Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

vendredi 14 mars 2014

GRAND JEU / PART 3




« Je lui dirais les mots bleus, les mots qu’on 
dit avec les yeux »  


Un disque qui se passe de mots, et très bien, merci ! 


  Le choix d'Etienne :


Gonzales - Solo Piano ( 2004 )



     Premier des deux albums du même nom ( le deuxième étant sorti en 2012 ), ce projet constitue un tournant dans la carrière solo du québécois, qui gravitait alors dans le milieu rap / hip-hop, même si des airs de classique s'en échappe. Et c'est sous une forme originale, une performance seul au piano, entièrement acoustique, qu'il revient donc à ses origines artistiques, le classique. Ceci peut paraître ambitieux, ou même prétentieux, mais c'est en faite en toute simplicité et intimité que nous entrons dans le chef d'oeuvre du pianiste. On ne serait classer le style entre le classique, le jazz ou la pop, il est assurément unique et peut être comparé à celui d'Erik Satie. Voilà donc un album que l'on dévisage de nos oreilles, et où les mots sont vains. 

Etienne

Le choix d'Alexandre :

Air - The Virgin Suicides (2000)



  Je vous préviens tout de suite, ce disque est un de mes préférés tous genres confondus. Sans doute dans mon top 10, et probablement mon disque favori des années 2000. L'album, et j'assume à 200% ce que je dis, est un authentique chef-d'œuvre. Certains pourront lui préférer l'excellent "10.000 Hz Legend" dans la discographie du groupe, et ils auront au moins autant raison que moi, même si j'ai plutôt un gros faible pour celui-ci.

  La musique est tellement belle qu'elle ne s'encombre le plus souvent pas de mots. Evidemment, les plus pointilleux me diront que le premier morceau "Playground Love" est une vraie chanson pop, avec chant et paroles, même si l'intrumental est prédominant, et qu'il y a deux "monologues" insérés dans des morceaux (à la fin de "The Word Hurricane", et sur le dernier morceau, "Suicide Underground", avec voix pitchée dans les graves). Certes.

  En revanche, ce que personne ne pourra m'enlever, c'est qu'il n'y a pas de mots pour décrire tant de beauté. En terme de BO, c'est compliqué de faire mieux, on rivalise sérieusement avec des niveaux morriconiens ici, et c'est un très grand admirateur du maestro qui le dit. L'instrumentation est très riche, on a énormément de matière musicale, beaucoup de textures (guitares, orchestres, batterie, basse, claviers, saxophone parfois...). Et pourtant, le arrangements sont le plus souvent sobres, accentuant l'intensité dramatique de l'ensemble.

  Je m'en passe des extraits quasiment tous les jours, dans le train ou le tram, entre la fac et chez moi, et j'écoute l'album très régulièrement, il a tendance à me manquer rapidement. Un vrai disque de chevet, qui je l'espère, vous bouleversera autant que moi. Comme vous avez pu le constater, je ne sais vraiment quoi en dire, et à part vous faire partager mon ressenti, je suis bien incapable de trouver mes mots pour décrire la musique. Tout ce que je peux faire, c'est vous recommander l'écoute. Je n'en extrait pas de morceaux, tout est prenant, d'une qualité époustouflante, d'une sensibilité impressionnante.

  Et il n'est pas nécessaire d'avoir vu le (bon) film de Coppola avant, moi-même je ne l'ai vu que des années après avoir découvert le disque. De plus, cette BO y est sous-utilisée, à mon humble avis. Une BO qui n'a pas besoin d'images pour être géniale, donc. Et un des rares albums qui me fait monter les larmes aux yeux et me file des frissons partout, systématiquement, et ce du début à la fin, alors que je le connais par cœur depuis des années.  Comme en ce moment, alors que je le réécoute... Vous l'aurez compris, je pense, il me tient beaucoup à cœur celui-ci.

  Un petit mot pour la fin, vous imaginez si Gainsbourg était encore parmi nous, les chef d'œuvres qu'il aurait pu nous sortir avec ces deux Versaillais ?

