Les aventures musicales de deux potes

Les aventures musicales de deux potes
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jeudi 14 février 2019

TOY - Happy In The Hollow (2019)


  Le groupe TOY, lancé au tout début par ses premières parties de The Horrors, évolue sur ce disque dans le même univers artistique que ses aînés. Dès l'introductive "Sequence One", on entend ce mélange de rythmiques motorik et d'électro planante façon krautrock, de post-punk, et de shoegaze qui fait le charme de ces deux groupes, avec en plus le chant entre glam et dream-pop du chanteur de TOY. 

  D'une manière générale, les stars sur ce disque, ce sont la basse vrombissante et les éclats de claviers infusant une ambiance de mystère ("Mistake a Stranger", "Move Through The Dark") ou donnant un brillant pop voire new wave à l'ensemble ("Mechanism"). Mais les morceaux plus rock, mettant davantage en avant les guitares, sont également de bonne facture ("Energy", "Jolt Awake"). 

TOY - Sequence One (Clip, 2019)


  Les petits escrocs se servent souvent de références évidentes, et ils piquent par exemple la guitare de "Girl, You'll Be A Woman Soon" (version Urge Overkill entendue sur la BO de Pulp Fiction) sur "Last Warmth Of The Day", mais comment leur en vouloir tant la chanson, cotonneuse ballade psychédélique, est belle comme ça ? Entre psychédélisme 80's et guitares western, "The Willo" continue sur cette belle lancée que "Strangulation Day" et son orgue métallique poursuit également quelques pistes plus loin.

  Certains morceaux sont cependant un peu trop tranquilles à mon humble avis ("You Make Me Forget Myself", "Charlie's House" et quelques autres), et l'album ronronne un peu au bout d'un moment.

  Globalement, c'est un bon disque, assez solide malgré quelques ralentissements, très beau et bien produit, à découvrir que vous soyez connaisseurs du groupe ou non !

Mes morceaux préférés : Sequence One, Mistake A Stranger, Last Warmth Of The Day, The Willo

A écouter sur Spotify ou Deezer

Alex

dimanche 25 mars 2018

Halo Maud - Du Pouvoir EP (2018)


  On découvert Halo Maud en 1ère partie de Baxter Dury à Nantes, et c'était vraiment un superbe live. Du coup, je me suis précipité sur internet pour écouter ce qu'elle faisait (vous imaginez bien que c'est un peu hyberbolique, je suis juste allé me coucher en rentrant du concert hein). Et je suis tombé sur cet EP, Du Pouvoir, ressorti en cette année 2018 à partir d'une première version parue l'an dernier, et dont certains morceaux datent de 2015. EP dans lequel je me suis vite retrouvé, étant donné qu'elle et son groupe nous en avaient joué plusieurs morceaux. D'ailleurs, elle, c'est Maud Nadal. Amie de longue date de la Melody de Melody's Echo Chamber, elles ont collaboré toutes les deux sur les projets de l'une et de l'autre, ainsi qu'avec d'autres éminents membres de ce petit cercle (dont Moodoïd). Musicalement, on pense évidemment à la galaxie Tame Impala à laquelle ont peut rattacher ces deux derniers groupes, ainsi qu'à des artistes comme Barbagallo, avec lequel elle partage un certain soutien du très bon et pointu "collectif" La Souterraine


Halo Maud - Du Pouvoir (Clip, 2017)

  Et de manière plus large, on navigue entre pop française moderne (François & The Atlas Mountains, Petit Fantôme...) et pop indé au sens large, du néo-psychédélisme au shoegaze en passant par l'électro-pop. On pensera également à Jane Birkin en entendant le chant de "Du Pouvoir/Power", magnifique pop song fragile et intense à la fois, chantée en français et en anglais. Cette intensité, on la retrouve sur la prenante "Baptism" et son mantra obsédant et inquiétant "what happened after ? / I don't remember". D'un point de vue arrangements et production, Maud met en valeur ses mélodies en les enrobant de nombreuses couches mais en les laissant apparente, trouvant un équilibre délicat et très plaisant entre ligne claire et mille feuille pop. 


