Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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vendredi 18 août 2017

La Playlist #13.8 : 777 Recordings

  Je vole à Etienne sa rubrique "House Summer" pour vous présenter le label 777 Recordings, basé à Berlin et créé en 2013. Il abrite quantité d'artistes house de qualité avec une esthétique unique, de la house noisy à celle plus vaporeuse et mélodique, en passant par la techno brutale, l'acid, le hip-hop instrumental rétro et funky jusqu'à l'ambient. 

  C'est le cas notamment de Glyn et de sa lo-fi house onirique et vaporeuse, que l'on peut apprécier sur l'excellent "Identity Switch" de 2015 :


  Mais au-delà de la perfection de Glyn, on peut également écouter des morceaux plus corrosifs, comme la grinçante et douce-amère "No Sugar", portant bien son nom, qu'on doit à FTP Up (2015):


  On peut également admirer l'artisanat intriguant, lo-fi, post-vaporwave et psychédélique de l'excellentissime Seixlack dont je vous présente un superbe exemple ci-dessous avec l'obsédante "Metados" (2016):


On finit avec le brutal "August", de XAN, sorti cette année :



Pour en savoir plus :

Alex




vendredi 10 février 2017

The Internet 2017 : Matt Martians - The Drum Chord Theory & Syd - FIN


  Aujourd'hui je vais vous parler de deux projets solos des membres des excellents The Internet (et ex de Odd Future), Matt Martians le claviériste et beatmaker de génie et Syd la chanteuse stellaire.





Matt Martians - The Drum Chord Theory (2017)


  Ca commence de façon absolument géniale sur "Spend The Night" avec un son hip-hop ultra bien produit, qui mêle habilement la tradition lo-fi de la côte Est et sa rythmique old school avec le côté funky de la côte Ouest, tout ça avec des claviers quasi jazz et un chant cosmique. Et sur la deuxième partie de morceau ("If You Were My GF") on part dans un trip toujours un peu psyché et carrément Prince et complètement génial. Un excellent départ, d'un niveau hors normes, comme si Prince avait eu le temps de faire un album avec Dâm-Funk. C'est un énorme compliment de ma part.

  Et c'est pas fini, "What Love Is" et "Where Are Yo Friends" continuent en mode cosmic funk opiacé, avec une science de la mise en son et un côté second degré halluciné faussement branleur contrastant avec le fond d'une qualité époustouflante. Un peu comme si Damaged Bug, le projet psyché lo-fi et électronique de John Dwyer, s'acoquinait avec Flying Lotus, Madlib, George Clinton et Sly Stone. Vous entendrez ça sur les claviers de "Baby Girl", autre excellentissime morceau.

  Les vapeurs opiacées se dissipent sur l'ensoleillé "Southern Isolation", bon comme du Isley Brothers de l'an 3000. Cette même science de la mélodie et cette prédisposition harmonique s'entend sur "Alotta Woman / Useless", malgré les dissonances et les claviers bourdonnants. Il en est de même sur le plus ouvertement électrofunk 80s sur "Dent Jusay" avec la collègue Syd de The Internet dont nous allons reparler dans un instant. Et sur tous les autres morceaux en fait, ce rnb intelligent et sensuel, ouvert à toutes les musiques et érudit rappelle d'ailleurs presque les travaux nu-soul déterminants de D'Angelo tellement c'est bon. 

  Bref, un album parfait dans son genre derrière la couche "branleur cramé geek". A découvrir d'urgence ici.



Syd - Fin (2017)

  Dans le même genre, en plus rnb et plus accessible, je vous présente l'album de Syd, Fin. Les prod se font proches de celles de Matt Martians, mais en plus concises, moins fouillies et expérimentales, plus orientées vers le format pop (cf l'électrofunk de "Shake Em Off"). Mais l'excellence est toujours là, et ce qui fait tout le charme de cette musique ce n'est pas tant l'adoucissement de la prod que le magnétisme du chant précis et émouvant de Syd elle-même. Elle l'a avoué elle-même, elle ne sait pas trop quoi penser de cet album très pop, elle espère juste toucher beaucoup de monde et gagner sa vie. On ne peut pas lui en vouloir pour ça, c'est tellement bien fait que c'est tout le mal qu'on lui souhaite !

