Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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jeudi 2 novembre 2017

Myd - All Inclusive (2017)

Le label Ed Banger, porte drapeau de la French Touch 00's, en atteignant le rang d'institution en son domaine, semble trop souvent vivre de ses artistes "vedette" et donne ainsi l'image d'un organisateur de soirées pour nostalgiques de leur adolescence. Entreprise à échelle humaine, ils ont ainsi préfèrer signer au compte goûte leurs artistes aux univers musicaux très variés. Dernièrement, on avait pu découvrir le génial Borussia sur son Ep Kinda Love ou plus discrètement Fulgeance avec The Phoenix. Mais c'est bien de leur dernière signature dont il est ici question et le moins que l'on puisse dire c'est que la maison de Pedro Winter à frappé un grand coup, surprenant pas mal de monde avec un Ep où on ne les attendait pas.




     Ce grand coup, c'est l'oeuvre de Myd que vous connaissez sûrement comme membre du collectif Club Cheval. Parti de Lille pour Paris avec ses potes, il rencontre, grâce à un manager commun, Brodinski  et son label Bromance, malheureusement dissout au début de cette année 2017, avec qui il va enchaîner les productions électro et house. C'était sans compter sur la passion de ce dernier pour le rap, l'emmenant à Atlanta pour concocter des beats pour le gratin état-unien du hip-hop, tel ILOVEMAKONNEN, Young Scooter ou Rae Sremmurd. L'occasion de signer un titre sur son projet solo, ce sera No Bullshit avec Twice et Lil Patt. Il va même collaborer avec Theophilus London pour son anthologique Vibes, donnant le beat à Kanye West sur le très bon Can't Stop. De cette aventure racontée dans la très bonne interview de abcdrduson, en résulte l'album Brava sorti en 2015 et une jolie expérience dans un style que le producteur n'avais jamais pratiqué avant de s'envoler pour les states. 
     C'est là que ses relations avec Dj Kore, parrain des producteurs du hip-hop français, entrent en jeu. Travaillant en véritable duo, ils vont alors produire pour des artistes comme Alonzo ou Lacrim. Mais on retiendra surtout son travail de beatmaker pour SCH avec leur énorme tube Champ Elysées, rien que ça ! Devenu producteur de hip-hop malgré lui, il s'investit plus encore dans l'aventure Club Cheval, tant en studio qu'en live, tout en ayant 3 EP solo au conteur.




     Nous prenant une nouvelle fois à contre pied, l'artiste à très récemment rejoint le club Ed Banger qui a signé son quatrième Ep solo avec All Inclusive sorti en octobre dernier, dans un genre où on ne l'attendait là encore pas. Un style estivale, léger et décalé, aux accents de synth-pop 80's, pour une production qui n'en reste pas moins ambitieuse et géniale. Trois titres étonnants et ravissants qui font écho à la musique pop d'artistes comme Connan Mockasin ou Jakob Ogawa, tout en y apportant cette touche sucrée nu-disco/dance propre au label et à l'artiste, ainsi que les influence d'un certain french funk 80's tendre et mélancolique, pour lequel je ne me lasse de citer le travail de Christophe Laurent sur Lait de Coco. En ce sens, on se rapproche de la composition de Nit dont nous vous faisions l'éloge récement sur ce blog.



     Le titre racoleur All inclusive nous vend ainsi une croisière entre kitsch et plaisir coupable. Quentin Lepoutre aka Myd assume cette démarche jusque dans son image, mise en scène dans le terrible clip du single éponyme à l'album. Il y a véritablement pris part à une croisière de vacance, accompagné d'Alice Moitié qui signe le clip et l'art work de l'album. Baignant dans l'impertinence et le second degré, il y montre le côté fun de cette culture du kitsch et du revival 80's qui frappe en ce moment le monde artistique et populaire. 





Avec The Sun, All inclusive et Bingo c'est aussi l'occasion de prolonger artificiellement un été qui s'est déjà noyé dans le ciel gris et pluvieux de l'automne. Un Ep qu'on se réécoute avec passion et envie.


A écouter sur Deezer ou Spotify.



Etienne

vendredi 11 août 2017

La Playlist #13.7 : Nervous Records

Dans notre tour du monde des labels de musique house, on traverse à nouveau l'Atlantique pour poser valises à New York. En cette mère patrie du genre, Nervous Records fait figure de vétéran. Fondé en 1991 alors que la house connaissait son grand essor des 90's, peu nombreux sont les labels pouvant se targuer d'une telle longévité et d'une telle intégrité dans son catalogue. Malgré plus de 25 ans d'âge et autant de révolutions musicales, Nervous Records a en effet su garder une intégrité et une esthétique forte, un peu à l'image de leur fidèle et sympathique logo. Ils ont ainsi préservé un son très 90's et une énergie clubesque assumée, en débit d'un catalogue vertigineux. On ne parle ici que du versant house du label qui possède aussi une section hip-hop tout autant passionnante.




