Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes

mardi 7 février 2017

Sommaire des Semaines de La Pop




Semaine 1 (Février 2017) : Pop Française

Intro
Lundi : Alain Chamfort - Poses (1979) Alex
Mardi : Véronique Sanson - Le Maudit (1974) Alex
Mercredi : François & The Atlas Mountains - Piano Ombre (2014) Alex & Etienne
Jeudi : Graeme Allwright - Le Jour de Clarté (1968) Etienne
Vendredi : Philippe Katerine - 8e Ciel (2002) Alex & Etienne
Samedi : Cortex - Troupeau Bleu (1975) Etienne
Dimanche : Laurent Voulzy - Le Coeur Grenadine (1979) Alex




Semaine 2 (Mars 2017) : Electronic Music Oldies

Intro
Lundi : White Noise - An Electric Storm (1969) Alex
Mardi : Pierre Henry & Michel Colombier - Messe Pour le Temps Présent (1967) Alex
Mercredi : Joe Meek & The Blue Men - I Hear A New World (1960) Alex
Jeudi : Jean-Jacques Perrey - The Amazing New Electronic Pop Sound Of... (1968) Etienne
Vendredi : Fifty Foot Hose - Cauldron (1967) Alex
Samedi : Wendy Carlos - Switched On Bach (1968) Etienne & Alex
Dimanche : Lothar And The Hand People - Presenting... (1968) Etienne


Semaine 3 (Avril 2017) : Dix Ans Déjà ! Back To 2007

Mercredi : Radiohead -In Rainbows Alex
Samedi : Justice - Cross Etienne






Alexandre & Etienne

lundi 6 février 2017

2017 : The Proper Ornaments & Ty Segall


The Proper Ornaments - Foxhole (2017)

  On en a déjà parlé ici, c'est parfois difficile de juger des groupes ultra vintage. Mais au final, le principal, c'est pas tant l'emballage sonore rétro que les chansons qui se cachent derrière. Et sur ce point, The Proper Ornaments a tout pour plaire. 

  On pourra évoquer les Byrds pour le folk-rock "Back Pages" (et pas que pour le titre), mais il est encore plus intéressant de souligner que c'est une putain de bonne chanson. D'ailleurs, le début d'album est immaculé, car les harmonies aériennes et psychédéliques de "Cremated (Blown Away)" valent carrément le détour, et puis surtout parce qu'il y a "Memories"
  "Memories", c'est ce genre de chansons pop qui sonnent intemporelles, comme des classiques qui ont toujours existé. Le rythme quasi slow, le côté Lennon, ça aide en effet. Mais surtout, c'est le talent de compositeurs et d'interprètes des mecs qui fait de ce titre une pure merveille, du genre de celles qui arrivent à suspendre le temps par leur simple beauté. 

  L'album dans son ensemble est très réussi, je retiendrais notamment "1969" et "The Devils", mais honnêtement il n'y a aucun faux pas, toutes les chansons sont superbes dans leur genre. Et c'est peut-être le seul défaut du disque. A ne prendre aucun risque et à utiliser les mêmes sons et tempos vintage qu'on a déjà entendus mille fois sur toute la longueur du LP, le seul risque est de lasser l'auditeur aguerri sur la durée. Mais finalement, c'est davantage la faute de notre gloutonnerie musicale que la leur. Les pauvres pondent une petite merveille de disque pop, la musique qu'ils aiment et dont ils rêvent, plutôt que de foutre du synthé et de l'autotune partout et saloper le truc, et nos oreilles obèses et repues sont incapables d'en percevoir toutes la beauté, pinaillent sur l'assaisonnement et râlent parce que ça leur rappelle qu'elles ont encore des relents du festin de la veille. 

  Ouaip, c'est définitivement dur de juger un disque rétro, même un aussi bon que celui-ci, et même quand on veut essayer de s'affranchir de sa propre expérience d'écoute.