Un peu de beauté à écouter sur deezer, ou sur spotify.



Alexandre







mercredi 12 mars 2014

GRAND JEU / PART 2

"There's too much too much" 

Un disque beaucoup trop compliqué, indigeste, ampoulé, il y a un peu trop de tout partout mais... c'est pour cela que vous l'aimez.


Le choix d'Etienne :


Thomas Brinkmann - Klick (1999)


     Je voudrais vous montrer quelque chose d’hallucinant, qui relève autant de la performance, au sens artistique du terme, que de la musique. Quelque chose de complètement expérimental, très conceptuel, tant dans le rendu que dans la recherche instrumentale sous jasent et fondamentale dans ce processus de création. Je vous le présente peut être même plus pour le procédé utilisé par l'artiste que pour la musique, qui n'en demeure pas moins de très bonne qualité, mais assez indigeste.


     


     Il s'agit d'un producteur allemand de techno minimaliste des 90's, très prolifique à la fin de cette décennie et fondateur du label Max Ernst, nommé Thomas Brinkmann. C'est ici un album sorti en décembre 1999. 

     La très grande singularité de cetartiste réside dans sa façon de créer de la musique. C'est à dire qu'il se sert de vinyles vierges comme instrument, qu'il va alors rayer avec un cuter pour créer des rythmes et les faire tourner sur de multiples platines simultanément. Il utilise ensuite une table de mixage pour donner des effets à ces "Klick", que l'ont pourrait même qualifier de "bruits". Thomas Brinkmann créer ainsi une musique sonnant Dub, à la Pan Sonic, pour son travail purement rythmique, dénué de mélodies, mais aussi techno minimaliste ( même le titre et le "nom" des morceaux en binaire en témoignent )  avec ces boucles répétées, bidouillées, trafiquées, rappelant Steve Reich . S'en dégage une atmosphère dense, stérile, impersonnel et froide, mais synchronisée la musique se révèle une poésie électronique en réptation, rappelant les expérimentations de Ryuichi Sakamoto et Alva Noto . Imprévisible et monotone ( aléatoire ?), gras et sec à la fois, simple et compliqué, hyper grave et ultra aiguë, les contrastes de la composition ne laissent pas indifférent et cela fait avancer d'une longueur la perception que l'on a des limites mouvantes de la musique.


Voici un live datant de 2010 qui rend beaucoup mieux compte que mes mots de la singularité de la composition :



Pour l'écoute je m’excuse mille fois mais le seul lien que je peux vous proposer est celui du label. Descendez dans la liste des album et cliquez sur album MP3 une fois que vous avez trouvé "Klick". Le problème étant que la lecture se coupe toutes les 45 secondes et que l'on est obligé de mettre play à chaque fois. Mais si vous avez le courage de l'écouter, il en vaut vraiment la peine. C'est ici : http://www.max-ernst.de/


Etienne

Le choix d'Alexandre :
 
 
OUTKAST - SPEAKERBOXXX / THE LOVE BELOW (2003)
 
 
 
  Je l'avais annoncé, ce Grand Jeu va être punk pour moi. Me voilà, à moins de 3h de la publication de cet article, en train de le taper en direct, alors qu'il y a une demie heure je pensais parler d'un tout autre album. D'ailleurs, je pense me mettre en danger de la sorte jusqu'à la fin, et choisir un album au dernier moment parmi ma présélection, ou en dehors comme pour ce soir, l'idée me plaît. Je ferais un récap de mes choix alternatifs en fin de jeu, comme la dernière fois, il y en a quelques uns qui me tiennent à cœur.
 
  Enfin bref, si j'ai changé au dernier moment, c'est parce que j'avais envie de varier un peu les genres musicaux, et vous faire découvrir d'autres choses. Et aussi parce que j'écoute cet album en boucle en ce moment. Je me suis fixé comme contraintes supplémentaires de ne vous parler que de disques publiés après 2000. Pas envie de faire dans le passéisme, ce dont on m'a parfois accusé à tort (y'a pas moins passéiste que moi), et puis j'ai plus de chance de faire découvrir des choses à certains sur ce terrain.
 