  Et en effet, elle s'attaque à de la pop électronique mainstream façon Beyoncé sur "Know" ou à un registre plus hip-hop et rentre dedans à la manière de The Weeknd sur "No Complaints" et "All About Me" où sa voix se fait râpeuse. Mais le truc, c'est qu'elle atteint avec une facilité déconcertante des sommets dignes des derniers Beyoncé justement, ou même d'Aaliyah, sur "Drown In It" et "Body", dont la qualité et la modernité pourraient (je l'espère) l'amener à ce succès non seulement populaire, mais aussi artistique (sur ce point, on est tranquilles).

  Bref, un très bon album de rnb, aussi accessible que profondément personnel et bien foutu. A écouter ici.

Alex


mercredi 7 décembre 2016

Indie Rock 2016 : DIIV - Is The Is Are, Creeping Pink - Mirror Woods & Glass Castle, & Sneaks - Gymnastics



DIIV - Is The Is Are (2016)

  Ca commence par le plus grand des bonheurs post punk avec "Out Of Mind", aussi brumeux que lumineux sous sa vaporeuse couche dream-pop. La pop se fait plus étincelante avec un "Under The Sun" plus Sonic Youth, période Rather Ripped, un "Bent (Roi's Song)" tout aussi mémorable avec ses ambiances à la Cure, et surtout le tubesque "Dopamine", merveilleux single qui synthétise le meilleur de la pop des années 80 à 2000. Ensuite, tout découle à merveille. Sky Ferreira vient faire sa Kim Gordon, on croise les spectres de tout le monde, des Smiths aux Jesus & Mary Chain en passant par les Stone Roses, The Horrors et Joy Division. Mais toutes ces influences sont digérées, et le style est personnel, les émotions bien présentes. L'album est dense, mais tant mieux, on peut s'y perdre, s'y oublier quelques instants précieux, y (re)découvrir à chaque fois un passage, un morceau qui révèle sa timide beauté mélancolique et pleine de rage. 
  
  DIIV a sorti un bel album, essayez le (ici), je vous garantis que ça vaut le détour. C'est un sacré tour de force de sortir un disque pop-rock à guitares aussi fort en 2016, sans paraître redondant à outrance, et le pari est largement gagné ici pour moi.





Creeping Pink - Mirror Woods (2016)

  La pop rock lo-fi et bricolée de Creeping Pink (signé sur Castle Face), vaut vraiment, vraiment le détour. Elle se situe quelque part entre électronique bidouillée, ambient rêveuse, pop brillamment allumée digne d'Eno et de Barrett (écoutez les brillantes "Sour Fuit" et "Bacavan Blues", à la croisée entre les deux), et collègues du label (le psyché vaporeux des Oh Sees en période folk et l'électro-psyché de Damaged Bug, cf "Mirror Woods"). Dwyer, des Oh Sees et patron du label, cite aussi Silver Apples,  United States Of America et Arthur Russell, mixés avec une ambition très pop. Et c'est vrai qu'il y a un peu de tout ça en même temps dans des chansons aussi marquantes que "Come Into My World"

  Parfois, on dirait carrément que Creeping Pink veut écrire la suite du Before And After Science d'Eno, comme sur "By This River Again" (non, ce titre, ce chant et cette musique ne sont pas une coïncidence, cf le "By This River" de Brian). L'influence du flamboyant ex-Roxy se ressent également sur "Peaches". La fin de l'album, plus expérimentale, électro et ambient, plane très haut, et c'est très beau. 

  Bref, ce disque (sorti en janvier), est un petit bijou dont on n'a pas assez parlé cette année, alors pour réparer cette immense injustice, je vous propose un petit lien vers leur bandcamp pour écouter et pourquoi pas acheter cet album fou.





