Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

jeudi 3 novembre 2016

YG - Still Brazy (2016)



  On replace le contexte. Le hip-hop de la côté ouest va bien, très bien. On n'a probablement pas connu vague plus fertile de rappeurs californiens depuis la grande époque de Dre, Cube, Snoop, Pac et les autres. Et YG est un des artistes les plus intéressants de ce retour de flamme gangsta. Voilà pour la géographie. Pour le côté plus personnel, YG s'est fait tirer dessus récemment, et aurait pu y passer, mais heureusement pour nous (et bien évidemment pour lui), ce n'est pas le cas, et on a droit à un superbe album de hip-hop de haute volée, teinté d'une certaine paranoïa bien compréhensible.

  Vous allez donc comprendre le début de l'album, sachant ça. L'atmosphère inquiétante et cinématographique de "Dont' Come To LA", presque murmurée, et l'anxiété de "Who Shot Me?", et puis ces titres, ces paroles, tout ça est très évocateur. La musique est excellente. On a des morceaux très typiques du G-Funk, mais revu et corrigé dans un monde qui a connu les tubes minimalistes de DJ Mustard, les rythmiques folles de la trap et les synthés basse monstrueux du rap sudiste, comme "Word Is Bond", "Gimmie Got Shot", "I Got A Question",  et surtout le tube absolu "Twist My Fingaz". Ses synthés élastiques et son rythme électrofunk rappellent les grandioses réussites récentes de Dâm-Funk en solo ou avec Snoop Dogg sur 7 Days Of Funk. Un morceau impeccable, un classique instantané. L'inspiration électrofunk réussit à de nombreux autres superbes morceaux comme "Bool, Balm & Bollective", "She Wish She Was", et "Blacks & Browns", tous de potentiels singles. 

  Parfois, l'électro se fait plus minimaliste et sombre, comme sur "Why You Always Hatin'", autre tube ultra-efficace et au clip fendart feat Drake & Kamaiyah, et surtout "FDT" (Fuck Donald Trump), le puissant "Police Get Away With Murder" au son métallique rappelant presque la radicalité de groupes reggae-punk des années 80 comme les Basement 5, le lancinant "Still Brazy" où la voix de YG, profonde et grave mais aux médiums clairs, se fait presque soul dans les implorations ("Oh God!"). D'ailleurs, son flow est d'une constante perfection, le mec est doué.

  Bref, un superbe album, ultra cohérent, très très solide, gavé de tubes et sans temps morts, aussi authentique qu'accessible. Un des grands disques rap de l'année, à écouter ici.

Alex

mercredi 2 novembre 2016

Public Access TV - Never Enough (2016)


  Ils sont plutôt rares les disques de pop/rock très classiques qui me touchent ces dernières années. Mais il y  en a qui arrivent à s'inscrire dans une tradition ultra balisée et pourtant, à force de mélodies imparables, sortent du lot des différents revivals. Comme le premier album de The Soft Pack. Cet album de Public Access TV, est pile entre les deux : mi-génial, mi-pas assez original, mais il vaut quand même le détour (sinon je n'en parlerais pas !).

  En effet, dès le début, la power pop de "In Our Blood" nous entraîne à un rythme effréné, entre (surf)pop sixties classe, post-punk eighties et pop-punk seventies. Avec un sens de la mélodie de grande classe, une rythmique bondissante et des guitares jouissives. Ça me rappelle le début des Drums tellement c'est bon. Innocent, frais, insouciant, pop et terriblement bon. Le beat se fait plus lourd, le riff plus incisif sur "Evil Disco", entre Stones période Some Girls et The Beat. Le riff glam et le chant dégoulinant de sexe de "Summertime" évoquent les plus récents Crocodiles en moins sulfureux quand même. Ces trois chansons sont excellentes.

  Le groupe est référencé, mais les références sont variées, on ne s'ennuie donc pas une seconde. On a même des synthés et une pop plus typée années 2000 sur "I Don't Wanna Live In California" et "Careful". Toujours dans les années 2000, le dance-punk de "End Of An Era", le pop-punk de "In Love And Alone" et la pop rauque de "Patti Peru" n'auraient pas fait tache, évoquant des groupes comme Bloc Party ou Razorlight, en un peu plus Strokes et avec une production plus chaude, à l'ancienne. Bon je ne vous cache pas que toute cette moitié d'album m'impressionne beaucoup moins, les chansons sont moins intéressantes, malgré l'énergie palpable du groupe, et c'est dommage.

