The Drums, maintenant c'est Jonny Pierce tout seul. Mais pas tout à fait, il s'est par exemple entouré de musiciens pour enregistrer ce tout nouvel album, contrairement à son précédent où il jouait de tout. Et il a voulu également retrouver un côté brut, se replongeant dans l'état d'esprit qu'il avait avant de signer en maison de disque afin de produire le disque pop qu'on lui a refusé à l'époque, préférant le rock indé qui fera son succès (et le bonheur de nos oreilles).
The Drums - Body Chemistry (2019)
Il y a toujours eu une bonne dose de synthpop chez les Drums, et parfois les synthés (et la voix de Pierce) sont maîtres, comme sur la très bonne pop song minimaliste "Pretty Cloud". Mais ils partagent tout de même souvent la première place avec le duo basse/guitare ("Body Chemistry", "Brutalism", "Loner", "Kiss It Away").
Ce qu'on remarque assez vite, c'est la beauté de ces chansons, aux mélodies soignées et immédiatement plaisantes, et aux choeurs délicats. Ce côté pop, volontiers rythmé ("Blip Of Joy") et n'ayant pas peur de plaire, accouche de belles réussites comme le classique instantané "626 Bedford Avenue". Pierce, connu pour ses morceaux assez sombres, s'aventure même du côté de la ballade rock ("I Wanna Go Back", qui a un côté 90's, un peu La's) ou folk ("Nervous").
Jonny Pierce - 626 Bedford Avenue (2019)
C'est un album réussi de plus pour les Drums, sur lequel Pierce arrive de plus à ouvrir de nouvelles voies à sa musique en privilégiant une approche pop moins marquée par le post-punk british, upbeat mais sombre, qui a fait sa marque de fabrique. C'est l'oeuvre d'un authentique artiste autant que d'un artisan qui se cherche à travers son art, et c'est surtout très beau.
Mes morceaux préférés :Pretty Cloud, Body Chemistry, 626 Bedford Avenue, Brutalism
Je reviens de loin avec PNL. J'ai pas compris tout de suite. J'ai détesté, méprisé de loin à la première écoute. C'est pas très dur, de loin, de se moquer de tics musicaux ultra inhabituels, d'onomatopées autotunées délivrées avec beaucoup trop d'emphase, de phrases qui riment pas, de références à Simba ou Mowgli. Mais petit à petit, en réécoutant quelques titres qui m'avaient quand même accroché par leurs prods au départ, je me suis fait l'oreille au style des deux frères des Tarterêts, et j'ai commencé à entendre leur apport dans ce mélange finalement assez subtil entre voix très travaillées en studio aux flows complémentaires, sur des instrus souvent planantes mais en réalité assez variées. Et j'ai entendu également quelques fulgurances au niveau des textes, confortablement installées entre une absurdité et un truc bien vulgaire pour que seuls les initiés puissent l'apprécier.
D'ailleurs, au risque d'insister, je pense vraiment que pour un groupe comme PNL, au style extrêmement marqué, il faut de toutes façons plusieurs écoutes (et probablement quelques références de rap FR et US) avant de se faire l'oreille et de savoir si on apprécie ou pas le genre ou si c'est juste trop éloigné de ce qu'on écoute d'habitude pour y comprendre quoi que ce soit. Un peu comme le café, le vin, le jazz ou le métal, le rap, et en particulier ce sous-genre post-autotune qui n'a pas encore de nom nécessite quelques essais et portes d'entrées pour être assimilé. Tout le monde ne va pas aimer, loin de là, mais faut au moins essayer correctement avant de balancer un avis trop définitif, sinon ça peut se retourner contre vous assez vite (cf moi).
PNL - Au DD (Clip, 2019)
J'ai accéléré la cadence de réécoute et de redécouverte après la sortie du 3e single issu de cet album, "Au DD" (au détail), ce dernier étant particulièrement accrocheur, avec son instru à base de guitare qui brouille les pistes entre les genres (honnêtement, on pourrait être au début d'une chanson de pop-rock indé sur l'intro). Sur ce morceau, quelques fulgurances dans le texte également, et surtout deux flows encore plus carrées que par le passé, donnant un côté massif, tubesque à l'ensemble, ce qui est accentué par un clip gargantuesque, beau et impressionnant, filmé sur la Tour Eiffel (rien que ça).
