Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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mercredi 22 mars 2017

Joe Meek & The Blue Men - I Hear A New World (1960)


  Cette semaine, les débuts de la musique électronique sont à l'honneur sur La Pop d'Alexandre & Etienne, avec un album par jour présenté jusqu'à dimanche dans le cadre de notre deuxième édition de La Semaine De La Pop.

  Joe Meek était un producteur fou. Mais génial. Le fameux "Telstar", tube électro-pop de 1962 (!) par les Tornadoes, c'était lui. Incapable de jouer d'un instrument, il avait ses symphonies pour western électro-rock en tête, sifflait chaque partie à ses musiciens qui s'exécutaient, et bidouillait les sons dans tous les sens en utilisant le studio comme un instrument à part entière 15 ans avant tout le monde (overdubs, reverb, compression, jeu sur les bandes et j'en passe). C'est un peu le Brian Eno du rock instrumental à la Shadows. Autant dire qu'on l'adore sur LPAE, on a d'ailleurs évoqué ce disque lors d'un jeu interblogs (ici) dans lequel il fallait parler d'un disque répondant au thème "Une Musique d'Une Autre Planète Ou Presque"

  Les autres planètes, il en est question sur ce disque. Meek, obsédé par la conquête de l'espace (on est un an après le lancement de Sputnik), se demande à quoi pourrait ressembler une musique de l'espace. Et se lance dans cet ambitieux projet solo. Mais ce fou du son, n'étant pas musicien comme je l'ai dit, a besoin d'une base, d'une matière sonore à triturer. Ce sera donc le groupe de skiffle The Blue Men de Rod Freeman et... des sons de la vie de tous les jours, de l'eau dans un évier, des bouteilles... Et les passe, piste par piste, dans sa moulinette magique de filtres, d'échos, de reverb (un peu comme un précurseur de la dub) pour créer cette musique de science fiction aussi comique qu'intrigante, et belle.

  Le morceau le plus connu est le plus "conventionnel" dans sa construction et son chant, l'ouverture "I Hear A New World", connue car reprise de belle façon notamment par les géniaux Television Personalities, ou They Might Be Giants. Ce morceau est une pépite : mélodique, doté d'un chant et de paroles obsédants et mélancoliques et d'une rythmique hypnotisante au son psychédélique (avant l'heure), il s'impose comme un classique intemporel de la pop.

  Le côté western / rock instrumental des early 60's s'entend sur "Orbit Around The Moon", mais remixé avec un orgue spatial au son clinique, des bruits étranges et des bleeps de satellite. La pop de saloon de "Disc Dance Of The Globbots" est quand à elle gavée de reverb pour y insérer un aspect à la fois nostalgique et moderne. Et ça fonctionne à merveille. Le même traitement est imposé au piano honky tonk et à la steel guitar de "The Bublight", ce qui transforme ce qui aurait pu être un morceau country-pop classique en un déchirant monument d'électro-pop mélancolique et futuriste qui arracherait presque des larmes à toute personne sensible. 

  Et "Dribcots Space Boat" est presque un morceau de saloon revu façon musique concrète, la revisite est aussi étonnante que magistrale. Idem pour la musique de western de "Magnetic Field", du moins dans sa conclusion, car toute sa première partie est en fait une longue plage d'ambient sombre et prenante. Comme l'intro de "Valley Of No Return", dans laquelle Meek joue habilement (sur la seconde partie du morceau) de la saturation et de la dissonance qu'elle induit. 

  De longs passages électroniques se font aussi entendre, notamment le solennel "Glob Waterfall", très musique de film, ou le début d'"Entry Of The Globbots", qui introduit les "voix d'extraterrestres" présentes sur plusieurs morceaux du disque (en fait des voix pitchées dans les aigus). L'effet est forcément comique (cf "March Of The Dribcots" qui n'a rien à envier au "Chapi Chapo" de De Roubaix pour le côté régressif et ludique cachant un vrai trésor électro-pop). 