  La fin du disque est meilleure. L'intro de "Remember" m'évoque une chanson mais je n'arrive plus à mettre le doigt dessus... Pas grave car la chanson est excellente avec son rythme syncopé plus ou moins issu de la lignée Talking Heads / Gang Of Four. Pareil pour "Sudden Emotion", chaloupée elle aussi, qui sonne très raide et sèche dans son groove, et finit sur un jeu de guitare(s) entre Franz Ferdinand et Interpol. Le rock de "On Location" est moins intéressant, contrairement à la bonne pop de "Sell You On A Lie"

  C'est dommage, il ne manque pas grand chose pour que cet album soit vraiment très bon. L'interprétation du groupe est jouissive, la production est bonne, ils ont vraiment trouvé leur son, les constructions de morceau sont là (les ponts et conclusions de morceaux sont géniaux, ce qui est rare !), bref, ce qui manque en général aux groupes revival mi-intéressants mi-redondants. 
  Il manque juste un peu d'originalité et plus de finesse dans la composition de certains titres. Le groupe a en revanche un gros potentiel, de nombreuses qualités que je viens de citer, et malgré mon avis mitigé sur certains titres, je pense que cet album vaut le coup au moins pour les quelques morceaux très réussi qui y figurent, et réussit au moins à moitié le défi de la pertinence malgré une musique ultra référencée que j'ai évoqué en début d'article. Ecoutez le ici, et dites moi ce que vous en pensez.

Alex

mardi 1 novembre 2016

Travis Scott - Birds In The Trap Sing McKnight (2016)


  J'avais beaucoup aimé son Rodeo de l'an dernier, entre digne successeur des ténèbres du Yeezus de Kanye West et intuition mélodique folle ("Antidote"!). Et ce nouveau projet ne me déçoit pas du tout. Scott est à l'aise en tant que producteur et ça se sent, ses beats sont subtils, mélodiques, bruts et sophistiqués, sombres et obsédants. Il se balade dans un océan d'autotune bien gérée, délivre motif catchy sur motif catchy, et gère ses invités aussi bien qu'un Kanye West. André 3000 fait des merveilles sur le magnifique "The Ends", Kid Cudi sur "Through The Late Night", Young Thug sur "Pick Up The Phone",etc... et même (miracle!) l'irritant Bieber se change en rappeur trap convaincant sur la très bonne "Beibs In The Trap". Un miracle qui vaut bien celui de West, qui a réussi cette année à me faire aimer un chant de Chris Brown sur "Waves".

  Absolument tous les titres sont de très bonne facture. Et le côté rock et saturé de la production très soignée, toujours originale et ultra bien bossée, ajoute à la profondeur de l'ensemble et place Scott bien au dessus de la mêlée, que ce soit pour ses tubes qui donnent envie de sauter partout ou pour ses bangers sombres. Et marque une étape de plus dans le parcours sans faute du rappeur/producteur. Et en plus il a été numéro 1 des ventes, il a donc contribué à l'amélioration de la qualité de ce qu'écoute l'auditeur moyen (ce qui est un exploit!). Bref, une réussite ! A écouter ici.

Alex

samedi 29 octobre 2016

La Playlist #10 : Les 4 ans de La Pop d'A&E


  Ben ouais, déjà 4 ans qu'on publie ici. On en est les premiers surpris. Ça passe à une vitesse ! Ça fait pas mal de souvenirs sympas, 4 ans. Qu'on va vous présenter ici, sous une forme simple : pour chacune de ces 4 années, on a choisi 4 morceaux aux petits oignons qui résument à peu près notre ligne éditoriale, pour vous rappeler de bons souvenirs ou vous faire faire de jolies découvertes. Alors enjoy !


2013

E : De l'énergie pure associé à une classe innée, voilà le secret d'un groupe qui nous a marqué, notamment par un concert époustouflant.
A : Pas assez de place dans cette playlist pour honorer tous les supers concerts auxquels on a été, et qu'on n'a pas pu chroniquer faute de temps. Tous les deux on a vu La Femme deux fois, Of Montreal, Ty Segall, Sébastien Tellier, Franz Ferdinand justement... de mon côté j'ai eu la chance de voir Metronomy, Brigitte, Souchon et Voulzy... Et Franz Ferdinand ça valait le coup, les gars étaient impériaux, un peu comme sur ce disque au goût de come-back réussi qu'on avait acclamé à juste titre en 2013.

E : L'OVNI ! Une de ces découvertes que l'on a aimé à vous faire partager et dont on aime aujourd'hui encore le redécouvrir dans les archives du blog.
A : L'électro-pop qui bosse ses textures comme Autechre, n'a pas peur du pouet pouet comme Metronomy, et compose comme Brian Wilson, forcément que ça nous parle ! En parlant d'archives du blog, on commence à avoir un bon paquet d'albums chroniqués ici, dont les liens sont réunis dans un sommaire en haut à droite de cette page, si vous avez un trajet en transports en communs un peu long ou juste l'envie de découvrir de nouvelles merveilles.