  Maintenant la longue (et pas trop lassante je l'espère) intro passée, parlons de la musique. Pourquoi "Too Much" ? Tout d'abord, comme cela est visible dans le titre, et sur la (les) pochette(s), ce disque est un double album. Je vois d'ici la plupart d'entre vous valider mon choix rien qu'avec cette phrase. Les doubles, c'est bien connu, ont souvent trop de titres plus faibles, et auraient été bien plus efficaces si ceux-ci avaient été amputés. Oui, mais c'est un peu plus compliqué que ça. Le Double Blanc serait-il le Double Blanc sans "Ob-La Di Ob-La Da" ? Peut-être, mais peut être que ce qui fait le charme des bons double albums, c'est à la fois l'éclectisme obligatoire, pour tenir sur la durée, et l'alternance de morceaux plus ou moins réussis. Ces petites imperfections qui font tout le génie de ces albums. Au-delà de la démarche mégalo, c'est une vraie mise à nu de l'artiste, qui est obligé de donner tout ce qu'il a, ce qui peut accoucher de vrais miracles. Dois-je mentionner Songs In The Key Of Life ?
 
  Bref, 2 disques, 2 pochettes, 39 pistes, entre 2h et 2h et demie de musique, des intros, skits et interludes par wagons.... (disques surremplis et interludes à outrance, les grands maux de pas mal de disques hiphop) Je suis dans le thème non ?
 
  Ceci dit, je dois vous prévenir : ce disque est absolument dingue. Publié en 2003, à la suite du chef-d'oeuvre Stankonia (un des meilleurs albums de la décennie), il porte les marques des tensions dans le duo. En effet, Big Boi et André 3000 font cd à part, chacun ayant une rondelle dont il est star et sur laquelle il contrôle tout. Ce qui n'empêche pas les compères de se rendre service sur leurs disques respectifs, manière plutôt très intelligente de gérer ce genre de situations. Et ça fonctionne.
 
  Disque 1 : Speakerboxxx, le disque de Big Boi. Le plus hiphop des deux, tout en tension, voire agressif parfois (mais dans le bon sens du terme), porté par le charisme et le flow incroyables de l'homme. Musicalement, on est une fois de plus émerveillés par les trouvailles du duo, qui naviguent sans aucune variation apparente de la cohésion du tout entre électro (rythmiques parfois presque jungle), hiphop, rnb, soul, funk, rock, jazz... Une tuerie, bluffante du début à la fin.
 
Meilleurs morceaux :
Ghetto Musick (hiphop électrofunk, avec rythmiques IDM)
Unhappy qui rend paradoxalement n'importe qui heureux instantanément.
Flip Flop Rock, avec Jay-Z et Killer Mike.
Mais franchement, un grand cd, malgré les quelques interludes qui suivant les écoutes, permettent l'immersion dans le disque, ou agacent.
 
  Disque 2 : The Love Below, le disque d'André 3000. Plus jazzy, plus pop, plus funk. Le disque qui amène les fans de rock, de jazz, de pop, vers Outkast et le hiphop. Disque très chargé sensuellement, on passe du romantique à l'explicitement sexuel au gré des envies d'André, qui comme Big Boi et son flow dingue, guide tout le cd de sa voix qui passe comme la musique du chant jazzy, à un électrofunk très Prince, à de la pop.... Il susurre, chante, rappe, crie, et on est en admiration devant tant de fougue si admirablement canalisée. Pour comprendre ce disque très varié, il faut l'écouter. Electro, rnb, gospel, jazz, soul, funk, hiphop, pop, rock, toujours au service de ces paroles outrageusement sexuelles. Ce disque est une leçon, vraiment impressionnant dans sa maîtrise et sa fusion de styles musicaux. On fait dans le moderne et le malin ici, je vous ai dit.
 