     On attaque la playlist avec le Stratton de Modest Glesman sorti le mois dernier. Sa techno endosse à merveille l'héritage de Détroit et ses légendes comme Juan Atkins ou Derrick May. L'approche y est naturellement très rythmique, mais aussi bruitiste avec ce ping-pong de blocks de batterie et autres sonorités synthétiques.

     Titre suivant avec Jackin Anthem sorti le 31 juillet dernier. Beatmaker dans l'âme et adepte du Djing , Angelo Ferreri y associe une base rythmique techno avec des extraits du très samplesque You'll Never Know des états-unien de Hi-Gloss, qui sonne ici étonnamment italien entre les mains de ce sicilien. Avec ce pitch boosté et ses effets de Djing parfois indigestes, un concentré de soleil vient inonder nos oreilles. Il tranche avec d'autres utilisations beaucoup plus posées du sample, comme celle de 6th Borough Project et son Just A Memory. Intéressant à bien des égards, le titre est un parfait cas d'école pour comprendre le Nu-disco et ses inspirations italo-disco survitaminés à coup de beats house. Ce d'autant que le titre laisse à voir tout ses traits de fabriques, avec ses filtres francs et ses coupes de samples brutes. 

     Ce petit trio se termine en une ambiance beaucoup plus chill avec une magnifique collaboration de Motum & Shai pour ce très house Somewhere Somehow tout fraichement sorti le 7 août dernier. Dans une ambiance tout aussi énigmatique que son titre, il vous propose 6 minutes de vol plané. Une véritable petite perle qui prolongera avec délicatesse vos longues soirées d'été.


A la semaine prochaine pour la suite de cette aventure musicale estivale !




Etienne

vendredi 28 juillet 2017

La Playlist #13.5 : SGN.LTD

Si il y a bien une partie de la musique électronique qui peut être snobée et mal aimée, c'est la Drum & Bass. Il faut ainsi aller au delà du mésusage récent que certains cadors de l'EDM, comme Skrillex, en ont eu, pour gouter à la véritable nature de ce style héritier du mouvement Jungle et de ses racines reggae, peu évidentes au premier abord. Taillée pour la fête, la Drum & Bass a, comme son nom l'indique, mis de côté la mélodie pour tout miser sur ce qui fait véritablement bouger les dance floore, les basses et le rythme. Les rythmes utilisent le breakbeat, déchainement de kicks et de snares sur un tempo dépassant allègrement les 150 bpm, ainsi que la polyrythmie à foison, tranchant nettement avec ses cousins de la techno et de la house aux rythmes imperturbables. Côté basses, on va dans le très grave, cherchant des tonalités peu usuelles et ainsi créer des sonorités singulières à notre oreille. Le style princeps est assez énervé, mais s'est vite ouvert à des mouvances plus chill et c'est par ce biais que je voudrais vous amener à la Drum & Bass avec le label très anglais de Brighton SGN.LTD. Label qui est en fait un sous label de Shogun Audio dédié à des signatures plus chill et mélodiques. Depuis 2006, ils ont ainsi signé des artistes comme le duo londonien Technimatic ou Spectrasoul. Mais voici les dernières sorties du label qui, je l'espère, vous réconsillieront avec le style.




     On commence avec une nouvelle signature du label, que ce travail en duo des anglais Macca et Loz Contreras, pour un deux titres sorti à la toute fin juin. Le résultat est simplement beau, tout particulièrement leur bien nommé In The Mood, qui, de son très beau sample, ambiancera à merveille vos fins de soirées festives.

      Autre nouvelle signature 2017 de SGN.LTD, la première sortie du duo Koherent, constitué de Subdivision et Precision. Dans une ambiance urbaine et onirique, la poésie des beats parle d'elle même, avis aux amateurs de sons 90's pour cet entêtant Night Cycles !

      Pour terminer cette playlist, voici une signature historique du label. L'états-unien Submorphics a sorti un nouvel Ep, Without You, au début de l'année. Je vous conseils particulièrement le très bon Lost In The Lights, où les rythmes Drum & Bass mettent magnifiquement en relief une base mélodique inspirée de la deep house 90's, ainsi qu'une impécable participation vocale de Christina Tamayo, habituée des ces collaborations aériennes avec des artistes house.


A la semaine prochaine  pour une nouvelle playlist !

