Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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vendredi 27 mars 2020

Wajatta - Don't Let Get You Down (2020)


  Rencontre improbable entre John Tejada, DJ autrichien, et Reggie Watts, musicien et comédien, Wajatta est un duo assez unique.

  Leur house fait des détours vers l'Afrique ("Renegades"), la techno -mais avec une voix entre Vincent Price et Leonard Cohen- ("Little Man"), ou les clubs anglais ("Marmite"), et c'est toujours un bonheur. D'autant plus que le groupe ne se prend pas au sérieux et distribue une bonne dose humour tout au long du LP. 

  Qu'elle se sifflote rêveusement ("Don't Let Get You Down"), hypnotise ("Another Sun", "Depth Has A Focus") ou se danse ("Tonight", "138", "All I Need Is You"), leur musique laisse en tous cas une place de choix au chant, ce qui est assez original ("Realize"et rappelle le Steve Spacek de cette année, dont on a parlé récemment.

  Don't Let Get You Down est une bouffée d'air frais, une petite pépite house rafraîchissante et mine de rien assez libre et expérimentale dans les formes qu'elle prend, notamment en traitant la voix comme en pop ou en soul, pour un résultat presque électrofunk sensuel ("January", avec des inflexions Marvin Gaye). Une magnifique surprise. 

Mes morceaux préférés : Renegades, Little Man, 138, Tonight, Realize, January


Alex



lundi 24 juin 2019

SBTRKT - Wildfire (2011)


  Mêlant des inspirations plus (soul) ou moins (rnb sombre, acid house) âgées à un dubstep alors au début de sa fin, ou plus exactement de son usure par récupération commerciale outrancière, le producteur SBTRKT, accompagné de Little Dragon au chant, signait en 2011 un tube futuriste qui sonnerait encore moderne s'il sortait aujourd'hui. On se réécoute donc ce "Wildfire" aujourd'hui.

Alex

dimanche 21 avril 2019

The Chemical Brothers - No Geography (2019)


  Les Chemical Brothers ont une petite place à part dans mon coeur, m'ayant aidé à faire le lien entre le rock d'où je viens musicalement et les musiques électroniques, et ayant accouché de quelques-uns des disques les plus fun et réussis à la frontière entre ces deux genres. J'avais cependant lâché un peu leur discographie après l'excellent Push The Button, et raccroché avec le bon mais inégal Born In The Echoes, dans lequel j'avais tendance à piocher des morceaux plutôt qu'écouter le LP en entier. Tout ça pour vous dire qu'à l'inverse, ce No Geography est d'une vitalité et d'une homogénéité de qualité qui n'a rien à envier à leurs meilleures sorties, ce qui est une très, très belle surprise. 

  Déjà, l'album commence par un des morceaux les plus incroyables et ambitieux de leur discographie, "Eve Of Destruction", sorte de panorama des genres maîtrisés et détournés par le duo depuis leurs débuts, un DJ Set mené de main de maître à lui tout seul. Indescriptible, la track se poursuit avec fluidité avec "Bango", house discoïde parcourue de saillies industrielles bien senties, qui elle aussi se fond via un passage psyché aérien dans l'énorme morceau-titre. Ce "No Geography" qui n'a pas peur d'être un gros banger, construit autour de grosses basses entre post-punk et EDM, avec un beat et des claviers entre new wave et électro 2000's. Dans le genre gros tube avec voix pop et accents 80's, "The Universe Sent Me" désarçonne, entre digressions presque psyché et électro vraiment pas loin du club, mais tire justement sa force de cette contradiction. 

The Chemical Brothers - Got To Keep On (Clip, 2019)

  Tout aussi implacable, "Got To Keep On" mêle soul-funk et house presque deep dans les sonorités mais plus discoïde et pop dans la rythmique. Et c'est également un tube en puissance, qui fait presque mal tellement il est bon. Et mon dieu, la façon dont cet album est séquencé est divine, on est au niveau du Alive 2007 des Daft Punk niveau qualité des enchaînements (on pense d'ailleurs particulièrement à un live électro sur la très pyrotechnique "Free Yourself", et l'acide "MAH"). On entend d'ailleurs toute la maturité artistique du duo dans cette construction savante, fortifiée par des morceaux plus contemplatifs ("Gravity Drops", très beau au passage) là où d'autres seraient allés dans la surenchère. D'autres OVNI apportent une diversité rythmique et sonore bienvenue au disque, comme l'étrange "We've Got To Try", entre acid house bien, bien vénère et soul-pop du début des 70's, et l'inclassable final "Catch Me I'm Falling"

  Même si la première moitié de l'album m'enthousiasme carrément plus que la seconde, force est de constater que dans l'ensemble, il se tient plus que bien, et c'est presque un miracle d'arriver à un tel niveau d'urgence et de qualité pour un duo vétéran des musiques électroniques comme les Chemical Brothers. 
Alors foncez m'écouter ce disques, et dites m'en des nouvelles.