Évacuons déjà les deux autres singles, plutôt bons, en évoquant "91's" et son électrofunk californienne très cool, légère, apportant une dose de fraîcheur au sein d'un disque assez plombé, ainsi qu'"A L'Ammoniaque", belle ballade presque chanson française, toute en guitare, sans beat, qui se découvre et s'apprécie avec les réécoutes successives.
Le début d'album, jusqu'à ces deux singles justement, paraît un peu plat à lapremière écoute. Mais là encore, "Autre Monde" se révèle rapidement une excellente track, certes posée mais riche et bien foutue. "Chang" me touche moins, elle est pas mal construite du tout, avec un côté très "gros", mais justement, à l'inverse d'"Au DD", ce côté énorme fait plutôt balourd et un peu vide. "Blanka" est un peu mieux, grâce notamment à une bonne 2e partie d'Ademo, mais il lui manque également un petit truc à mon goût. Mais à partir de là, tout décolle. Je dois juste mentionner "Zoulou tchaing", tentative à mon sens ratée de crossover avec la variété française (à la "Petite Fille" de Booba), qui n'est pas non plus nulle (le début du texte est génial). Si je la met un peu à part, c'est qu'à part elle, tout est impeccable à partir de là.
PNL - A L'Ammoniaque (Clip, 2018)
Les prods sont incroyables, à l'américaine, et les flows tabassent. "Celsius" est une implacable bombe trap, et "Deux Frères" est un tube pop-trap total. "Coeurs" est un rnb mémorable, "Shenmue" une électro-pop de jeux vidéos accrocheuse. Sur "Kuta Ubud", les deux frères inventent presque un langage à eux, il faut aller sur genius pour vérifier qu'ils ne chantes/rappent pas en patois, ce qui est assez fun, et musicalement ce gros egotrip trap minimaliste fonctionne bien. Tous ces morceaux sont de haut niveau.
Moins indispensables mais néanmoins très réussis dans leur genre, les hispanisant "Hasta La Vista" (plus rythmée, c'est un peu leur "Narcos" (Migos) ou "I Like It" (Cardi B) pour filer l'analogie avec les ricains) et "La misère est si belle" (ballade triste) font le taff.
Mais ceux qu'on retient, en grande partie parce qu'ils innovent au niveau sonore, ce sont d'abord "Menace", trip US à la Rae Sremmurd / Travis Scott, avec une instru pop-trap bondissante, tremplin à une première partie d'Ademo mémorable et un couplet inattendu et addictif de N.O.S. Incroyable. Puis "Déconnecté", qui est un trip néo-80's psychédélique cosmique et épique (cette guitare, ces grosses drums, on se croirait chez le Sébastien Tellier prog de la période My God Is Blue). L'utilisation de toutes les modifications de la voix à des fins dramatiques atteint ici des sommets rarement atteints, on pensera uniquement à la noirceur de Future ou aux épopées trap-rock de Travis Scott. Une autre track qui fait du neuf en renouvelant la formule du duo.
Une bonne intro au groupe, via l'excellente émission "Le Règlement"
Petit point texte : en parcourant l'album, on note pas mal de fulgurances comme je le disais, et dans l'ensemble les textes (et les flows, au passage) sont vraiment plus solides que ce qu'ils ont été par le passé. Le groupe touche souvent juste lorsqu'il évoque les sujets d'amour fraternel, de famille et d'héritage, mais également lorsqu'il étale son amertume face à une réussite cruelle pour eux, au regard de ceux qu'ils côtoyaient il n'y a pas si longtemps et qui sont restés dans la merde. Leur regard acéré sur la noirceur des mécanismes de reproduction sociale, et leur illustration par des images émouvantes car vécues font d'ailleurs leur force, et certains couplets pourraient sans problème être disséqués en cours de sociologie.
Ben voilà, je crois que j'ai tout dit. Le disque est un peu long, et aurait sans doute bénéficié de quelques coupes, mais il est tout à fait écoutable tel quel, on n'est pas encore rendus chez Migos. Car la majorité de ces titres oscillent entre le très bien foutu et l'excellent, dans leur genre. Et ça fait plutôt plaisir de voir que ce qui cartonne en France aujourd'hui, c'est un disque produit en indépendant par deux mecs partis de rien, qui ont créé en autarcie dans une cité délaissée par le monde entier un style à eux, qui a rayonné par la suite à travers le monde entier, sans le soutien d'une majorité de médias qui n'y connaissent rien et qui préfèrent recracher sourire aux lèvres et chèque dans la poche le communiqué de presse de Patrick mes couilles ou d'un juré ou candidat à la con de The Voice.