Creeping Pink - Glass Castle (2016)
  
  Mais ce Mirror Woods n'est pas la seule merveille publiée par Creeping Pink cette année, puisque Glass Castle, sorti en octobre, est tout aussi bon. Avec toujours le patronage de Eno ("Games", "Cold Grass"), mais un mélange encore plus abouti entre leur pop psyché mélancolique et l'électronique. On penserait presque à Panda Bear tellement le mélange est réussi et sonne organique ("Fire On The River", "Welcome To The Dream"...). Ou à Ariel Pink quand le tempo motorik s'acoquine avec la synthpop sur "Strange Today". En parlant d'allemands, Can et les premiers Kraftwerk ne sont jamais loin... Et, de l'autre côté du spectre, la pop se fait de plus en plus lumineuse, le chant est plus assuré, et c'est logique : il est désemparant de beauté, d'une évidence pop aussi pure qu'universelle ("The Country Has Not Changed")

  Vous l'aurez compris, ce disque est au moins aussi bon que son prédécesseur  La surprise en moins, mais une maîtrise encore plus affirmée à la fois de l'électronique et de la pop. Je vous remets un petit lien bandcamp et je vous souhaite une écoute qui de toutes façons sera forcément bonne.







Sneaks - Gymnastics (2016)

  Pour du post-punk qui tabasse sec et sans fioritures, faites confiance à Sneaks. Une basse bondissante, une boîte à rythme métronomique et un chant féminin froide et déterminé (voire une guitare, mais c'est presque superflu), pour une à deux minutes par chanson grand max, il n'en faut pas plus pour faire un très bon disque. 
  Accessible en plus, des titres comme "Tough Luck", "New Taste", "True Killer", "This Is" et "Figure 8" rentrent vite en tête. Avec 13 minutes pour 10 titres, le format est un peu OVNI mais se prête bien à la démarche radicalement minimaliste de la jeune femme. On pense certes à Joy Division / New Order, aux Talking Heads, à Gang Of Four et aux Slits à l'écoute de ce court disque, mais il est tellement personnel et affirmé que ce n'est absolument pas préjudiciable quand à son originalité. 
  Bref, du très bon à écouter ici absolument !

Alex


lundi 12 mai 2014

Jaakko Eino Kalevi - Dreamzone ( 2013 )

    

     Voilà une découverte au goût de première fois pour le célèbre label indé londonnien Domino Records ( Blood Orange, Animal Collective, Arctic Monkeys, Dirty Projectors, Four Tet, Franz Ferdinand, Hot Chip, The Kills, The Last Shadow Puppets, Real Estate ). C'est en effet la première fois de son histoire, depuis ses débuts en 1993, que le label signe un artiste finlandais, qui plus est chauffeur de tram à mi-temps ! On a donc pu découvrir le jeune autodidacte, multi-instrumentiste, auto producteur Jaakko Eino Kalevi début décembre 2013 avec l'excellent EP, et largement relayé par la presse, Dreamzone. Il y concocte de la dream pop "lo-filisé" et rythmée ( la batterie étant son instrument de prédilection ) accentuée de folk. On y ressent l'influence d'Ariel Pink ( bien au delà de la coupe de cheveux ! ) ou Chris Rea. En particulier sur l'excellent No End, chef d'oeuvre de l'EP ( rien à voir avec le fake au sujet du dernier album des Dafts punk je vous rassure ! ).

Pour les yeux :




Pour les oreilles :
Jaakko Eino Kalevi - Dreamzone ( Deezer )
Jaakko Eino Kalevi - Dreamzone ( Spotify )

Pour le cerveau :
http://www.dominorecordco.com/



Etienne






lundi 21 avril 2014

Rouge Congo - Rouge Congo ( 2014 )



     Trio originaire de Reims, portant le nom d'un colorant utilisé en histologie pour mettre en évidence des dépôts protéiques, Rouge Congo mélange de l'électro pop rappelant Phoenix ou Metronomy, assaisonné de synthés 80's rappelant The Human League, Roxy Music ou la Lo-Fi de John Maus. Ils piochent aussi leur inspiration dans la prolifique scène reimoise ( Yuksekthe Bewitched Hands ). Voici leur seul EP, un tout petit trois titres, sorti mi janvier, et regroupant deux de leurs compositions disponibles depuis quelques mois sur l'internet.  