(ceci dit écoutez-le ici, il est vraiment enchanteur dans son genre)



Ty Segall - Ty Segall (2017)

  Après les expérimentations géniales d'Emotional Mugger, Segall revient à du plus terre à terre avec ce disque. Ca se sent dès l'intro "Break A Guitar", qui fusionne le grunge de Twins et la pop glam rétro de Manipulator. Glam qu'on retrouve en mode folk énervé sur "Freedom", très Kinks, mais surtout très bon. Ty ne réinvente rien (on vient d'en parler, dans le genre c'est très difficile) mais il démarre l'album sur les chapeaux de roues avec deux morceaux du tonnerre (j'avais un quota d'expressions des années 80 à caler dans cette chronique, c'est fait).

  La suite, elle est tout aussi bonne. En effet, la pop(rock) aux relents country de "Talkin' " permet d'entrevoir davantage l'artiste à nu, sans les masques et les artifices de rock star. "Warm Hands (Freedom Returned)" démarre (et finit) de la même façon, mais son coeur se révèle être une épopée garage-punk grungy de près de 10min aussi impressionnante que jouissive.

  Et comme il l'avait prouvé avec Sleeper, Segall est un type profond qui sait écrire des chansons divines et est bougrement doué dans ce domaine. La preuve ? La meilleure chanson de ce disque "Orange Colour Queen", à ranger avec les meilleures de Bowie, Big Star, Elliott Smith et Bolan, rien que ça.

  J'aurais peut-être un peu plus de réserves avec "The Only One", plus classique (pour Segall) et peut-être un poil trop grunge pour moi pour le coup. Dans le registre de l'énervement, j'adore la (encore) kinksienne voire beatlesienne (et rockabilly aussi, version déjantée) "Thank You Mr K." 

  Puisqu'on parle Beatles, parlons bien : "Papers" est une pop song d'une qualité et d'une créativité mccartnesques. La pop-folk un poil summer of love de "Take Care (To Comb Your Hair)" est également géniale. 

  Bref, cet album plus dépouillé (dans le sens moins expérimental et moins hard, garage ou punk) est une énorme réussite. En mettant l'accent sur les chansons et le songwriting (et un son impeccable) et en bazardant les gimmicks indés et la fureur, il offre à ces morceaux déjà impeccables un écrin de choix depuis lesquelles elles ne peuvent que nous toucher. Cet album est incroyablement solide et bien écrit, et ça vaut bien toutes les expérimentations du monde. Mine de rien, ce mec commence à empiler les chef-d'oeuvres comme j'empile les expressions désuètes depuis le début de cette petite chronique.


Alex

dimanche 5 février 2017

Laurent Voulzy - Le Coeur Grenadine (1979)


  Cette semaine, la pop française est à l'honneur avec un classique du genre par jour jusqu'à dimanche. Des disques qui nous tiennent particulièrement à cœur et que nous considérons comme des classiques indépassables dans leurs genres respectifs.

  Bon, là on attaque du sérieux : le premier LP de Laurent Voulzy, sorti en 1979. Et si ce disque est assez peu cité, c'est une honte, car c'est à mon humble avis rien de moins qu'un des meilleurs disques de pop francophone (et j'irais même plus loin en disant de pop tout court) de tous les temps. Rien que ça, ouais. 

  Comment ne pas succomber à la mélancolie délicate du single "Le coeur grenadine", sa rythmique riche augmentée par une basse impeccable, sa guitare tire-larmes, ses cordes subtiles et ses synthés discrets. Et puis ce chant aussi naïf que touchant, à l'image du texte. De l'intro à la conclusion, Voulzy prend le temps de déployer ce titre, lui laisse l'espace nécessaire pour le faire s'épanouir, avec une musicalité inattaquable. Et le résultat, c'est que des premières secondes aux dernières, cette chanson a un souffle, un petit truc en plus, la marque des classiques instantanés. 