  D'autres morceaux, également dans une veine électro-pop, impressionnent : "Love Dance Of The Saroos" et son psychédélisme aquatique et saturé préfigure les hippies avec plus de 7 ans d'avance et la coldwave avec 16 ans d'avance. Un groupe la sortirait aujourd'hui (La Femme ?), on n'aurait rien à y redire tant elle sonne hors du temps et toujours pertinente. De même, "Valley Of The Saroos" aurait pu être sur un disque récent des Flaming Lips et tout le monde aurait trouvé le morceau génial voire novateur dans son genre. C'est là qu'on mesure tout le génie de Meek : avec des moyens rudimentaires et beaucoup de bricolage, il a réussi non seulement à créer une oeuvre sans égale à l'époque, mais carrément indémodable. Ça aurait pu très vite sonner daté et fatigant, mais c'était sans compter sur son goût très sûr concernant "ses" sons, et son évidence mélodique.

  Vraiment, l'oeuvre est bluffante, touchante, elle force le respect pour sa vision totale et pionnière autant qu'elle émeut par ses mélodies poignantes et sa production très personnelle, indépendamment de toute conception historique. 

  Joe Meek était un grand, un authentique génie même, et son destin tragique nous a sans doute privé d'un sacré paquet de classiques. Mais, parmi son oeuvre foisonnante de producteur, qu'il nous a heureusement léguée, cet album prend une place toute particulière car il concrétise la vision très personnelle d'un homme d'exception sur la musique électronique. Et demeure plus que jamais un disque fondateur et influent. Et c'est pourquoi il a toute sa place cette semaine sur LPAE.


Alex


mardi 21 mars 2017

Pierre Henry & Michel Colombier - Messe Pour Le Temps Présent (1967)



  Cette semaine, les débuts de la musique électronique sont à l'honneur sur La Pop d'Alexandre & Etienne, avec un album par jour présenté jusqu'à dimanche dans le cadre de notre deuxième édition de La Semaine De La Pop.

  Cette oeuvre, vous la connaissez sûrement, du moins en partie. Elle a été composée (sur commande, pour un ballet de Béjart) par le grand Michel Colombier pour les parties instrumentales et Pierre Henry pour la partie électroacoustique / musique concrète qui nous intéresse plus particulièrement dans le cadre de cette semaine consacrée aux débuts de l'électronique. 

  J'ai dit que vous connaissiez sûrement ce disque en partie, car vous avez déjà entendu le deuxième titre, "Psyché Rock" sous une forme ou une autre. Soit vous connaissez son inspiration ("Louie Louie", classique du garage rock, popularisé par les Kingsmen entre autres), soit vous connaissez la chanson sous sa forme originale (par Colombier et Henry donc), soit remixée par Fatboy Slim, soit remixée pour le générique de la série Futurama. Dans tous les cas, vous le constaterez, ce morceau est une merveille de pop-rock 60's, accessible et aventureuse, grâce aux apports électroniques de Pierre Henry et à l'inventivité des arrangements de Colombier, véritable Morricone de la pop française (cf ses collaborations avec Gainsbourg, Quincy Jones pour Aznavour, Air, sans parler de ses musiques de films...). Bref, un classique incontournable et incontestable, frais, audacieux et toujours aussi pertinent.

  Le reste du disque est moins connu, mais tout aussi bon. Le court "Prologue" instrumental est tout en breaks de batterie, en basse inquiétante, sons extraterrestres et percussions de musique concrète, et oscille entre noise et soul (cf cet orgue sur le pont avant la conclusion concrète). Il s'ouvre sur le tubesque "Psyché Rock", dont nous avons déjà parlé, et qui partage sa classe rythmique et mélodique ainsi que ses arrangements électro incroyables avec sa suite directe, le génial "Jericho Jerk", un poil plus soul-jazz. Tout comme sa suite directe, "Teen Tonic", entre pop 60's, yéyé, et soul électronifiée. 

  La conclusion, "Too Fortiche", est carrément plus électro-rock, d'un rock dur et psychédélique. Et toute aussi réussie. Vous l'aurez compris, cette oeuvre est courte, mais incontournable et séminale. Je n'ai pas grand chose à ajouter, cette musique parle d'elle même.

PS : sur CD, on a droit à plusieurs oeuvres solo de Pierre Henry, dont je vous reparlerais pour une autre occasion !

Alex


lundi 20 mars 2017

White Noise - An Electric Storm (1969)


  Cette semaine, les débuts de la musique électronique sont à l'honneur sur La Pop d'Alexandre & Etienne, avec un album par jour présenté jusqu'à dimanche dans le cadre de notre deuxième édition de La Semaine De La Pop.

