélique en est un parfait exemple, ce morceau est un bonbon acidulé qui rend complètement accro. De même pour la pastille "Bus In These Streets", une grande chanson pop bien écrite, très Todd Rundgren.

  Et tout est merveilleux, que ce soit dans une ambiance plus soul/rnb ("Lava Lamp", "Jehtro" qui passerait presque pour du Miguel, "3AM", "Drunk"), électrofunk nocturne ("Day & Night", "Walk On By" avec Kendrick Lamar, "I Am Crazy"), rap ("Drink Dat" avec Wiz Khalifa) ou jazz ("Blackkk", "Where I'm Going", ou "Inferno" et son côté prog). Et enfin le funk liquide, psychédélique  et jazzy de "The Turn Down" avec Pharrell Williams.

  Avec un mention spéciale pour le classieux soft rock - R&B de "Them Changes" et "Show You The Way" avec Michael McDonald (Steely Dan, Doobie Brothers) et Kenny Loggins. Et puis le fabuleux électro-funk de "Friend Zone", aussi bon que les meilleurs titres de Plastic Beach (Gorillaz). 

  Bref, l'album est dense mais les chansons sont courtes et percutantes, et l'ambiance cohérente de bout en bout. On a donc un grand plaisir à s'y perdre avec délice, comme une Alice tombée dans le terrier du lapin blanc, contemplant cet univers hallucinogène et halluciné, féérique et étrange, psychédélique et divin. Un vrai grand album qui prouve qu'on peut toujours faire de la musique hyper personnelle, hyper accessible et hyper bonne tout simplement en même temps, et que les puristes (en jazz ou ailleurs) ont toujours tort, que c'est dans le mélange et la nuance que s'épanouit le mieux une sensibilité artistique. Et qui peut ramener plein de monde vers le jazz. 

  Tout simplement un grand album, qui brasse large mais reste concentré sur sa vision artistique immaculée et personnelle, avec un vrai style propre à Thundercat et une grande sensibilité qui émeut à tous les coups. J'adore.


Alex

  

  

mercredi 12 avril 2017

Kendrick Lamar - HUMBLE (Clip, 2017)



  Ca fait longtemps qu'on n'avait pas parlé d'un clip, mais celui-là vaut le détour. La musique déjà, sur un beat assez commun mais efficace de Mike WiLL Made-It, Kendrick surpasse toute la concurrence sur leur terrain avec un flow incroyable. Et puis ce clip, fourmillant d'idées mais concentré sur sa vision, avec un jeu de cadrage incroyable et assez inédit.
Bluffant.

Alex


lundi 10 avril 2017

Alfa Mist- Antiphon (2017)





     Voici une magnifique pépite, toute fraîche du mois de mars et en provenance de Londres. A mi chemin entre le jazz, le hip-hop et la soul, elle est un témoin actuel de ce jazz urbain tirant ses prodiges d'une scène hip-hop, redécouvrant sa généalogie, aux origines de la black music. A l'instar de l'artiste Amp Live dont je vous parlais il y a de ça quelques mois.


     Le génial beat-maker et pianiste de l'est londonien n'en est pas à son coup d'essai, puisque cet album fait suite à un EP, Nocturne, sorti en 2015, lui plus orienté électronique. Sur ce premier LP, la démarche y est beaucoup plus instrumental et proche du format jazz. Très claires sur 7th October, seul morceau rappé, les influences hip-hop d'Alfa Mist ressurgissent alors dans la rythmicité de son jeu, donnant tout son cachet à ses morceaux. Mais contrairement à des albums comme Low End Theory de A Tribal Called Quest, samplant du jazz pour en faire du hip hop, la substance fondamentale de cet album est bien le jazz. Préférant alors inverser la logique, Alfa Mist joue ainsi du jazz pour évoquer du hip-hop. Il s'est donc largement entouré, laissant s'exprimer saxophone alto, trompette et guitare électrique, remplaçant les boîtes à rythmes pour une batterie et donnant toute sa place au piano. La soul y est aussi une grande inspiration dans ses compositions, comme sur les titres Potential, Errors, ou Breath dont la mélodicité y est plus marquée. C'est d'ailleurs cette alternance d'harmonieuses mélodies soul, tranchant avec des mélodies jazz beaucoup plus destructurées, qui donne tout son rythme à l'ensemble du 8 titres qui fonctionnent à merveille, nous captivant de bout en bout.


     
     C'est donc un magnifique album dont je vous conseils chaudement l'écoute, nous permettant de découvrir un jazz moderne et urbain, toujours prêt à nous surprendre et susciter notre excitation.

A écouter sur Deezer, Spotify, Soundcloud ou son Bandcamp.


