Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

mardi 21 juin 2016

Niki & The Dove - Everybody's Heart Is Broken Now (2016)




  La Suède est réputée pour sortir de nulle part d'excellents groupes de synthpop funky et louchant sur la disco, c'est bien connu. Niki & The Dove font partie de ceux-là, mais ils se détachent de la masse par leur talent incroyable. On va évacuer très vite l'influence principale du groupe que vous aurez deviné assez vite. On ne peut pas jouer comme Prince et se nommer d'après deux de ses chansons ("Darling Nikki" et "When Doves Cry" au hasard), ainsi que dire des trucs comme "Thieves In The Temple" dans une chanson et passer incognito (même remarque que quand on chante "We could be heroes for one day"... Hein David ?). 





  Mais je ne vous parlerais pas de ce disque si ces influences n'étaient pas aussi maîtrisées et dépassées par deux choses : la qualité de la production (le son est divin), des compositions (que des tubes ou presque), et le charisme fou de la chanteuse. Tout ça sonne comme d'ailleurs bien plus comme du Prince ou du Bowie que du Lauper ou du Madonna (énorme bon signe). 

  On commence avec une flanquée de tubes "So Much It Hurts", son beat 4/4, ses synthés et son refrain aussi déchirant qu'entêtant. Et comme je vous disais, tant dans le timbre aussi doux et innocent qu'écorché (légèrement) et sexuel de la chanteuse, le chant (et les choeurs) irradient le charisme à dix kilomètres à la ronde et propulsent cet excellent morceau vers les sommets. C'est vrai aussi avec la plus funky "You Stole My Heart Away", qui rappelle un autre prodige de la synthpop moderne, Blood Orange (énorme compliment). 





  "You Want The Sun" est quelque part entre un disco à la Blondie meets Moroder, du rnb à la Nao et du rock indé gorgé de soul à la Connan Mockassin ou LA Priest (la guitare). Là encore, les couplets sont à tomber et les refrains tubesques. Plus synthétique encore, "Play It On My Radio" est encore un classique instantané. Avec, derrière la synth-pop et les nappes de voix, un parfum world qui rappelle les Talking Heads avec Eno aux manettes. Sur "Scar For Love", les inflexions gospel écorchées de la chanteuse font sonner le tout comme une excellente ballade dépressive du Prince de la grande époque. "Lost Ub" est dans la même veine princière, avec un côté plus rock.




  "Coconut Kiss", plus ouvertement house (versant disco) et reggae / tropicalisante alterne entres couplets sexy et refrain addictif. Sur des tempos plus lents, le groupe éblouit toujours autant, y'a pas à dire. La fraîcheur de ce titre est totale et diversifie de façon agréable le son de l'album. "Miami Beach" est quand à elle un slow agréable, qui introduit une sacré doublette là encore plus Prince que Prince : "Pretty Babies" & "Everybody Wants To Be You", qui aurait pu être produites par le maestro en personne pour Vanity 6, Chaka Khan ou Apollonia 6. Des tubes énormes, encore.




  L'album n'est cependant pas complètement exempt de petits défauts. En effet, dommage que certains sons de "Brand New" et "Shark City (Tropico X)" sonnent trop électro-pop radiophonique circa 2010. Mais de toutes façons les chansons sont clairement plus faibles, malgré un joli climax vocal à la fin de "Brand New". De même, la conclusion "Ode To Dance Floor" est un disco bavard peu inspiré. Pas grave, 3 titres un peu en-dessous sur 12 c'est pas un gros problème, c'est même un excellent ratio.

  Bref, ne passez pas à côté de ce disque qui est une des claques synth-pop de l'année plutôt généreuse pour le genre (j'y reviendrai mais des groupes de synth-pop drivés par une fille charismatique y'en a un paquet cette année !). Promis, ça vaut laaaargement le détour, et pour preuve, ce disque ne quitte plus mes écouteurs depuis sa sortie. D'ailleurs, le lien Spotify c'est là.





Bonne écoute ! 
Merci pour votre lecture et vos commentaires, et à bientôt !



Alex

samedi 18 juin 2016

Frank Zappa & The Mothers Of Invention - Freak Out! (1966)


    Freak Out!, sorti en 1966, est le premier album de Frank Zappa et ses Mothers Of Invention, et un excellent point d'entrée dans la discographie touffue du jazz-rockeur fou.

  Ca commence tout feu tout fuzz avec "Hungry Freaks, Daddy". Sur une musique magnifiquement rock sixties, ce chant décalé et ce vibraphone (ainsi que le kazoo au milieu du morceau) donnent le ton : les Mothers font de la bonne musique et la prennent au sérieux, mais eux-même savent faire preuve d'une énorme dose de dérision, qui sert souvent de critique assez virulente de la société américaine. 