Etienne




mardi 11 juillet 2017

Polo & Pan - Caravelle (2017)




L'avis d'Etienne :

     Caravelle, c'est le nom du premier album de Polo & Pan, duo parisien formé de deux résidents du très chic Baron Club, Paul Armand-Delille alias Dj Polocorp et Alexandre Grynszpan Dj Peterpan. Dans ce projet ne reniant en rien les origines électroniques des deux amis, les influences musicales sont riches et nombreuses. Il nous embarquent pour une croisière tropicale et onirique, aux accents d'enfance et de voyage. On y retrouve les singles qui nous avaient fait craquer pour ce duo, comme Plage Isolée ou Dorothy, mais surtout une ribambelle de nouveaux titres que nous attendions avec impatience. Le tout est signé sur le label parisien Ekler'o'shock.


  Ce voyage commence par le très cosmique Abysse, alliant samples de voix rétro-futuristes et synthés electronica. A peine embarqués, que nous rejoignons Aqualand, où les voix prennent la forme de chants de sirène, nous appelant de leurs rythmes tropicaux, jusqu'à ce break électronique et jouissif. On comprend dès lors le terme "space jungle" dont les deux artistes usent pour qualifier leur musique. C'est aussi l'occasion de découvrir les deux autres membres de ce presque quator, Victoria Lafaurie et Marguerite Bartherotte. Deux artistes multi-casquettes qui viennent prêter leur voix et donner ce goût de pop à la musique de Polo & Pan. C'est d'ailleurs cette dernière qui a écrit les parole d'Aqualand.


Paul Armand-Delille à gauche et Alexandre Grynszpan à droite
  Puis la premier escale arrive avec Canopée, associant cette guitare tranquille et ces rythmes calypso, comme montant d'une luxuriante forêt. On y entend cette même manière d'allier une chanson française électronique à des inspirations très brésiliennes, comme Sébastien Tellier avait pu le faire avec grande maîtrise sur L'Aventura.

  Sur Coeur croisé, les voix s'entremêlent avec grande classe, sur des rythmes quasi reggae, se permettant même le luxe d'un solo de saxophone. Les voix des deux chanteuses s'y balladent avec une osmose stupéfiante, pouvant rappeler la manière dont le duo Brigitte use de leurs voix. La langue française y est ici utilisée avec délicatesse et poésie, apportant énormément à la construction cet univers rêveur et naïf.




  Une nouvelle escale s'en suit, Zoom Zoom, qui assume pleinement ses influences brésiliennes avec le très pertinent sample de Zum-Zum d'Edu Lobo. On notera l'humour du titre de la chanson. De la même manière dont ils s'approprient le titre, ils arrivent à conserver l'essence de la musicalité du sample tout en y apportant une nouvelle fraîcheur, nous faisant déhancher sur ces airs de boss nova avec les beat ultra cachy de leurs background électronique. Un titre remarquable.


  Ne nous laissant pas de répit, Nanã continue de nous faire danser sur ses airs de musique brésilienne 60's. Le mélange est là aussi réalisé avec grand goût, dans une qualité de production tout bonnement déroutante.

  Puis on change de continent, quittant l'Amérique du Sud pour Kirghiz et ses rythmes d'Asie centrale. Le titre vient alors trancher avec la naïve fraîcheur des titres précédent, pour une atmosphère beaucoup plus pesante, rappelant parfois celle de la techno berlinoise.

  Vient ensuite Dorothy que nous connaissions déjà, puisque sorti en 2014. Il continue dans cette ambiance plus inquiétante, usant de rythmes très house et de ces sons de verre inquiétants, un peu à la manière dont Jacques fait de la musique à partir de samples de bruits divers. Polo & Pan a d'ailleurs collaboré au début de l'année avec Jacques sur son magnifique Jacquadi. Les deux univers s'y entremêlent avec génie sur un clip de Vincent Castant qui avait déjà réalisé le très remarqué clip de Dans la Radio.


  Autre titre que nous avions déjà pu écouter et pas des moindres, leur excellent single Plage Isolée, sorti en 2015. Il cristallise à lui seul tout l'univers de Polo & Pan, entre rêve et réalité, comme voguant sur cette caravelle onirique, entre terre, mer et air, s'inspirant tout autant de mélodies africaines que de musique tropicale. La langue française, de toute sa poésie, vient alors donner une cohérence à ces influences multiples. On pense alors d'autres références française comme François & the Atlas Mountain.

  Avec Mexicali on traverse à nouveau l'Atlantique, pour accoster sur un Mexique délirant aux ambiances de fête foraine caribéennes, avec ce rythme étonnants. La voix féminine et la production ne sont d'ailleurs pas sans rappeler l'américano-trinidadienne Nicki Minaj. Bien qu'il ne soit pas le morceau le plus remarquable de l'album, il participe à la biodiversité esthétique de cet album foisonnant.

     Chasseur d'Ivoir, ode au voyage, nous emmène dans un trip électro-chill africain, utilisant une production électronique à la manière pop de Air, tandis que la place du chant et les sonorités vocales nous rappelle un autre duo français, Paradis.