Merci pour votre passage et votre lecture !


ETIENNE



samedi 8 avril 2017

Calvin Harris serait-il en train de redevenir bon ? (Slide & Heatstroke, 2017)



  Calvin Harris, c'est un cas d'école. Le mec débarque en 2007 de nulle part (après quelques remixes quand même) et sort I Created Disco, brillant album d'électro-pop bricolée avec des moyens rudimentaires mais soignée, efficace et inventive, tout droit sortie de son PC. Un vrai classique. Il se vautre en 2009 avec l'album suivant, qui contenait encore quelques bonnes chansons, traces survivantes de son génie, mais noyées dans une gelée EDM mainstream assez fadasse. Et depuis, plus rien, encéphalogramme plat. Pas du côté des meilleures ventes, qu'il truste régulièrement, mais du côté de la créativité et de la vie dans ses chansons, devenues génériques, prêtes à consommer et oubliables. Quel gâchis quand on réécoute son premier coup de maître. 



  Et en 2017 (10 ans plus tard!), on ressent enfin un frémissement chez Harris. D'abord avec "Slide". Certes, le morceau use de certains poncifs des tubes de l'été que nous absorbons sans fin : piano émouvant en intro, voix pitchées, et éléments tropical house qu'on nous ressert à la nausée. Mais ici, tout est maîtrisé, et dosé avec parcimonie. Et surtout, le son est chaud, soigné, même sur le fameux sample de piano inaugural. Et puis tout au long du titre, cette disco-pop de studio, tellement bien produite qu'elle transpire la soul discoïfiée d'Off The Wall de Michael Jackson. Et puis il a eu la bonne idée d'offrir le morceau au génie Frank Ocean, qui apporte une nouvelle dimension au morceau grâce à son charme pop iconoclaste et sa soul profonde et expérimentale. Le hip-hop roots des Migos achève de rendre ce morceau authentique, et mélodique à la fois (et moderne aussi grâce à l'autotune). Et puis rendons à César ce qui est à César : la prod est simple et laisse l'espace au chant, mais cette basse ronde, ces guitares étouffées et triturées, ces claps en échos.... Tout celà est très bon. Une vraie grande chanson pop, pas dans le sens Beatles du terme, mais dans le sens Michael Jackson / disco-pop / soft rock.... En bref, un tube imparable et intemporel. C'est un peu ce que les Daft Punk auraient pu faire de Random Access Memories si ils n'avaient pas eu cette fixette vintage (ceci s'applique au prochain morceau également), et c'est absolument brillant.




  Ce coup-là, on aurait pu penser qu'il ne serait qu'isolé, dû au seul génie de Frank Ocean (et Migos dans une moindre mesure) qui transcenderait le morceau. Mais c'était sous estimer Calvin Harris, qui a eu le bon goût de suivre ce morceau d'un "Heatstroke" tout aussi bon. Au passage, les artworks des deux singles sont très beaux et classes. Sur un tapis de claviers soul jazzy qu'on imagine joués par Pharrell Williams (ce qui est confirmé par les crédits), et avec de discrètes et élégantes percussions, Young Thug déroule son flow iconoclaste, utilisé ici comme chez Kanye West, dans un mode gospel/soul qui lui sied à merveille, comme un crooner soul de l'an 3000 (quelque part entre Al Green et Bobby Womack). Puis la basse fait son entrée, suivie du beat et des guitares, et là chanson se déploie dans toute sa luxuriance rétro-moderniste, avec même quelques percus reggae, un refrain aux choeurs jazzy by Pharrell himself, et un pont par une Ariana Grande très classe en diva néo-soul. C'est très moderne, c'est électronique, c'est hip-hop, mais c'est en même temps ce sommet de soul-pop intemporel... Là encore, l'utilisation très juste d'artistes avec un pied dans le mainstream et un vrai talent (Grande, Williams) et d'outsiders assez avant-gardistes dans leur genre (Thugger ici, Ocean sur "Slide"), associés à une prod ambitieuse, accessible et chaude porte ses fruits. 



  Bref, j'aurais jamais cru dire ça mais je suis hype pour le prochain Calvin Harris. Si tout est aussi bien foutu que sur ces deux titres, le gars va dominer toute la saison chaude, et ce sera mérité. Et si il pouvait renvoyer aux oubliettes de l'histoire tous les idiots utiles du genre type Bruno Mars, ça serait rendre un immense service à l'humanité. On peut avoir peur que l'exploit ne soit pas renouvelé sur une plus longue durée, mais Harris a prouvé qu'il savait faire des (enfin, un) album excellent de bout en bout, et qu'il était plein de surprises en ce moment. 
  Bravo à Calvin Harris, on avait des raisons de douter quand même (faut pas exagérer), mais il a toujours la flamme, chapeau !

