Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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vendredi 31 août 2018

"Fool's Rush In" : de Sinatra à Disclosure

Tommy Dorsey, Frank Sinatra - Fools Rush In (1940)

  "Fools Rush In" est un morceau écrit par Johnny Mercer et composé par Rube Bloom en 1940. Son interprétation l'année même par l'orchestre du tromboniste Tommy Dorsey, chantée par un tout jeune Frank Sinatra, ainsi  que la version de Billy Eckstine feront connaître cette chanson mélancolique, à la mélodie mémorable et aux paroles marquantes avançant un angle original à l'éternel motif de l'amour fou ("fools rush in where angels fear to tread" - les fous se précipitent là où les anges n'osent pas s'aventurer). 

Billy Eckstine - Fools Rush in (1940)

  Le morceau prend petit à petit sa place parmi les classiques de la pop américaine, étant régulièrement repris au fil des années, par des jazzmen comme Glenn MillerStan Getz en 1952 ou Zoot Sims en 1956, ou par des chanteuses de variété/pop comme Jo Stafford (1953) ou Peggy Lee.


La versio de Stan Getz

Zoot Sims - Fools Rush in (1956)

  A partir des années 60, c'est l'explosion. Julie London en donne deux versions sensuelles et chic en 56 puis 64, Etta James dynamise le morceau et lui donne une nouvelle ampleur soul, Brenda Lee en fait un morceau country/pop, Dean Martin croone langoureusement le long de ses notes délicates, et Ricky Martin en fait un hit (1963).

La version de Julie London

La version d'Etta James (1962)

La version de Ricky Nelson (1963)

  Le morceau est vite devenu un classique incontournable, repris aussi bien par Elvis Presley, Johnny HartmanUB-40, She&Him, il est même présent dans la BO de Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Cette chanson intemporelle a donc fini par devenir immortelle, ressortant régulièrement avec un nouvel habillage, sa douce mélodie et son thème inusable s'adaptant à tous les styles et toutes les modes, de la soul/pop orchestrale du très jeune Frankie Lymon jusqu'au funk 80's (cf la version de Bow Wow Wow).

La version d'Elvis, quand même

La version de Frankie Lymon


La version de Bow Wow Wow (1982)

  Mais si je vous parle de cette chanson, c'est en partie grâce à la version de 1961 du groupe de doowop/jazz vocal The Four Freshmen, sans aucun doute une des plus belle. J'ai un petit à la mélodie entêtante, d'ailleurs on n'a pas de mal à entendre dans ce morceau ce que les Beach Boys piqueront à ce style musical en termes de perfection vocale. 

La très belle version des Four Freshmen (1961)

  Mais si j'en suis venu à écouter cette version, c'est grâce à une série de singles que le duo d'électronique anglais Disclosure vient de sortir afin de rendre hommage à leurs influences musicales. Un des morceaux, nommé "Where Angels Fear To Tread", se base sur un sample de la version des Four Freshmen de "Fool's Rush In", et c'est une petite pépite du genre. Laissant les harmonies vocales angéliques du groupe porter l'émotion, les british se contentent d'en souligner la beauté avec un beat simple, catchy mais discret, une basse subtile qui élève agréablement l'ensemble et quelques synthés et effets sublimant le tout sans en faire des caisses. Un monument de bon goût, qui a tourné en boucle dans mes écouteurs depuis sa sortie et que je vous invite fortement à découvrir ci-dessous :

Disclosure - Where Angels Fear To Tread (2018)

  Cet article illustre en tous cas bien la beauté de la découverte musicale. Sur un coup de cœur, en remontant le long des samples, reprises ou influences, on tombe sur des merveilles absolues, et c'est ce que je voulais partager avec vous aujourd'hui.

Bonnes écoutes !

Alex



mercredi 22 novembre 2017

UTO - The Beast (Myd remix)

On vous a récemment parlé des deux premiers EP d'artistes français plus que prometeurs. Il y a peu, c'était une mise en lumière du duo nu-funk UTO avec Shelter of the Broken, tandis qu'il était question du producteur Myd tout juste signé chez Ed Banger Records avec All Inclusive au début de ce mois de novembre. Il n'en fallait pas plus pour que les astres s'alignent et que sorte sur le label Pain Surprise un remix du single The Beast par Myd, qui y applique une recette electro-funk de toute fraîcheur. A consommer sans modération !