  Musicalement, ce disque est très riche, comme le prouve le second morceau, "I Ain't Got No Heart" qui oscille entre folk/rock et influences Rythm&Blues.     Il pose aussi certaines bases d'un psychédélisme un peu à part, celui qui est déjanté et critique, avec des morceaux comme "Who Are The Brain Police", trippant, cauchemardesque et cartoonesque à la fois. Bon, desfois l'expérimentation, c'est un peu long comme sur le final du disque : "Help, I'm A Rock", interlude psyché un peu longuet et sans beaucoup d'intérêt puis "It Can't Happen Here" et "The Return Of The Son of Monster Magnet", du même acabit. Mais c'est le revers de la médaille, et ça ne suffit pas à gâcher ce grand disque.


  Un de mes petits plaisirs sur ce disque est la parodie de Doo-Wop (genre que Zappa adore plus que tout, à raison) qu'est "Go Cry On Somebody Else's Shoulder", qui est au moins aussi hilarant que son titre est cruel (et drôle, pour une chanson d'amour), avec ce texte et ce chant... d'une délicieuse ironie.

  "Motherly Love" est un autre excellent morceau de rock psychédélique sauvage, avec encore une fois un son à tomber par terre. Bon sang, on ne le répétera jamais assez mais les Mothers sonnaient foutrement divinement bien ! Ecoutez moi-ça, n'importe quel producteur mourrait pour sonner comme ça. Ce disque est également une mine pour sampler, à vérifier si ça a été fait ou pas. De même "I'm Not Satisfied" et "Trouble Every Day" sont de très bons rocks.



  "How Could I Be Such A Fool", est sur la forme une ballade romantique assez magnifique, avec cuivres quasi mariachi, et une tension vraiment prenante, un autre morceau excellentissime. Un des gros points forts du disque. La même chose sera retentée, en plus Rythm&Blues, sur "You Didn't Try To Call Me", avec un peu moins de succès mais pour un excellent résultat tout de même.

  "Wowie Zowie" quand à elle est un bon morceau de pop bubblegum aux paroles encore une fois rigolardes (et au titre qui évoquera beaucoup aux fans de Pavement). De même, "Anyway The Wind Blows" est un superbe single pop très Beatles des débuts (mais ne le dites pas à Zappa il abhorre ce groupe). "You're Probably Wondering Why I'm Here" prend quand à elle la tangente et invente une pop oblique, aussi collante que décalée (encore et toujours ce kazoo !). 



  Bref, un album très dense (15 titres, 1 heure) et varié, avec d'excellentes chansons, un esprit unique, et un son de dingue. Un classique sixties à (re)découvrir d'urgence ici. Et comme je l'ai dit, un album qui permettra aux novices en Zappa de se familiariser avec la musique du moustachu et de sa bande de freaks déglingués, et d'aborder sa dense, riche et fantastique discographie. Et mention très bien pour la magnifique pochette tant qu'on y est !

Merci pour votre lecture et vos commentaire !

Alexandre

mercredi 15 juin 2016

Flatbush Zombies - 3001 : A Laced Odyssey (2016)



  Ce disque démarre comme sa pochette le suggère, en mode comics et cartoonesque, sur l'introductif "The Odyssey". Un compte à rebours annonce des cordes cinématographiques oppressantes, et une grosse voix grave de bande annonce balance "In a world full of haters, stands a single group, who clearly separate themselves from the rest" les Flatbush Zombies donc, qui recherchent la gloire et le triomphe. Sur cela déboulent des percussions martiales, un piano grandiloquent, puis le drop : un beat hip hop impeccable d'Eric "The Architect", le producteur surdoué du groupe, et un flow rugeux et impeccable, pour un résultat sombre et prenant à la gorge d'emblée. Le niveau est posé : les instrus seront d'une précision chirurgicale et les flows variés et agiles. Le décor est posé, finalement on n'aura pas un album de rap cartoonesque mais une tentative audacieuse de sortir le meilleur album possible, non seulement de hip-hop, mais de musique tout court. Avec un niveau d'exigence incroyable au niveau musical, dans les voix comme les instrumentaux, et une démarche sombre et sans concessions.




  Puis suit le tube absolu de l'album, "Bounce", dont le génie est de superposer un flow roots et rugueux au possible à une superbe instrumentation mélancolique, très pop synthétique, avec petites guitares post punk, boîte à rythme hip-hop et synthés partout. Un des grands morceaux rap de ces dernières années, à la fois ancré dans une tradition et moderne, et d'une qualité sans reproches. Le plus classique "R.I.P.C.D." suit, très East Coast et sombre, un peu à la manière de Joey Bada$$, l'autre artiste majeur de cette scène de Brooklyn (alias "Flatbush") à laquelle les Zombies appartiennent. Et ça fonctionne à merveille. Tout comme le psychédélique "A Spike Lee Joint" qui suit, et ses touches jazzy là encore très côte Est.