Meilleurs morceaux :
L'enchaînement Intro-Love Hater (jazz)
Spread (hiphop-jazz-électronique)
Prototype et She Lives In My Lap (ballades sous influence Prince)
Hey Ya ! et Roses (les énormes et irrésistibles tubes pop-hiphop)
Take Off Your Cool (ballade pop-folk avec Norah Jones)
Mais là encore, tout le cd vaut le tour.
 
  Pour résumer, on a là un (ou deux) disque(s) pas loin d'être aussi quintessentiels que le monument Stankonia, et qu'il faut découvrir d'urgence. Deux albums en un, qui se complètent admirablement, et montrent chacun de leur façon le génie de ce groupe, qui éclate ici au grand jour, dans cette surenchère de morceaux incroyables. Des chansons comme Hey Ya ! peuvent être la porte idéale d'entrée vers l'univers assez difficile à appréhender de ces deux-là, et je vous invite très chaudement à franchir le seuil, avec ce double ou avec le précédent album. Pour ceux qui n'ont pas peur de voir les clichés prémâchés qu'on leur sert sur le hiphop bouleversés par ce groupe pas comme les autres.
 
Je remercie les gens qui ont lu mon papier en entier, ainsi que les commentateurs. A dans deux jours !
 
Liens pour écouter tout ça : deezer et spotify
 
ALEXANDRE
 
 
 
 

 

lundi 10 mars 2014

GRAND JEU / PART 1

"Oh honey, why don't you come back ?" 

Le disque du retour, pour le meilleur ou pour le pire, à vous de choisir...

Le choix d'Alexandre :
Babyshambles - Sequel to the Prequel (2013)

 
  Come-back ou pas come-back ? Comme pour souligner la difficulté à distinguer un vrai retour d'un gros délai entre deux albums, accompagné par des pépins à l'intérieur du groupe, je vais vous parler du dernier Babyshambles, sorti l'an dernier.

  Il est placé dans cette catégorie car :
1) Le dernier date de 2007, et quoi qu'on en dise, 6 ans c'est long pour un groupe de rock.
2) Il y a eu des changements de personnel durant cette période, des départs du groupe (départ du batteur Adam Ficek...).
3) On a un moment cru que Doherty allait définitivement abandonner ce groupe au profit de la reformation jugée imminente des Libertines. Qui n'a eu lieu finalement que le temps de quelques concerts.
4) Et enfin, je fais ce que je veux, c'est chez moi ici. Si je l'ai tant attendu toutes ces années, je peux parler de retour.

  Bon, le plus important maintenant, la musique. Qualitativement, on ne craint pas grand chose musicalement, que ce soit avec les Libertines, les Babyshambles ou en solo, Doherty n'a jamais sorti un seul mauvais disque. J'oserais même dire que tous ces disques sont des indispensables du rock anglais. Je défie en duel le 1er qui me dit le contraire pour le second Libertines (oui, il y en a des comme ça).

  Ce disque sent bon l'artisanat et paradoxalement, le professionnalisme aussi. Je m'explique. D'un côté, on a ce son chaud, intimiste, avec énormément d'instruments acoustiques, et quelques électrifications, pour un tout qui sonne old school, groupe qui jamme en studios, bref, l'antithèse du son numérique et compressé. D'un autre côté, le groupe est bien plus carré et moins brouillon que par le passé, et le rendu semble donc plus pro. Mais là où l'on se rend compte que ces types sont doués, c'est que le côté brouillon qui faisait les charmes du "Down In Albion" des Babyshambles notamment, bien que moins présent, ne manque absolument pas. La magie du groupe est intacte.

  Pour parler plus précisément des morceaux, on a un album cohérent, sans aucune fausse note (cherchez un mauvais morceau, ou même un morceau dispensable ici, vous ne trouverez pas). Même le disque bonus est excellent, avec une très jolie reprise du After Hours du Velvet
  Parenthèse : peut être qu'elle est moins facile à trouver que quand je l'ai achetée au moment de la sortie, mais si vous pouvez trouver l'édition deluxe (ou special edition) avec le cd en plus, ne vous privez pas surtout.  