  Ce disque, je l'adore. A vrai dire, j'ai une passion pour les débuts de l'électronique, qui pour moi est liée à une autre obsession : la face underground du psychédélisme des années 1960. Donc je vous préviens, il y aura quelques albums dans cette veine cette semaine. 

  Après avoir poncé dans tous les sens l'incroyable (et unique) album des United States Of America (dont j'ai déjà parlé ici et qui aurait eu sa place dans cette semaine), classique parmi les classiques et disque de chevet incontesté pour ma part, je suis donc tombé sur ce qu'on pourrait considérer comme le pendant britannique du groupe, j'ai nommé White Noise. Formé autour de David Vorhaus, américain de formation classique et ayant étudié la musique électronique, le groupe se compose aussi à l'époque de deux membres du prestigieux BBC Workshop : Brian Hodgson et Delia Derbyshire (qui a mis en son le générique de Dr Who). Inutile de dire que ces deux-là s'y connaissaient en musique concrète, bruitages et bidouillages électroniques en tous genres. 

  Et pourtant, si l'album est truffé d'expérimentations quasiment scientifiques caractéristiques du début de l'électronique, il est aussi sensuel et mystique. En témoigne la magnifique intro "Love Without Sound" aux percussions spirituelles et travaillées de façon presque dub avant l'heure, ce chant psyché sexuel et inquiétant à la fois, ces bruitages électroniques presque Residents (avant l'heure également), et ces samples orchestraux en fait issus de la double bass de Vorhaus.

  De même, "My Game Of Loving" partage avec la pop baroque et psyché de l'époque des guitares rock, une ambiance orchestrale onirique et un chant cotonneux. Et puis ces sons de synthés, ces choeurs, cette phrase en français, ces percussions tribales auraient pu se trouver dans une ballade mélancolique d'un disque de prog (ceci est confirmé par la "scène d'orgie" qui peut rappeler les penchants sexuels hippies d'Aphrodite's Child par exemple). Cependant, le groupe va plus loin que ses contemporains dans la démarche de déconstruction - reconstruction de la pop, car la chanson ne tient presque à rien, reste sur le fil tout au long, semble tellement fragile qu'elle menace de s'éteindre à n'importe quel moment, comme une flamme tremblotante soufflée par un courant d'air.

  Le piano honky-tonk et l'orgue sautillant de "Here Come The Fleas" sont encadrés par une symphonie de bleeps, de pouets et de klaxons (on entend bien là l'héritage BBC Workshop), et un chant hyper théâtral hérité autant des pièces radiophoniques british que de la scène psyché (United States Of America encore, "...Mr Kite" des Beatles, Zappa....). L'ensemble est ludique, on a pas mal de jeu sur les bandes passées à différentes vitesses, coupées, on sent vraiment le plaisir de studio transpirer à travers la musique et ça fait plaisir. Un vrai bonbon pop déviant. De même que "Firebird", à l'écriture plus classique quasi Beach Boys, mais à la mise en son tout aussi personnelle.

  Après ces petites douceurs, l'intensité remonte d'un cran sur le sensuel et mystérieux "Your Hidden Dreams", pop électronique habillée d'un élégant manteau de psychédélisme vaporeux. La tension monte et descend en permanence, au gré d'une inflexion de voix, d'un synthé insistant, d'une intervention orchestrale ou d'un break rythmique. On est pris dans ces montagnes russes de maison hantée, mais hantée par une sorcière aussi belle et ensorcelante que dangereuse. Un vrai grand moment de Pop avec un grand P. 

  Le tout aussi impressionnant "The Visitation" suit, qui anticipe en début de morceau à la fois la pop déviante et féérique qu'Eno fera en solo, et ce qu'on adorera chez Neu! plus tard. Le morceau alterne ensuite entre différentes parties assez théâtrales et des variations autour de cette pop complètement folle, tout au long des 11 minutes de ce long morceau à écouter absolument. 

  Le dernier morceau, "Blank Mass : An Electric Storm In Hell" a une histoire assez particulière. Pressés par le label pour sortir le disque, les White Noise ont enregistré dans l'urgence cette pièce d'ambient noire. Presque jazz dans ses rythmiques, presque musique sacrée dans son côté solennel, ce morceau impressionne autant que ses deux prédécesseurs dans sa radicalité.