  L'album continuera sur cette lancée sombre et prenante, qu'il soit drivé par un piano mélancolique ("Fly Away", "This Is It"), des chœurs virils ("Ascension"), des synthés dépressifs ("Smoke Break (Interlude)", "New Phone, Who Dis?"), une guitare ("Trade Off", "Your Favorite Rap Song") ou des cordes ("Good Grief"). 




  A chaque fois The Alchemist nous sort le grand jeu avec productions riches et subtiles, et les MC délivrent un flow impeccable. Du grand art ! 
Si vous voulez vérifier par vous-mêmes c'est par ici.

Merci pour votre lecture et vos commentaires



Alexandre

samedi 11 juin 2016

Kaviar Special - #2 (2016)



  Il est difficile en 2016 de faire du rock. C'est une musique qui n'intéresse plus que les passionnés. Et les passionnés connaissent leurs classiques, ils ont déjà presque tout entendu. Donc il est quasi impossible pour un groupe même nouveau d'échapper au revival, puisque tous les sons et toutes les postures, de la plus soft aux plus extrêmes, ont été déjà créés, abandonnés, déstructurés, pervertis, remis au goût du jour, détournés... des dizaines de fois. 

  Cela est à double tranchant : tout sonnera immédiatement familier à l'auditeur connaisseur, et il sera facile de rentrer dans n'importe quel disque de rock moderne comme dans des charentaises, avec autant de culture et de pré-requis (plus de 60 ans de rock'n'roll accessibles sur n'importe quel site de streaming, rendez-vous compte !). Mais pour se démarquer, c'est un problème.

  Pourquoi croyez-vous que les disques portés aux nues ces dernières années comme des sommets de créativité soient du côté du hip-hop ou du Rnb ? Parce que les sons, les rythmes, les mélodies... y sont nouveaux. Traitements des voix, hybridations avec d'autres genres... Chez ces musiciens beaucoup est encore à exploiter. C'est pareil pour la pop, qui de par sa définition ultra-vague peut englober ces innovations. Le rock, c'est différent. C'est aussi une infinité de sons, mais les frontières du genre sont quand même moins plastiques. 

  Mais des tas de groupes, du très grand au plus modeste (en termes d'audience), arrivent encore (et heureusement) à sortir du lot avec classe et panache. On a même encore des "phénomènes" rock depuis la fin de la dernière vague des années 2000 (Black Keys, Thee Oh Sees, Ty Segall...). Ces groupes (et les moins connus mais tout aussi méritants artistiquement), se démarquent par une proposition forte, un son, une facilité mélodique, une énergie dingue, un talent inné ou issu de longues années sur la route, une synergie folle entre les musiciens... Bref, une personnalité.




  C'est le cas du groupe rennais Kaviar Special, qui place la capitale bretonne au centre du rock mondial avec la sortie de leur album #2, en synthétisant avec brio garage, psyché, classic rock, punk, rock indé 90's. Leur son n'est pas nouveau mais il est impeccable et énergique. Leur style ? Pas nouveau mais impossible de sortir une ou deux influences principales tant celles-ci sont maîtrisées et digérées (oh et pas de problème d'accent franchouillard dégueu ici je vous rassure).

  Puisque vous avez déjà tous les pré-requis, je vous laisse plonger dans cet album de qualité sans vous en dire plus. C'est pas rien d'être le dernier album de rock à guitare en date à m'avoir autant marqué (pas le seul de 2016, heureusement pour les rock kids, mais un des rares), ce qui est une vraie gageure et une réussite à souligner. En plus, soyons chauvins, ils viennent de Rennes, tant mieux et merci à eux pour notre scène musicale nationale et plus particulièrement provinciale. 

  Ecoutez les ici, ou alors écoutez-le (puis achetez-le si le coeur vous en dit) sur leur bandcamp, et essayez d'aller les voir en concert, je pense que ça vaut le coup (perso, je saute sur l'occasion dès qu'ils passent pas loin).


Merci pour votre lecture, vos commentaires, et keep rockin' !


Alex


mardi 7 juin 2016

Frank Ocean - Channel Orange (2012)



  Vous voulez du classique moderne ? Vous croyez que des Thriller, des Songs In The Key Of Life ou des Sign "O" The Times ne pourraient plus sortir de nos jours et qu'aucun disque de ce calibre ne sortira plus jamais ? Ce disque est fait pour vous. Connaissez-vous Frank Ocean ? C'est celui qui dans le collectif de hip-hop hardcore Odd Future composait des ballades à la Stevie Wonder plutôt que des bangers rap. C'est celui qui pour beaucoup a déringardisé le terme rnb (au sens moderne), et pris la relève de D'Angelo et sortant le Voodoo des années 10, ce Channel Orange donc.