Les chiffres ne mentent pas, et une bonne partie de la jeunesse francophone voit en eux les Pink Floyd/Daft Punkde leur génération, et sans aller dans des comparaisons foireuses, et peu importe ce que vous pensez d'eux, est-ce que ce n'est pas au fond une bonne chose que ces icônes générationnelles soient issues de la classe populaire et qu'elles aient créé un style unique, insulaire, plutôt que de sortir, prémâchées, de la grosse machine de l'industrie du divertissement ? D'autant plus quand leur musique rapproche des catégories sociales diverses et humanise tout une partie de la population dont vous n'entendez parler qu'à travers le prisme ultralibéral et raciste des chaînes d'info en continu.
Bref.
Merci PNL.
Mes morceaux préférés : Au DD, Déconnecté, Menace, Celsius, Deux Frères
Ce mois-ci je n'ai vraiment pas eu le temps de chroniquer grand chose, vous allez donc découvrir mon avis sur pas mal de disques sur ce post. Il est long, beaucoup d'albums ont retenu mon attention, mais seuls quelques rares élus m'ont vraiment transporté. Cependant, avec un peu de chance vous comprendrez et ressentirez mieux que moi certains de ces excellents disques qui méritent de ne pas passer à la trappe. Cette liste est un peu décalée, il y a pas mal de rattrapages de Février, et je ne parlerais de certaines sorties de Mars qu'en Avril, faute de temps pour les avoir assez écoutées ce mois-ci. Mais on s'en fout non ?
Hamza ayant lui-même produit par le passé, il a l'oreille pour choisir les meilleures prods. Sa sensibilité unique au chant, entre rnb et rap autotuné, d'une habileté rare dans les flows sans cesse changeants, le fait sortir du lot et sublimer ces prods incroyables. Le disque est par ailleurs séquencé avec une minutie d'horloger, et est par ailleurs très homogène et équilibré, ses prods aux influences variées (rnb, trap, dancehall, afrobeats, électro-pop...) partageant des marqueurs communs, et la balance entre bangers et morceaux plus posés étant admirablement gérée. Hamza a une oreille musicale hors du commun et a réussi sur ce projet à atteindre ses ambitions démesurées avec quelques unes des prods les plus impeccables que vous entendrez cette année (et quand je dis ça je pense à l'international), qu'il a su transcender par son chanté-rappé unique et virtuose.
Mes morceaux préférés :Henny Me Noie, Audemars Sheet, Validé, HS, Paradise, Le Même Sort
Découverte (pour ma part) sur des collaborations avec notamment Patrick Paige II de The Internet, Kari Faux s'illustre ici en prenant le devant de la scène, et excelle particulièrement dans un mélange de hip-hop espiègle et de nu-soul sensuelle.
Incroyable morceau à la jonction entre free jazz et électro-pop dansante, ce titre euphorisant n'est que la partie émergée d'un iceberg dont je vous reparlerai bientôt, puisque si le génial disque dont il fait partie est déjà sorti (et aurait pu être album du mois à égalité), je préfère attendre un peu de le maîtriser davantage avant de vous en parler, pour le mettre en valeur correctement. Je vous laisse, je dois aller sauter partout en écoutant cette folie.
BILAN ALBUMS ***On a adoré :
Le SuperHomard - Meadow Lane Park COUP DE COEUR France Pop, Rock, Psyché, Electro-pop/Synthpop, Baroque Pop Lien vers la chronique
Le SuperHomard est avant tout le projet solo du musicien avignonnais Christophe Vaillant (Pony Taylor, The Strawberry Smell), qui joue de la plus grosse partie des instruments sur disque, avec néanmoins l'aide de son frère à la batterie et à la basse et de l'artiste anglaise Pandora Burgess au chant. Vous avez d'ailleurs déjà pu croiser ce nom sur notre blog, puisqu'on avait beaucoup aimé leur précédent EP. Leur pop psychédélique, assortie d'influences cinématographiques et assaisonnée de synthpop, fait mouche, autant sur des pop songs directes que sur des instrumentaux rêveurs et baroques. Et peu importe par quel aspect on aborde ce disque, il est inévitable de dire que c'est un bonheur sonore absolu, divinement produit et d'une richesse et d'une subtilité rares dans les arrangements. Chaque minute regorge de petits détails sonores à découvrir à chaque écoute, et le tout sert des mélodies d'une évidence pop magnifique. Indiscutablement une grande réussite pop.
