Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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dimanche 2 avril 2017

Caro Emerald - Perfect Day - Lou Reed Cover (2013)







     Je vous propose aujourd'hui une magnifique reprise du cultissime Perfect Day de Lou Reed. Véritable monument de la pop états-unienne sorti en 1972, le titre, produit par un grand admirateur de l'époque, David Bowie accompagné de son acolyte de sa période glam rock, Mick Ronson, permet à Lou Reed de connaître un succès phénoménal sur son deuxième album solo Transformer, après un Lou Reed passé inaperçu. Il marque ainsi le véritable départ d'une carrière solo faisant suite à son départ du Velvet Underground un an plus tôt.
     Sur ce titre, il est d'abord question de Bettye Kronstadt, sa première femme. "Oh, it's such a perfect day I'm glad I spent it with you" chante Lou Reed étonnement mélancolique. Mais en miroir se dessine une autre lecture, celle de son addiction à l'héroïne que l'on devine clairement "You just keep me hanging on", donnant toute sa noirceur à cette chanson.

Lou Reed et David Bowie au Dorchester Hotel  de Londres en 1972.

Lou Reed et sa première femme, Bettye Kronstadt.


     L'interprétation que je vous propose, est celle de Caro Emerald, chanteuse néerlandaise de jazz et de pop, ayant notamment fait succès en Allemagne avec son premier album Deleted Scenes from the Cutting Room Floor. Elle revisite ici la chanson  pour la radio néerlandaise 3FM, de sa voix féminine et soul, rappelant celle d'Amy Winehouse. Elle gomme ainsi la tristesse du titre original dans la chaleur de cuivres latins et laisse parler la sublime mélodie, évoquant de tant à autre les premiers album de Coldplay.


Bonne écoute et merci pour votre lecture !



ETIENNE



jeudi 13 octobre 2016

Drugdealer - The End Of Comedy (2016)


  Tout d'abord, merci à Vincent de La Musique à Papa de m'avoir fait découvrir ce superbe disque (et artiste, au passage), sur cet article. Michael Collins, ici sous l'alias de Drugdealer, est un artiste pop touche à tout, avec un petit côté bricoleur génial. La musique qu'il propose ici est à mi chemin entre folk lo-fi indé et Pop léchée avec un grand P comme chez les plus grands, pour un résultat entre Barrett, baroque façon Left Banke, Bee Gees ou plus récemment Jacco Gardner et Connan Mockassin, et une pop folk moderne et directe façon Elliott Smith ou Beck

  L'intro jazz nocturne de "Far Rockaway Theme", très classieuse, ne prépare pas à la suite : de petites perles psyché folk comme "The Real World", "Easy To Forget" en symbiose avec le génial Ariel Pink, et le barrettien "Sea Of Nothing". Ailleurs on croise un interlude morriconien, "Theme For Alessandro". Ou du baroque sur "It's Only Raining Right Where You're Standing". Et un peu tout ça sur "The End Of Comedy", et "My Life". Les arrangements se font riches, un peu de country ici, des filtres psyché par là, des flûtiaux jazz-funk là-bas... Et tout est toujours parfaitement dosé. 

  Et puis il y a ce single imparable, le "Suddenly", qui me rappelle les magnifiques réussites récentes de Foxygen, Lionlimb, Unknown Mortal Orchestra ou Tobias Jesso Jr, cette façon de sortir un hymne pop imparable moderne, entre soul, folk, avec des changements de rythme, un saxo et une basse funky. Et si on remonte plus loin, je lui trouve une classe Beatlesienne à ce morceau. Influence qu'on rencontre à nouveau sur "Were You Saying Something", mixée à du Gil-Scott Heron musicalement (sisi c'est possible).

  Ce magnifique album se conclut à nouveau sur du psyché jazzy avec "Comedy Outro", et laisse l'auditeur très emballé par ce magnifique album qui sait toucher avec des chansons pop très bien foutues, et arrangées de manière riche mais parcimonieuse. C'est superbe !