  Pour conclure sur ce disque, je parlerais sans hésitation de chef-d'oeuvre méconnu. Heureusement un peu réhabilité, l'aura sombre, radicale et ses innovations sonores de ce disque ont eu une influence considérable sur tout un pan de la pop et de l'électronique, et il mériterait d'être encore davantage cité. On parle quand même d'un choc esthétique à la hauteur de The USA, des Silver Apples, du Velvet ou de Can

dimanche 19 mars 2017

La Semaine de La Pop n°2 : Electronic Music Oldies (Mars 2017)


  Comme vous le savez, une semaine par mois, nous mettons en valeur sept disques selon un thème soit décidé à l'avance par nous, soit par vous (vous pouvez suggérer le prochain en commentaires). La première édition qui s'est tenue le mois dernier portait sur la Pop Française

  Cette fois ci, nous aborderons donc sept disques, de demain à dimanche prochain, sur un thème proposé par El Norton (de Last Stop? This Blog! et IRM), les vieux albums datant du début de l'histoire des musiques électroniques. Nous avons décidé de nous restreindre en ne sélectionnant aucun album sorti après 1970, et nous avons comme à notre habitude choisi parmi nos albums de chevets des classiques et des obsessions plus obscures et personnelles. 

Alors à demain pour le premier, et bonne semaine à vous sur LPAE !



Alexandre & Etienne

mardi 28 juin 2016

The United States Of America - The United States Of America (1968)



  Mesdames et messieurs, le seul et unique album du groupe The United States Of America ! Sorti en 1968, ce disque séminal a eu une influence énorme. En effet, sans lui, possiblement point de collages électro/psyché/pop chez Of Montreal, Animal Collective, Portishead, Broadcast, Super Furry Animals, Flaming Lips... 

  Ce disque est en effet à ranger à côté des premiers Pink Floyd, Velvet Underground, Silver Apples et Hendrix, pour sa qualité et son génie créatif. Et sonne comme un disque des Beach Boys s'essayant à la musique concrète, en bons héritiers de Stockhausen et Subotnick. Et pourtant, malgré cette influence souterraine, ces mérites artistiques et une reconnaissance critique aussi précoce qu'inébranlable au fil du temps, ce disque ne rencontra qu'un très faible succès à l'époque. Et, l'histoire est classique, suite à des désaccords entre le leader Joseph Byrd qui voulait faire toujours plus radical et certains membres du groupe (Gordon Marron...) qui poussaient à faire plus pop (plus McCartney même), l'équilibre fragile s'est rompu et le groupe a splitté. Les musiciens étant par la suite partis sur d'autres projets, chacun de leur côté, mais j'y reviendrai un autre jour (ceci est une autre histoire).



  Le groupe était donc composé d'un noyau dur autour de Joseph Byrd, principal compositeur, et de sa compagne Dorothy Moskowitz. Byrd est issu du même mouvement avant-gardiste de la musique contemporaine que John Cage, mais ses intérêts pour le jazz, la musique électronique, les musiques américaines pré-1950's et les musiques du monde (notamment africaines et indiennes), et le rock acide de l'époque, donnent à cet homme pourtant radical dans sa musique et ses idées (à gauche toute !) une accessibilité pour le public non-initié que très peu d'autres compositeurs de la même trempe n'a eue (qui à part John Cale ?). Moskowitz est quand à elle une excellente chanteuse et musicienne, experte dans la manipulation de bandes et autres prouesses électroniques.

  Et tout ça additionné de musiciens surdoués donne un sacré bordel, audible dès l'intro et "hymne" du groupe, "The American Metaphysical Circus", qui commence avec des flûtiaux, vire fanfare avant de se transformer en cacophonie d'où sort un beat souple, un son strident en boucle et la voix filtrée et acide de Moskowitz. Pour un effet inoubliable, ce morceau est une bombe. Porté par ce rythme et ce chant aussi sensuels que froids et cérébraux, aussi soul que kraut (avant l'heure), ce mélange des contraires (assaisonné de blips électroniques) aboutit à un sommet de pop aussi exigeante qu'accessible. 