Mes morceaux préférés : Eve Of Destruction, Bango, No Geography, Got To Keep On, Gravity Drops

A écouter sur Deezer ou Spotify

Alex


mercredi 20 février 2019

Espen T Hangard - Elementaer (2019)


  Je suis fasciné par ce disque. Uniquement instrumental, il délivre une musique au carrefour entre électronique et pop. Pop car cette musique est rythmée voire sautillante, mélodique, fun et qu'elle sait jouer avec les sons pour accrocher l'auditeur. Espen T Hangard est un producteur norvégien basé à Oslo, et ce disque, sorti chez Entartete Musik, est la suite directe de Primaer, sorti l'an dernier, et issu de sessions remontant de 2009 à 2012, et mixées et passées au mastering en 2018. La genèse de ce disque remonte donc à presque 10 ans, et c'est peut-être en partie cela qui le rend si intemporel.

Espen T Hangard - Syretyveri (2019)

  Entre post-punk minimaliste, IDM joueuse comme un Aphex Twin particulièrement farceur, acid house et électro-pop sautillante (on pense aux Metronomy des débuts), "Combi. Rock" ouvre le disque de façon parfaite. L'explosive "Syretyveri" prolonge et accentue le plaisir, entre breakbeats, acid déglinguée comme du Mr Oizo et nappes de synthé entre Kraftwerk, Afrika Bambaata et un délicieux synthé trompette (j'ai une confession à faire : j'aime les synthés qui font pouet pouet). Egalement située entre acid, house planante et aspirations électro-pop, "Trampoline" est un petit bonbon.

  Pour le coup, "Fire Truck Acid""Atlas Reconfiguration" et "Ego Zenith" sont plus faciles à classer du côté IDM, elles auraient pu sortir chez Warp il y a 20 ans, ce qui ne leur enlève rien. Sur ce morceau, on se rend compte à quel point ces programmations et ces synthés sont expressifs et ont une vie qui leur est propre, est c'est encore plus vrai pour "Position Clock" : essayez de vous éloigner de vos enceintes et de loin vous jurerez entendre un chant. Dans le genre, la très belle et planante "Mirages" a une beauté délicate proche du krautrock dans son versant le plus électronique et contemplatif. 

Espen T Hangard - Mirages (Clip, 2019)

  Nous avons donc eu une chance inespérée qu'Espen T Hangard se décide à exhumer ces vieilles sessions pour en faire un disque, et je suis bien content d'être tombé dessus au hasard de Bandcamp, parce qu'un disque d'électronique aussi réussi de bout en bout et avec autant de personnalité, c'est toujours un petit trésor.  

Mes morceaux préférés : Combi. Rock, Syretyveri, Position Clock, Mirages


Alex



mardi 12 février 2019

Buttechno - Minimal Cuts (EP, 2019)


  L'EP du producteur russe Buttechno (ce nom...) commence sur un chemin un peu étonnant, entre électronique métallique à l'ancienne, proche des sons les plus tranchant de Kraftwerk, art d'introduire de l'aléatoire dans une musique mécanique comme chez Warp et house presque désuète ("Dubber Funk"). Ce dernier sentiment va d'ailleurs s'accentuer sur "Dub Hole Funkin", qui est à la limite du ringard avec sa vieille house binaire accompagnée de samples funk lounge façon Etienne de Crécy période Super Discount. Mais derrière le côté vieillot sans doute ironique, le morceau passe plutôt bien. 

Buttechno - Orient Acd (2019)

  C'est en revanche sur les deux derniers titres que l'EP prend son envol, en piochant cette fois-ci ses idées dans l'acid house, avec l'excellentissime "Orient Acd", bon comme du Mr Oizo avec un son bien sale comme un vieux synthé modulaire. D'ailleurs, le morceau rappelle par son côté implacable, minimaliste mais aussi paradoxalement assez accrocheur la férocité pop de la French Touch des débuts, inspirée par l'acid justement (Homework, "Flat Beat"...). Ce morceau est suivi par un autre monument de techno déviante et acide, "Rz Bass", funky et rêche à la fois.

Buttechno - Rz Bass (2019)

  Avec 2 morceaux excellents et un très bon sur 4, le ratio de cet EP qui porte bien son nom s'avère excellent, et c'est donc une sortie que je recommande fortement aux amateurs d'électronique qui traînent sur ce blog !