Etienne

dimanche 3 septembre 2017

Futuro Pelo - Swamp & son remix par Lewis Ofman (2017)

Futuro Pelo - Swamp (2017)

  "Swamp" est un excellent morceau de Futuro Pelo sorti cette année. Son chant principal à la Kevin Morby / Adam Green est soutenu par des choeurs à la "McCartney chantant du blues-rock", une orchestration pop-rock rythmée et jouissive, pleine de soul et tellement triturée par l'électronique qu'elle est comme remixée en direct. On pense beaucoup aux expérimentations de McCartney II, qu'on adore ici. On a même une voix féminine à la fin qui déclame quelques mots en français. Car oui, l'artiste est français, et vous le connaissez. Après avoir côtoyé la scène rock indé française (Mano Negra, Wampas), Benjamin Sportès de son vrai patronyme avait pondu en 2008 sous le pseudo Sporto Kantès, un tube électro-pop-rock nommé "Whistle", que vous avez forcément entendu quelque part ces 9 dernières années :

Sporto Kantès - Whistle (2008)

  Cet héritage "rock indé français" se retrouve davantage dans le morceau "Bluff", avec Agnès Aokky, qui vaut le détour, et qui est proche dans la démarche du travail du très recommandable Alister

Futuro Pelo & Agnès Aokky - Bluff (2017)

  Et "Swamp", que j'aime beaucoup, vous l'aurez compris, a connu cette année même un remix à la hauteur du titre original, signé par Lewis Ofman que l'on ne présente plus ici (si vous ne le connaissez pas, cherchez son nom dans la rubrique "Par Artiste" sur la droite de cette page, et vous pourrez découvrir nos chroniques de ses morceaux et EP ainsi que l'entretien que nous avons eu avec lui).

Swamp - Lewis Ofman Remix (2017)

  Le remix opte pour un angle très intéressant, plus aérien, moins fun et plus émouvant que l'original. Les accords cotonneux de Lewis Ofman insistent sur le côté chillwave et psychédélique de l'original (les choeurs rappellent MGMT), et l'intensité va crescendo dans une deuxième partie digne du meilleur de l'easy listening italien des années 60-70. Bref : du très bon.

  Le label Pain Surprise a donc fait un merveilleux travail en remettant sur le devant de la scène Benjamin Sportès, dont l'EP Bluff sorti il y a peu sous le nom de Futuro Pelo vaut vraiment l'écoute (je vous le recommande), et Lewis Ofman a offert un mix alternatif merveilleux de la meilleure chanson du lot. Bref, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Alex






vendredi 27 mai 2016

The Strokes - Future Present Past EP ( 2016 )

  Groupe sacré dans le cœur de tout bon collégien amateur de rock dans les années 2000 qui se respecte, un nouveau Strokes demeure un événement pour tous les jeunes adultes que nous sommes devenus. Trois ans après un Comedown Machine arrivé par surprise et lynché par la critique, les Strokes ne s'avouent pas vaincus et rappliquent une nouvelle fois avec ce petit EP de trois titres originaux et un remix à sortir le 3 juin 2016 mais déjà disponible depuis le 26 mai à l'écoute digitale. Dix ans après First Impressions of Earth c'est aussi l'occasion de se questionner sur l'évolution de ce groupe emblématique du renouveau rock du début 00's.





     Cette fois encore, aucune campagne marketing, aucune publicité pour annoncer ce Strokes, arrivant à un moment où personne ne l'attendait et là où certains pensaient voir ( enfin ) disparaître pour de bon le groupe qu'ils avaient adulé, puis détesté depuis Angles ( 2011 ), mais surtout le très controversé Comedown Machine ( 2013 ). Il a ainsi été bon train de spéculer sur une formation disloquée par l'ego surdimensionné d'un Casablancas aux pleins pouvoirs, d'une reformation aux motivations pécuniaires ; voyant en Comedown Machine le funeste cercueil d'une groupe ayant perdu son âme créatrice.
  Julian Casablancas ( chant/guitare ), Nick Valensi ( guitare ), Albert Hammond Jr ( guitare ), Fabrizio Moretti ( batterie ) et Nikolai Fraiture ( guitare basse ) s'étaient alors éloignés de leur cocktail de rock 70's pour emprunter les chemins plus pop d'une production 80's, tout en gardant une part primordiale au chant désinvolte de Casablancas et aux guitares incisives de Valensi et Moretti. Le rendu y était certes moins électrique et spontané que par le passé, mais le groupe conservait son esprit rock, sans se laisser appâter par la facilité de schémas de composition déjà bien usés. Perdant de leur énergie brute, ils proposaient des morceaux plus posés, plus matures peut être, malgré des envolés vocales se faisant parfois caricaturales, comme sur Chances.  