  Le disque commence par un bruit, puis un sifflement très aigu que peu d'entre vous pourront entendre (passé un certain âge... désolé !), comme celui émis par les télés en fonctionnement, puis justement un jingle TV, qui conclut ce "Start" introductif et nous plonge dans le premier classique de l'album : "Thinking Bout You". Cette ballade est une héritière de Wonder via D'Angelo justement, le falsetto de Ocean dans les refrains contrebalance son chant plus grave dans les couplets, et le tout (instrumentation et chant) évolue entre hip-hop (boîte à rythme), (nu)soul (cordes), et pop (synthés, guitares). Dans une modernité absolue et en même temps en s'inscrivant dans une immense tradition. Et ce chant si subtil, si touchant.... Un classique vous disais-je ! Tout est merveilleux de simplicité, d'évidence et d'émotion dans ce morceau, la moindre mesure est à sa place.




  "Fertilizer", qui sonne comme un jingle publicitaire composé par Stevie Wonder, est une courte introduction menant vers un autre sommet : "Sierra Leone", qui dédouble le chant de Frank Ocean un peu comme le faisait Marvin Gaye en gérant les questions-réponses et les choeurs en plusieurs prises. Je ne vais pas le répéter tout l'album mais l'instrumentation là encore est impeccable, mélodique, touchante, sobre et riche, tout comme le chant. On a le vertige en entendant Curtis Mayfield, Prince, Janelle Monaé, Michael Jackson, Sly Stone et autres... évoqués par la voix d'Ocean et/ou la musique. Sans que cela n'enlève quoi que ce soit à la personnalité hyper forte du tout. 

  Même chose pour le suivant, "Sweet Life", merveille soul/rnb/pop. Oh et le plus beau c'est que les paroles sont bonnes, et il y a des liens entre les morceaux, c'est un peu un album-concept sans le côté chiant du truc, ce qui justifie les intermèdes et leurs bruitages de télé branchés sur cette fameuse "channel orange" (il y a dans ces paroles l'histoire d'un bar à strip-tease, le Paradise, et d'une des "danseuses" etc... je vous laisse découvrir ça tous seuls !).




  "Super Rich Kids", le titre suivant, introduit par un court skit ("Not Just Money") rappelle la blue-eyed soul au piano martelé comme une percussion du "Bennie & The Jets" d'Elton John, et le flow misanthrope d'Earl Sweatshirt complète parfaitement le chant rnb sensible d'Ocean. Parfait.

  Plus psychédélique et flirtant avec une électronique plus expérimentale ainsi qu'avec la pop, "Pilot Jones" est un autre classique instantané, qui évoque du coup un peu l'esprit des Temptations avec une rythmique proche du genre de rnb blanc post-dubstep de James Blake. "Crack Rock", entre beat hiphop old school et claviers soul, émeut et est encore un sommet. Tout comme l'enchaînement avec le carrément électronique (et funky aussi, ainsi que hip-hop / rnb à la The Weeknd sur la fin). 




  "Pyramids", morceau fleuve de presque 10 minutes, absolument incroyable, un vrai moment de bravoure bluffant. Je vous laisse vous faire souffler par le morceau. Le pire c'est qu'on penserait qu'il est impossible de suivre cela, mais il y arrive le bougre, et avec un des meilleurs morceaux de l'album, et peut-être le plus accessible : "Lost", et sa rythmique funky. Le très délicat intermède "White", avec John Mayer, termine cet enchaînement de morceau absolument délirants, un des meilleurs que j'aie jamais entendus. 



  "Monks" poursuit à merveille l'enchantement, avec un rythme plus soutenu qui apporte une dynamique bienvenue. Là encore rien à redire c'est parfait, absolument parfait. Bon, il fallait bien un petit hic, "Bad Religion" est une ballade voix-orgue-piano plutôt jolie mais un peu convenue, pas à la hauteur du reste même si elle reste bonne et très écoutable, avec de bons moments. "Pink Matter", avec André 3000, est meilleure, c'est-à-dire au niveau stratosphérique et intouchable du reste du disque. De même que la très pop "Forrest Gump", qui apporte une touche plus enjouée à cet album autrement très sombre et dépressif, avant une "End" en field (urban?) recording




  Bref, un classique. Pour ceux qui pensent que Back To Black de Winehouse est le dernier du genre, foncez sur Channel Orange. J'ai rien à ajouter, la musique parle d'elle-même, si vous voulez entendre comment sonne un génie capable de synthétiser et de moderniser la soul, le funk, la pop, l'électronique, le hiphop et le rnb dans les années 2010 tout est là. 

Pour écouter sur Spotify c'est ici


Merci pour votre lecture et vos commentaires !


Alexandre

 
     Un album hors-norme, un artiste hors-pair, une production exemplaire, une sensibilité glaçante, une poésie touchante. Les superlatifs manquent pour décrire cet album qui déchaîna les passions à sa sortie en 2012 et se posa dès lors comme un standard de l'histoire du R'n'B.