Et vous pouvez l'écouter ici. Alors bonne écoute, et à bientôt !

Alex

mardi 28 juin 2016

The United States Of America - The United States Of America (1968)



  Mesdames et messieurs, le seul et unique album du groupe The United States Of America ! Sorti en 1968, ce disque séminal a eu une influence énorme. En effet, sans lui, possiblement point de collages électro/psyché/pop chez Of Montreal, Animal Collective, Portishead, Broadcast, Super Furry Animals, Flaming Lips... 

  Ce disque est en effet à ranger à côté des premiers Pink Floyd, Velvet Underground, Silver Apples et Hendrix, pour sa qualité et son génie créatif. Et sonne comme un disque des Beach Boys s'essayant à la musique concrète, en bons héritiers de Stockhausen et Subotnick. Et pourtant, malgré cette influence souterraine, ces mérites artistiques et une reconnaissance critique aussi précoce qu'inébranlable au fil du temps, ce disque ne rencontra qu'un très faible succès à l'époque. Et, l'histoire est classique, suite à des désaccords entre le leader Joseph Byrd qui voulait faire toujours plus radical et certains membres du groupe (Gordon Marron...) qui poussaient à faire plus pop (plus McCartney même), l'équilibre fragile s'est rompu et le groupe a splitté. Les musiciens étant par la suite partis sur d'autres projets, chacun de leur côté, mais j'y reviendrai un autre jour (ceci est une autre histoire).



  Le groupe était donc composé d'un noyau dur autour de Joseph Byrd, principal compositeur, et de sa compagne Dorothy Moskowitz. Byrd est issu du même mouvement avant-gardiste de la musique contemporaine que John Cage, mais ses intérêts pour le jazz, la musique électronique, les musiques américaines pré-1950's et les musiques du monde (notamment africaines et indiennes), et le rock acide de l'époque, donnent à cet homme pourtant radical dans sa musique et ses idées (à gauche toute !) une accessibilité pour le public non-initié que très peu d'autres compositeurs de la même trempe n'a eue (qui à part John Cale ?). Moskowitz est quand à elle une excellente chanteuse et musicienne, experte dans la manipulation de bandes et autres prouesses électroniques.

  Et tout ça additionné de musiciens surdoués donne un sacré bordel, audible dès l'intro et "hymne" du groupe, "The American Metaphysical Circus", qui commence avec des flûtiaux, vire fanfare avant de se transformer en cacophonie d'où sort un beat souple, un son strident en boucle et la voix filtrée et acide de Moskowitz. Pour un effet inoubliable, ce morceau est une bombe. Porté par ce rythme et ce chant aussi sensuels que froids et cérébraux, aussi soul que kraut (avant l'heure), ce mélange des contraires (assaisonné de blips électroniques) aboutit à un sommet de pop aussi exigeante qu'accessible. 





  "Hard Coming Love" cogne ensuite fort (la batterie), mais avec groove (la basse) et toujours cette touche acide (la guitare free, les claviers en roue débridés). Mais se calme sur les couplets pour laisser la voix de Moskowitz faire sa Debbie Harry (Blondie) avant l'heure, entre rage et séduction. Tout, du chant à la section rythmique, à l'orgue, aux arrangements électroniques et à la composition même du morceau, est mémorable. "Cloud Song", qui suit, est plus planante et rappelle les influences indiennes du groupe, un beau moment d'apesanteur.

  On retourne ensuite en territoire plus acide avec "The Garden Of Earthly Delights", qui est un sommet de pop psychédélique très soul et groovy, un tube immédiat en même temps qu'une pièce de choix. Un des sommets de cet album. Suivi par un "I Wont' Leave My Wooden Wife For You, Sugar" qui montre quand à lui à la fois l'amour du folklore américain de Byrd ainsi que son côté dadaïste à la Zappa (faire passer des messages par l'humour et l'absurde, c'est toujours mieux).