Mes morceaux préférés : Orient Acd, Rz Bass

A écouter sur Spotify ou Deezer

Alex

mercredi 5 décembre 2018

Projet Marina - Echos (2018)


  Projet Marina a tout pour plaire. D'abord ils sont Nantais, et c'est cool parce que finalement je ne connais pas tant que ça de groupes nantais qui me passionnent, et que j'aurais peut-être l'occasion de les voir en live. Mais surtout parce qu'ils ont tout pour eux : une musique puissante et radicale, dans un genre post punk / indus / gothique froid et menaçant, mais avec un côté vicieusement accrocheur dans les mélodies, les rythmiques et les sons, comme les meilleurs Suicide, Cure, Nine Inch Nails, Depeche Mode, et bénéficient d'une production relativement clean moins facile à gérer dans le genre qu'un brouillard lo-fi, mais qui est totalement à leur avantage ici.

Projet Marina - Rage (2018)

  Le premier morceau, "Rage", est mon préféré du projet : beat implacable passant par milles variations, tension qui monte sans se résoudre, prod lancinante et hypnotisante, texte intense et ambigu délivré avec une rage qu'on sent poindre derrière une diction contrôlée, aussi sexuel qu'inquiétant, délivré par un , aussi mal, et une conclusion virtuose. Un peu comme si Paradis s'était mis à faire de l'indus après un bad trip, mais en mieux. L'alliance de chanté-parlé en français et de rock n'a rien à envier à des chouchous de la critique comme les Limiñanas, Etienne DahoBertrand Belin ou La Femme, et arrive tellement bien à égaler (au moins) leur niveau qu'on a l'impression d'entendre un album financé par une grosse maison de disque plutôt qu'une sortie indé (c'est dit ici dans un sens positif). 

  Malgré ce coup d'éclat inaugural, le disque est loin d'être l'oeuvre d'une seule chanson. "Nu Disco" à elle seule ferait d'ailleurs mentir cette phrase, tant elle arrive dans un genre plus synthpop à atteindre à nouveau des sommets Pop sans la moindre concession (on est plus proche des hymnes déviants de Grauzone, Odonis Odonis en plus récent ou des débuts de New Order que d'une new wave tubesque). Et là encore, la construction méticuleuse du morceau (presque kraut) est parfaite. Finalement, je l'aime sans doute autant que "Rage", ça m'apprendra à écrire trop vite. 

Projet Marina - Nu-Disco (2018)

  Qu'on soit dans un drone anxiogène prenant ("Lou Andreas", toxique comme un Bashung sous coke ou un Daniel Darc période Seppuku, période Play Blessures, accompagné par un Velvet Undergound qui se serait mis aux synthés) une coldwave upbeat implacable ("La Louve", ayant le bonheur de me rappeller le premier EP de La Femme, le meilleur de mes chouchous Sealings et le plus sombre de The Drums et de son leader Jonny Pierce en solo), ou dans une divagation psychédélique synthétique belle comme du MGMT (3e album), du Suicide (2e album) ou du Flavien Berger en plus costaud, sur "La Brûlure", on atteint à chaque fois la perfection. 

  Le morceau de bravoure "Comme si", entre indus à la construction patiente (Odonis Odonis là encore, un soupçon de LCD Soundsystem, un peu d'Arnaud Rebotini), acid house dantesque, échos dub bienvenus, et prog synthétique et planant, est une pièce épique et introspective à la fois, comme on n'en rencontre plus tellement depuis la fin des années 70-80 (et c'est bien dommage quand on entend des merveilles comme cette track). On pense qu'"Echo" va suivre le même chemin, mais le groupe a le bon goût de surprendre en accompagnant son électronique contemplative et cinématographique aux basses lourdes par un rock psychotique, avant de finir en apothéose par une origie sonore au rythme qui tabasse sur "Guider ses Pas", à l'esprit presque aussi garage (et psyché) que Thee Oh Sees (on n'est pas si loin du génial projet parallèle Damaged Bug de John Dwyer).

Projet Marina - Guider Ses Pas (Clip, 2018)

  Cet album est un chef-d'oeuvre, il n'existe pas d'autres mots, et ce groupe est une découverte totale (merci à la radio Prun' pour ça, comme quoi il existe encore des radios passionnantes, n'en déplaise aux passéistes), qui s'avère être essentielle. J'ai beaucoup apprécié leurs précédents projets, à côté desquels j'étais évidemment passé, et ils sont également très bons, si vous avez aimé celui-ci je vous encourage à aller sur leur Bandcamp les écouter (lien ci-dessous). Mais ce LP est une véritable consécration artistique sur lequel les Projet Marina se sont dépassés, et qui mérite largement sa place parmi les meilleurs albums de l'année.

Mes morceaux préférés : Rage, Nu-Disco, Comme Si


Alex




vendredi 30 novembre 2018

Aphex Twin - Collapse EP (2018)


  Avec cet EP apaisé, Aphex Twin se montre sous un jour plus que favorable : assagi par les années, il se place dans l'histoire des musiques électroniques en évoquant la house 80's à peine sortie de l'électrofunk, toute en mélodie et en groove, l'acid ou la deep house, et en y injectant des breaks IDM fous et technoïdes et de magnifiques harmonies rappelant le plus beau de sa période ambient. On a un peu de tout ça dans l'immense premier morceau, "T69 Collapse", qui, à l'image de l'EP dans son entier, peut être une excellente porte d'entrée vers l'artiste, fidèle à sa musique mais relativement accessible.