     Utilisant son background hip-hop comme support de production et y appliquant des compositions dignes des plus grands noms de la soul et du R'n'B tels Marvin Gaye ou bien Stevie Wonder ( oui rien que ça ! ), il casse littéralement les cloisons du genre, à l'image de D'Angelo. S'y exprime alors pleinement la sensibilité de Frank Ocean dans des textes narratifs et introspectifs que le genre hip-hop beaucoup plus démonstratif et extraverti ne permettrait pas. On est ainsi embarqués dans cette histoire sur fond de bandes FM que les très nombreuses et intelligentes transitions mettent parfaitement en vie, sans être nullement pompeux. Laissant respirer un album qui s'apprécie à la fois dans l'unicité de 17 titres homogènes en qualité et cohérents dans leur recherche artistique, tout aussi bien que dans la diversité des titres ayant leur personnalité propre comme autant de stations FM et autant de petits tubes à découvrir, à l'instar de ces Thinkin About YouSweet LifeSuper Rich Kids, Lost ou encore Pink Matter.

Bonne écoute !

ETIENNE



vendredi 3 juin 2016

The Beatles - Help! (1965)



  La gueule de bois post-Beatlemania aperçue sur Beatles For Sale atteint son pic l'année suivante avec ce Help! d'anthologie. Qui commence avec "Help!", ce hit incroyable, d'une énergie folle qui rappelle l'album A Hard Day's Night, mais avec plus de subtilité dans la musique et surtout un fond déchirant : le mal-être de Lennon transparaît partout. Paroles, chant, instrumentation frénétique. C'est un appel à l'aide. Lessivé, ayant pris du poids, défoncé à l'herbe 24h/24, John traverse sa période Fat Elvis. Et nous balance toutes ses névroses en guise de catharsis. Et c'est très, très puissant, comme un uppercut en pleine face. Impossible de ne pas être bouleversé par ce morceau titre.

  McCartney va apparemment mieux car il nous offre un tube pop lui aussi pas mal réminiscent de A Hard Day's Night, "The Night Before", pop song à consommer sur place, délicieusement accrocheuse et énergique comme aux débuts à défaut d'être incroyablement inspirée. Le groupe aurait-il délaissé l'orientation folk et effectué le premier pas en arrière de sa carrière ? Lennon dément tout de suite avec un "You've Got To Hide Your Love Away" plus Dylan que Dylan. Et une nette amélioration dans les paroles avec ce texte acide. Merveille de folk/rock acoustique, ce morceau est un vrai chef-d'oeuvre à ranger avec les premiers Dylan et Byrds. Et y'a pas à dire quand on intègre du folk dans du rock ou de la pop, ça sonne très proto-psychédélique, entre la guitare de Harrison, le tambourin, les maracas et les flûtes, on s'approche doucement mais sûrement du Summer Of Love




  Harrison émerveille avec son "I Need You" qui sonne comme une chanson typique du début des Beatles (le chant), mais avec une musicalité inédite : les choeurs doo-wop, le son de la guitare électrique, le tranchant de la guitare folk, les petits détails rythmiques, l'écho sur la voix doublée, tout cela est d'une finesse incroyable. Une magnifique chanson Mersey Beat amélioré en quelque sorte. Ce retour au sources amélioré s'entend aussi sur "Another Girl", portée par un Macca d'humeur à la fusion entre le blues-rock et la pop de leurs débuts. Là encore, la profondeur des arrangements et l'interprétation impeccable nous font plonger dans le morceau (et ces choeurs !), pour ne pas en décrocher jusqu'à la fin. Excellent morceau.

  "You're Going To Lose That Girl" est également conçue sur la même base que les tubes passés, à la "It Won't Be Long", mais avec l'expérience et le savoir faire accumulés par le groupe, ce doo-wop se gorge de milliers de petites choses (solo de guitare rockabilly, bongos, et toujours ces choeurs...) qui la rendent unique et indispensable. Et là encore, l'interprétation de Lennon est parfaite. Donc si on résume pour le moment cette face A, les Beatles semblent faire l'inventaire de leur début de carrière déjà impressionnant pour en extraire le meilleur et l’accommoder avec leur talent grandissant d'interprètes, leurs arrangements plus sophistiqués et leurs nouveaux goûts musicaux (la folk...). Mais ce n'est pas si simple, Help! n'est en effet pas qu'un bilan amélioré des débuts des Beatles, car en réalisant cette synthèse ils posent aussi les premières pierres de la suite avec la dernière chanson de cette face A : "Ticket To Ride".



  Avec son intro là encore très proto-psychédélique à la guitare byrdsienne, son tambourin et ces lignes vocales mythique, le morceau porté par John explose les limites de ce qu'on attend d'une chanson pop. Le changement de rythme en milieu de morceau, les arpèges dans tous les sens, les micro-soli de guitare, les breaks de batterie.... Tout cela contribue à dessiner une toile sonore d'une infinie richesse, et à la fois d'une pureté et d'une légèreté inégalable. Un sommet. "Ticket To Ride" annonce déjà les Rubber Soul et Revolver à venir, le psyché, et la musique de la décennie suivante. Et pose les bases d'une pop exigeante et novatrice.