     La caravelle termine alors son voyage fantastique dans Pays Imaginaires où les harmonies vocales, rappelant là encore le duo Brigitte, sont portées par des rythmiques tropicales et dansantes sur fond d'ambiance de B.O. Walt Disney.


     Ce premier LP de Polo & Pan est donc une franche réussite. Tout en y reprenant les précédents singles qui les avaient fait connaître, ils ont su nous concocter de nouveaux titres variés et singuliers, dans une ambiance elcetro-chill tropicale appelant au voyage et à la découverte.  



A écouter sur Deezer ou Spotify. Pour se le procurer le vinyle c'est par ici ou en digital sur iTunes.

Bonne écoute à tous !


Etienne



L'avis d'Alex :

  Un très agréable disque d'électro-pop française, qui arrive à rester sur le fil et éviter certains clichés de la pop électronique radiophonique tout en conservant une fraîcheur et une accessibilité intactes, grâce à une démarche volontiers maximaliste ne se privant pas de luxuriance dans les arrangements (cf l'intro "Abysse"). 

  Les chants féminins, très bons, les rapprochent de groupes comme L'Impératrice, La Femme, Les Pirouettes ou des travaux de Lewis OfMan ou Vendredi sur Mer. On a un grain 80s également dans le chant, avec la chanson française à synthés typique de l'époque, sur la bonne "Aqualand", le tube irrésistible "Canopée", et surtout le superbe single "Coeur Croisé", dont le refrain entre chanson et reggae m'intrigue : les choeurs chantent une mélodie vocale me rappelant un tube 80s français, mais lequel ? Si vous avez des indices, je suis preneur ! D'ailleurs, le côté années 80 est accentué par le rythme et le saxo sur cette chanson en particulier, qui est une des plus réussies de l'album. 

  Les tribulations musicales ("Zoom Zoom", la très belle "Nanã" au sample magnifique, presque beatlesque, "Kirghiz", "Dorothy", "Plage Isolée (Soleil Levant)") du duo s'en sortent bien, loin des horribles et insupportables mièvreries globe-trotteuses de Jain, ou du côté poussif et carnavalesque du dernier M se prenant pour Damon Albarn. Même si "Mexicali" est moins intéressante, que "Pays Imaginaire" est juste sympathique, et que "Chasseur d'Ivoire" est pas loin d'être horrible, l'album se tient quand même bien et vaut le détour.

Alex



vendredi 30 juin 2017

La Playlist #13.1 : 17 Steps

Voici le premier trio de house hebdomadaire que La Pop d'Alexandre & Etienne vous propose tout l'été. En ce premier vendredi, nous traversons la Manche pour mettre en lumière la mythique house anglaise avec les dernières sorties du génial label londonien 17steps.



     Cette sélection commence par le single du dernier EP de Dusky, duo phare et fondateur de ce label aux 3 ans d'existence. Londoniens que l'on avait pu découvrir  sur leurs géniaux EP précédents, Lydia, Careless, Nobody Else ou encore Ordinary World, dans un style house très mélodique, inspiré de l'electronica et laissant la part belle aux samples vocaux. Sur leur dernier EP, Cold Heart, sorti en ce mois de juin, ces sons très 90's ne font pas défaut. La preuve en est avec ce magnifique titre éponyme.

      Puis vient la techno beaucoup plus sombre et mécanique de Christian Piers, avec une autre signature récente du label que ce Detachment EP, proposant une musique plus proche de la scène berlinoise.

     Pour clôturer cette première playlist en terres anglaise, voici le merveilleux single de Simon Baker alias B.K.R, produit avec son compatriote Jamie Jones, dans une fusion des meilleurs goûts entre la house anglaise et la techno de détroit. Je vous recommande chaudement son Fly EP sorti au début de l'année !

Pour en savoir plus sur ce très bon label, allez voir le site de 17steps recordings.


Bonne écoute et à la semaine prochaine !


Etienne

samedi 29 avril 2017

Justice - † (2007)





  Cette semaine, les disques sortis il y a dix ans déjà, en 2007, sont à l'honneur sur La Pop d'Alexandre & Etienne, avec un album par jour présenté jusqu'à mardi dans le cadre de notre troisième édition de La Semaine De La Pop.