Mes morceaux préférés :Paper Girl, Meadow Lane Park, SDVB, Snowflakes, In the Park, Springtime, Door After Door
Le rockeur le plus cool de France revient avec un nouvel album, après le délicieux The Hood de l'an dernier, avec un mélange de néo-60's plus assumé (surf, psychédélisme), de pop à guitare 80's, et de garage brutal qui doit un peu au grunge, façon Ty Segall. Tout au long du disque, il y a en tous cas toujours un truc qui accroche l'oreille, sans passer par la facilité : des mélodies et riffs imparables, qui vont rester collés au fond de votre cerveau pendant un moment. Ces chansons mémorables, interprétées avec une coolitude sans limite, font de ce disque un incontournable de l'année.
Largement composé à partir de jams improvisées, entrecoupé d'interludes, minimaliste dans son son et souple dans ses structures, c'est un album de croquis, d'ébauches, au trait précis mais sans fioriture - choix artistique spartiate et courageux assumé et maîtrisé, la perfectionniste ayant passé des heures à éditer ces jams, retoucher les sons, prenant son rôle de productrice très à cœur, et ça s'entend : le disque est poli, impeccable, immaculé, tout en laissant échapper un peu de naturel de temps en temps : un rire, une respiration, une irrégularité de voix... Musicalement, on oscille entre jazz, nu-soul, et hip-hop, avec une présence notable de claviers funky et de boîtes à rythme sèches, presque trap, et un côté psychédélique. C'est un album ouvert aux contributions, mais laliste impressionnante de collaborateurs accouche pourtant d'un disque ultra personnel, d'une homogénéité remarquable. Un excellent album, pas forcément évident à aborder pour un non-initié, mais un régal pour les amateurs de musique moderne qui en attendent créativité, diversité, audace, naturel et perfectionnisme. Un petit bijou.
Mes morceaux préférés : Things I Imagined, Binz, Down With the Clique, My Skin My Logo, Way to the Show, Sound Of Rain, Almeda
Un projet absolument inclassable mais génial, un peu comme si Erykah Badu avait l'âge de Jorja Smith et décidait de sortir sa propre version d'une mixtape de trap-jazz cosmique. Un peu le versant bad girl de l'album de Solange finalement. C'est en tous cas tout à fait passionnant et perfusé d'une énergie insolente absolument irrésistible. Ecouter sur Spotify
Les deux anglais reviennent avec un putain d'album qui claque. Dès le début, "Into The Payzone" et "Kebab Spider" sont deux putain de bangers. Musicalement, c'est la même recette, encore et encore : un poil de punk une basse post-punk menaçante, un soupçon de dance-punk dans les rythmiques et les programmations, mais il en faut un sacré talent pour ne pas lasser quand on fait dans le minimalisme, surtout avec un chant aussi marqué que chez lesSleaford Mods. D'ailleurs, c'est probablement une bonne introduction au groupe, l'ensemble étant assez diversifié et accessible.
Mes morceaux préférés :Into The Payzone, Kebab Spider, Policy Cream, Negative Script, When You Come Up To Me, Flipside
Une très belle collection de morceaux tour à tour pop, rock et folk, empreints d'une rage et d'une urgence n'enlevant rien à leur délicatesse. Un très très beau disque dans le genre.