Il commence par le magnifique Tell Me Secrets, constituant le fer de lance de leur pop énergique, où la basse entêtante appuie des synthés simples et mélodiques. 



Le deuxième titre, Take My Hands,  est un peu plus sombre, encore un peu plus new-wave. La basse plus présente, la voix rappelle celle de Morrissey.
Le dernier est un remix du deuxième par le producteur et Dj reimois Bruit Fantôme, que je trouve un peu plus faible, d'une originalité moindre. 

Pour écouter
Rouge Congo - Rouge Congo ( Deezer ) 
Rouge Congo - Rouge Congo ( Spotify )

Pour plus de titres et d'infos :
https://soundcloud.com/rougecongo
http://rougecongo.bandcamp.com/album/rouge-congo


Etienne



samedi 30 novembre 2013

John Maus - We Must Become The Pitiless Censor Of Ourselves ( 2011 )

      Peut être vous êtes vous déjà demandé à quoi pourrait ressembler la musique Grégorienne du XXIème siècle ? Moi non, jusqu'a ce que je découvre sur Radio Nova Quantum Leap, de l'états-unien John Maus, morceau bouche trou de 2:53 par le quel David Blot finissait ses émissions, quand il lui restait quelques minutes de "rab". Je me suis donc enfin décidé à écouter l'album en entier pour vous faire partager ce chef d'œuvre de la Pop music.

     Je vous présente le phénomène : John Maus, natif du Nord des USA ( Minnesota ), docteur en sciences politiques et philosophe ( j'ai même entendu dire qu'il était toujours professeur de philosophie, malgré sa carrière d'artiste ! ), mais surtout musicien. C'est en tant que claviériste de Panda Bear ( leader d'Animal Collective ) et d'Ariel Pink ( l'homme au look androgyne, à la longue chevelure rose et ayant décidé de bouder en ne chantant pas lors de son concert à Coachella en 2011 ) qu'il se fait connaître, avant de se lancer en solo en 2006 avec son album Songs (2007).


     Mais je vous parle ici de son troisième album, We Must Become The Pitiless Censor Of Ourselves, sorti en 2011, sur le label londonien Upset The Rhythm, et qui a fait pas mal de "ramdam" ( merci l'académie française pour ce nouveau mot ) sur le net lors de sa sortie, j'en ai d'ailleurs lu une chronique de sur "la musique à papa". Son nom fait référence au philosophe français Alain Badiou et nous invite, avec sa pochette, comme sa musique, à l'introspection. 

    Défini par son auteur lui même comme de la "disco grégorienne" ( cela change totalement la façon d'écouter l'album en ayant en tête cette définition ! ), on pourrait le classer dans le genre Lo-Fi / Chillwave, par l'utilisation inconsidérée de synthés provenant de l’hémisphère sombre des 80's, ou plus largement dans le style Electronica. S'y coagulent ici toutes les chimères post-punk / new-wave des années 80, dans une architecture gothique et aérienne, pour nous faire cheminer via la nef dans son univers aux sons révolutionnaires et hyper-échogènes. L'apothéose de son art culmine alors sur le titre Quantum Leap, même si la suite de l'album n'est pas en reste.
     La poésie de ses mélodies et son chant rappelant Ian Curtis ( de Joy Division ), ne peuvent pas nous laisser insensible et signe un grand album pour cette décennie.



Il est réputé pour être un "taré' sur scène, à l'instar de ses ancêtre du mouvement post-punk, comme ici au FYF Fest à 
Los Angeles en 2012.



Lien vers son label Upset The Rhythm : http://www.upsettherhythm.co.uk/

Etienne