  Le disque, stylistiquement, est généralement d'obédience country-rock pour les arrangements, et on navigue entre rock anglais enlevé (Fireman, Seven Shades), pop anglaise 2000's (Nothing Comes To Nothing), délire jazzy-cabaret (Sequel To The Prequel), Dub (Dr No), et country-rock donc (Picture Me In A Hospital), voire folk. Et on finit en beauté avec la très dohertiesque Minefield.


  Enfin bref, jetez-y une oreille ou deux, absolument. Ca vaut largement le coup. La plupart des liens mis ci-dessus sont des extraits de live filmés par des amateurs, c'est dur de trouver des versions décentes de ces chansons sur youtube, je vous invite donc à suivre ce lien pour écouter l'abum sur spotify ou celui-ci pour deezer (version special edition dans les 2 cas).

Bonne écoute, et à dans deux jours les loulous ! 



ALEXANDRE

 

Le choix d'Etienne :

Bobby Womack - The Bravest Man In the Universe  (2012 )


     Comme beaucoup de gens de ma génération, le nom de cette légende de la soul n'était jamais parvenu à mes oreilles avant 2012. Il faut dire qu'il avait sombré dans la deuxième moitié des années 80, après un dernier album en 1985 et une compilation  "de fin de carrière" en 1993. A partir de là sa maison de disque le lâche, la drogue et les ennuis de santé non. Le voilà (presque) anonyme, et ruiné. On comprend donc le nom de cet album sorti en 2012, marquant son retour très remarqué sur la scène musicale.

     L'artiste naît dans une famille pauvre des états-unis, d'un père métallurgiste. Il commença la guitare en cachette, sur l'instrument que son père, pratiquant la coiffure pour arrondir les fins de mois, avait acquis en échange d'1 an de coupe à un client. Il débuta dans le gospel avec ses 5 frères, dans The Womack Brothers. Puis le groupe fut produit par Sam Cooke et changea de nom pour The Valentinos, alors que Robert Dwayne  "Bobby" Womack a 16 ans. Ils font alors les premières parties de Ray Charles, Sam Cooke ou James Brown. Il épousera d'ailleurs la veuve de Sam Cooke par la suite. Le groupe se séparera en 1966, et Bobby sortit son premier single, What Is This, en 1968. S'ensuivent de nombreuses collaborations et albums solo, dont le mythique Across 110th Street, musique du film éponyme, sorti en 1972, et qui sera son plus grand tube, avant sa traversée du désert débutant à la fin des 80's.


The Womack Brothers
Bobby Womack


    Grâce au dépoussiérage opéré par Quentin Tarantino, qui réutilise en 1997 Across 110th Street pour son Jackie Brown, mais surtout par la formidable perche que lui tend Damon Albarn en 2010, en lui proposant de participer à l'enregistrement, puis à la tournée de l'album Plastic Beach de Gorillaz. Et dire qu'il aurait refusé la proposition si sa fille, fan du groupe comme beaucoup de son âge, ne l'avait pas encouragé à accepter !  On y redécouvre alors sa sublime et rocailleuse voix, inchangée. C'est aussi Damon Albarn qui lui permettra de rencontrer Richard Russell d'XL Recordings, qui va produire son Bravest Man In The Universe, lui qui avait déjà produit en 2009 l'album retour de Gil Scott-Heron, I'm New Here. 
     Pour ce qui est de l'album, il nous propose ses textes parlant de foi, de pardon sur une sublime musique électronique faite par la "nouvelle génération" mélangeant soul, R'n'B et Hip Hop. Il collabore ainsi avec Lana Del Rey ou Fatoumata Diawara. La ton est sensible, les rythmes saccadés, l'instrumental classique, les aires nostalgiques. La sublime voix de Bobby apparaît comme un sample d'un autre temps, d'un âge d'or révolu, inchangée, posée sur ces boîtes à rythmes, tel un bande son abîmée. L'album culmine alors avec le très réussi Stupide et son introduction en hommage et avec la voix de Gil Scott-Heron.  
     L'artiste réussi pour moi un retour parfait, n'étant ni caricatural, ni dénaturé, il nous ouvre son cœur, et la musique y prend alors tout son sens, imprégnée de l'histoire de ce grand nom de la Soul Music.
     Comme annoncée sur notre blog, il préparerait un album pour 2014 avec la participation de Stevie Wonder (sur beaucoup de titres), Snoop Dogg, Rod Stewart, et Levert. Il n'exclu pas non plus de refaire un album avec Damon Albarn, mais pour un autre album. En espérant que tous ses projets ne soient pas coupé en vol par sa maladie d'Alzheimer.