Une belle oeuvre, nocturne, méditative, mature mais pas totalement apaisée pour autant, contenant quelques unes des plus belles chansons récentes d'Avey Tare comme "Saturdays (Again)" par exemple, mais aussi quelques expérimentations réussies comme l'enchaînement des deux premiers titres. Lorsqu'il rappelle les sommets de Down There comme sur ces deux titres, ou de Strawberry Jam sur "Nostalgia In Lemonade", ou qu'il offre de nouveaux sommets d'intensité dramatique ("Chilly Blue", "Remember Mayan") ou d'apaisantes comptines psyché ("Our Little Chapter", "HORS_") on se prend à espérer au grand disque, mais on n'y est pas tout à fait. Les écoutes répétées me donneront peut-être tort, mais j'entends ici un peu trop de l'inertie amorphe qu'on sentait poindre sur les titres les moins inspirés de Painting With et m'avait beaucoup ennuyée sur Tangerine Reef. A la manière de son précédent effort solo, Eucayptus, sur lequel je ne suis finalement pas beaucoup revenu malgré ses qualités, je pense que ce disque ne va pas me marquer, mais il reste néanmoins une aimable réussite artistique, à défaut d'avoir fait chavirer mon coeur.
Puzzleest un projet solo d'un des deux frères deThe Garden, et tout comme son autre groupe, c'est un bordel génial. Comment voulez vous qualifier cette musique ? Il y a des synthés qui ont presque un son de musique de jeux vidéos, des rythmiques punk hardcore, et un chant scandé presque rappé. On peut en revanche affirmer sans se tromper que c'est de l'excellente pop music. Alors oui, sans doute que dans l'ensemble, le côté amorphe de la musique ainsi que certains éléments (le chanté-rappé) peuvent lasser, mais avouez que c'est quand même une proposition artistique assez unique, qui mérite d'être découverte, et qui n'est pas loin d'accoucher de quelque chose de très grand. Il manque juste un peu de sélection dans toutes ces idées géniales (les deux frères sont ultra productifs ensemble et en solo), et on aura un chef-d'oeuvre de The Garden, Puzzle ou Enjoy dans pas longtemps.
Mes morceaux préférés :Loose Cannon, Junk, Disappear, Over1234think, Pointless Content, Sitting in the back of my car
A l'écoute de ces deux projets d'Aleksi Perälä, on peut sans trop de doutes affirmer qu'il fait partie des disciples d'Aphex Twin, mêlant dans son électroniques des ambiances planantes, des rythmiques parfois dansantes parfois déstabilisantes, des mélodies mémorables et des bizarreries IDM jouissives. Deux projets solides et chaudement recommandés.
Black Taffy - Elder Mantis Abstract Hip-Hop, Electronique, Ambient Un très très bel album d'abstract hip-hop, d'une élégance rare et d'une délicatesse infinie. A écouter sur Spotify
Stella Donnelly - Beware Of The Dogs Pop, Rock, Folk Un très beau disque de chansons puissantes et délicates à la fois, aux textes forts mis en musique avec beaucoup de talent, et chantés par une voix accessible et maîtrisée. Mes morceaux préférés :Allergies, Old Man Ecouter sur Spotify
Stephen Malkmus - Groove Denied USA Electro-pop, Rock, Psychédélisme, Krautrock, Post-punk L'ex-leader de Pavement nous offre là sa première véritable oeuvre solo, et il en a profité pour faire un truc dont le grand fan de Can qui est en lui rêvait depuis longtemps : un album d'électro-rock. La grande qualité de ce disque c'est son côté joueur, cette découverte et cette excitation qu'on sent à chaque instant. Les digressions électroniques sont ainsi très fun et musicalement assez folles, mais finalement elles donnent à ce projet un petit côté anecdotique lorsqu'on entend les morceaux suivant davantage le format chanson comme "Viktor Borgia". Le côté synthpop façon Human League (voire Roxy Music) est tellement mémorable qu'on en redemande. A l'inverse, il y a beaucoup de guitares et peu d'électronique en fin de disque (les 3 derniers morceaux), et ça sort un peu de l'ambiance si bien installée. Mais je chipote là, ce disque est très bien en l'état, et la version fantasmée que je m'en fais n'aurait pas forcément été meilleure. Mes morceaux préférés :Viktor Borgia,Love The Door, Grown Nothing Ecouter sur Spotify