     La génération 90 a eu les Daft Punk pour fer de lance et bien la mienne aura Justice! Moi qui n'avais guère l'âge de vivre pleinement la french touch, il m'était donné d'en vivre une nouvelle vague de plus excitantes, tel un second summer of love. Pour la première fois, j'allais vivre l'excitation d'un mouvement musical en marche. Je me pris alors en pleine adolescence cette nouvelle French Touch, enfant des Dafts portée par leur manager, le fameux Pedro Winter et son maintenant mythique label Ed Banger. Ce fin communicant arrive alors à créer un véritable engouement autours d'artistes tel Dj Mehdi, Sebastian, Mr Flash, le graphiste So Me, mais surtout Justice. En cette période où je ne faisais que découvrire l'océan musical qui s'offrait à moi, je fus confronté à cette musique d'extra-terrestre, avec ses sons ultra compressés, sa distorsion à tout va et ses centaines de mirco-samples assemblés en un titanesque patchwork, comme autant d'influences sonores et stylistiques différentes. En quelques tubes ultra denses, Justice me faisait découvrir la disco, la house, l'EDM, le funk, le hard-rock, les sons 70's, 80's et 90's. Un pur concentré multivitaminé, taillé pour la danse, ampli de la violence de sa production électronique et de l'hédonisme de ces titres dénués de tout message. A l'instar de cet album sans nom, que la presse appellera .


Xavier de Rosnay à gauche et Gaspard Augé à gauche, constituant le duo Justice.

     Au delà de la musique je succombais à ce visuel, à ces deux hommes habillés en rock star, jeans et vestes de cuir, capillarite hors norme et attitude outrageuse. Il faut dire que ces graphistes de formation attachent au moins autant d'importance à leur visuel qu'à leur musique, aimant à utiliser des symboles aussi forts que cette fameuse croix et ce nom chargé de sens. Et que dire de leurs live, alliant ampli Marshall et mur d'électronique? Ils y sont des bêtes de scène à la manière des icônes du hard rock ou du heavy metal. Une vie de super star débridée et paradoxalement assez triste, mise en scène dans le très immersif documentaire dédié à leur tournée américaine, humblement titré Across The Universe et réalisé par Romain Gavras.

Justice en live.

    Par toutes ces caractéristiques, Pedro Winter décrit d'ailleurs très pertinemment la musique de ses poulins comme de la heavy disco. Ils se définiront eux même comme à mi-chemin entre Chic et Slayer. On comprend ainsi mieux le nom du label Ed Banger qui fait allusion à la fameuse gimmik propre au milieu métal, le headbang. Montrant cette volonté de décloisonner les genres, comme Dj Mehdi a pu le faire dans le hip-hop.

De Gauche à droite :
Gaspard Augé, Pedro Winter et Xavier De Rosnay

     C'est en 2003 que le groupe signe chez le tout récent label parisien, grâce à leur remarqué remix de Never Be Alone de Simian. Se dessine alors déjà le son compressé et empreint d'une fièvre discoïde qui allait faire la marque de fabrique du groupe. S'en suit une flopée de remix et de collaborations, notamment avec les Daft Punk. Je vous passe les folles rumeurs qui ont couru sur la possibilité que ces deux groupes puissent être l'oeuvre d'un seul et même duo. Viendra ensuite des morceaux solos dont le fameux Wathers Of Nazareth en 2005, persistant dans cette lignée de disco hardcore. C'est entre 2006 et 2007 que le duo, qui a déjà une solide expérience live et une grosse réputation, entre en studio pour compiler et étoffer de d'autres titres ce travail. Ainsi, dans l'urgence d'une vie en tournée permanente, au sein d'un studio confiné au sous-sol non ventilé et exigu d'un batiment parisien, le groupe s'exécute et réalise ce qu'il ambitionne d'être un "opéra disco". Pour arriver à leurs fins, contraints par ce qu'ils déclarent être un manque de technique, ils coupent et recoupent des micro-samples de centaines de tubes disco, rock, funky, pour créer une créature hybride et donnant à cette production ce son si singulier, cette marque de fabrique Justice.

     Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce contexte si oppressant à la création musicale, resurgit, transpire, suinte de ces 12 titres. Le ton grave et violent y est donné dès le premier titre, Genesis, où cuivres et tambours body buildés semblent ouvrir les portes à une fournaise infernale et démoniaque, taillée pour les clubs. Introduisant un autre grand tube de l'album, Let There Be Light, un titre plus mélodieux et surtout plus funky, rappelant les géniaux samples 70's des Dafts sur Discovery
Puis vient ce qui restera comme le gros succès international de Justice, le mythique D.A.N.C.E.. Hommage déclaré à Michael Jackson, il met en avant un choeur d'enfant qui n'est pas sans rappeler les Jackson Five et est en faite une reprise de la mélodie de Me Against The Music de Britney Spears en duo avec Madona. Les paroles du titre sont d'ailleurs toutes reprises de chansons de king de la pop M.J. et sont visibles sur le fameux clip qui l'accompagne. Illustration du principe de composition en patchwork, les violons présents sur la chanson sont eux repris de l'orchestration de Sunny de Boney M. Le tout propulsé par un beat, la magie opère!
     Le morceau suivant Newjack, propose un électro-funk toujours aussi entraînant, avec ces sons ultra compressés et suffocants, rappelant la techno acide de l'Allemand Boys Noize.