Alex


jeudi 6 avril 2017

Live Report : Concert des Lemon Twigs à Nantes (Stereolux, 01/04/17)

Brian D'Addario à la guitare et au chant

  On adore les Lemon Twigs tous les deux. Sur disque déjà (un de nos albums favoris de l'années dernière). Et puis on avait vérifié sur youtube que les gars avaient le même talent en live, ce qui est le cas, on était donc rassurés en prenant les billets. Et putain, ça valait le coup. Ils sont encore meilleurs que ce que je m'imaginais. 

  Mais commençons par le commencement. La première partie, Lo Moon, était sympa. Sans plus, mais c'est déjà pas mal. Quelque part entre post rock et pop-rock d'arène (Coldplay, mais aussi Arcade Fire / Springsteen pour les montées épiques), et teintées d'une touche électro pour faire moderne (à la Alt-J, Isaac Delusion ou Radiohead). C'était sympa, écoutez leur seul morceau sorti officiellement pour le moment : "Loveless", si la description vous branche. Je suis pas persuadé que j'y reviendrai pour ma part, mais c'était plutôt agréable comme première partie.

  Les choses sérieuses ont commencé quand les Lemon Twigs ont déboulé sur scène, pour nous jouer la totalité de Do Hollywood, leur superbe premier album. Le concert fut divisé en deux parties : d'abord Brian D'Addario, le plus jeune, à la guitare et au chant et son frère Michael à la batterie. Le plus pop sixties des deux, le plus constant dans la qualité et où l'on sent derrière l'aisance sur scène une vraie volonté de perfection pop. 

  Et la deuxième partie, où Michael a pris le lead. Lui qui faisait déjà bien le show façon Keith Moon derrière les fûts, cheveux longs, torse nu hormis un corset pailleté, visage maquillé, pattes d'éph et ongles vernis en noir. Un foulard rose et une veste grise un chouia pelle à tarte plus tard, le voilà sur le devant de la scène, un peu maquereau façon Lee Brilleaux de Dr Feelgood et surtout très glam-punk, entre Bowie et Beef de Phantom Of The Paradise. Pour une partie de scène plus seventies, plus punk, où planent les ombres d'Alex Chilton ("All Of The Time" sera reprise avec fougue et brio pour une interprétation assez déchirante et aussi destroy que belle et cool) et des gloires glam, punk et power pop. 

  Au rayon reprises, on a pu aussi entendre aussi la brillante "Love Stepped Out" de leur père Ronnie D'Addario, dans une veine Beach Boys / Zombies / The Move / garage rock). Et puis le concert s'est achevé sur un de leurs vieux morceaux, "Queen Of My School".

  On a aussi pu avoir un aperçu de leur EP à venir avec trois excellentes chansons, un poil plus power pop et seventies que le précédent LP, voire même pour une d'entre elles un parfum plus pop eighties (The Smiths, Real Estate...). 

  N'oublions pas de signaler le cool et le talent de Danny Ayala aux claviers et aux choeurs (et un peu à la guitare) et le flegme rock'n'roll de Megan Zeankowski à la basse (avec un petit côté fille de Hank Moody dans Californication). D'ailleurs, c'est assez incroyable qu'à 4 ils arrivent à produire un tel boucan aussi mélodique et à reproduire sans effort les architectures complexes des arrangements et les changements de rythmes sinueux d'un album sur lequel on entend quand même souvent tout un orchestre. 
  
  Bref, ces jeunes gens sont des génies et d'authentiques rock star qui savent écrire des putain de chansons sonnant déjà comme des classiques, et tant pis pour ceux qui ne savent pas passer outre le vernis vintage, ils ratent un des groupes les plus talentueux de l'époque. 


Brian D'Addario (à gauche, claviers) et son frère Michael (à droite)

Alex


mardi 4 avril 2017

Live Report : Concert de Julien Doré, 8 Mars 2017, Zénith de Nantes


  A l'origine, ce concert était plutôt un cadeau pour ma chérie, même si j'apprécie le personnage et sa musique. Mais son album "&" me touchant de plus en plus au fur et à mesure des réécoutes, j'avais hâte de voir enfin Julien Doré en concert (en ayant entendu en plus pas mal de louanges sur ses qualités de showman). Et je ne fus pas déçu. Alternant entre passages plus électriques ou électro et ambiances intimistes et acoustiques, le concert était très musical, dense (2 guitaristes, 1 bassiste, 2 claviers et un batteur, plus lui qui jouait régulièrement d'un instrument en plus).