  Pour se remettre du choc esthétique, Ringo nous sort sa reprise du morceau country/rockabilly, "Act Naturally", sympathique moment sur lequel il n'y a pas grand chose à dire (sans aucune condescendance). "It's Only Love", le morceau suivant, chanté par John principalement, joue avec des sons de guitare très Shadows / Joe Meek, et une guitare acoustique beatnik, pour un résultat assez réussi, même si moins marquant que le reste du disque (un peu comme "The Night Before" donc). Harrison innove avec un morceau porté par le piano "You Like Me Too Much", qui commence en mode piano bar, décolle avec ce chant sous écho, avant de prendre son envol avec les choeurs divins du groupe. Très belle (et courte) chanson qui explore elle aussi, comme la précédente, une certaine fascination pour les US. 





  "Tell Me What You See" est elle plus folk, et a droit elle aussi à ses petites fantaisies rythmiques (le guiro de McCartney, les claves et le tambourin de Ringo) et mélodiques (les soli de piano électrique joués par Macca). "I've Just See A Face" est elle carrément très country, une excellente chanson chantée en majorité par Macca, jouée pied au plancher avec de superbes parties de guitare. Et là encore, c'est très court mais bon. Bon, depuis "Ticket To Ride", il y a quand même une baisse de régime dans l'album, avec des parties moins intéressantes et d'autres très bonnes mais trop courtes ou manquant du je-ne-sais quoi qui fait les classiques. 

  Mais McCartney sort de sa manche un joker : "Yesterday", qui avec sa guitare et son chant tire-larmes, et ses cordes baroques (merci George Martin), est un tube évident. Et renouvelle le genre de la ballade de belle façon en dépoussiérant les grandes chansons d'amour façon Sinatra façon pop. Un classique qui mérite son titre,et augure des futures grandes ballades du groupe, de "Girl" à "Something" en passant par "Eleanor Rigby" et "She's Leaving Home"




  Le groupe finit sur la traditionnelle reprise rock, ici "Dizzy Miss Lizzy" par Lennon, très bonne mais qui casse un peu l'ambiance instaurée par la chanson précédente, sur laquelle le disque aurait tout à fait pu se terminer.

  Bref, Help! est comme son prédécesseur, un disque de transition entre la première période du groupe dont l'apogée reste A Hard Day's Night, et la suite plus expérimentale dont on observe les prémices. Il y a des tubes, et de bonnes chansons, mais encore un peu de remplissage et de reprises pas franchement indispensables, ce qui nuit à l'homogénéité du disque. C'est néanmoins une étape cruciale du groupe, qui va bientôt redéfinir la musique populaire. Mais ça, c'est pour la prochaine fois ! 

A suivre, donc....




Pour réécouter Help!, en attendant, c'est par ici.

Merci pour votre lecture et vos commentaires 

Alex

mardi 31 mai 2016

Queen - Innuendo (1991)



  Tâche délicate que celle de parler de cet album inégal mais néanmoins plutôt sous-estimé de Queen. En effet, selon moi il s'agit de leur album le plus intéressant de la période synthétique post-The Game. Alors intéressant ne veut pas dire sans défauts, ni chef-d'oeuvre. En effet, c'est plutôt une réussite, malgré quelques défauts. Car cet album arrive, au milieu de choses plus banales et oubliables, à faire sur quelques morceaux du grand et surtout de l'unique. Et tout cela avec un mix de ce son synthétique improbable issu des eighties, de rock testostéroné boosté à l'opéra et de mille autres choses. Vraiment, ce n'est pas un album que l'on cite souvent mais il ouvre d'intéressantes pistes malheureusement inexploitées par la suite.




  On démarre avec du lourd, de l'excellent. Le morceau titre, "Innuendo", s'ouvre sur un rythme hispanisant rappellant le "Boléro" de Ravel (et donc un peu "White Rabbit" de Jefferson Airplane). Mais c'est plutôt l'esprit psyché sombre, rock et torturé version Jefferson qui est convoqué ici par les synthés théâtraux, la grosse guitare rock et le chant viril de Mercury. Le morceau est une merveille de synthèse entre un arena rock rassembleur et un rock plus vicieux et dark, plus exigeant aussi. Le tout est porté par ce mur de son électro-rock et surtout le chant extraterrestre et surpuissant du Freddie. On note la volonté de composition très ambitieuse en introduisant un break acoustique tire-larmes avant les 3 minutes (très opéra), puis un intermède instrumental flamenco, avant une autre partie opéra avec des choeurs à la Queen divins. Et le solo de guitare de May bien évidemment, qui débouche sur un autre break hard-FM pour head-banger, puis une reprise de la première partie du morceau, sombre et rock. Il s'en est passé des choses en un peu plus de 6 minutes hein ? Excellentissime, ce morceau pose des bases solides et augure le meilleur. C'est du niveau des mini-opéras pop de Mercury, à la "Bohemian Rhapsody" et "The Prophet's Song", rien de moins.