Pour l'écouter :
Bobby Womack - The Bravest Man In the Universe ( Deezer )
Bobby Womack - The Bravest Man In the Universe ( Spotify )


Etienne






samedi 8 mars 2014

Grand Blanc - Devant De Nous ( 2013 )

     Voilà un genre avec le quel j'ai beaucoup de mal, et que je fuis comme la peste. Ou peut être est-ce lui qui me fuit ? C'est la chanson française. Fâché avec ma langue, avec ces artistes de la"nouvelle scène française", ces Zaz, ces Bénabar, polluant mes oreilles et dont les médias traditionnels nous abreuvent comme pour nous éloigner de façon mal saine de ce monde méritant beaucoup mieux. Mais ma rédemption est en route et Grand Blanc en sera peut être le tendre chemin, avec cet EP sorti en mai 2013 et regroupant leur travail s'étendant de 2011 à l'année de parution.




     Groupe originaire de Metz, Grand Blanc base clairement sa musique sur son chant grâce à la parfaire osmose entre  son chanteur, qui est aussi le parolier, et sa chanteuse. Son univers musical balaye alors une variété française des années 80, n'ayant pas peur de faire sonner leurs guitares tachantes et d'assumer leur chant. C'est celle de Bashung, notamment dans la voix, mais aussi de Christophe, Alain Kan et tous ces artistes qui ont sut trouver une identité propre, affirmée et indépendante et dont le groupe est le digne échos.



     C'est alors dans une brume sombre, grave et énigmatique que nous emmène le groupe, où le chant et sa poésie jouent les pièces maîtresses, sublimés par des guitares brutes et animales, des rythmes violents et nets ( un petit goût de Suicide notamment sur L'homme serpent ), et des synthés scintillants new-wave. Ce pourrait presque être du Bowie à la française, en moins pop, plus sérieux et remasterisé 2013. 




A vos oreilles ! Voici le lien pour écouter cet Ep -> http://grandblanc.bandcamp.com/

P.S. : Ils ont visiblement  enlevé les morceaux de leur bandcamp entre le moment où j'ai écrit cet article et maintenant, je n'ai donc pas trouvé d'autres moyen d'écouter l'EP en streaming. A défaut je vous mets une lien vimeo leur leur vidéo du single "devant de nous" : ICI




Etienne





jeudi 6 mars 2014

Pharrell Williams - G I R L ( 2014 )

Revoilà quelqu'un qui a beaucoup fait parlé de lui l'année dernière pour sa désormais légendaire collaboration avec les Daft Punk sur l'inégal Random Access Memories, et son excellent Get Lucky, qui  a fait danser la moitié de la planète en 2013. Toujours sur cet album il pose sa voix sur le tout aussi bon Lose Yourself To Dance signant donc les deux grands hits de celui-ci. 2013 c'est aussi le génial Happy, enregistré pour la B.O. de Moi, Moche et Méchant 2, aussi présent sur cet album, et qui porte vraiment bien son nom pour la "positive attitude" qu'il dégage. N'oublions pas sa collaboration avec Robin Thicke dans le très médiatique Blurred Lines. Ce fut donc son année ( apogée ? ), pour le  meilleur comme pour le pire, réussissant à submerger le monde de funk décliné en R'n'B, électro, pop ...