  Oh j'allais oublier, juste un mot sur la première partie Omoh : c'était pas terrible. Les chansons sont peu inspirées, et le chanteur et leader est peu charismatique (son guitariste qui a repris le flambeau du chant pendant un morceau a réussi l'exploit d'être calamiteux), et la seule fille du était aussi la seule à pouvoir le sauver sur le seul bon morceau de leur set : "Day One", qui doit beaucoup aux albums de 2011 (un peu de retard les gars ?) de Baxter Dury & Metronomy. Mais revenons à Julien Doré.


  La scénographie était belle et bien vue : depuis les mouvements des cylindres qui portaient les deux claviers jusqu'au "&" se révélant être, outre une porte pour entrée façon superstar avec de la fumée partout, un écran permettant de diffuser de nombreuses (et jolies) vidéos tournées sur le même thème que ses clips et son visuel d'album (et donnant par là une cohérence visuelle bienvenue à l'ensemble). Ecran qui a permis aussi quelques facéties, comme un Julien dansant avec lui même.


  Et autant les moments intenses étaient réellement intenses (la majorité de "&" a été jouée, plus pas mal d'extraits des albums précédents), autant le bonhomme ne se prend pas au sérieux, alternant vannes, déclarations d'amour, auto-dérision et partage avec le public. Qu'il invite fréquemment à chanter ou danser avec lui entre deux bains de foule, ce qui passe un peu pour une animation karaoké / club de vacances pour l'esprit cynique de votre serviteur mais qui au fur et à mesure du concert vous fait vraiment entrer dans l'ambiance pop que Doré a voulu insuffler. D'ailleurs, lui-même ne s'économisait pas, et débordait d'une énergie communicative, et d'une vraie complicité avec ses musiciens (au passage, y'avait quand même Arman Méliès à la guitare).


  Le clou de l'autodérision (et de la mégalomanie aussi) était l'entrée en fin de concert sur scène de Doré, monté sur une mini-moto, coiffé de son célèbre casque à lunettes.


  Au final, le concert était généreux, le nombre de morceaux abordés important, et on sentait que chaque chanson avait été travaillée et mise en valeur avec beaucoup de soin et d'amour pour ce live, et j'ai redécouvert sous un nouveau jour des chansons qui m'avaient moins touché sur disque comme "Mes Sombres Archives", "Le Lac", "Beyrouth Plage" ou même d'autres auxquelles j'avais déja bien accroché comme "Sublime et Silence" ou "Porto-Vecchio". Et sur les 6 personnes (dont moi) que je connais et qui ont assisté au concert, on a 6 convaincus alors qu'aucun n'est un fan absolu du gars, preuve de la qualité du set.

  Bref, sur disque comme sur scène, Julien Doré reste pour moi un artiste assez incontournable de la scène française, à la position assez incongrue : c'est probablement le seul à avoir autant de succès avec une musique certes accessible mais d'une aussi bonne qualité, et cette rareté le rend précieux. 



Alex

dimanche 2 avril 2017

Caro Emerald - Perfect Day - Lou Reed Cover (2013)







     Je vous propose aujourd'hui une magnifique reprise du cultissime Perfect Day de Lou Reed. Véritable monument de la pop états-unienne sorti en 1972, le titre, produit par un grand admirateur de l'époque, David Bowie accompagné de son acolyte de sa période glam rock, Mick Ronson, permet à Lou Reed de connaître un succès phénoménal sur son deuxième album solo Transformer, après un Lou Reed passé inaperçu. Il marque ainsi le véritable départ d'une carrière solo faisant suite à son départ du Velvet Underground un an plus tôt.
     Sur ce titre, il est d'abord question de Bettye Kronstadt, sa première femme. "Oh, it's such a perfect day I'm glad I spent it with you" chante Lou Reed étonnement mélancolique. Mais en miroir se dessine une autre lecture, celle de son addiction à l'héroïne que l'on devine clairement "You just keep me hanging on", donnant toute sa noirceur à cette chanson.

Lou Reed et David Bowie au Dorchester Hotel  de Londres en 1972.

Lou Reed et sa première femme, Bettye Kronstadt.


     L'interprétation que je vous propose, est celle de Caro Emerald, chanteuse néerlandaise de jazz et de pop, ayant notamment fait succès en Allemagne avec son premier album Deleted Scenes from the Cutting Room Floor. Elle revisite ici la chanson  pour la radio néerlandaise 3FM, de sa voix féminine et soul, rappelant celle d'Amy Winehouse. Elle gomme ainsi la tristesse du titre original dans la chaleur de cuivres latins et laisse parler la sublime mélodie, évoquant de tant à autre les premiers album de Coldplay.


Bonne écoute et merci pour votre lecture !



ETIENNE