  La suite est aussi riche et variée qu'excellente. On a la pop-rock de "Hé! P'tite Blonde" compense son texte daté par un travail d'équilibre assez rare entre pop synthétique colorée et guitare nerveuse à ranger du côté du psychobilly plutôt que de la guimauve. Oh, et la romance aux choeurs sublimes et au cool jazzy de "Karin Redinger", avec pour le coup un texte très sympa et un chant merveilleux. Encore un classique. Comme "Grimaud", funky et émouvante à la fois, et dotée d'un rythme chaloupé d'une classe jamais égalée en métropole, et "Lucienne est américaine", pop-rock au son unique et au riff d'une violence inédite (mais relative) chez Voulzy.

  Comme aussi "En tini", où les origines guadeloupéennes de Voulzy et les musiques qu'écoutait sa mère ressortent de façon plus voyante (salsa, calypso, merengue, conga, reggae), pour un résultat absolument mémorable. On a une rythmique disco-pop là aussi complexifiée par des percussions antillaises sur la reprise du "Qui Est In Qui est Out" de Gainsbourg, habilement habillée de guitares et de synthés assez Blondie. On ne le dira jamais assez : le talent de mélodiste hors norme de Voulzy n'a d'égale que sa science des arrangements divins. Ça accouche d'un son très personnel, et vous n'entendrez jamais rien qui sonne comme ce Coeur Grenadine.  

  La classe inégalable du "Coeur Grenadine" est finalement égalée sur "Cocktail Chez Mademoiselle", où Voulzy se fait séducteur et joue sur l'interprétation dans le chant de façon assez incroyable, sur une musique aussi sexy que délicate et avec un texte mémorable. Un exemple de perfection pop assez indiscutable.

  Bref, on a sans aucun doute (en tous cas pour moi) un des meilleurs albums francophones (et tout court) de tous les temps, probablement le meilleur de Voulzy (ce qui est un sacré compliment), et donc un indispensable inégalé dans son genre, que vous vous devez, sinon de le posséder, au moins de l'avoir écouté dans de bonnes conditions (par exemple par ici). Dites m'en des nouvelles !

Alex

  

samedi 4 février 2017

Cortex - Troupeau Bleu (1975)




  Cette semaine, la pop française est à l'honneur avec un classique du genre par jour jusqu'à dimanche. Des disques qui nous tiennent particulièrement à cœur et que nous considérons comme des classiques indépassables dans leurs genres respectifs.

Je disgresse quelque peu de la thématique portant sur la pop, en vous proposant ce qui est probablement le plus remarquable album de funk français. Oeuvre d'Alain Mion, unique compositeur de ce magnifique chef d'oeuvre qu'il enregistra en 1975, avec sa toute nouvelle formation Cortex, fondée un an plus tôt.

     Troupeau bleu c'est d'abord une culture jazz, funk et soul, celle d'Alain Mion, pianiste jazz de formation, dont les influences vont de Les McCann à Ray Charles dont il est fervant passionné, utilisant le fameux et chaleureux son d'un Fender Rhodes. C'est aussi celle des années 70 où le décloisement musicale est en plein essort grâce à des Miles Davis et des Herbie Hancock. Mais c'est aussi des rythmes entre funk et jazz, proches du jeu de Six Hooper des Crusaders, impulsé par Alain Gandolit. Mu par cette dynamique musicale états-unienne, qui a du mal à se propager en France, se rassemble ainsi le duo fondateur de Cortex


Alain Mion
     Viendra alors se greffer saxo alto, basse et percussion dans un projet initialement instrumental, chose que l'on entend très bien en deuxième partie d'album, notamment sur les magnifiques Huit octobre 1971 et  Chanson d'un jour d'hivers). Sur ces titres viendra alors se greffer le chant de Mireille Dalbray et Lilian Davis. Ainsi, au lieu de choisir un chant soul, le génie sera de préférer un style pop 60's, réutilisant des caractéristiques vocales propres à la bossa nova, tel qu'Elis Regina, Astrud Gilberto ou la musiques de Sergio Mendes, tout en l'adaptant à la langue française, créait un style inédit et quasi surréaliste, à l'instar de cette pochette et du titre de l'album. Culminant sur les titres La Rue pour le versant funk, L'Enfant Samba pour l'inspiration brésilienne et Troupeau Bleu ainsi que Automne, reprise d'un chant scout, Colchique dans les prés, pour la pop.