     C'est donc le 2ème album solo ( oui, oui madame/monsieur pas plus !) du rappeur état-unien après In My Mind en 2006. Il se fait cependant largement connaître pour ses collaborations avec Snoop Dog et plus avant pour ses productions sous le nom de The Neptunes : Britney Spears, ClipsJay-Z, Madonna ... (  je vous le concède, tout n'est pas forcement très glorieux ), ainsi que pour le groupe N.E.R.D. En 2003 une étude montre ainsi que le duo The Neptunes produisait 20% des morceaux diffusés sur les radios britanniques ! On note aussi un remix de Harder, Better Faster , Stronger sur l'album de remix Daft Club, où il pose même sa voix, signant ainsi la première collaboration avec le duo français. 

     G I R L vient donc tout juste de sortir, le 3 mars, même si le single Happy l'est depuis plusieurs mois et Gust Of Wind était déjà disponible sur l'internet depuis quelque jours, morceau composé en collaboration avec les Daft Punk, et dont la provenance de la collaboration, avec ses ambiance largement inspiré de RAM, ne fait aucun doute. Voici le petit teaser de l'album sorti mi février : . 
     Pharrell Williams perpétue ici le style musicale qu'il a développé sur toutes ses collaborations en 2013, c'est à dire un mélange de R'n'B, de chant Rap, et d'instrumentaux funk très 80's, avec cependant une forte utilisation d'instruments classiques rappelant d'autant plus cette période, mais pas forcement sous son meilleur jour. 
  
     L'album commence très bien avec des morceaux comme Maryline MonroeBrand New ( en collaboration avec Justin Timberlake, et Happy, clairement le meilleur de l'album. Mais je m'ennuie assez vite à cause d'une production trop maîtrisé, trop propre et trop lisse, notamment sur Gush ou Come Get It Bae. Mais c'est sûrement sur l'horrible Gust Of Wind, où l'intro et les couplets nous laissaient presque entrevoir un bon titre, mais dont le refrain signant le comble de la mollesse sur les 10 titres, que plonge définitivement mon jugement sur cet album. La fraîcheur stérile de la composition manque cruellement d'implication et de personnalité. Les rythmes sont entraînant, mais ne mènent nulle part. Le comble du mauvais goût est lui attribué à Lost Queen pour ses bruits de vague et son auto-tune. Je ne comprendrai décidément jamais les artistes savant parfaitement chanter et utilisant cet attribut ringard et beauf. 
     C'est alors un milieu d'album très pauvre, une longue traversée du désert, qui dessine ( décime ? ) l'album en dos de chameau : un début et une fin plus riche et un milieu de qualité nettement inférieur à mon sens.
     La fin marque cependant un léger sursaut avec Know Who You Are ( feat Alicia Keys ) qui remonte un peu le niveau, mais sans être exceptionnel, avec son synthés moroderiens, son rythme reggae et sa basse funk. Il sert alors de tremplin pour l'excellent It Girl, qui est lui beaucoup plus travaillé, plus instrumental. Le groove y est plus intense, la musique moins naïve et les guitares stridentes, nous laissant un amère goût de gâchis sur ce qu'aurait pu être le reste de l'album. Peut être que l'artiste s'est trop hâté pour sortir cet album, ne laissant pas le temps à son style de se renouveler, et ainsi surfer sur sa vague en recyclant ses acquis. Mais ce ne sont que des suppositions ...
                            Pharrell Williams - G I R L ( Spotify )


Etienne

dimanche 2 mars 2014

La Sélection du mois (Janvier - Février)


  A chaque fin de mois, nous allons tenter de vous faire une petite récapitulation des nouveautés qui nous ont fait le plus vibrer, au cas où vous seriez passés à côté. Ce mois-ci, on va faire un petit bilan à la fois de Janvier et de Février, n'ayant pas eu le temps de le faire plus tôt. En espérant que vous dénichiez parmi ces pépites une chanson ou un album qui vous passionnera.
 