Halo Maud - Baptism (Clip, 2017)


  Son "minimalisme expansif" trouve sa plus belle expression dans la belle "A la fin", alternant entre une ligne mélodique sur le fil, à nu, et de petites explosions rock. Sur ce morceau, ainsi que sur "Dans la nuit", elle explore également une direction un peu plus synthétique très intrigante et plus qu'intéressante, évoquant là encore le versant le plus électro-pop de Melody's Echo Chamber, façon "Quand Vas-Tu Rentrer ?".


Halo Maud - A La Fin (Clip, 2015)

  C'est vraiment un superbe EP, qui donne envie d'en entendre davantage de sa part. Et en plus, c'est encore meilleur en live que sur disque.

A écouter sur Spotify ou Deezer ou son Bandcamp


Alex



  

samedi 17 mars 2018

Live Report ! Baxter Dury à Stéréolux (Nantes, 05/03/2018)

Baxter Dury à Stéréolux (Nantes, 05/03/2018)

  On a de la chance dans notre petite salle préférée, on arrive toujours à avoir une place à 2m de la scène, et la première partie est souvent excellente. Pour Baxter Dury, c'était Halo Maud, alias de Maud Nadal, clavier pour Melody's Echo Chamber ou Moodoïd, désormais en solo. Enfin, ici en groupe, avec un bassiste à fond dans son rôle, un clavier facétieux habile en bidouillages géniaux et un batteur tout simplement impressionnant de talent pur et de sensibilité. Elle joue une pop psychédélique façon Tame Impala ou Melody's Echo Chamber justement, souvent chantée en français, parfois en anglais, avec des rythmes agiles et une affinité pour l'électronique la rapprochant de François & The Atlas Mountains ou Petit Fantôme. C'était vraiment très bien, je vous recommande de découvrir sa musique, en commençant par exemple par "A La Fin", "Dans la Nuit", "Des Bras" ou "Du Pouvoir".

Halo Maud à Stéréolux (Nantes, 05/03/2018)

  Quand à Baxter Dury, il était impérial. Facétieux, showman absurde à l'anglaise mais avec un vrai respect du public, se donnant à fond à chaque chanson. Il a joué quasiment tout Happy Soup (2011) ainsi que son dernier album The Prince Of Tears (2017) ainsi que des morceaux choisis de It's A Pleasure (2014) et Floor Show (2005), notamment "Cocaine Man" (mais pas "Francesca's Party", sniff). Accompagné d'un groupe de musiciens hyper doués, de choeurs féminins divins, il a fait ressortir le groove funky et l'énergie pub rock quasi punk de ses morceaux, servant souvent d’exutoire à un artiste qui semble vivre ses chansons par ailleurs très personnelles. 

Baxter Dury à Stéréolux (Nantes, 05/03/2018)

  Il finira une chanson très émouvante de son dernier album, portant sur son récent divorce, par un trait d'humour british, désamorçant la gravité du morceau en balançant un "I'm looking for a wife" au public. Au rappel, c'est en peignoir de boxeur rouge, avec "The Prince Of Tears" brodé au dos, qu'il se présentera à nous.

Baxter Dury à Stéréolux (Nantes, 05/03/2018)

  Un concert énergique, émouvant, vécu à 100% et mené à toute allure (aidé en cela par la concision des morceaux), avec un côté authentiquement british très agréable, autant dans la musique que l'attitude (le côté pub-rock et punk, les accents ska, l'accent prononcé, le flegme). En un mot : génial !

Alex


mardi 2 janvier 2018

NONN - NONN (2017)

Pour commencer l'année sur LPAE, je vous propose un album de post-punk noizy bien badant, signé sur l'excellent label londonien Fuzz Club records, spécialisé dans toutes ces musiques obscures et déviantes, enfants du punk et enrobées d'un "neo-psychédélisme" fumeux. NONN, c'est le nouveau projet solo du suédois Christian Eldefors, qui officie aussi dans un style plus rock n'roll chez The Orange Vival, toujours signé chez Fuzz Club. 