     Contraint par un budget serré, l'enregistrement doit alors se dérouler en seulement deux jours intensifs de juillet 1975. Comme toujours, rien ne se passe comme prévu, le bassiste quitte le groupe quelques jours avant d'aller en studio pour suivre sa femme en Asie, il sera alors remplacé au pied levé par un nouveau bassiste, Jean Grevet, tandis que Lilian Davis part en tournée avec Claude François, laissant Mireille Dalbray seule au chant. C'est pourtant dans ce contexte, propice à l'improvisation, qu'accouchera le sublime chef d'oeuvre que je vous laisse le soin de (re)découvrir. 

En écoute ici

En Bonus, un très bon petit reportage sur l'utilisation de la musique de Cortex dans le hip-hop, notamment américains. On y découvre un Alain Mion quelque peu vieille école.






Etienne

Sources :
- Alain Mion pour Redbull Academy (janvier 2017)
- Alain Mion pour Fonkadelica (juin 2006)
- http://www.alainmion.com/

vendredi 3 février 2017

Philippe Katerine - 8e Ciel (2002)


  Cette semaine, la pop française est à l'honneur avec un classique du genre par jour jusqu'à dimanche. Des disques qui nous tiennent particulièrement à cœur et que nous considérons comme des classiques indépassables dans leurs genres respectifs.

L'avis d'Alex

  Il est rare d'entendre des influences psychédéliques intégrées de façon intelligente à une chanson française de qualité. Mais ici, le dosage folie - beauté - aspect ludique est maîtrisé avec un talent exceptionnel. Prenez par exemple "8ème Ciel", la chanson. Elle est à la fois rythmés, mélodique, richement arrangée, et le texte un peu dada mais pas trop est d'une beauté émouvante, soulignée par le chant impeccable de Katerine. Pas de doute, on appelle ça un classique. Et attendez encore la suite "Où je vais la nuit" est sûrement une des plus belles chansons pop en français (et tout court par la même occasion). Ce chant passé par la bossa, ces arpèges, ce texte.... Pfiou, c'est assez indépassable.

  Mais même mis à part ces deux immenses classiques, on a de quoi se mettre sous la dent : "Les Grands Restaurants" qui démarre funky et finit onirique, presque bossa. "Des Etoiles" a été fondue depuis les mêmes lingots d'or pur que les trois chansons qui la précèdent. "Cervelle de Singe" et ses multiples parties qui s'enchevêtrent est un monument, entre Gainsbourg période l'Homme à la Tête de Chou, psyché façon fête foraine et pop-folk champêtre.... Bref. Tout est mémorable. Le groove nonchalant et jazzy de "Inutile", l'électro-pop du "Jardin Métallique" et la très belle "Mort à La Poésie"... Malheureusement, le diptyque "Lorsque je joue à la poupée" et "Derrière la porte", au concept amorphe, est un peu gênant.

  Cependant, rien de grave : l'électro-pop bossa et inquiétante de "Sainte Vierge" et "Le Soleil Suffit" et celle, plus chaloupée, de "Bonjour", rattrapent le coup. Et puis on a un autre monument de pop song avec "Elle a Vu" et une très bonne "Wallis et Futuna". 

  Au final, un grand, un très grand disque de pop française, ambitieuse et qui a les moyens de ses ambitions. Des mélodies mémorables, des textes immortels, un son parfait et un chant sublime, il y a tout là-dedans, et Katerine est un très, très grand.