E : Un de nous chouchous ce génie John Dwyer, nous plongeant chaque fois un peu plus dans la folie de son punk psychédélique et dont la productivité n'est pas sans rappeler l'âge d'or des 60's. 
A : Etienne a tout dit, je rajouterai quand même que le gars est bien plus versatile que l'étiquette psyché/kraut/punk/garage qui lui a été collée, en témoignent les albums électro-rock sous le nom de Damaged Bug et des chansons comme ce titre exceptionnel, une ballade digne des plus grands classiques sixties de Barrett & consorts.

E : L'enfant prodige de la nouvelle vague de rock français, pour un album d'anthologie. Un groupe pas comme les autres dans notre cœur, peut être notre meilleur expérience de concert !
A : Notre meilleure expérience de concert, sans aucun doute. Il faut les éviter en festival, et privilégier les petites salles ou leur côté punk ressort et où la transe électro-psyché prend les tripes et fait transpirer les corps. Et puis sur disque, quels morceaux ! Celui-là est digne d'un Gainsbourg modernisé.


2014

E : Quelle émotion, quelle justesse dans la composition et que de chemin parcourus pour Damon Albarn qui se réinvente encore, 20 après ses débuts.
A :  Rien à ajouter, ce titre est déchirant, d'une classe folle. Ce type est hyper doué.

E : Au fil des années, au fil des sorties, au fil de ce blog, ce groupe est devenu mon favori de tous, me faisant voyager d'albums en albums. Un amour qui grandit encore à chaque écoute.
A : Love Letters, l'album dont est extrait ce titre, est du genre de ceux qui gagnent en saveur à chaque réécoute, et que je réévalue à la hausse en permanence, me faisant penser que c'est probablement leur meilleur avec Nights Out, et donc un des meilleurs albums pop, non seulement de ces dernières années mais de tous les temps.

E : Le retour du messie tant attendu. L'album de l'année avec cette production impeccable de bout en bout, exigeante et subtile, hymne à 60 ans de black music.
A : Black Sugar était impeccable, Voodoo est probablement le meilleur album des années 2000, ou au moins dans le top 5. Et le plus fou c'est que cet album sorti 14 ans plus tard ne s'est pas contenté de ne pas nous décevoir, mais nous a carrément réjoui. D'Angelo a explosé les codes de la nu-soul pour accoucher d'une discographie où les chef-d’œuvres s'enchaînent sans jamais décevoir, entre pop, soul, funk, hip-hop, rnb et jazz.

E : Parce que merde la chanson française ce n'est pas que les années 50 !
A : Et parce que des titres comme celui-ci du calibre de "Là Où Je Vais La Nuit" de Katerine, "La Nuit Je Mens" de Bashung ou "La Dolce Vita" de Christophe, ça arrive pas souvent mais ça arrive, alors s'agit pas de les rater.


2015

E : Tame Impala est aux années 2010 ce que les Strokes sont aux années 2000. Groupe phare du mouvement indé, qui marque durablement nos oreilles.
A : Et bel exemple de renouveau artistique réussi dans une direction délicate : vers le grand public. Etre snob juste pour le plaisir c'est so 20e siècle. La curiosité est la 1ere des qualités.

E : Quelle sensualité, quelle finesse, le rnb dans sa plus belle peau. Une voix enchanteresse qui me hante depuis un an.
A : Bel exemple que la bonne musique est loin d'être rare et n'est pas moins éclatante ces dernières années que dans les années 60 ou 70 (pour les puristes). On est très content de l'avoir suivie depuis son premier single merveilleux avec AK Paul à travers deux EPs puis cet énorme premier album en forme de consécration. Et on sera heureux de continuer à vous narrer ses exploits musicaux dans les années à venir.

E : La production feutrée et sensible du groupe réinvente encore aujourd'hui le rock psychédélisme, dans un style enivrant dont on ne se lasse pas. Un monument !
A : En s'entichant de Prince et de synthés, la soul-pop psychédélique d'UMO a elle aussi pris le large en direction d'un public plus étendu, et comme Tame Impala, l'artistique suit largement, alors on applaudit des deux mains, et on tire la révérence.

E : Définitivement hypnotisé par ce génie canadien dont le rock indé avoisine ce qui pourrait être la perfection dans un style pourtant maintes fois éprouvé.
A : Tout est dit, le gars arrive avec une proposition fraîche, sensible et bien plus profonde que ce que son image déglingo rigolote peut laisser penser, et ce dans le genre musical le plus usé, vu et revu de tous les temps. Quel compositeur, et quelle vision intègre, précise et clairvoyante de sa musique !