  La suite s'annonce géniale avec le synthé crépusculaire de "I'm Going Slightly Mad", qui porte bien son titre. Ce son de synthé est si vintage et inhabituel qu'il est à la fois évocateur (on dirait la musique d'un temple d'un bon vieux Zelda sur Nintendo 64, et c'est plutôt un compliment), un peu risible, et surtout tellement extraterrestre qu'il en émane une beauté malsaine, une attirance effrayante. Là encore c'est le charisme de Mercury qui porte tout le morceau. Il se bat contre ses démons parmi les nappes synthétiques, avec un chant de crooner évoquant autant un Sinatra avalé par une borne d'arcade qu'un Elvis période Vegas ou un Klaus Nomi théâtral. Ce chant presque jazzy est d'une subtilité incroyable, on entend toute la profondeur, la complexité, les doutes et la tristesse du bonhomme. Et c'est très beau et touchant. Et puis là encore le travail sur les voix est magnifique (ces petits choeurs et ad-libs sont géniaux).





  Bon, si tout l'album est comme ça on tient un chef-d'oeuvre. Mais vous l'aurez deviné (ou vous le savez), c'est pas le cas malheureusement. "Headlong" qui suit, est une sympathique scie heavy metal pour stades, plutôt efficace quand on ne la réécoute pas trop souvent, et qui ne fait pas décrocher de l'écoute de l'album, mais qui est loin d'égaler les sommets de créativité des premiers morceaux. Dommage. 

  "I Can't Live With You" rappelle Michael Jackson, est-ce que le grand fan de Freddie (Hot Space de Queen est cité par MJ comme un des modèles de Thriller) aurait influencé son idole sur le coup ? Avec ce refrain rnb, cette boîte à rythme typique, ces inflexions dans le chant, comment en douter ? On n'est pas loin d'un "Black Or White" sorti la même année, en effet. Bon, là encore, franchement c'est pas mauvais ça s'écoute bien, mais ce n'est pas non plus un sommet.

  On renoue avec les ambiances aliénées, dépressives et sombres du début d'album avec la ballade "Don't Try So Hard", qui rehausse un peu le niveau surtout pour le chant magnifique de Mercury. Qui a rarement mieux chanté que sur cet album, et c'est ce qui sublime même des morceaux moyens comme les deux que je viens de citer précédemment, et font qu'ils valent l'écoute.





  Ensuite, nous avons le droit à un "Ride The Wild Wind", quelque part entre un rockabilly propulsé dans les synthés eighties et un morceau de U2, là encore sympathique, pas génialissime mais très écoutable. "All God's People" qui suit est un étrange morceau, là encore mêlant une énergie presque gospel, des musiques de tellement de traditions folkloriques mondiales, des synthés bizarres et du rock de stades que le rendu final est vraiment très étrange. Pas forcément dans le bon sens pour le coup, celui-là on a envie de le passer.

  "These Are The Days" est une ballade entre rock eighties et funk glacé, presque un slow, très sympa. Même si elle est très cliché (ça pourrait être un générique de série de l'époque), je l'aime beaucoup cette petite guimauve romantique. "Delilah" quand à elle avec ses synthés baveux et son rythme presque zouk, est vraiment une étrange réussite inattendue vu ce qui est écrit au début de cette phrase. Bonne chanson pop à la mise en son à la fois ultra kitsch mais du coup assez unique et finalement très jouissive, elle vaut le détour justement pour ses excentricités. 

  "The Hitman" est un vieux Hard-FM assez inécoutable, deuxième chanson à zapper, et encore plus vite que la précédente. Mon dieu que c'est criard. Tout comme la guitare de May sur "Bijou", qui à force de triturer son manche en fout tellement partout qu'il dégueulasse toute la chanson. Et du coup nos oreilles brûlent comme nos yeux le feraient si mon image n'en était pas une et qu'on exposait la pièce à une lampe à UV  (terriblement pas classe comme métaphore mais terriblement réaliste, malheureusement). 





  Et on finit sur un morceau d'anthologie, ce "Show Must Go On" intense et qui vaut beaucoup plus que ce dont vous vous souvenez de votre dernière écoute. Franchement, avec un bon casque ou de bons amplis, vous redécouvrez toute la puissance et la densité de cette chanson, avec ses couches d'arrangements riches et bien dosés. A la réécoute elle monte énormément dans mon estime cette chanson, je la range avec les superbes réussites du début d'album.