L'avis d'Etienne 

     Sorti en 2002, 8ème ciel marque le dernier album "sérieux" avant le virage "humoristique" initié par le fameux Robot Après Tout qui, en 2007, le fera connaître du grand public grâce à son Louxor J'adore. Ton qu'il gardera jusqu'à la parution de Le Film en 2016, où il renoue avec une écriture plus posée. 8ème ciel est donc, à bien des égards, un album charnière dans la discographie de Katerine qui y expérimente une production beaucoup plus riche en styles que le Mes Mauvaises Fréquentations de 1996 et globalement plus lisse et accessible au grand public que Les Créatures de 1999, dessinant ainsi le chemin au populaire Robot Après Tout et aux autres albums qui suivront. Mais bien plus que sa musique, c'est la poésie onirique de Katerine qui brille dans cet album foisonnant d'oxymores et d'hyperboles, créant une fresque surréaliste et jobarde que nous compte la voix imparfaite et attachante de l'artiste. 

"Et c'était beau comme en rêve
C'était beau à mourir
C'était beau à vomir
Des couleuvres par milliers"
           Au Jardin Métallique

"la Sainte Vierge 
juste devant 
juste devant moi 
qui me tendais les mains 
belle comme un île grecque 
ronde comme un pastèque"
           Sainte Vierge 




     Cette poésie culmine sur Où je vais la nuit, probablement la plus belle chanson d'amour francophone à mon sens ( oui rien que ça ! ), fabuleuse ballade romantique et fantasmagorique.

"Si tu savais où je vais la nuit
Je nage dans tes yeux comme en Océanie
Je marche dans tes cheveux sans trouver mon chemin
J'escalade tes seins avec l'aide des dieux"
           Où je Vais la nuit

Un album malheureusement inégal en qualité, mais qui gagne à se laisser découvrir chanson par chanson, comme autant de rêves et d'ambiances.



A écouter ici.


Alexandre & Etienne


jeudi 2 février 2017

Graeme Allwright - Le jour de clarté (1968)


  Cette semaine, la pop française est à l'honneur avec un classique du genre par jour jusqu'à dimanche. Des disques qui nous tiennent particulièrement à cœur et que nous considérons comme des classiques indépassables dans leurs genres respectifs.

     Aujourd'hui, magnificiance de la chanson française que cet album d'anthologie de Graeme Allwright, chanteur d'origine Neo-Zelandaise maîtrisant à perfection la langue de Molière. Au fil de ses balades aux inspirations anglaises, l'âme d'un bluesman, il conte la vie, l'amour et le voyage, avec sagesse et bon sens, à la manière de Brassens et sur les airs de Leonard Cohen
Son folk culmine dans la première moitié de l'album, trouvant son essence dans la simplicité de sa voix et de sa guitare. Que ce soit dans des rythmes plus entraînant comme sur le très bon Jusqu'à La Ceinture, semblant être une intemporelle chanson de colo' qu'on se chante encore entre amis, ou sur des titres plus posés, tel Le Jour de Clarté, hymne à la liberté, ainsi que sur l'hypnotisante reprise de Leonard CohenSuzanne, Graeme Allwright sait nous captiver de son talent de songwriter et de sa guitare onirique.




     La deuxième moitié n'est pas en reste, diversifiant le registre avec des influences country sur Qu'As-Tu Appris à l'Ecole? et Ne Laisse Pas Partir Ta Chance, cependant moins marquants mais permettant de faire respirer les douze titres. La production y est quelque peu plus étoffée, comme sur Petit Garçon, chant de noël naïf ou le très touchant L'Etranger, aussi repris de The Stranger de Leonard Cohen. Mais là encore, des chefs d'oeuvre de simplicité, à l'instar de La Ligne Holworth, narrant la vie d'un notable d'apparence respectable.
Graeme Allwright en 1978  

     Graeme Allwright a oeuvré toute sa vie pour la justice et la paix et a aujourd'hui 90 ans. Intemporels, ses morceaux sont les témoins actifs d'une vie engagée et passionnée, nous charmant d'une sensibilité remarquable, sublimant notre magnifique langue.