  Les choeurs et l'ambiance lourde de "Where Is Yesterday" redonnent un ton plus grave à l'album. On est à la fois bluffés par l'intensité inquiétante du morceau et la qualité immaculée des choeurs à la Beach Boys du groupe. Whoah, quelle chanson ! Après avoir été soufflés, la plus rythmée et pop "Coming Down" nous remet les idées en place, avec son côté Jefferson Airplane, sa guitare bien fuzzy et son violon strident. "Love Song For The Dead Che" est entre berceuse psyché, chant à la Nico, et love song déchirante, qui me rappelle les ballades étranges et émouvantes des premiers King Crimson. De toute beauté. Et "Stranded In Time", petit précis de poche d'écriture à la Beatles, version minimaliste, est une superbe composition, et fait partie de ces morceaux dont chaque seconde compte. 

  Enfin, la conclusion "The American Way Of Life", en trois partie, récapitule en 6 minutes tout ce qui a fait l'intérêt de l'album : le son acide, les collages psyché, le côté free, la pop de qualité.... 



  De nombreux bonus tout aussi indispensables sont présents sur les éditions plus récentes : le flippant mais magnifique "Osamu's Birthday". Les merveilles pleuvent, entre pop bubblegum et psyché groovy, comme "No Love To Give", "You Can Never Come Down", "Perry Pier", "Tailor Man", et "Do You Follow Me" . Et les versions alternatives de "I Won't Leave My Wooden Wife For You, Sugar", "The Garden Of Earthly Delights" (re-nommée "Mouse"), "Coming Down" (re-nommée "Heresy") et "The American Metaphysical Circus", valent le détour.

  Bref, un classique à ne pas manquer pour ne pas reproduire l'erreur du grand public de cette fin de sixties. Vous pouvez l'écouter ici, et je vous promets que vous ne regretterez pas, c'est vraiment un des meilleurs disques non seulement des sixties mais un des meilleurs tout court ! Un de ceux que les connaisseurs vénèrent à juste titre, et chez qui la seule vision de la pochette provoque un shoot de dopamine instantané. Alors foncez et revenez nous dire ce que vous en avez pensé. Et pour ceux qui le connaissent déjà, n'hésitez pas non plus à donner votre avis en commentaire.

Bonne écoute !
Merci pour votre lecture et vos commentaires, et à bientôt !

Alexandre


mardi 7 juin 2016

Frank Ocean - Channel Orange (2012)



  Vous voulez du classique moderne ? Vous croyez que des Thriller, des Songs In The Key Of Life ou des Sign "O" The Times ne pourraient plus sortir de nos jours et qu'aucun disque de ce calibre ne sortira plus jamais ? Ce disque est fait pour vous. Connaissez-vous Frank Ocean ? C'est celui qui dans le collectif de hip-hop hardcore Odd Future composait des ballades à la Stevie Wonder plutôt que des bangers rap. C'est celui qui pour beaucoup a déringardisé le terme rnb (au sens moderne), et pris la relève de D'Angelo et sortant le Voodoo des années 10, ce Channel Orange donc.

  Le disque commence par un bruit, puis un sifflement très aigu que peu d'entre vous pourront entendre (passé un certain âge... désolé !), comme celui émis par les télés en fonctionnement, puis justement un jingle TV, qui conclut ce "Start" introductif et nous plonge dans le premier classique de l'album : "Thinking Bout You". Cette ballade est une héritière de Wonder via D'Angelo justement, le falsetto de Ocean dans les refrains contrebalance son chant plus grave dans les couplets, et le tout (instrumentation et chant) évolue entre hip-hop (boîte à rythme), (nu)soul (cordes), et pop (synthés, guitares). Dans une modernité absolue et en même temps en s'inscrivant dans une immense tradition. Et ce chant si subtil, si touchant.... Un classique vous disais-je ! Tout est merveilleux de simplicité, d'évidence et d'émotion dans ce morceau, la moindre mesure est à sa place.