2016

E : La grosse émotion de l'année avec cet album vibrant tel le dernier souvenir d'un ami très cher. Un monolithe miroir des temps passés et à venir. 
A : Le voilà le fameux "meilleur album depuis Scary Monsters", rien à redire, c'est un chef-d'oeuvre comme ce morceau très cinématographique qui démontre tout le génie de Bowie dans son ultime mue en crooner jazz-pop post-apocalyptique.

E : Blood Orange éblouissant dans cette pop sensible aux visages multiples. Un album qui marquera durablement notre blog !
A : Probablement le meilleur album de l'année, en extraire une seule chanson est autant un déchirement qu'une hérésie tant l'oeuvre est belle, construite et complète. Le génie pop de 2016, il est là.

E : Claque de l'année avec ce rap classieux et engagé, venu de NY pour tout casser. D'une rare finesse !
A : Chanteuse de talent et productrice ultra douée, Anna Wise a réussi avec brio à synthétiser électro exigeante, pop accessible, rnb/hip-hop, soul/funk et inflexions presque jazz avec une maîtrise et une sensibilité dingue. Un EP qui vaut bien des albums !

E : Quoi de mieux que la poésie d'un moment parfait pour clore cette playlist et souligner le talent hors normes de cet artiste majeur de la scène française. Un morceau que nous "n'oublierons jamais" !
A : L'album dans son ensemble est un régal, et ce morceau en particulier est d'une rare beauté. 
  D'un point de vue plus personnel, je suis très content qu'on ait pu poursuivre ce petit projet de lycéens / jeunes étudiants aussi longtemps, je suis hyper content de pouvoir encore partager ça avec toi mon pote. Et avec vous aussi, chers lecteurs !

Alexandre & Etienne

mardi 25 octobre 2016

Pixies - Head Carrier (2016)




  Comment évoquer objectivement un album des Pixies en 2016 ? Quand on a passé comme moi son adolescence à marteler sa batterie en beuglant sur leurs premiers albums ? Pour moi, les Pixies étaient une légende. Il n'existaient plus, séparés depuis longtemps. Et là, au lycée, ils se reforment, tournent à nouveau ensemble. Incroyable. J'ai pas eu l'occasion de les voir, dommage. Encore plus incroyable, quelques années plus tard, une série d'EPs qui aboutiront à un nouvel album, le décrié Indie Cindy, qui alternait entre bons morceaux et remplissage dispensable. Après quelques changements (de personnel notamment, bye Kim Shattuck, pour remplacer Kim Deal ce sera Paz Lenchantin désormais), Head Carrier, ce deuxième album post-reformation sort enfin. 

  Et il est plutôt bon. Ne vous attendez pas à du Doolittle ou du Bossanova niveau qualité, on n'en est pas là. Mais c'est un solide disque de rock / power pop typé nineties. Le morceau titre, "Head Carrier", est un très bon titre de pop-rock, avec d'excellentes guitares, une mélodie bien présente. On reste pas mal dans le son de Trompe Le Monde en plus soft. Très bon début. "Classic Masher" est moins originale et subtile dans sa mélodie et sa construction, mais est très efficace dans le genre time capsule nineties. Pour l'instant ça fonctionne bien.

  Dommage, le plus énervé "Baal's Back" est poussif. Heureusement, il est rattrapé immédiatement par "Might As Well Be Gone" qui reprend les choses où Come On Pilgrim / Surfer Rosa les avaient laissées, avec un son plus pop indé 90s avec des arrangements de glockenspiel etc... façon Eels. "Oona" est quand à elle une efficace chanson rock qui ne s’embarrasse pas de subtilité mais passe bien quand même.



  "Talent" est quand à elle carrément excellente dans le genre pop-punk, et est suivie par une efficace "Tenement Song" au refrain grunge fédérateur même si un peu gros. Malheureusement, "Bel Esprit" n'est pas inoubliable même si sympathique.

  Vous allez être choqués par le début de "All I Think About Now" qui est carrément une resucée de "Where Is My Mind", chantée par Paz Lenchantin en hommage à Kim Deal (paroles de Frank Black). C'est bizarre au début, mais le texte est bien foutu quand on connait un peu l'histoire du groupe, et c'est transférable à n'importe quelle histoire d'amitié qui a mal fini pour une raison ou une autre ("I Remember When We Were Happy / That's All I Think About Now / If You Have Any Doubts / I Wanna Thank You Anyhow"). D'ailleurs, que ce soit au chant sur cette chanson ou les choeurs dans le reste du disque, Lenchantin fait un super boulot vocal, en plus de la basse. Le plus énervé "Um Chagga Lagga" est très réussi. "Plaster Of Paris" est sympa dans un genre pop plus léger, et "All The Saints" est pas mal du tout aussi.