Pond - Sixteen Days Australie Rock, Synthpop/Electro-Pop, Psyché, Prog, Glam C'est avec une impeccable suites de morceaux synthpop que Pond revient. Etant très fan de leur album de 2013, un peu moins mais presque autant de celui de 2015, j'avais perdu petit à petit mon intérêt pour ce groupe et les projets solo d'Allbrook. Ce disque n'a pas tout à fait restauré mon niveau d'excitation, mais il faut reconnaître qu'il est bien foutu, et contient quelques unes des meilleures chansons du groupe. Son côté glam, ensoleille, synthétique aussi, quelque part entre les MGMT fascinés par les Stones du 1er album et les derniers Tame Impala, accroche directement l'auditeur. Mes morceaux préférés : Daisy, Tasmania Ecouter sur Spotify
Delicate Steve - Till I Burn Up Rock, Electro-Rock, Electro-Pop/Pop Un album super cool d'électro-rock post-Ratatat, très accrocheur et malin, plein de fun et de talent. Ecouter sur Spotify
Undermathic - Living Holograms Electronique, French Touch, Electro-Rock, Electro-Pop, House, Electro-funk La suite logique des aventures électro-rock du premier LP de Jackson & His Computer Band, de celui de Justice et de Human After All des Daft Punk, avec un peu de l'ambition de groupes de l'écurie DFA comme The Juan MacLean. Cette reprise de flambeau ne manque pas de panache et ne se contente pas de pasticher mais écrit de nouvelles pages de cette histoire électro-rock. Un disque impressionnant. Ecouter sur Spotify
Fatamorgana - Terra Alta Electro-Pop/Synthpop, New Wave, Post-punk Une électro-pop minimale en espagnole de haute volée. Fortement recommandé ! Ecouter sur Spotify
Kehlani - While We Wait Pop, Rnb Ce court mais impeccable album fortifie la place de Kehlani au sommet de la partie accessible mais bien foutue du rnb mondial, et la rapproche d'artistes comme Ty Dolla Sign, dont l'influence (et la présence vocale) apportent au disque chaleur, sensualité et modernité. Lien Spotify
Little Simz - GREY AREA Hip-Hop Little Simz élargit considérablement sa palette déjà variée avec ce disque éclectique et organique qui met en valeur son flow impeccable. Ecouter sur Spotify
Powder - Powder In Space
Compilation - Electronique Cette compilation stellaire du label Powder regorge de merveilles électroniques aussi novatrices que fascinantes. Une vraie expérience.
Cochemea - All My Relations Jazz Une douce rêverie jazz. Ecouter sur Spotify
Hubert Lenoir - Darlène Chanson Un dique complètement barré, entre comédie musicale, cabaret, jazz, chanson française, glam... Déconcertant et enthousiasmant, il me faudra un peu plus de temps encore pour en faire le tour, mais c'est assurément une oeuvre remarquable. Ecouter sur Spotify
*On a apprécié : U-Bahn - U-Bahn Post-Punk Un efficace album de post-punk aux contours assez pop. Recommandé !
Ecouter sur Spotify Crocodiles - Love Is Here Rock, Pop Petite déception pour ce dernier album de mes chouchous qui continuent d'album en album à aller vers une musique que je trouve moins intéressante et vitale que celle qui les a fait connaître. Mais il reste quelques traces de leur brillante écriture glam rock dans ce LP par ailleurs plutôt dispensable. Ecouter sur Spotify Giggs - BIG BAD... (Royaume-Uni - Grime) Lien Spotify Benny Sings - City Pop (Pop) Lien Spotify Czarface Meets Ghostface (Hip-Hop) Ecouter sur Spotify Half Japanese - Invincible (Rock Indé ) Lien Spotify Offset - Father Of Four (USA - Trap)Lien Spotify The Claypool Lennon Delirium - South Of Reality (Prog-Rock, Pop, Psyché) Ecouter sur Spotify Snapped Ankles - Stunning Luxury (Post-Punk) Lien Spotify Papooz - Night Sketches (Pop, Electro, Disco) Lien Spotify loveni - Une nuit avec Bon Gamin (Rap fr) Lien Spotify
BILAN EP Charlotte Adigéry - Zandoli House, Funk, Pop Funky, impertinent, fun et bien foutu, c'est un EP plus que solide. Ecouter sur Spotify Mr Oizo - Rythme Plat France French Touch, Electronique Cet EP hommage à "Flat Beat", 20 ans après, est un petit 2/4 pour moi, avec un génial feat avec le rappeur italien Phra (suite à leur addictive collaboration "No Tony") et un bon hommage avec le bien nommé "Rythme Plat". Le reste ne me parle pas trop, mais c'est déjà ça. Ecouter sur Spotify
Hamza est un chanteur/rappeur belge qui m'intéresse depuis déjà quelques temps. Son dernier projet, 1994, m'avait déjà convaincu de son talent, et le single "Life" prouvait qu'il avait la capacité d'atteindre le même niveau de succès artistique, commercial et critique de ce qui se fait de mieux en ce moment dans le rap franco-belgo-suisse-etc. J'attendais donc ce disque, mais je ne m'attendais vraiment pas à ça.