  "Fertilizer", qui sonne comme un jingle publicitaire composé par Stevie Wonder, est une courte introduction menant vers un autre sommet : "Sierra Leone", qui dédouble le chant de Frank Ocean un peu comme le faisait Marvin Gaye en gérant les questions-réponses et les choeurs en plusieurs prises. Je ne vais pas le répéter tout l'album mais l'instrumentation là encore est impeccable, mélodique, touchante, sobre et riche, tout comme le chant. On a le vertige en entendant Curtis Mayfield, Prince, Janelle Monaé, Michael Jackson, Sly Stone et autres... évoqués par la voix d'Ocean et/ou la musique. Sans que cela n'enlève quoi que ce soit à la personnalité hyper forte du tout. 

  Même chose pour le suivant, "Sweet Life", merveille soul/rnb/pop. Oh et le plus beau c'est que les paroles sont bonnes, et il y a des liens entre les morceaux, c'est un peu un album-concept sans le côté chiant du truc, ce qui justifie les intermèdes et leurs bruitages de télé branchés sur cette fameuse "channel orange" (il y a dans ces paroles l'histoire d'un bar à strip-tease, le Paradise, et d'une des "danseuses" etc... je vous laisse découvrir ça tous seuls !).




  "Super Rich Kids", le titre suivant, introduit par un court skit ("Not Just Money") rappelle la blue-eyed soul au piano martelé comme une percussion du "Bennie & The Jets" d'Elton John, et le flow misanthrope d'Earl Sweatshirt complète parfaitement le chant rnb sensible d'Ocean. Parfait.

  Plus psychédélique et flirtant avec une électronique plus expérimentale ainsi qu'avec la pop, "Pilot Jones" est un autre classique instantané, qui évoque du coup un peu l'esprit des Temptations avec une rythmique proche du genre de rnb blanc post-dubstep de James Blake. "Crack Rock", entre beat hiphop old school et claviers soul, émeut et est encore un sommet. Tout comme l'enchaînement avec le carrément électronique (et funky aussi, ainsi que hip-hop / rnb à la The Weeknd sur la fin). 




  "Pyramids", morceau fleuve de presque 10 minutes, absolument incroyable, un vrai moment de bravoure bluffant. Je vous laisse vous faire souffler par le morceau. Le pire c'est qu'on penserait qu'il est impossible de suivre cela, mais il y arrive le bougre, et avec un des meilleurs morceaux de l'album, et peut-être le plus accessible : "Lost", et sa rythmique funky. Le très délicat intermède "White", avec John Mayer, termine cet enchaînement de morceau absolument délirants, un des meilleurs que j'aie jamais entendus. 



  "Monks" poursuit à merveille l'enchantement, avec un rythme plus soutenu qui apporte une dynamique bienvenue. Là encore rien à redire c'est parfait, absolument parfait. Bon, il fallait bien un petit hic, "Bad Religion" est une ballade voix-orgue-piano plutôt jolie mais un peu convenue, pas à la hauteur du reste même si elle reste bonne et très écoutable, avec de bons moments. "Pink Matter", avec André 3000, est meilleure, c'est-à-dire au niveau stratosphérique et intouchable du reste du disque. De même que la très pop "Forrest Gump", qui apporte une touche plus enjouée à cet album autrement très sombre et dépressif, avant une "End" en field (urban?) recording




  Bref, un classique. Pour ceux qui pensent que Back To Black de Winehouse est le dernier du genre, foncez sur Channel Orange. J'ai rien à ajouter, la musique parle d'elle-même, si vous voulez entendre comment sonne un génie capable de synthétiser et de moderniser la soul, le funk, la pop, l'électronique, le hiphop et le rnb dans les années 2010 tout est là. 