     S'en suit le dytique Phantom et Phantom Pt. II qui de leur voix démoniaques vocodisées et de leur beat tranchant, opèrent la métamorphose de cette créature dans un style beaucoup plus violent et oppressant, déjà entrevu sur le titre d'ouverture. Phantom Pt. II resta d'ailleurs et reste encore, mon titre préféré de l'album, apogée de ce mixe house et disco. 

     Valentine ralentit le jeu dans des mélodies plus enfantines et plus 80's, avant de repartir sur TTHHEE PPAARRTTYY qui de sa voix féminine est imprimé d'un riff de basse ultra catchy.

     Vient ensuite DVNO, en collaboration avec le chanteur et producteur français du même nom, lui aussi signé chez Ed Banger. Il est souvent considéré comme le titre le plus faible de l'album, même si, à mon sens, il permet d'explorer une facette plus vocale de ce travail de reconstruction de la musique disco. 


Extrait du clip de stress réalisé en 2008 Par Romain Gavras

    Stress prend le relais. Il est sans contexte le titre le plus controversé de l'album. De sa mélodie digne des pires films d'horreur, il fait monter la tension à son paroxisme dans une violence musicale inouïe. C'est d'ailleurs cette violence qui a été mise en images par le très bon réalisateur franco-grec Romains Gavras (Signatune de Dj Mehdi, Born Free et Bad Girls de M.I.A ou No church In The WIld de Kanye West & Jay-Z), montrant une jeune bande de cité sans foi, ni loi, rassemblée sous la bannière de la croix symbolisant le groupe. Une violence telle que le clip sera interdit de télévision en France et paraîtra plutôt sur le site internet de Kanye West outre Atlantique. Les fans de DEVO reconnaîtront très vite dans ce morceau un sample tiré de Jocko Homo. L'autre sample notable est tiré d'un morceau de David Shire, Night On Disco Mountain


Le réalisateur Romain Gavras.

     Puis Water Of Nazareth rebondit sur cette violence, pour reprendre le chemin du dance floor toujours plus énervé, dans un son compressé à l'extrême. ici l'art de Justice exulte tout comme son public! Le duo ose même introduire une touche baroque en cet orgue reprenant la mélodie de Thriller de Michael Jackson. On y voit une façon très rock de faire de l'électro, un peu à la manière du duo italien Bloody Beetroots alors très en vogue.

     Cette inspiration rock est reprise avec les riffs très hard-rock de One Minute To Midnight clôturant magnifiquement l'album et présageant déjà le style de leur futur album Audio, Video, Disco, qui sortira en 2011. S'en suivra plus récemment Woman, paru en 2016. Mais aucun des deux ne saura égaler en qualité le premier opus, ni même reproduire l'engouement autour du groupe dont la musique s'est quelque peu assagi depuis, laissant découvrir d'autres facettes de leur musique. Un groupe qui reste encore aujourd'hui une référence dans le milieu de la musique électronique, en témoigne leur récente participation au festival Cochella 2017, où on a pu découvrir leur nouveau décort live, au moins aussi bien réussi que le précédent. Une expérience live que je vous recommande chaudement, comme j'ai d'ailleurs eu la chance de bénéficier à l'occasion de la tournée de leur deuxième album.

A écouter sur Deezer et Spotify.


Bonne écoute à tous !



ETIENNE

mercredi 19 avril 2017

Quazar - The Nightshift EP (2017)


Cela faisait de longs mois que je n'avais pas partagé de house music en ces lignes et je dois bien avouer que cela m'a cruellement manqué. J'y remédie de la plus violente des manières avec ce titre très énervé en provenance d'Amsterdam. L'occasion de faire un petit crochet dans le monde de la techno en 2017.



     Gert Van Veen est initialement un journaliste musicale, avant de devenir en parallèle producteur, Dj, encore organisateur de soirées techno/house et enfin directeur d'un nightclub, le Studio 80 à Amsterdam. Le néerlandais est véritablement un pionnier du genre dans son pays, grâce à sa résidence au RoXY club à Amsterdam et ses productions, tel que le précurseur Pay the Piper qu'il sort avec deux autres artistes en 1989 sous le nom A Men. Il participe alors pleinement à l'explosion de la techno Berlinoise en  Allemagne et entre dans la légende avec son duo Quazar, qu'il formera avec Erik Van Putten, avant de continuer en solo, au gré de la disponibilité que lui donne ses différentes activités. Ce néerlandais est à l'image de cette scène techno et de ses activistes multi-fonction, ayant créé et faisant vivre indépendamment des circuits habituels des majors, un style musical et une plus encore, une culture alternative. 

Le RoXY club en 1988, un an après son ouverture, alors que la vague
 house s'apprête à déferler sur l'Allemagne et les Pays- Bas.

Le DJ Joost Van Bellen au Roxy Club.