  "Hard Coming Love" cogne ensuite fort (la batterie), mais avec groove (la basse) et toujours cette touche acide (la guitare free, les claviers en roue débridés). Mais se calme sur les couplets pour laisser la voix de Moskowitz faire sa Debbie Harry (Blondie) avant l'heure, entre rage et séduction. Tout, du chant à la section rythmique, à l'orgue, aux arrangements électroniques et à la composition même du morceau, est mémorable. "Cloud Song", qui suit, est plus planante et rappelle les influences indiennes du groupe, un beau moment d'apesanteur.

  On retourne ensuite en territoire plus acide avec "The Garden Of Earthly Delights", qui est un sommet de pop psychédélique très soul et groovy, un tube immédiat en même temps qu'une pièce de choix. Un des sommets de cet album. Suivi par un "I Wont' Leave My Wooden Wife For You, Sugar" qui montre quand à lui à la fois l'amour du folklore américain de Byrd ainsi que son côté dadaïste à la Zappa (faire passer des messages par l'humour et l'absurde, c'est toujours mieux).




  Les choeurs et l'ambiance lourde de "Where Is Yesterday" redonnent un ton plus grave à l'album. On est à la fois bluffés par l'intensité inquiétante du morceau et la qualité immaculée des choeurs à la Beach Boys du groupe. Whoah, quelle chanson ! Après avoir été soufflés, la plus rythmée et pop "Coming Down" nous remet les idées en place, avec son côté Jefferson Airplane, sa guitare bien fuzzy et son violon strident. "Love Song For The Dead Che" est entre berceuse psyché, chant à la Nico, et love song déchirante, qui me rappelle les ballades étranges et émouvantes des premiers King Crimson. De toute beauté. Et "Stranded In Time", petit précis de poche d'écriture à la Beatles, version minimaliste, est une superbe composition, et fait partie de ces morceaux dont chaque seconde compte. 

  Enfin, la conclusion "The American Way Of Life", en trois partie, récapitule en 6 minutes tout ce qui a fait l'intérêt de l'album : le son acide, les collages psyché, le côté free, la pop de qualité.... 



  De nombreux bonus tout aussi indispensables sont présents sur les éditions plus récentes : le flippant mais magnifique "Osamu's Birthday". Les merveilles pleuvent, entre pop bubblegum et psyché groovy, comme "No Love To Give", "You Can Never Come Down", "Perry Pier", "Tailor Man", et "Do You Follow Me" . Et les versions alternatives de "I Won't Leave My Wooden Wife For You, Sugar", "The Garden Of Earthly Delights" (re-nommée "Mouse"), "Coming Down" (re-nommée "Heresy") et "The American Metaphysical Circus", valent le détour.

  Bref, un classique à ne pas manquer pour ne pas reproduire l'erreur du grand public de cette fin de sixties. Vous pouvez l'écouter ici, et je vous promets que vous ne regretterez pas, c'est vraiment un des meilleurs disques non seulement des sixties mais un des meilleurs tout court ! Un de ceux que les connaisseurs vénèrent à juste titre, et chez qui la seule vision de la pochette provoque un shoot de dopamine instantané. Alors foncez et revenez nous dire ce que vous en avez pensé. Et pour ceux qui le connaissent déjà, n'hésitez pas non plus à donner votre avis en commentaire.

Bonne écoute !
Merci pour votre lecture et vos commentaires, et à bientôt !

Alexandre


jeudi 28 novembre 2013

GRAND JEU / PART 6 / 28-11-2013




28 - ENCORE UN PEU VERT!

Une première œuvre pas tout à fait mûre.

Le Choix d'Etienne :
 
 
KRAFTWERK - KRAFTWERK  (1970)
 
 

 

  Dans le genre pas mûr, trop dur à manger, je vous propose l'album Kraftwerk de Kraftwerk, qui est totalement expérimental, classé Krautrock, mais déjà intermédiaire avec les balbutiement de l'électro, grâce à toutes ces recherches sonores synthétiques.
 
 

ETIENNE

 
 
Le Choix d'Alexandre :

 
XTC - WHITE MUSIC (1978)
 
 
 
 
  Certes, ce premier album est indiscutablement inférieur en qualité à ce que nous offrira ce groupe majeur par la suite. Certes, ses auteurs l'ont plus ou moins renié en affirmant qu'avec celui-ci et son successeur Go2, le groupe n'avait pas encore tout à fait trouvé leur son, leur identité, leur maturité artistique.
 