Pour écouter sur Spotify c'est ici


Merci pour votre lecture et vos commentaires !


Alexandre

 
     Un album hors-norme, un artiste hors-pair, une production exemplaire, une sensibilité glaçante, une poésie touchante. Les superlatifs manquent pour décrire cet album qui déchaîna les passions à sa sortie en 2012 et se posa dès lors comme un standard de l'histoire du R'n'B.

     Utilisant son background hip-hop comme support de production et y appliquant des compositions dignes des plus grands noms de la soul et du R'n'B tels Marvin Gaye ou bien Stevie Wonder ( oui rien que ça ! ), il casse littéralement les cloisons du genre, à l'image de D'Angelo. S'y exprime alors pleinement la sensibilité de Frank Ocean dans des textes narratifs et introspectifs que le genre hip-hop beaucoup plus démonstratif et extraverti ne permettrait pas. On est ainsi embarqués dans cette histoire sur fond de bandes FM que les très nombreuses et intelligentes transitions mettent parfaitement en vie, sans être nullement pompeux. Laissant respirer un album qui s'apprécie à la fois dans l'unicité de 17 titres homogènes en qualité et cohérents dans leur recherche artistique, tout aussi bien que dans la diversité des titres ayant leur personnalité propre comme autant de stations FM et autant de petits tubes à découvrir, à l'instar de ces Thinkin About YouSweet LifeSuper Rich Kids, Lost ou encore Pink Matter.

Bonne écoute !

ETIENNE



vendredi 18 décembre 2015

La Playlist #7 - Christmas Songs


 

Pour vous souhaiter un joyeux noel, nous vons proposons une petite compilation de 10 "christmas songs" qui se démarquent des classiques de saison. 

C'est l'occasion pour nous de vous remercier, vous qui venez jetez une oreille et un oeil sur ce modeste blog et qui l'enrichissez de vos commentaires, et de vous souhaiter d'excellentes fêtes de fin d'année.


La sélection d'Etienne :

The Jackson 5 - I saw Mommy kissing Santa ClausUn morceau dédié aux fans de la Motown ... et pas que ! Car comment ne pas résister à la magie de Noël quand les Jackson 5 en chantent l'hymne ? 
Dans le style rock, ce "christmas song" est très certainement mon préféré. A vous d'en juger !

Petit clin d'oeil à mon précédent article, avec cette reprise de Johnny Be Good par Chuck Berry lui même et ici accompagné de Keith Richards pour une version encore plus électrique !

Les punks seraient-ils perméables à la tendresse de noël, allant même jusqu'à précher l'amour et la non violence ? 
A noter le micro non branché de Joey dans le clip !
  
Pour finir je ne peux me passer de quelques explications quand à cette pépite dans la carrière de Bob marley.
Le King of Reggea enregistre au début de sa carrière, en 1965, un 45 tours à la demande de Coxsone, le paternaliste producteur de son premier label, Studio One. La face A est constituée de Let The Lord Be Seen In You, un gospel d'Alex Bradford, avec l'association des "Spiritual Sisters" ( dont je n'ai pas trouvé d'autres traces ). La face B est elle ska ( ou plutôt de rocksteady ), avec ce morceau enregistré en compagnie des Wailers, arrangé et chanté comme un morceau de crooner 50's. La célèbre composition d'Irving Berlin et notamment reprise par Bing Crosby, a aussi été reprise par Alex Bradford, d'où le choix imposé par Coxsone quant à ces deux titres. Un 45" bien éclectique dans la discographie de Bob Marley et de son label Studio One, trouvant son origine dans une Jamaïque imprégnée de christianisme et déservie par les radios du sud des Etats-Unis, où sont diffusés de nombreux gospels.


La sélection d'Alexandre :

The Sonics - Santa Claus
Eh ben ma rock song de Noël à moi c'est celle-là. Rien que pour le son de dingue génialement sursaturé, le charisme du chant et le solo de guitare déglingué. Inégalable ! Happy weirdo Christmas !