     Vous l'aurez donc compris, je suis un grand amateur de Comedown Machine qui se pose comme une suite logique à un Angles qui annonçait déjà une production plus travaillée et moins spontanée que lors des premiers disques.  Possédant d'ailleurs une plus grande homogénéité et intégrité que son prédécesseur, probablement lié à des conditions d'enregistrement plus propices, Casablancas n'étant pas en tournée pendant le travail en studio. 


     Voici donc leur deuxième EP après The Modern Age de 2001. On pourrait penser à la fin d'une agonie qui n'en fini pas depuis leur break de 2007, mais que nenni ! Il s'agit bien d'une reconstruction méthodique du groupe. Le quintet nous propose trois titres d'une facture digne de leurs plus grand titres et faisant le résumé condensé de toute leur discographie. En témoigne le modeste titre "Future Present Past" décrivant peut être dans l'ordre les trois titres originaux de l'album.


     Commençant par un "Drag Queen" à l'introduction digne de Joy Division, le disque nous prend d’emblée par surprise ( quoi que non sans rappeler celle de "Two Kinds of Happiness" sur Angles), à se demander si on écoute bien du Strokes, avant que la nonchalante voix de Casablancas viennent au galop donner se cachet propre au groupe, tout en voguant sur un style résolument Post-Punk. L'énergie n'est pas ménagée et dès le premier titre on ressent ainsi une certaine spontanéité retrouvée dans la composition et un équilibre dans la formation. 

     S'en suit le très bon "OBLIVIUS" qui nous ramène dans leur style déjà adopté sur Angles et Comedown Machine, avant que le refrain nous fasse plonger dans la nostalgie de l'album First Impressions of Earth dans une envolée vocale. 

     Puis vient le sublime "Threat of Joy" rappelant lui le cachet de l'album Room on Fire avec ses morceaux plus posés. C'est résolument leur morceau rappelant le plus leur première période et mon titre préféré. 

     Le court EP se finit enfin par un remix très 80's d'"OBLIVIUS" par le batteur du groupe, Fabrizio Moretti, qui bien que moins touchant, montre le chemin de la réconciliation entre les deux périodes du groupe que l'on espère à nouveau réuni pour une longue période.


     A la fin de son écoute, l'EP respire la renaissance pour ce groupe bien malmené depuis 10 ans. Nous faisant espérer dans l'enthousiasme de ce très bon 4 titres la sortie de nouveaux chefs d'oeuvre dans leur discographie, mais aussi l'unité dans la formation !



     C'est donc avec une nostalgie inconditionnellement subjective que j'ai abordé ce nouvel opus et je dois bien avouer que j'étais déjà conquis avant même de l'avoir écouté. Ce qui n'aurait d'ailleurs pas été forcement le cas si la sortie avait été annoncée de longue date, donnant le temps à l’appréhension et au doute de s'installer. Espérons donc de nouvelles surprises de leur part très bientôt eux qui avaient annoncé lors de la sortie de Angles vouloir sortir des albums à intervalle plus régulier.


A écouter sur Spotify ICI.


ETIENNE


  Comme l'a bien expliqué Etienne, les carrières solo respectives ont permis aux membre des Strokes de pouvoir s'exprimer artistiquement, et cela a considérablement déminé le terrain et ouvert de nouvelles pistes au groupe. Après deux albums mal-aimés mais plutôt très réussis à la réécoute (la plupart des gens, dont moi, étaient indisposés à entendre de la pop 80's bubblegum venant de ce groupe, et puis à l'écoute ils semblaient si peu investis dessus...), cet EP essaie en effet de réaliser l'exercice de la synthèse et de l'ouverture sur une suite novatrice.

  Le premier titre, "Drag Queen", est en effet ultra cold wave, les guitares, la basse et le rythme ne trompent pas. Casablancas a retrouvé avec joie le gimmick du micro saturé, aussi. C'est très sympa, c'est un peu déjà entendu mais le morceau est très dense, il s'autorise à durer un peu plus que la moyenne et il y a mille choses à écouter. Et puis le rythme impose une transe assez prenante. Bon départ !

  "OBLIVIUS", le second morceau, a été très bien décrit par Etienne, le rythme de batterie tout en break est typique de First Impressions Of Earth (et le refrain également, bien vu là encore Etienne), le côté pop des sorties solo de Casablancas et des deux derniers albums, et les guitares mi-glam (elles ont parfois l'éclat et le côté démonstratif, brillant et paillettes d'un Queen ou autre monstre sacré du genre), mi-africanisantes des croisements hardcore-wold de Tyranny (Julian Casablancas & The Voidz, sous influences du funk turc). Là encore, c'est dense, y'a beaucoup à écouter et c'est très bon.