PS : il se peut que l'on parle de disques publiés fin 2013 ou à sortir en mars, ne nous en voulez pas trop si nous nous sommes plantés sur une date de sortie. Ca n'est pas le plus important.
 
 


Album du mois :
 


Albums que l'on recommande le plus :

Elefantasy - Elefantasy EP
Wild - Wild EP
Hospitality - Trouble
Pow! - Hi-Tech Boom
Halls - Love To Give
Arcade Fire - Her Soundtrack
Damaged Bug - Hubba Bubba
Florent Marchet - Bambi Galaxy
Mondkopf - Hadès
Maxïmo Park - Too Much Information
Mozes & The Firstborn - Mozes & The Firstborn
Angel Olsen - Burn Your Fire for No Witness
The Notwist - Close To The Glass
Morgan Delt - Morgan Delt
Tinariwen - Emmaar
Cascadeur - Ghost Surfer
Broken Bells - After The Disco
Barbara Carlotti - Cosmic Fantasie
Beck - Morning Phase







Chanson du mois :


Morceaux que nous conseillons :


Avey Tare's Slasher Flicks - Little Fang
Cascadeur & Christophe - Collector
Thumers - Galore
Todd Terje - Delorean Dynamite
Halls - Love To Give
Jakobin & Domino - Always There
Ken Hayakawa-Shining
Arcade Fire - Divorce Papers (Her OST)
Damaged Bugs - Eggs At Night
Mondkopf - Immolate
Morgan Delt - Sad Sad Trip
Mozes And The Firstborn - Bloodsucker
Pow! - Switchboard Scientists
Quilt - Tie Up The Tides
The Notwist - Close To The Glass
Florent Marchet - Apollo 21
Tinariwen - Chaghaybou
Xiu Xiu - Stupid In The Dark
Broken Bells - Holding On For Life
Dum Dum Girls - Cult Of Love
Hospitality - Rockets & Jets
Theophilus London - Do Girls
Damon Albarn - Lonely Press Play
Temples - The Golden Throne
Wild Beasts - Wanderlust
We Were Evergreen - Daughters
Planningtorock - Let's Talk About Gender Baby
Poemss - Kissing Song
Fanfarlo - Life In The Sky
Phoenix - SOS In Bel Air (Jackson and His Computer Band Remix)

ENJOY !
 
Etienne & Alexandre


jeudi 27 février 2014

Wild - Wild EP ( 2014 )

Voici un EP qui vient de sortir, oui encore un, car c'est un format que j'affectionne particulièrement pour sa concision ne laissant pas la place aux déchets et longueurs, et pour sa durée adaptée à mon mode d'écoute sur le web. 


     L'objet en question est donc sorti tout récemment ( le 16 février ) dans les rayons frais du supermarché musicale soundcloud, et est étiqueté Paris. Le groupe formé de Raphaël Adèse et Alexandre Billard, nous propose ce quatre titres constitué d'un morceau sorti il y a déjà 1 an, conversation, et de trois titres inédits. Niveau style, le duo nous propose un savant et très surprenant mélange de pop aérienne, presque RnB, dans l'instrumental et les voix, alors retravaillé pour un rendu hip hop aussi retrouvé dans les rythmes. En particulier sur le magnifique titre I Will, dont les paroles sont même empruntés à ce genre, et les saccades, tel une bande abîmé signe l'originalité et la créativité de  ce morceau, et du groupe. 
     La douceur de la composition et des instruments sera vous charmer, j'en suis sûr, en particulier sur Tameless, morceaux complètement instrumental, et finira de convaincre les plus plus réticents à l’approche hip hop du groupe. 
     L'EP se finit en beauté par le très travaillé et maîtrisé Conversation. Il est lui rythmé plus électro, mais d'une poésie toujours épurée qui se métisse au chant parsemé de saccades.


Par ici l'écoute -> Wild - Wild EP ( soundcloud )

Etienne