Pour trouver l'inspiration, Hamza a fait un double parcours trouvant leur concrétisation dans deux voyages. D'abord, un voyage intérieur, introspectif, matérialisé par un trip au Maroc, sur les traces de ses origines familiales, qui l'a bousculé dans ses habitudes. Puis une démarche tournée vers l'extérieur et les collaborations, avec notamment des sessions de studio en Californie. Tout ça pour dire que cet album est à la fois très personnel, permettant à l'artiste d'affirmer son style au passage, et très accessible, riche et moderne dans ses sonorités.
Hamza - Paradise (Clip, 2019)
Hamza ayant lui-même produit par le passé, il a l'oreille pour choisir les meilleures prods. Sa sensibilité unique au chant, entre rnb et rap autotuné, d'une habileté rare dans les flows sans cesse changeants, le fait sortir du lot et sublimer ces prods incroyables. Le disque est par ailleurs séquencé avec une minutie d'horloger (cf l'enchaînement entre les titres, notamment entre "Le même sort" et "Paradise"). Il est par ailleurs très homogène et équilibré, ses prods aux influences variées (rnb, trap, dancehall, afrobeats, électro-pop...) partageant des marqueurs communs, liés par un travail fin sur le sound design, et la balance entre singles, bangers et morceaux plus posés est admirablement gérée.
La trap psychédélique, presque sub-aquatique, de "Le même sort" introduit par exemple parfaitement le gros single "Paradise", mélange de beat trap et de samples de guitare dynamisé par le charisme d'Hamza. Le deuxième single, "HS", en feat avec l'excellent SCH (cf JVLIVS, sorti l'an dernier, parmi les meilleurs disques de rap fr de la décennie), fait également le taff niveau efficacité et se grave rapidement au fond de votre boîte crânienne.
Hamza & SCH - HS (Clip, 2019)
La propreté des prods, au risque de me répéter, est tellement criante qu'on se croirait souvent sur un disque de ricain (impression confirmée par l'usage fréquent de l'anglais), on entend parfois des influences de Young Thug ou Playboi Carti, Travis Scott dans les flows, de Metro Boomin, Mike WiLL Made-It ou Pi'erre Bourne (ainsi que Scott là aussi) dans les prods, et les tracks plus trap sont toutes incroyables ("Validé", "Blue Crystal", "Mac & Cheese", "Gynéco", "Galerie", "Meilleur").
Quelques unes sortent même largement du lot, et s'imposent dès la première écoute comme des classiques, qui tourneront par la suite en boucle dans de nombreux casques ("Audemars Shit", "Henny Me Noie"). Ces dernières, un poil plus pop, illustrent bien ce qui fait la grandeur de ce disque : la fusion permanente entre les genres musicaux. D'autres exemples de ça sont audibles sur la fusion trap-rnb "Addiction" et "Deep Inside", ainsi que sur des titres assez uniques comme "50x" qui, à la manière du dernier SCH, mêle à sa trap des éléments de façon assez inhabituelle (guitares, samples d'oiseaux, d'orage, cri à la James Brown...).
Hamza - Henny Me Noie (2019)
Une autre facette de ce disque, plus sensuelle et dansante, doit plutôt son existence à Drake, ou en tous cas se base sur les mêmes influences que ce dernier : rnb 90's, dancehall, afrobeats nigérian et house sud-africaine, comme par exemple sur "Sometimes" ou le feat assez inattendu avec Aya Nakamura sur l'impeccable doublé "Dale x Love Therapy", qui utilise à merveille la synergie entre les deux voix sur une double prod mémorable. J'aurais pas parié là-dessus, mais c'est extrêmement réussi. Un autre feat, "Minuit 13", encore plus improbable, avec Chris et Oxmo Puccino (sur une reprise des Korgis en plus!), se révèle plutôt bon après une première impression décevante (je reste sur l'idée que c'est le titre le plus faible du projet, mais il est tout de même bien foutu.