  Bon, rien qu'en me lisant, vous aurez fait tous seuls le bilan : évidemment cet album n'est pas un chef-d'oeuvre, il est terriblement inégal. Mais ça veut aussi dire qu'il contient de grandes choses, et aussi de bonnes choses, en plus des petits déchets occasionnels. Si on trie le bon grain de l'ivraie, cet album s'en sort pas trop mal, et amputé de quelques titres très faibles il aurait pu avoir une toute autre tenue et être l'ultime classique du groupe. Il est cependant un bon album, et c'est déjà beaucoup. 

  Rien que pour les quelques morceaux d'anthologie (souvent signés par Freddie et très très branchés opéra) et leur ambiance si particulière, ainsi que pour le chant de Mercury, prenez le temps de réécouter ce disque. 

Et c'est justement par ici le lien Spotify pour (ré)écouter l'album.

Merci pour votre lecture et vos commentaires



Alexandre


  Pour écouter cet emblématique album de Queen, il est important de le remettre en perspective avec le contexte dans lequel il a été composé. Celui de Freddie Mercury et d'une maladie diagnostiquée depuis 1987, dont tout le monde parle sauf lui, alors qu'on le voit faiblir à chaque apparition publique. Fuyant la presse anglaise il se réfugie alors à Montreux pour enregistrer la majeure partie de cet album. Opus dont l'enregistrement s'étalera sur près d'un an, entre mars 1989 et novembre 1990.


     Cet album constitue ainsi le dernier enregistré par le groupe anglais avant le décès de leur charismatique leader et fut conçu comme un adieu au public. L'ambiance y est alors imprégnée d'une gravité et d'une nostalgie poignante, s’exprimant pleinement dans les paroles écrites par Freddie Mercury. C'est le cas sur These are The Days of Our Lives touchant par la sincérité de l'écriture de Freddie. C'est aussi pour lui l'occasion, sur I'm Going Slightly Mad, de parler, via la métaphore de la maladie mentale, de sa propre maladie. 
  C'est ainsi que le chanteur est mis, plus que sur n'importe quel autre album du groupe, en valeur. L'usage des chœurs y est plus que réduit pour laisser à l'incroyable voix de Freddie prendre une place très importante dans la structure des titres, lui laissant la possibilité de la déployer dans des envolées phénoménales. Les thèmes abordés sont aussi souvent très personnel au chanteur. On pense notamment à Delilah où il parle à sa chatte ( visible sur le portrait stylisé de Freddie Mercury ) comme on parlerait à un amant ou à Bijou. 




    Se créer ainsi tout au long des 12 titres que compte ce LP une intimité unique avec Freddie Mercury, s'épanouissant pleinement dans l’apothéose du fameux et fabuleux Show Must Go On qui clos à merveille, dans leur plus pur style rock, l'album et la fabuleuse aventure Queen ( on occultera les albums et prestations du groupe en l’absence de Freddie Mercury ).

     Par mes propos, on pourrait penser que c'est un album solo de Freddie Mercury avec Brian May et Roger Taylor, mais pas du tout. Les morceaux sont aussi profondément marqués par la composition du guitariste et de ses influences hard-rock. C'est ainsi que Headlong et I can't Live With You, furent initialement composés par Brian May pour un album solo, mais incorporés au travail de cet à l'album quant May entendit Freddie chanter sur ceux-ci. De même le guitariste prend une place cruciale sur The Hitman comme sur Bijou. Permettant à l'un de réchauffer l'ambiance le temps d'un morceau quasi emprunt à AC/DC, même dans les techniques vocales de Freddie, tantôt d’exacerber la sensibilité d'un court poème.


 Mais comme le disait très bien Alexandre, l'album ne brille malheureusement pas par son homogénéité en terme de qualité, lesté par un creux en milieu d'album avec notamment Ride the Wild Wind s'intégrant assez mal à l'ambiance de l'album et souffrant d'une production ayant mal vieillie, Delilah dont la mièvrerie et les "meow" de Taylor et May peuvent agacer malgré la qualité de la pop, These Are The Days Of Our Lives qui pèche par sa qualité musicale, malgré ses paroles touchantes, ainsi que The Hitman qui bien que rythmant l'album, montre un May bien trop démonstratif techniquement parlant, tout comme sur Bijou.

     Mais à côté de cela il y a avant tout des perles tels Innuendo ouvrant et donnant le nom à l'album, riche de son break flamenco joué par Steve Howe de Yes, I'm Going Slightly dont la voix affaiblie de Freddie Mercury prend au tripes, le tout élancé dans une production 80's ( pour une fois ) d'une rare qualité chez Queen, All God's People aux influences de gospels et africaines, ainsi que le fameux Show Must Go On.


  C'est ainsi qu'a l'image de la discographie de Queen, cet album est fort en contraste et met en valeur la qualité artistique hors-norme de Freddie Mercury, clef de voûte du groupe anglais qui a su perdurer près de 20 ans, là où de nombreux groupes implosent sous le poids des ego personnels.


ETIENNE