     Après de nombreuses parutions dans le courant des années 90 et une grosse pause durant les années 2000, le projet Quazar renaît en 2010 avec le bien nommé Number One EP,  sorti chez Bla Bla records et appelant ainsi à un deuxième EP qui sortira deux ans plus tard sur le label We Dig Music sous le nom de Surkus Jam EP. Ceux-ci proposant une house beaucoup plus moderne que la techno berlinoise pour laquelle il oeuvrait durant les années 90.


     C'est au mois de mars 2017 que Gert Van Veen a sorti The Nighshift EP, son troisième EP, sur le très bon et tout récent label Néerlandais, MARY GO WILD. Autant vous dire que c'est de loin la meilleur de ses galettes depuis les 90's. Il y revient à ses origines musicales, la house berlinoise et nous fait exploser aux oreilles une véritable bombe techno 90's, violente et énervée. A l'apogé dès le premier des trois titres éponyme de l'EP, le rythme y est mécanique et infernal, industriel et froid, se confondant en de multiples couches de snares et kick aux timbres rappelant fortement la TR 707On pense alors à des productions comme Act's Of Sensation d'Intact sorti outre Rhin en 1990. Arrive soudainement ce sonar acide house semblant nous appeler vers les profondeurs, tel une sirène hypnotisante, cruelle et séduisante. Cette sirène, c'est peut être la voix du Dj de Détroit Anonym sortant d'une radio d'un autre âge. Atteignant son zénith, le titre se finit alors dans la paix d'une mélodie idyllique, rompant avec la brutalité des 7 minutes précédentes.

Gert Van Veen


     Sur le morceau suivant, sobrement nommé 
Fuck That Shit, c'est là encore la voix d'Anonym qui fait le lien avec cette techno froide et répétitive, aux rythmes ultra cadencés, plus classiques dans leur forme et dans les sonorités.


     L'EP se termine alors par Truce qui, comme son nom l'inique, pose le rythme effréné pour un production beaucoup plus ambient et organique, tranchant avec les 15 minutes qui ont précédé, nuançant alors l'ensemble des 3 titres. Un repos bien mérité !


A découvrir sur Soundcloud ou Spotify.

Bonne écoute à tous !



ETIENNE



Pour en savoir plus :

- La discographie complète de Quazar et de Gert Van Veen sur Discogs.
- Gert Van Veen parle du RoXY club pour Resident Advisor.
- Le livre Awakenings : 20 years of techno de MARY GO WILD retracant 25 ans de techno à Amsterdam.
- Le site internet du label néerlendais MARY GO WILD.
- Notre Playlist #9.2, parue en septembre 2016 sur ce blog et racontant en musique la fabuleuse histoire de la house.

dimanche 26 juin 2016

Moon Bounce - Dress Rehearsal (2014)

Je me permets de poster ici une chronique de 2014 oubliée dans les méandres des brouillons de ce blog. Enjoy !




     Moon Bounce, de son nom Corey Regensburg, vient de Philadelphie pour nous proposer son superbe petit EP hip hop funky chillesque Dress Rehearsal sorti le 25 février dernier sur le label Chill Mega Chill. Et ce après un très bon ( meilleur ? ) premier album en 2013, nommé WheelhouseSa "Mutant Pop", comme il la définit, mélange guimauve et sucreries acidulés pour un assortiment de bonbons très alléchant, faisant penser à du Cherokee dans une version plus R&B ou au très estival Moon Boots. Je vous conseils plus particulièrement le merveilleusement funky Ouroboros, ou le très bon Shake et son surprenant clip peut être drôle, peut être tragique, je n'arrive pas à me décider. Ainsi ce clip à l'image de l'artiste, mélange un univers enfantin qu'il étoffe d'une manière bien personnelle. L'album se finit en beauté sur Chil et ses airs de Metronomy, virant très rapidement à la sauce chill. On regretta cependant le peut être plus faible Whore, qui fait tâche, d'autant qu'il constitue 1/4 des morceau ... le format EP ne pardonne pas !




Pour écouter l'EP 



mercredi 11 mai 2016

Hypnolove - Ghost Carnival (2013)



  J'avais déjà parlé de ce disque pour la dernière fois ici en en faisant mon 6e préféré de l'année 2013 (grande année pour ma part). Ce groupe français joue un hybride d'électronique et de pop synthétique avec des influences barrées et diverses allant du rock psychédélique (voire psychotique) au jazz, de techno et de house frenchy.