Hamza - Audemars Shit (2019)
J'ai l'impression d'avoir survolé le sujet, n'ayant par exemple pas trop parlé des paroles (pas le point fort du disque, les mots sont ici plus utilisés pour leur sonorité que pour le fond, mais malgré tout il y a quelques fulgurances). En tous cas j'espère avoir réussi à faire passer le message qu'Hamza a une oreille musicale hors du commun et a réussi sur ce projet à avoir les moyens de ses ambitions démesurées avec quelques unes des prods les plus impeccables que vous entendrez cette année (et quand je dis ça je pense à l'international), et qu'il a su les transcender de son chanté-rappé unique et virtuose.
Mes morceaux préférés :Henny Me Noie, Audemars Sheet, Validé, HS, Paradise, Le Même Sort
Les deux anglais reviennent avec un putain d'album qui claque. Dès le début, "Into The Payzone" et "Kebab Spider" sont deux putain de bangers, le premier avec une basse post-punk menaçante, le deuxième une électronique pas si éloignée de Mr Oizo (retrouvée également sur "Negative Script"). Plus aérée mais pas moins implacable, "Policy Cream" a un petit côté ska façon The Specials dans son esprit revendicatif, sa chaloupe rythmique et son alternance entre chanté et scandé, qui aboutit à un quasi hymne qu'on a envie de chanter avec eux.
La même recette, encore et encore, un poil plus punk ("Subtraction", "Discourse"), post-punk façon Joy Division ("O.B.C.T"), dance-punk ("When You Come Up To Me", "Firewall") voire nu-rave ("Flipside"), mais il en faut un sacré talent pour ne pas lasser quand on fait dans le minimalisme, surtout avec un chant aussi marqué que chez les Sleaford Mods.
D'ailleurs, c'est probablement une bonne introduction au groupe, l'ensemble étant assez divers et accessible, et en même temps je pense que pour un connaisseur du groupe, c'est également un bon album.
Que je vous recommande donc.
Mes morceaux préférés :Into The Payzone, Kebab Spider, Policy Cream, Negative Script, When You Come Up To Me, Flipside
Puzzle est un projet solo d'un des deux frères de The Garden, et tout comme son autre groupe, c'est un bordel génial.
Comment voulez vous qualifier un truc comme "Loose Cannon" ? Il y a des synthés qui ont presque un son de musique de jeux vidéos, une rythmique punk hardcore, et un chant scandé presque rappé. Une bonne manière de décrire ce titre sans se tromper serait de dire que c'est de l'excellente pop music. On a parfois un peu de trap et de... vaporwave (?) on va dire ("Junk", "Demon With a Violin Playing Big Hits For Little Kids"), un flow presque hip-hop mais pas tout à fait sur une électro-pop déglinguée ("Disappear"), voire même des sons country et psyché, ainsi que des percus mi-carnaval mi-martiales sur un titre complètement fou ("Couple Coins").
Puzzle - Loose Cannon (Clip, 2019)
Dans tous les cas, peu importe à quel point c'est fou, c'est très bien. Et souvent, on se prend à chanter un refrain addictif ("Over1234think") ou à bouger la tête ("Sitting in the Back of My Car", "Pointless Content"). Les collaborations avec Communion sur "New Harmony" et Ms.Boogie sur "g.a.t" s'insèrent par ailleurs très bien dans l'album.
Alors oui, sans doute que dans l'ensemble, le côté amorphe de la musique ainsi que certains éléments (le chanté-rappé) peuvent lasser, mais avouez que c'est quand même une proposition artistique assez unique, qui mérite d'être découverte, et qui n'est pas loin d'accoucher de quelque chose de très grand. Il manque juste un peu de sélection dans toutes ces idées géniales (les deux frères sont ultra productifs ensemble et en solo), et on aura un chef-d'oeuvre de The Garden, Puzzle ou Enjoy dans pas longtemps.
Mes morceaux préférés :Loose Cannon, Junk, Disappear, Over1234think, Pointless Content, Sitting in the back of my car