  Avec un groove presque hip-hop et une découpe très hachée, proche du footwork, du morceau "1st 44", Richard D James montre également qu'il est toujours prêt à explorer de nouveaux horizons, et signe avec ce titre à la fois contemplatif, immersif et exigeant la bande originale d'un jeu vidéo génial qui n'existe pas encore. Les petites mélodies et les sons apaisants sont accentués sur "MT1 t29r2", qui reste transpersé par un beat inhumain que ne renierait pas Venetian Snares, et montre par sa construction (un pont sublime à 3'30" qui se fond à merveille dans la musique) qu'on peut faire aussi radical que du Autechre sans pour autant se perdre dans des digressions interminables (pas de critique ici, j'ai beaucoup aimé "le dernier" Autechre. Même s'il est long...).


Aphex Twin - T69 Collapse (Clip, 2018)

  Autre morceau plutôt facile à appréhender, "abundance..." possède une basse groovy et des patches de synthé pas si fou pour un grand public abreuvé à la BO de Stranger Things, tandis que "phtex" ravira les puristes des 90's tout en étant oossible à cerner par une génération biberonnée aux BO de jeux vidéos (Far Cry 1...) et de films à la BO technoïde/acid/jungle (Matrix...).

  C'est donc un excellent EP que je vous recommande, que vous soyez un fan du gars ou que vous vouliez découvrir cette légende de la musique électronique sans savoir par où commencer.  

Mes morceaux préférés : T69 Collapse, phtex, MT1 t29r2

Ecouter sur Spotify ou Deezer


Alex

mardi 6 novembre 2018

Handbraekes - #3 EP (2018)


  Handbraekes est un duo formé de notre chouchou Mr Oizo et de l'allemand Boyz Noise, et cet EP est le troisième sous ce nom (d'où ce titre), avec toujours ce visuel automobile et phallique. Et c'est une petite bombe déviante comme on aime.

  "Discow" est un hommage débile et magnifique à la French Touch. Ultra répétitive, filtrée à mort, c'est un genre de house hédoniste très proche de ce que faisaient Thomas Bangalter et DJ Falcon sous le nom de Together, des labels Roulé et Crydamoure, et même plus simplement les Daft Punk avec "One More Time". Cette musique, hédoniste et universelle, garde son pouvoir de séduction en mariant une insouciance pop avec une certaine mélancolie sous-jacente. L'orthographe (et la répétition) évoquent également le "Moscow Discow" de Telex, et sans doute pas de manière innocente, puisque ce dernier était également un monument de dance fun et dense à la fois.

  On a ensuite "All Night Long", un gros banger bien Mr Oizo additionné de sample de soul flitré façon French Touch, de house violente à la Homework et de grognements sexuels évidemment. Puis vient un banger encore plus WTF et encore plus violent, j'ai nommé "Intertwo". On oscille là entre folie façon Oizo, rythmique quasi-reggeaton hyper métallique, et acid house énervée et saturée (on pensera au "On Sight" de Kanye West, produit par les Daft, mais aussi aux travaux de Brodinsky ou Gesaffelstein). L'enchaînement de ces trois premiers morceaux est une déflagration salutaire, une bonne claque dont on a du mal à se remettre. 

L'EP en entier, sur Youtube

  Heureusement, "Citroën" est plus calme, et consiste à caser une fausse pub déclamée par très belle une voix féminine, en allemand (on en profite pour emmerder copieusement une deuxième fois cette semaine les rageux qui crachent sur la langue allemande) sur des accords de clavier géniaux et un beat un poil haché façon trap mais néanmoins un peu funky (bonne ligne de basse). Complètement décalé, l'exercice de style passe bien. De même que "Jumpma", qui s'inspire du hip-hop et ressemble à un exercice de déconstruction de l'EDM en utilisant un sample de voix bouclé jusqu'à la nausée, et "Bangyou" qui fait de même avec un sample répété ad nauseum jusqu'à ce que la joie dance qu'il contenait révèle son côté tragique et profondément triste, tout en créant une tension qui ne sera -de façon malicieuse- jamais résolue par un gros drop que l'auditeur attend pourtant. 

  Cet EP inattendu est donc très réussi, avec une première partie incroyable entre nostalgie de la French Touch et gros bangers qui tabassent, et une deuxième partie plus conceptuelle poussant la déstructuration de la musique à son paroxysme. Un très, très bon boulot tant sur le fond que la forme. 

Ecouter sur Spotify ou Deezer ou Youtube

Alex