Pour écouter sur spotify c'est ici.


Etienne

mercredi 1 février 2017

François & The Atlas Moutains - Piano Ombre (2014)


  Cette semaine, la pop française est à l'honneur avec un classique du genre par jour jusqu'à dimanche. Des disques qui nous tiennent particulièrement à cœur et que nous considérons comme des classiques indépassables dans leurs genres respectifs.

L'avis d'Alex :

  Avant ce disque, ce groupe était déjà excellent et assez incontournable. Mais cet énorme chef-d'oeuvre (n'ayons pas peur des mots) les a fait passer au niveau du dessus, clairement, c'est un des meilleurs disques de l'époque. Connaissez-vous beaucoup de disques qui commencent aussi fort que celui-ci ? "Bois" est une pièce impressionnante, qui mêle sampling organique, électronique viscérale digne d'Animal Collective, et poésie surréaliste, à des guitares indie rock et un final free jazz. C'est une vraie leçon. A peine remis, on est cueillis par un des singles de la décennie, "La Vérité" et son électro-pop tubesque et raffinée aux oreilles tournées vers l'Afrique, et un côté crooner jazz sur le pont. C'est pop, accessible, bien écrit, joué avec un vrai sens du groove, subtil et intelligent. Ce qui est rare. Y'a même un court et bon solo de guitare à la fin !

  Et ce n'est pas fini. La pop indé est à nouveau au rendez-vous sur "The Way To The Forest", une chanson qui vaut sans problèmes les réussites des contemporains les plus habiles comme Arcade Fire, Beach House, Grizzly Bear ou Animal Collective. Et là on enchaîne avec "La Fille Aux Cheveux de Soie", soit une des plus belles chansons françaises de tous les temps, avec "La Nuit Je Mens", "Où Je Vais La Nuit", "Bien Avant""Initials BB" et "Les Paradis Perdus". Rien à dire sur cette chanson, sa perfection (n'ayons toujours pas peur des mots) parle d'elle-même. Combien d'albums ont un quartet inaugural aussi réussi ? 

  Mais le plus dingue, c'est que la suite est au niveau. L'électro-pop curieuse de "Summer Of A Heart" et "Réveil Inconnu" est impeccable. "La Vie Dure" extrêmement bien écrite et aux accents dub et psyché, est vraiment mémorable. "Piano Ombre" touche, en rappelant habilement "Bois". Tout juste "Fancy Foresight", "Bien Sûr", "Sleepwalker's Town" et "Bus Rouge" me touchent moins et me semblent plus molles, mais j'aurais bien du mal à leur trouver d'autres défauts, c'est juste une question de goût je pense.

  Au final, ce Piano Ombre est un disque magistral, un des meilleurs disques francophones et pop, au moins de l'époque si ce n'est tout court. 
A (re)découvrir absolument ici.


Alexandre

L'avis d'Etienne :

     Acclamé par la presse, l'album n'est pas passé inaperçu en 2014, c'est le moins qu'on puisse dire. Pour le clin d'oeil il était dans le top d'Alexandre, n'hésitez pas à y faire un petit tour ! De ce disque, on a beaucoup entendu "La Vérité". En réalité, c'est l'arbre qui cache la forêt, car cet album est une fôret tropicale, foisonnante de tubes et de pépites. Sa richesse et son homogénéité qualitative y sont tout bonnement hors du commun. Même les titres plus discrets sont parfois les plus remarquables, je pense bien sûr à La Fille Aux Cheveux de Soie qui est probablement une des chansons francophone qui me touche le plus.

     J'en profite pour vous recommander chaudement l'écoute de la version deluxe ici présentée, offrant de magnifiques remix par des artistes en pointe de la musique électronique française/belge tels Isaac Delusion, Petite Noir, Paume ou Toys.


Etienne