  Néanmoins, il reste à mes oreilles un excellent disque de pop à tendance new wave, drivé du début à la fin par une énergie incroyable, doublée d'une folie assez typique d'un certain genre de post-punk (B-52's, Devo, Talking Heads ....).
 
  Le groupe nous sert (déjà) des classiques pop, comme cette Statue Of Liberty, qu'on a du mal à se sortir de la tête une fois écoutée
Statue Of Liberty :
 
  Il y a une jolie pelletée de tubes de cet acabit dans cet album ; cf Radios In Motion, This Is Pop?, Into The Atom Age, Spinning Top, ... (et il y en a des jolies dans les bonus de l'édition cd remasterisé).
 
  Mais on a aussi des morceaux complètement malades : Cross Wires entre autres, et surtout, surtout, surtout une vision très personnelle du All Along The Watchtower, de Dylan, plus célèbre encore dans sa version par Hendrix. Cette reprise est complètement hallucinée (et hallucinante). Un modèle de déconstruction musicale (et verbales, écoutez et vous comprendrez), qui fait passer le Satisfaction de Devo pour une reprise d'écoliers respectueux et appliqués. Je vous préviens d'avance, certains trouveront ça génial, d'autres passeront complètement à côté. Ne vous reste plus qu'à vous faire votre avis.
 
All Along The Watchtower :
 
  Pour résumer : XTC, sur cet album, est encore immature, mais c'est à mon avis en partie compensé par la fougue de la jeunesse. Et c'est un putain de grand groupe, si vous ne connaissez pas la suite, jetez-vous dessus. C'est dit !
 
 
 
Radios In Motion (et une playlist de tout l'album) :
This Is Pop :
 
 
 
ALEXANDRE

dimanche 24 novembre 2013

GRAND JEU / PART 4 / 24-11-2013


24 - LIFE ON MARS?
Une musique d'une autre planète ou presque.
 
Le choix d'Alexandre

JOE MEEK & THE BLUE MEN - I HEAR A NEW WORLD (1960)
 
 
 
  Ce disque est très inspiré par l'obsession du génial Joe Meek pour la conquête spatiale. Ses recherches sonores en tant que producteur, tendant vers une forme de pop mi-western américain, mi-proto-électronique, sont célèbres (cf le fameux "Telstar" des Tornadoes : https://www.youtube.com/watch?v=ryrEPzsx1gQ )
 
  Ici, il raconte un voyage dans l'espace totalement kitsch, ponctué par des rencontres avec les créatures locales. Parfois, cela fait des merveilles. Je pense à la chanson-titre "I Hear A New World", entre autres : https://www.youtube.com/watch?v=pehihWNMgMY assez étrange, fragile, et pour ma part, magique. Une beauté intrigante.
 
  Tout comme d'autres réussites plus instrumentales, moins pop, par exemple "Dance Of The Saroos" : http://www.youtube.com/watch?v=6ZOSum8M8kM . En général, tout l'album est vraiment réussi.
 
  Cependant, certains passages sont assez datés, voire ratés, comme quand il laisse les aliens chanter, ça peut être irritant (il pitche juste les voix vers les aigus, en fait). Heureusement, ça arrive assez rarement, et ça passe pas trop mal la plupart du temps. Ca dépend de vous, et des conditions d'écoutes.
 
  Ce disque n'en reste pas moins un jalon dans l'histoire de la pop et de l'électronique, qu'il vous faut écouter au moins pour l'aspect historique. Il est probable que les plus aventureux d'entre vous y trouvent leur compte. Un disque qui expérimente des sonorités électroniques, tout en restant assez pop et accessible, et tout cela 14 ans avant le Autobahn de Kraftwerk, ça vaut le détour non ?
 
Allez donc faire un petit tour dans l'espace avec Joe Meek :
 
 
ALEXANDRE
 
 
Le choix d'Etienne :
 
BLLUDD RELATIONS - BLLUDD RELATIONS LP (2013)
 
 
 
  Blludd Relations LP du groupe éponyme est un OVNI auditif, en témoigne le graphisme de l'album. Ses synthés d'un mauvais goût purement anglais et ses sonorités complètements loufoques se mélangent dans un album époustouflant. On ne peut s'empêcher de voir les premiers albums de Metronomy !
Album en écoute ici sur Bandcamp :
 
ETIENNE