  "Threat Of Joy", plus épurée instrumentalement, rappelle les morceaux plus en émotion des deux premiers albums. C'est réussi aussi, avec le chant de Julian entre Iggy Pop et Lou Reed. Et ça confirme la théorie d'Etienne, c'est le "Past" ce morceau là. Et le remix final est sympa, un peu boursouflé ceci dit, il supportera mal la réécoute. 

  Bref, un bon petit EP qui montre un groupe plus investi que sur les précédents, et qui nous permet de réévaluer ces derniers à la hausse. C'est donc un groupe en bonne forme auquel on a affaire, cela restant à confirmer sur un format plus long.  

PS : désolé pour les couleurs mais c'est pas voulu, la mise en page de blogger est buguée et capricieuse c'est assez insupportable

Alex 

 

mardi 2 juin 2015

David Bowie - A Better Future (Remix by Air)

Pochette de Heathen (David Bowie, 2002)
 
  Après vous avoir parlé d'une incursion réussie de Bowie dans l'électronique, permettez-moi de vous présenter une incursion de l'électronique dans Bowie.
  Blague à part, je vais vous parler du remix par Air de la chanson de David Bowie "A Better Future" sortie en 2002 sur l'album Heathen.
 
  Bon, je ne vais pas vous faire l'affront de vous présenter Bowie, génie absolu de la musique pop. Par contre, pour ceux qui sont passés à côté de Air, il vous faudra peut-être revenir sur vos écoutes. Car il s'agit bien d'un des groupes majeurs de ces 25 dernières années. Leur musique, entre Gainsbourg, ambient, électronique façon Kraftwerk ou de Roubaix et les orchestrations qui n'ont pas à rougir pas devant une BO de Morricone, est d'une richesse et d'une finesse inouïe.


Le groupe Air
 
  Air, alors au sommet après la sortie de chefs-d'œuvre comme Moon SafariVirgin Suicides et 10 000 Hz Legend, ont participé aux bonus de l'album Heathen de Bowie en le gratifiant d'un remix de leur cru. Autant le dire tout de suite, la version de Air est le meilleur bonus de ce disque (et sûrement un des meilleurs remixes que je connaisse) et, malgré toute mon admiration pour Bowie, explose largement l'originale. Cette dernière est une agréable chanson pop rythmée et parsemée d'électronique.
 
  Le remix, quand à lui, est intense. Sur un fond musical électronique, froid et clinique (inquiétant aussi) la voix de Bowie se fait plus grave, rehaussée par moments d'un vocodeur distillant là aussi très bien une atmosphère inquiétante. Les chœurs et la voix sont merveilleusement mis en valeur, l'ambiance est paranoïaque, on croirait la BO d'un film de SF en pleine dystopie. Alors que Bowie implore, se désespère, se lamente, la musique s'intensifie.
 
  Des moments d'accalmie surviennent quand une orchestration plus organique fait son apparition et permettent de dynamiser ce remix et de le propulser vers les sommets, jusqu'à un solo de guitare final au son typique de Air qui va achever ce remix en beauté.
 
Magnifique.
 
 
Merci pour votre lecture et vos commentaires et à bientôt !
 
Alex
 

mercredi 29 janvier 2014

Chromeo - Over Your Shoulder (Mr Oizo Remix, 2013)


 
  Si je ne m'abuse, c'est le premier remix qu'on aborde ici. Je vais faire court, parce qu'encore une fois, la musique parle d'elle même.
 
  D'abord, l'originale : "Over Your Shoulder", de Chromeo. Des artistes très intéressants, ça fait pas mal de temps que des tas de gens très recommandables travaillent avec eux ou remixent leurs morceaux. Du coup je tombe dessus, et j'aime à chaque fois. Il va falloir que je m'intéresse de très près à ce groupe. Pour situer le registre, on est dans de la disco-funk très pop, revue à la sauce French Touch. Vous voyez Breakbot ? C'est l'idée. En plus "black", funk, et moins Saturday Night Fever. Personnellement, j'adore. Une petite perle electrofunk tendance eighties, à la fois dansante et apaisante :
 
 

 
 
  Le remix, maintenant. Signé Mr Oizo, qui ne fait ni sa première ni sa dernière apparition sur ce blog. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, il excelle dans les remixes disco-funk. Et celui-ci en est une preuve de plus. Il apporte de la folie dans un morceau originalement assez calme, grâce à ces nombreuses touches à la fois absurdes et terriblement accrocheuses dont il a le secret. Et c'est pas loin d'être la meilleure chose qu'il ait produite l'an passé, devant le pourtant excellent "Unicat", sur Amicalement EP. A mes oreilles en tous cas.
 
Pour écouter ce très bon remix, c'est ici !
 
 
 
ALEXANDRE