MGMT - Come On Christmas
Pour un Noël plus trippy, MGMT part dans la direction électro, vieux synthés eighties et voix venant de l'espace, mais ça fonctionne très bien aussi sur cette courte introduction.

The Flaming Lips - Christmas At The Zoo
Pour Noël, Wayne Coyne veut un seul cadeau : pouvoir s'infiltrer dans le zoo,  ouvrir toutes les cages et libérer les animaux. Chanson aussi génialement barrée que le thème.

Sufjan Stevens - Did I Make You Cry On A Christmas Day (Well, You Deserved It)
Sufjan Stevens est un incontournable quand on parle musique de Noël, il aborde l'exercice avec un talent et une grâce inouïes, et via des angles originaux (cf le titre de cette chanson)

Ray Charles - All I Want For Christmas
Un Sinatra aurait été très approprié, un Elvis aussi, et vous avez failli y couper, mais j'ai préféré ressortir le Ray Charles de Noël, plus inattendu et pourtant on ne peut plus approprié. Une élégance folle dans cette Christmas song jazzy.


Merci pour la lecture & les commentaires, bonne écoute et joyeuses fêtes ! ;)


Alexandre & Etienne





jeudi 28 mai 2015

Snoop Dogg - Bush (2015)


  Nous allons parler d'un disque tout beau tout frais, sorti ce mois-ci (mai 2015), et dont les auteurs vous sont peut-être familiers. En effet, il s'agit d'un disque de Snoop Dogg, produit par Pharrell Williams (et en partie avec l'aide de Chad Hugo, soit la moitié de Pharrell au sein des Neptunes).
  On note aussi la participation de Stevie Wonder à l'harmonica et aux chœurs notamment, de Charlie Wilson (ex-leader du Gap Band et chanteur de rnb, collaborateur entre autres de Kanye West), ainsi que les rappers TI, Kendrick Lamar et Rick Ross.
  Si j'ai passé autant de temps à vous parler du casting, c'est que c'est ce qui fait à la fois la force de cet album fort réussi, mais aussi sa faiblesse. Je m'explique. Snoop et Pharrell ont déjà collaboré par le passé. Notamment sur des titres comme Beautiful, Let's Get Blown, et Drop It Like It's Hot. Ces collaborations étant foncièrement très bonnes, on attendait depuis longtemps une éventuelle collaboration des deux hommes sur un format plus long.

  Cependant, entre temps les deux hommes ont vieilli, et peut-être un peu perdu en audace musicalement. Pharrell a trouvé sa zone de confort et n'en sort plus trop, ce qui est un immense gâchis même si le résultat reste à la hauteur. Snoop a tenté peut-être un peu trop de son côté, quitte à se fourvoyer dans des featurings très oubliables et des projets ratés et bâclés (le projet Snoop Lion avait du potentiel aurait pu être bon et non pas insipide avec plus d'application).

  Ce qui en ressort, c'est que ces deux hommes très expérimentés font ce qu'ils savent faire de mieux, et rien de plus. C'est bête à dire, mais on est là en présence d'un album de Snoop produit par Pharrell, et qui sonne exactement comme vous vous y attendez. Ce qui n'est pas une mauvaise chose en fois, l'album est bon, solide, cohérent. Manque juste une touche de folie, un peu de piment qui aurait pu venir d'une de prise de risque plus grande.

  Une fois qu'on a accepté cela, on peut se lancer sereinement dans une analyse plus précise du contenu de l'album.