  Bref, les Pixies ont regagné en confiance et nous ont sorti un bon disque, pas parfait mais très solide, et très encourageant pour la suite de leur deuxième partie de carrière. Vous pouvez l'écouter ici notamment, revenez ensuite nous voir pour nous donner votre avis !

Alex

lundi 24 octobre 2016

Nicolas Jaar - Sirens (2016)


  Je n'ai pas grand chose à dire sur ce disque, car il est très difficile à décrire. C'est un superbe disque assez inclassable entre électronique, pop, new wave, ambient et plein d'autres choses. Sur "Killing Time", on entend du piano et des éclats de verre, un fracas des percussions, des voix concassées qui apparaissent et disparaissent, masquées par des effets. Et c'est très beau.

  Sur "The Governor" on croirait qu'Alan Vega est sorti de sa tombe et chante le rockabilly synthétique pendant que Martin Rev joue à un doigt sur un synthé. Avant le retour du piano jazz lounge, de l'électronique qui s'emballe, sur un rythme big beat. Plus loin, un saxo geint, et le final où s'invite le bruit blanc est marquant, entre cacophonie et beauté, chaos et clarté. "Leaves" est un morceau ambient où plane l'ombre d'Eno. La musique est à la fois apaisante et apaisée (quoique ?...).

  On entend sur "No" comme un dancehall moderne, chanté en espagnol. Mais qui n'aurait rien d'un tube de l'été. Pour preuve, ce pont ambient que vous n'entendrez jamais sur une radio commerciale. C'est tout bonnement magnifique. On enchaîne ensuite avec le très bon électro-rock de "Three Sides Of Nazareth" et le gospel électronique de "History Lesson" qui hésite entre soul classique et Rnb moderne. Au final, le rendu est angélique.

  Ce Sirens est donc un excellent album dont il m'est difficile de parler tant l'expérience d'écoute est purement sensorielle, ce qui est un comble pour un artiste aussi intellectuel. Ce qui prouve aussi la profondeur de cette oeuvre, qui peut être ressentie et comprise de mille façons. Bref, un beau disque.


Alex



samedi 22 octobre 2016

Thee Oh Sees - A Weird Exits (2016)


  Waow ! Pas grand chose à dire sur ce dernier Thee Oh Sees si ce n'est que Dwyer tient une forme olympique. Depuis 3 ans, il nous a gratifié de 5 chef-d'oeuvres dignes des meilleurs Oh Sees, Floating Coffin, les deux Damaged Bug, l'excellent Mutilator Defeated At Last de l'an dernier, et ce petit nouveau. 

  Pas grand chose à signaler, il creuse le sillon de ces derniers albums. Si ce n'est que la production a encore gagné en clarté et que le groupe sonne plus assuré que jamais, mais dans le bon sens. Dwyer ouvre le bal avec le rock hypnotique, psyché et kraut sur les bords, d'un "Dead Man's Gun" ultra efficace. "Ticklish Warrior" et son riff ultra heavy à la Slaughterhouse du Ty Segall Band contient pourtant des soli presque prog dans la technicité mais réalisés avec une concision pop. "Jammed Entrance" est un interlude synthétique mais rock à la Damaged Bug, qui ouvre sur un "Plastic Plant" démentiel, très californien, tellement rock, tellement jouissif et bien produit qu'il pue la décadence et la classe des rockeurs de la West Coast comme dans un épisode de Californication (y'a un truc en commun avec le générique de la série, dans le son). Un sommet.

  Le côté punk revient avec le nerveux "Gelatinous Cube" à la batterie malmenée. "Unwrap The Fiend Pt. 2" et "Crawl Out From The Fall Out" explorent à nouveau cet habile mélange de psychédélisme pop rehaussé de folk et d'électronique et de rock à la fois prog, punk et concis. Avant une conclusion parfaite : "The Axis", son orgue soul, et son chant entre Zappa période doo-wop parodique avec les Mothers Of Invention (la guitare va dans ce sens aussi), et Presley période gospel. Et puis un solo noisy parfait.

  Cet album est une tuerie, y'a pas grand chose de plus à dire, si ce n'est foncez l'écouter ici. Alors bonne écoute !

Merci pour votre lecture et vos retours en commentaire, et à bientôt !

Alex