 

  Ca paraît complexe comme ça mais ça ne l'est pas, et ça on le sait dès l'intro, ce bien nommé "Simple, Classic, Beautiful". Qui commence sur des trompettes entre free jazz et pouet pouet à la Metronomy, drivé par un beat technoïde, psychédélique et une basse entre funk glacial et post-punk vicelard. Puis la voix pitchée dans les graves à la Cassius/Daft Punk introduit des percussions menaçantes, des cuivres qui le sont encore plus et enfin des cordes pincées et un piano de fête foraine tout ce qu'il y a de plus flippant aussi.... Et tout ça de façon ultra-fluide, lisible, avec un break pop funky en fin de morceau qui débouche sur un beat house dansant pour clore le morceau. Il faut l'écouter pour comprendre ce que je veux dire par là, et surtout pour se rendre compte tout simplement que c'est beau. De la grande pop de qualité aventureuse, ludique et fun.



  Ce fun est accentué sur la piste suivante, le funky et synth-pop "Holiday Reverie", avec ses échos dub, son rythme tropical, sa guitare africanisante, ses synthés baveux et ses choeurs aigus. Dans un monde parfait ce morceau et son refrain à la Tellier (collègue de chez Record Makers) serait un tube universel. 
  Un morceau à la Hot Chip en plus torturé suit, le bien nommé "Midnight Cruising", emmené par un synthé basse eighties et des cordes qui sonnent comme une guitare accouplée à une harpe.

  Et là, c'est le méga-tube. "Winter In The Sun". Si vous arrivez à vous la sortir de la tête un jour, appelez moi. Ce morceau de pop funky a la grâce des classiques instantanés, quelque part entre eighties funky et glaciales à la fois (Bryan Ferry, Prince) et électronique moderne (French Touch, Hot Chip encore...). Une merveille.



  On a encore droit à un morceau de cabaret synthétique à la Pet Shop Boys / Soft Cell, en assez sombre, avec "Come To My Empire". Puis à la ballade synthpop moroderienne en diable "Beyond Paradise", qu'on imagine bien écouter au volant d'une voiture de nuit. Mais là encore, loin du pastiche, le groupe ajoute des éléments de synthpop française avec ce petit synthé si frenchie, un chant féminin inspiré et des influences classiques pour donner une autre envergure au morceau.

  La harpe revient, ainsi que les synthés basse, et des clins d'oeil à New Order et aux Pet Shop Boys encore, pour le morceau titre "Ghost Carnival", et son chant d'enfant dépressif, comme si New Order avait sorti sa première démo alors que les membres étaient au primaire et déprimaient après s'être fait piquer leurs billes. Ce qui casse le côté dépressif de la musique, et lui donne plus de nuances. Les deux derniers morceaux enfoncent le clou de cette pop synthétique sombre mais pas désespérante, entre cordes et synthés, avec des influences pop, rock, classique maîtrisées et digérées avec brio.



  Bref, un excellent album de pop et un des tous meilleurs et plus originaux albums de synth-pop de ces dernières années selon moi

  Ce groupe a un son, une originalité, et une capacité à pondre de superbes morceaux pop résolument modernes. Et accouche donc d'un album ultra-solide de bout en bout et plus que bon dans un genre résolument tourné vers les singles (même les Hot Chip ont du mal à sortir des albums homogènes). Chapeau les gars !

Lien Spotify 

Alexandre

mardi 3 mai 2016

Krikor & The Dead Hillbillies - Land of Truth (2009)

     Krikor Kauchian est un producteur de minimale ayant émergé au début des années 2000 dans le sillon de la nébuleuse French Touch. En 2009, après 10 ans de service dans le circuit électro parisien, l'ambitieux français d'origine arménienne décide de changer son fusil d'épaule en sortant son premier album qu'il veut rock ! 




     C'est une bien belle création que cet album, hybride d'un jeu rock, aux ambiances folk, produit d'une main assurément électro. Ce cocktail fonctionnant à merveille n'est pas sans rappeler ce son "French Touch", où des producteurs de house passionnés de rock façonnaient des hits de ce sobre mélange de styles. A défaut d'utiliser la langue française pour faire du rock, ils la remplacaient par le language électronique, riche de ses rythmiques et boucles taillées pour les clubs.



     Ici le son est riche et travaillé, rock dans son grain racé et électronique dans ses rythmiques stéréotypées. Le résultat est proche du post punk mais se classerait plutôt en électro-rock. Les références sont alors françaises, avec des groupes comme Jackson & His Computerband, Nasser ou Bot'ox. Variant les atmosphères et les sonorités, avec notamment des collaborations multiples pour le chant, Krikor arrive à nous appâter tout au long de ces 11 titres qui se découvrent subtilement au fil des écoutes.

     Depuis cet aparté discographique, le producteur continue son avancée dans le milieu house où il produit de nombreux maxis et remixes. Ci-joint son souncloud.

     Voilà donc un album qui n'est pas en soi un indispensable, mais qui reprend à son compte une frange très intéressante de la musique actuelle, qu'est l'électro-rock et dans lequel des français ont su se démarquer grâce à l'héritage French Touch. 


Pour écouter sur Deezer c'est ici et Spotify ici.




Etienne