   On commence par du très bon. "California Roll", une ode à la Californie qui porte à la fois la marque de Pharrell et de Stevie Wonder invité ici. Snoop est à la fois bien intégré et un peu exclu, ce qui est assez symptomatique de l'album en général. Il chante ici plus qu'il ne rappe, ce qui est aussi assez constant sur tout le LP. Le petit bémol c'est que sa voix est trafiquée (souvent de la même façon, ce qui diminue un peu l'efficacité et la variété du chant), et pas plus mise en avant que ça (il chante à peu près autant que Pharrell ici). On ne peut donc pas parler d'un morceau de Snoop Dogg ni même d'une collaboration, ça sonne vraiment comme un Pharrell avec Snoop invité dessus. Ceci dit, là encore ce n'est pas un problème en soi, c'est juste déstabilisant s'agissant quand même de l'album de Snoop.
  Ceci mis à part, cette chanson est excellente. Elle prend le temps de se développer, avec une ambiance laid-back très californienne, et correspond très bien aux qualités des différents protagonistes, qui transforment ce morceau de soul-funk downtempo en petit bijou. De façon assez maline, il sonne à la fois moderne (mise en son hiphop/rnb) et vintage (hommages aux maîtres du genre dans les sons utilisés, présence de Stevie Wonder). Un très très bon départ, et un des meilleurs morceaux du LP.
  Vient ensuite "This City", plus originale car très influencée par des sons house, et tirant le meilleur parti de sons "type TR-808", comme une bonne partie de l'album d'ailleurs. Un très bon morceau qui montre que malgré ce que j'ai annoncé plus tôt, il existe bien des moments plus créatifs sur cet album.
   En plus funk, mais un peu dans la même veine, se situe "R U A Freak", la chanson suivante. L'ambiance nocturne et cotonneuse est rendue à merveille, Snoop assure avec sa nonchalance habituelle si addictive et unique. Encore un très bon morceau.
 
  Vient ensuite "Awake", excellent petit single de funk autotuné. La basse de ce morceau est mortelle et porte le tout avec brio. Les chœurs et la production de Pharrell sont au top (guitares, rythmique, claviers...), et la voix de Snoop enveloppe le morceau et joue son rôle de lead à merveille.
  Puis viennent les deux énormes tubes du disque, "So Many Pros" et son clip entre pulp fiction et blaxploitation, très bien foutu, et "Peaches N Cream" et son clip... Très personnel. Dans une veine électro-funk rnb, et avec la complicité de Charlie Wilson, le duo parvient à égaler les sommets de l'indispensable projet 7 Days Of Funk (Snoopzilla & Dâm-Funk, 2013). Excellent cœur d'album.
 


  Puis vient le morceau "Edibles", avec T.I., qui s'avère très sympathique quoique moins consistante que les morceaux précédents. Petite baisse de régime. Confirmée par le rnb moins inspiré de "I Knew That" et "Run Away" là encore très agréables, avec d'excellents passages, et pleines de qualités, mais moins percutantes que le reste. 
  Et enfin, "I'm Ya Dogg", clou de l'album. On retourne à de l'électrofunk là encore plus proche du travail de Dâm-Funk pour 7 Days Of Funk. Le morceau est vraiment bon, il manque un petit grain de folie pour décoller totalement, mais les invités (Rick Ross et Kendrick Lamar), font le job avec talent et le morceau conclut très honorablement cet album très réussi.
 Pour conclure, l'album n'est pas un chef-d'oeuvre absolu, mais le fruit de la collaboration Calvin Broadus Jr - Pharrell Williams a accouché d'un disque très très réussi, habile synthèse de nostalgie seventies / eighties (clins d'œil à George Clinton & Co), et de modernité tubesque. Un des meilleurs de Snoop récemment, et une des meilleures choses qu'ait faites Pharrell ces derniers temps aussi. Bref, on très bon bilan et un disque qui mérite amplement de recevoir un succès à la fois public critique et commercial, et qui fera du bien sur vos platines, dans vos casques et sur les ondes cet été.
Tracklist & Featurings


Merci à tous pour votre lecture et vos commentaires, n'hésitez pas à donner votre ressenti sur l'album ou la chronique, et à bientôt !


Alex