     Walls, premier des 10 titres mais surtout première des compositions dans le processus de son projet solo, ouvre magnifiquement l'album. Il pose dès lors les jalons d'un univers sombre et mécanique qui constitue le cachet de NONN. Ce sont d'abord ces synthés emplis d'écho qui marquent, faisant raisonner des influences coldwave et lugubres à la Suicide. Un univers froid qui puise son inspiration dans la solitude des froids hivers suédois, contexte de composition de NONN. C'est aussi cette basse qui sonne comme la glas, dans des ambiances proches du noizy et de l' "indus".

     Vient ensuite Lost et ses guitares à la The Cure, où dans une énergie mélancolique et des rythmes mécaniques, les riffs de la Stratocaster et de la basse semblent s'animer tels des fantômes. Les drums machines accentuent alors d'autant cette atmosphère industrielle. Le chant fait aussi son apparition, nonchalant et désinvolte, quelque peu effacé et en demi-teinte. Avec ce morceau c'est comme si Christian Eldefors tirait le plus sombre de Joy Division, pour l'assaisonner à la sauce New Order, dans un production 90's grung.

Christian Eldefors


     Sur Stay, la dynamique s'accélère, les drums se font automatiques, la basse lourde et la guitare vrombissante. De la simplicité de l'orchestration et de la composition, le suédois tire une énergie brute et animale, allant à l'essentiel de la magie qui fait le post-punk.

     Gone emboîte le pas, dans une approche noizy où les bruits sourds se répètent dans un décor sombre et inquiétant, parfait warm-up vers Cold qui continue à mettre en avant une musique synthétique, qui n'est pas sans rappeler la vague Trip-Hop qui a secouée l'angleterre des 90's. 

     Des sonorités 90's bien vite rattrapées par le terreau 80's de cet album, avec Need qui prouve les liens non équivoques de NONN avec le shoegazing et son chef de file My Bloody Valentine. Le morceau est sombrement excellent et rend parfaitement honneurs à ces groupes tels Bauhaus ou Cocteau Twins. De ces derniers, comment ne pas citer l'anthologique Blind Dumb Deaf , chef d'oeuvre du genre. 


     On accélère légèrement le bpm sur le morceau suivant, avec le single Hills, où la basse prend tout son essor pour impulser un post-punk nihiliste et décadent. Dans la gravité et la tristesse de l'ambiance, vient alors percer cette guitares claire et pure, à la manière des Smiths, dotée d'une composition des plus simples et efficaces. Là encore la voix semble se fondre dans l'écho, nourrissant le lugubre de l'univers musical de NONN.


     Le lugubre monte encore d'un cran sur Time ou les battements mécaniques nous hypnotisent et les effets sonores créez un psychédélisme sinistre, entre écho et fuzz à foison. Cette ambiance continue sur le très dérangé Fear, qui poursuit notre funèbre voyage. En plus énervé, on peut aussi penser à des artistes comme Thee Oh Sees, qui ont réussi à mélanger au punk un néo-psychédélisme inquiétant. Wait clos alors en simplicité l'album dans un marasme synthétique.

     En somme, rien de nouveau dans la musique de NONN , qui fait écho à beaucoup d'influences 80's et d'autres artistes voguant aujourd'hui encore sur cette vague post-punk, à l'instar de A Place To Bury Strangers. Cependant, la sincérité et l'instantanéité de cette musique lui donne un caractère singulier dans ce genre déjà bien usé. Elle n'y est aucunement poussive et est animée d'une énergie authentique, rappelant le meilleur du shoegazing anglais.

Pour écouter et se procurer l'album, ça se passe sur Bandcamp.Pour aller plus loin, je vous recommande l'interview de Christian Eldefors sur The Seventh Hex.



Etienne